Encore un big up pour un des mes articles. Merci merci.

Les huitièmes sont terminés. Il est donc l’heure de faire un bilan. Forces en présence, favoris, outsiders, surprises. L’occasion aussi de poser quelques stats de la Ligue des Champions ces dernières années. Bilan avant le tirage au sort de demain.

Il est important de noter que sept des huit premiers de poules se sont qualifiés. Plus que jamais cette année, finir en tête de sa poule signifiait une qualification pour les quarts de finale. Seul le Bayern Munich a failli, et face à un deuxième-premier, l’Inter Milan, vainqueur l’an passé et surclassé par Tottenham (par Gareth Bale surtout) en poules cette année.

Hiérarchie

Des statistiques sur les cinq dernières années de Ligue des Champions, deux infos principales sont à retenir :

- le championnat anglais reste le plus compétitif. En moyenne, trois clubs anglais sont qualifiés pour les quarts de finale (même 4 en 2008 et 2009). L’effondrement de Liverpool ces deux dernières années a baissé cette moyenne. Cette année, Tottenham a remplacé Arsenal, habitué du top 8 européen.

- le championnat français fait partie de ce que j’appelle la « huitième roue du carrosse ». Explication : en général, sept places sont trustées par les quatre grands championnats : anglais, allemand, espagnol et italien. Ce fut le cas en 2007, 2008, 2009, et c’est le cas en 2011. L’année 2010 est l’exception de ces cinq dernières années, toutes habitudes confondues. Seuls deux clubs anglais s’étaient qualifiés en quarts, deux clubs français (trois de la huitième roue du carrosse avec le CSKA Moscou, au lieu de un) ayant atteint ce stade de la compétition. 2010 est d’ailleurs la seule année des cinq dernières où la France avait des clubs en quarts.

Concernant les championnats espagnol, italien et allemand, le rythme est constant. Chacun dispose d’au moins un club en quarts ces cinq dernières années. Deux espagnols étaient qualifiés en 2009, deux le sont en 2011. Il faut d’ailleurs séparer le cas espagnol des cas italien et allemand. Le FC Barcelone a été le principal représentant de la Liga depuis 2007, alors que le Real s’écroulait. Mais le Barça ne va pas juste en quarts. Victoire en 2009, demi en 2008 et en 2010. Et le retour du grand Real cette année est le signe du retour des deux grands espagnols au premier plan, en même temps. Ils sont d’ailleurs les favoris de cette édition 2011.

Il n’y a qu’en 2007 que le championnat italien avait deux qualifiés. Ce dernier semble reculer chaque année un peu plus, la victoire de l’Inter l’an passé ne pouvant masquer les difficultés des grands clubs italiens à revenir au premier plan. La Juve ne s’est pas réaffirmée en Europe depuis l’affaire Moggi, quant au Milan, 2011 semblait être enfin la bonne année pour son grand retour. Mais Tottenham est passé par là, montrant encore une fois que la Premier League reste au-dessus du lot.

Le cas de l’Allemagne est similaire au cas italien. Les cinq dernières années, il y a toujours eu un représentant de la Bundesliga en quarts, mais jamais plus. Le plus souvent, le Bayern a été ce représentant. Sa finale en 2010 était un signe positif. Cependant, Schalke ne semble pas capable d’aller plus loin cette année.

Chiffres

Sept premiers de poules se sont qualifiés. C’est le record des cinq dernières années. Jusqu’à cette édition 2011, le rapport premier-deuxième restait raisonnable, six premiers qualifiés en 2007 étant le maximum, avant 2011 donc. Sept premiers qualifiés, anormal ? Pas tant que ça. Tout d’abord, les meilleures équipes ont fini premières de leurs poules (hormis Arsenal et l’Inter peut-être). Barcelone, Madrid, Chelsea, Manchester, autant de cadors qui ont fini premier et se sont qualifiés. De plus, les premiers de poules ont tous marqué à l’extérieur, Manchester exclu. A l’inverse, quatre deuxièmes de poules n’ont pas marqué dans leur antre. L’Inter contredit vraiment toutes les stats, perdant à domicile face à un premier de poule, et se qualifiant malgré ça.

Moins de buts à l’aller en huitièmes, c’est une tendance qui se confirme depuis 2009. Dû à la tendance à jouer le 0-0 à domicile au match aller ? En partie. Dû principalement à la peur d’encaisser ce fameux but à l’extérieur, ce qui engendre des 0-0 et autres 1-0, 0-1. Des 130 buts marqués en huitièmes depuis 2009, seulement 40% ont été inscrits à l’aller. Pire, ce n’est pas dû à une année en particulier. Les statistiques sont similaires, 2011 enregistrant une petite baisse de cette tendance (16 à l’aller, 22 au retour).

2011 : forces en présence

Les favoris

Ils sont trois. Ils ont impressionné, et surtout montré une force de frappe offensive bien supérieure à leurs concurrents. Paradoxalement, aucun anglais n’y figure, alors qu’ils sont les plus présents.

Le FC Barcelone est le premier de ces favoris. Messi est stratosphérique, et il a trouvé en Villa et Pedro (absents en 2009, lors du premier sacre de ce Barcelone-là) des gars qui jouent le même football. Leur qualification a fait jaser, un ras-le-bol du jeu invariable du Barça se faisant sentir. Ils demeurent la meilleure équipe de la compétition, et surtout la plus solide.

L’Inter est le seul représentant italien encore en lice. Normal, puisque c’est le meilleur. L’équipe est identique à celle de l’an passé, et a même un banc plus fourni. Leonardo a réussi à reconstruire un collectif détruit après son triplé, et pas aidé par Benitez. Très fort devant, l’Inter inquiète derrière, avec un Lucio carrément sur le déclin et un Julio Cesar aux mains glissantes. Avantage psychologique pour le champion en titre malgré tout, puisqu’ils ont battu le Barça l’an dernier et éliminé le finaliste de 2010.

Le Real Madrid est le troisième favori. Mourinho a ramené les Merengues sur le devant de la scène. Un recrutement très réussi, symbolisé par Ozil, et une montée en puissance impressionnante, illustrée par Benzema. Revenu dans la course en championnat, le Real a envoyé chier ses détracteurs en explosant l’OL hier soir. Une démonstration dans le genre catalan. Barça – Real en finale por favor.

Les outsiders

Ils sont là les rosbeefs. Bien calés en embuscade derrière les trois gros. Dans l’ordre.

Chelsea en Ligue des Champions, ça déconne pas. Niqués par Barcelone en 2009, corrigés par leur ex-dieu Mourinho en 2010, les Blues veulent enfin gagner cette compét’ dont ils étaient si proches en 2008 (bah ouais mais avec Ballack, tu gagnes pas une finale). Vieillissants, les Drogba, Terry & co veulent ajouter une ligne à leur palmarès. Bof bof contre Copenhague, ils ont gardé des forces pour la suite. Si Torres se réveille, ils passent dans les favoris. Ok, c’est bon, ils vont rester outsiders.

Manchester United parce que Rooney. Annoncé à Man City il y a quelques mois, Wayne est redevenu le métronome des Red Devils. Hé, Scholes se fait vieux. Nani et Valencia de retour, Chicharito au top, c’est typiquement l’équipe qui va te sortir un des trois favoris. Et puis avec Rafael et Fabio, ils peuvent tricher et jouer à 12, on remarquera rien.

Tottenham, c’est la Russie à l’Euro 2008. Des mecs trop petits pour entrer à Disneyland, et trop rapides pour Christophe Lemaître. Si ça tombe sur Barcelone, ça prend une leçon. Mais contre le Shakhtar, bordel le match ! Et si la vitesse fonctionne pas, t’as le triple-mètre de Peter. No prob.

Les outside

Parce qu’ils vont sortir en quarts et qu’on s’excite sur eux pour créer le buzz.

Le Shakhtar, c’est bien joli. Un métissage brésilo-soviétique qui pue sacrément la seringue. Quand ils vont aller jouer en Espagne et que la température sera au-dessus des 5°C, je rigolerai en les voyant fondre. Et le coach avec son nom de tyran roumain, on sait comment ça a fini. Allez, le Shakhtar, démodé fin avril.

Schalke 04, comme le score qu’ils vont prendre à Gelsenkirchen. Eto’o, Ronaldo, Messi, Drogba, Rooney…Papiss Cissé les a martyrisés, et ils ont le choix entre tout ça ? Charisteas a ses limites. Magath sera content, il pourra sourire en voyant son ancienne équipe laminée.