Jeunesse dorée.

Mourinho avait plaisanté avant le match. « Nous allons jouer le 0-0 », en réponse aux propos de Jean-Michel Aulas. Une fois sur la pelouse, les Lyonnais n’ont pas rigolé bien longtemps. Les blagues les plus courtes sont les meilleures…

L’espoir demeure…

Le match commença pourtant de manière équilibrée. Et sur un rythme qui n’avait rien à voir avec celui de MU – OM. Très vite, les équipes montrèrent leurs forces. Lloris dut s’employer pour empêcher Ozil de marquer, dès la 4ème, puis Marcelo dans la minute suivante. En face, Lyon n’était pas ridicule, et Pepe prit un carton jaune pour avoir stoppé Gourcuff, lui interdisant de faire un une-deux qui aurait pu aller au but (9′).

Les deux coachs avaient choisi des compositions plutôt offensives. Notamment avec la présence de Marcelo côté Real (absent à l’aller), qui eut une importance considérable dans la victoire du Real. L’habituelle charnière portugaise Carvalho – Pepe, Sergio Ramos à droite et Casillas dans les buts. L’inévitable duo Xabi Alonso – Khedira au milieu, derrière un quatuor effrayant. C. Ronaldo à gauche, Ozil au centre et Di Maria à droite, tout ça évidemment derrière Karim Benzema, désormais roi à Madrid. Côté lyonnais, on avait opté pour le 4-2-3-1 si efficace ces derniers temps. En dehors de Bastos, l’OL était au complet. Lloris était donc protégé (hum) par Lovren et Cris en défense centrale, accompagnés de Cissokho à gauche et de Réveillère à droite. Toulalan et Kallström au milieu, et un quatuor moins effrayant que celui du Real devant. Delgado – Gourcuff – Briand de gauche à droite, derrière Lisandro.

Peu à peu, le Real prit le contrôle du match, contrairement aux fantasmes de Christophe Josse (« On peut même dire que Lyon domine ! »). Xabi Alonso et Ozil, les deux joueurs les plus importants du collectif madrilène, se mirent rapidement en route. Le premier semblait attirer tous les ballons pendant que le deuxième jouait encore plus juste que d’habitude. Malgré une possession étonnamment à l’avantage des Lyonnais (essentiellement des passes entre Cris et Lovren), Madrid semblait bien plus dangereux. Devant, Lyon était atteint de l’éternel problème depuis l’arrivée de Puel : un avant-centre extrêmement isolé, obligé de décrocher pour toucher la balle, pour accélérer les actions lyonnaises. Souci, une fois l’avant-centre décroché, il n’y a plus personne devant. Et ce fut flagrant sur les centres de Cissokho. La surface était entièrement blanche, purgée de ces maillots Max Guazzini-style qu’arboraient les Lyonnais hier. Puel, plus réactif qu’auparavant, tenta de corriger ce problème à la mi-temps.

Mais restons en première période. Le danger se fit de plus en plus pressant sur Lloris. En grande difficulté sur les coups de pieds arrêtés, les Lyonnais furent incapable de ligoter Cristiano Ronaldo. Le Portugais plaça quelques têtes presque dangereuses. Une faiblesse sur les coups de pieds arrêtés ennuyante tant les Lyonnais tenaient plutôt bien le quatuor madrilène dans le jeu. La solution vint de derrière. De Marcelo, évidemment. Le Brésilien sollicita un une-deux avec Ronaldo, qui lui rendit le cuir dans un timing parfait : Marcelo devança Cris, puis élimina Lovren en jouant à Drogba, talonnade derrière la jambe pour se remettre la balle sur le pied gauche. Lloris, qui avait déjà mangé dans la feinte sur Lovren, ne fut pas assez puissant pour repousser la frappe du latéral gauche madrilène. 37Ème, 1-0. Le Real était récompensé de ses efforts. Et Ronaldo montra encore sa classe lorsqu’il ne joue pas pour lui. Quelques minutes avant, il avait forcé Lloris à une claquette salvatrice.

Il suffisait aux Lyonnais de marquer un but pour revenir à égalité parfaite sur les deux matchs. Mais la première période n’était toujours pas terminée, et les premiers signes d’une baisse de régime arrivèrent. Cinq minutes après son but, Marcelo centra en retrait (trop en retrait) pour Benzema, qui rattrapa le coup et envoya une volée claquée en direction de la lucarne. Lloris, encore, sauva son équipe du K-O. Dans la même minute, Benzema trompa Lloris d’une belle tête décroisée. L’ex-Lyonnais avait été signalé hors-jeu, à juste titre. Mi-temps, les Madrilènes retournèrent aux vestiaires applaudis. Cris et Lovren pouvaient aller se reposer quelques minutes, et manger un bon steak préparé par Contador pour rivaliser avec leurs adversaires. La deuxième période prouva qu’ils ne s’étaient pas mis à table.

Les défenseurs lyonnais n’étaient pas les seuls à décevoir. Au milieu, Gourcuff était de moins en moins vif. Yoann avait pourtant bien démarré, il montrait encore une fois quelques gestes de classe, quelques accélérations qui rappelaient son année 2009. Mais Gourcuff, c’est comme Kàkà. Sauf qu’il s’est éteint avant de choper un Ballon d’Or. Pas malin. Toulalan, dans l’ombre, même des critiques, n’était pas franchement bon. Beaucoup de relances moyennes, une récupération inexistante. Les seuls à surnager étaient à gauche. Delgado et Cissokho furent à l’origine des quelques offensives lyonnaises en première période. A droite, Briand était bien en toc. Bouffé par Marcelo, incapable de passer un latéral brésilien. Pourquoi vendre Govou ? Devant, Lisandro ne paraissait pas très affuté, des contrôles trop longs, et cette rage contre lui-même caractéristique des soirs sans. Le pire : tout s’est aggravé en deuxième période.

L’espoir meurt

Comme dit plus haut, Puel tenta de donner un copain à Lisandro. Gomis remplaça donc Briand dès le retour de la pause. L’OL passa en 4-3-3, Delgado passant à droite et Lisandro à gauche. L’effet ne fut pas immédiat. L’équipe de Puel joua même à l’envers, se positionnant plus bas qu’en première. Il fallait marquer pourtant, et ne pas en prendre un autre. Le Real se procura encore des occasions, souvent en récupérant la balle très haut, carrément dans les 30 mètres adverses parfois. Lyon subissait le siège madrilène, et ne parvenait plus du tout à sortir. Les milieux multiplièrent les passes imprécises. Benzema et Ozil s’amusèrent avec la balle à coups de une-deux, mais l’Allemand fut contré (52′). Le Français eut lui une occasion dix minutes plus tard, mais l’épaule de Réveillère lui passa le bonjour. Rien de grave, Benzema allait se venger. Marcelo balança la balle entre Lovren et Cris. Vous voyez déjà la suite. Lovren se rate, Cris oublie de courir, Benzema se transforme en Pauleta, récupère la balle et frappe entre les jambes de Lloris. 66Ème, 2-0. Et si Lyon faisait comme Marseille, mais avec succès ? Un retour fabuleux, un 2-2 synonyme de qualif’ ? Ouais mais non, parce que Lyon n’a que des semi-occasions. Gomis envoya bien une mine dans les mains d’un Casillas en mousse, mais la balle sortit en corner. Un corner qui était une chance, puisque Gourcuff ne le tirerait pas, remplacé par Pied deux minutes plus tôt (70′). Remplacer Gourcuff par un Pied, Puel a quand même de l’humour. Le corner ne donna rien, bien sûr.

Un but lyonnais pouvait amener une fin de rencontre folle. Hélas, le scénario de ce match était plus proche du 3-0 que du 2-1. Et sur le terrain, il y a un gars appelé Ozil. Sur un ballon dégagé n’importe comment par Pepe (ou Carvalho, les dégagements sont sensiblement pareils), Mesut lâcha une petite tête qui loba Lovren et arriva parfaitement dans la course de Di Maria. Pichenette sur Lloris, 3-0 (76′). Bye bye Lyon. Les quinze dernières minutes n’étaient qu’un interminable calvaire, utilisées par Mourinho pour faire jouer Lassana Diarra et Granero, offrant une ovation à Di Maria et à Benzema. Adebayor était déjà rentré avant le troisième but (à la place de Ronaldo). En face, Puel fit pareil avec Pjanic, qui remplaça Delgado. Delgado n’eut pas d’ovation non. Lyon évita la valise à la 84ème, Ozil délivra une sublime passe décisive à Lovren, sans pitié avec Lloris, et le Croate envoya le ballon dans ses propres filets d’un fantastique tacle. Ozil était hors-jeu. Lovren déçu.

3-0 fut donc le score final. Un score parfait pour un grand match du Real. Peu inquiétés défensivement (les high-kick de Pepe ont aidé, le Portugais aurait dû être expulsé pour tentative de meurtre sur Lisandro et sur Cissokho), hyper rapides offensivement, les Madrilènes ont envoyé un signe fort. Première qualification du Real pour les quarts depuis six ans, merci Mourinho. Ozil et Benzema en super forme, Ronaldo de retour, Xabi Alonso patron au milieu. Ces quatre-là font du Real un de mes favoris de la compétition. Lyon a montré ses limites, et celles du football français, encore trop loin du niveau requis pour faire d’une victoire sur le Real non pas un exploit, mais une habitude, une éventualité. On se souviendra que l’OL avait 9 points après trois matchs de poules, et aurait dû finir premier, évitant ainsi les premiers des autres poules. Un relâchement terrible l’en avait empêché. Dommage. Pendant que l’OL et l’OM se reconcentrent sur la Ligue 1, le coefficient UEFA de la France plonge. Paris est le dernier espoir européen de la France cette saison. Allez Nénê.

 

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