Ils ont été nombreux à quitter la maison blanche sous la contrainte. Nombreux aussi sont ceux qui ont montré que le staff madrilène a toujours eu des « tomates dans les yeux » comme disait Alexander Frei. Sélection.

1. Arjen Robben

Abandonné par Chelsea, lassé de ses os de verre, le Hollandais atterrit à Madrid dans les bagages de Bernd Schuster (coupable de l’arrivée de Royston Drenthe, le coach allemand sévit aujourd’hui au Besiktas) à l’intersaison 2007. Il marque onze buts en cinquante matchs de championnat et fait seulement une petite dizaine de passes en deux saisons, ce qui suffit à envoyer Robinho sur la touche. Malgré le titre de champion en 2008, le Real ne rencontre pas le succès de son public et Robben est un des seuls à réjouir les socios grâce à son jeu. Pas assez galactique pour Perez, il fait parti du paquet néerlandais dont se débarrasse Madrid à l’été 2009, accompagné de Sneijder et Huntelaar. Il est vendu vingt-cinq millions au Bayern, amortissant un peu les transferts quatre étoiles de Kàkà et de Cristiano Ronaldo. 16 buts en championnat, quatre en Champions League, l’élimination de Man Utd à lui tout seul. Il finit la saison 2009-2010 par une finale de Ligue des Champions et une de Coupe du Monde. Aujourd’hui, il a marqué un triplé et fait une passe décisive. Di Maria who ?

2. Wesley Sneijder

L’autre du paquet néerlandais (Huntelaar sérieusement, marquer contre la Lettonie ne te rendra pas légendaire). Arrivé pour vingt-cinq millions d’euros à l’été 2007, il réalise une bonne première saison avec neuf buts et six passes en championnat, important dans la conquête du titre de champion. A l’Euro suisse en 2008, il est titulaire d’une belle équipe de Hollande (comme Robben) et marquera un superbe but face à notre moins belle équipe de France. La saison suivante, blessé, il perd sa place et ne la reprendra jamais. Devant le besoin de dégraisser un effectif pléthorique, on lui montre la direction de la sortie à l’été 2009. Orgueilleux, il signe à l’Inter de Mourinho pour quinze millions (!) et réalise la saison de sa vie, histoire de donner une leçon à son ancien club. Métronome d’un rouleau compresseur, il distille les caviars à Eto’o et Milito, menant son équipe à un triplé historique. Serie A, Coupe d’Italie, Ligue des Champions (meilleur milieu de terrain de la compét’, la finale se disputant à…Bernabeu). Il dispute également la finale de la Coupe du Monde, dont il finit co-meilleur buteur à cinq buts. Injustement oublié du podium du Ballon d’Or, il refuse de retourner au Real Madrid cet été par fierté (très bien placée). Son putain d’ego aurait pourtant été parfait dans le même vestiaire que Cristiano Ronaldo.

3. Samuel Eto’o

C’est l’histoire la plus connue. Zappé par le Havre et Saint-Etienne, il signe en 1996 au Real Madrid. Trimballé de club en club sous forme de prêt, Eto’o Fils explose à Majorque en 2000. Il marque six buts en treize matchs lors de son prêt et l’option d’achat est levée pour 4,5 millions. Il reste quatre ans à Majorque, inscrivant 67 buts en 157 matchs, et remportant la Coupe du Roi, la seule de l’histoire du club. En 2004, il signe au FC Barcelone. On connait la suite, champion en 2005, 2006, 2009, Ligue des Champions en 2006 et 2009 (année du sextuplé barcelonais) également. Le Camerounais résiste à tout, pousse Thierry Henry sur la gauche de l’attaque. Seule la courte mémoire du football s’oppose à l’histoire barcelonaise de Samuel. Pep Guardiola n’aime pas Eto’o, lui reprochant son ego (il l’échangera avec Ibrahimovic…???). Il le laisse s’en aller à l’Inter. Erreur. Le meilleur buteur de l’histoire de la CAN est d’abord peu satisfait de ce départ. Et puis il découvre Mourinho, et le poste d’arrière gauche avec. En Ligue des Champions, l’Inter affronte le Barça pour une place en finale. A l’aller, l’Inter montre comment battre le Barça (3-1), au retour comment ne perdre que 1-0. Samuel s’est vengé et fait le triplé historique de l’Inter. Sextuplé en 2009 avec le Barça, triplé avec l’Inter en 2010, merci Guardiola, et avant encore, merci le Real de l’avoir abandonné ! Eto’o est à quasiment 250 buts dans sa carrière, et a tout gagné (tout ce qu’il pouvait). Respect Fils.

4. Claude Makélélé

Après Brest, Nantes et Marseille dans les années 90, Makélélé décide de finir la décennie au Celta Vigo. Drôle de choix, mais qui s’avère payant. Super milieu, il est engagé par le Real à l’intersaison 2000 et a enfin une exposition suffisante pour retrouver une équipe de France triomphante qui l’a oublié. Au milieu de galactiques qui ne connaissent pas le replacement défensif, Claude s’affirme comme le meilleur milieu défensif du monde. Infatigable, propre dans ses relances, il stabilise un Real déséquilibré. Il est champion d’Espagne en 2001 et 2003 et gagne la Ligue des Champions en 2002. A l’intersaison 2003, le Français demande son dû : une augmentation à la hauteur de ses collègues Beckham, Figo, Ronaldo et Zidane. Mais les dirigeants madrilènes n’ont que peu de considération pour le côté défensif de leur équipe. Soit. Claude se barre à Chelsea, nouvelle place du foot friqué. Encore meilleur qu’au Real, Claude gagne deux titres de champion d’Angleterre, deux Coupe de la Ligue anglaise et une Cup. Il ne gagnera pas d’autre Ligue des Champions, malgré une finale contre Manchester en 2008. En bleu, Makélélé connait son heure de gloire en 2006, formant un milieu inoubliable avec Patrick Vieira. Il ne parviendra pas à calmer Pirlo en finale et connaîtra la plus grande déception de sa carrière en perdant cette finale, lui qui n’a jamais rien gagné en équipe de France. Aujourd’hui au PSG, Claude Makélélé possède un restaurant dans Paris (le lien me paraissait évident). Depuis son départ, le Real est inexistant en Ligue des Champions. Il n’a jamais été vraiment remplacé (NON ne dîtes pas Lassana Diarra).

5. Fernando Morientes

Fernando et Raùl, c’était quelque chose. Et puis Ronaldo est arrivé. Hasta luego Fernando. En 2003, Morientes est prêté à Monaco, dirigé par Didier Deschamps. Dure chute pour l’Espagnol, lui qui était à Madrid depuis 1997 ! Mais Fernando n’arrive pas n’importe où, il va assister à l’éclosion de futures stars. Ouais bon, une (Evra). Reste que le Monaco 2003-2004 est une équipe séduisante, Giuly en tête. Lui et l’Espagnol vont former un duo inarrêtable. En Ligue des Champions, la compétition préférée de « Nando », le duo va éliminer le Real Madrid, grandiose vengeance pour l’avant-centre ibérique. Défaits pourtant 4-2 à Bernabeu, les Monégasques se qualifient en battant 3-1 les Madrilènes dans un Louis II en fusion (j’exagère un peu). Morientes est terriblement bon et la suite le prouvera, puisqu’il écrase aussi Chelsea sur son passage. Malheureusement pour la beauté de l’histoire, Monaco perd en finale (Giuly sortit blessé à la vingtième…à 0-0). Pendant que Monaco s’éclate, le Real ne gagne rien en 2004. Morientes revient donc au Real à l’été 2004, mais le club ne veut toujours pas de lui, et Owen est arrivé en renfort. Au mercato d’hiver, Liverpool recrute Morientes. Et les années suivantes donneront raison au Real. Alors qu’il n’a pas trente ans, c’est le début d’une longue agonie pour l’Espagnol. En Angleterre, il inscrit une dizaine de buts en soixante matchs. Il part à Valence en 2006, où il disputera une centaine de matchs (34 buts). En 2009, direction Marseille, où Didier Deschamps garde de bons souvenirs de lui. De lointains souvenirs. Fernando n’est plus le même qu’en 2004 et ses performances ne peuvent qu’en attester. Mauvais, Morientes semble surtout en difficulté sur un terrain. Un Brandao malheureux. Il ne jouera que vingt matchs (un seul but), mais glanera au passage un titre de champion de France qui lui avait échappé avec Monaco. Il tire sa révérence à la fin de la saison. S’il a souffert les cinq dernières années de sa carrière, Morientes a toujours traîné avec lui une espèce de bonne étoile qui lui faisait gagner des titres. Coupe d’Angleterre en 2006, Coupe d’Espagne en 2008 et donc doublé avec Marseille en 2010. Le Real aurait bien eu besoin d’une bonne étoile pareille…