Leonardo regarde ce topic d'un bon oeil.

La Serie A était un puissant championnat. Ça n’est un secret pour personne. Et encore, cela ne date pas du temps de Helenio Herrera, mais juste du temps de Carlo Ancelotti, et Luciano Spalletti. Mais diantre, pourquoi les clubs italiens n’ont QU’UN seul représentant dans les différentes coupes européennes cette saison ? L’heureux élu est l’Inter, qui a une belle occasion de définitivement oublier les tempêtes Benitez en s’ouvrant un chemin vers le carré d’or de la prestigieuse Champions League, car sans vouloir être irrespectueux envers Schalke 04, cette équipe n’a peut-être pas les épaules assez larges pour contenir les raids intérista.

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Pourquoi seulement l’Inter ?

Pour répondre à cette question, il faudra activer la machine à remonter le temps, si t’as une mémoire digne d’un poisson rouge (qui ne dépasse pas deux secondes, donc). Scandale du Calciopoli, tu connais ? Et bien, même si des équipes comme la Juventus n’ont rien perdu de leur splendeur la première année de leur remontée (mais après ça s’est dégradé petit à petit), le Calcio souffre encore de ce scandale qui a terni son image à une échelle internationale. Le Calcio avait ses maux depuis très longtemps, corruption et autres. Fallait bien que ça explose un jour ou l’autre…
Ce facteur-là a simplement renforcé les stéréotypes qui se raccourcissent à Italien = tricheur, Italien = corrompu, rendant la Serie A moins attractive, et pour les joueurs et pour les supporters même, même si les tifosi sont réputés pour être des purs, durs et attachés à leurs clubs respectifs, dans le pays qui n’a que 140 ans.
Ensuite, l’Italie a connu une grosse génération, une finale d’Euro et une Coupe du Monde gagnée ces dix dernières années quand même. Des Totti, Del Piero, Maldini, Nesta, Pirlo, ça ne se voit pas tous les jours. Pire encore, les clubs qui recèlent les rescapés de l’ancienne génération dorée restent attachés à leurs idoles (La Juve pour Del Piero, la Roma pour Totti), d’autres sont carrément dépendants de leurs joueurs (Nesta et Pirlo pour le Milan AC). Donc, des équipes vieillissantes, ou du moins dépendantes de joueurs vieillissants. Et qui dit joueur vieux dit forcément manque de régularité (même si certains restent énormes), et rechute physique. Le Calcio ne peut retrouver sa splendeur d’antan en s’accrochant à des joueurs dépassant la trentaine. La seule exception parmi les gros reste l’Inter, qui projette de se rajeunir avec Leonardo, et c’est un pari plutôt réussi. Une équipe mixant expérience et jeunesse reste « ze » must.
Abondant toujours dans le même sens, cet accrochement est doublé d’un cruel manque de confiance envers des jeunes pousses qui n’attendent que d’éclore. Comment expliquer que des joueurs comme Giovinco soient obligés de quitter leurs clubs pour des équipes à moindre standing pour avoir du temps de jeu, quand tu vois que la Juve en a besoin d’un trequartista de la sorte ? La nouvelle génération italienne est méconnue, et semble être moins talentueuse que l’ancienne, mais il n’en est rien. Ces jeunes n’attendent que le feu vert de leurs coachs pour éclore et montrer au monde que la Serie A ne meurt jamais.
Sur cet article on parle de joueurs, mais faut pas non plus oublier les entraîneurs. Ce sont eux qui mobilisent l’équipe, qui dictent le jeu, qui décident du ressort de l’équipe, ainsi que les dirigeants. L’Italie actuelle semble manquer de jeunes entraîneurs talentueux, certes il y a Allegri, Mazzarri, Leonardo mais ils manquent d’expérience. Pire encore, pour certains, ils semblent montrer de certaines lacunes tactiques (Léo et Mazzarri pour être plus précis)…
Pour les dirigeants, des gens comme Marotta peuvent mener leurs clubs vers le sommet de l’Europe, à condition de savoir être responsable.
Finalement, il n’y a pas lieu de trop s’inquiéter sur le long-terme, le campionato a toujours de grands joueurs, et aussi de jeunes futurs grands, n’en déplaise aux anti-Serie A. Espérons simplement que l’Inter serve d’exemple pour les autres clubs, en matière de rajeunissement d’effectif. Le problème du Calcio n’est pas propre à lui-même mais propre au football italien en général, des flops retentissants en Euro et en CDM consécutivement en attestent. Autre exemple qui montre l’attachement de l’Italie envers ses anciens et son cruel manque de confiance envers les jeunes : La sélection de Lippi en CDM 2010, il n’a pratiquement sélectionné que les anciens de 2006 ! Il a tenté un pari fou qui s’est révélé être un échec.

Ajoutez à ces problèmes des problèmes propres à chaque club (certains peuvent aussi ne pas souffrir de tous les problèmes précédemment soulevés sur cet article) : manque d’harmonie claire dans le vestiaire de la Roma, manque clair de profondeur dans le banc du Napoli, manque de stabilité chez les Juventini etc…

La solution ?

C’est vrai que l’écrit peut être déprimant, et le lecteur ne peut qu’être pessimiste quant à l’avenir du championnat italien après de telles affirmations, mais je tiens à affirmer que cette mauvaise passe ne sera que passagère.
Il faut attendre au moins 5 ans, pour que les séquelles du scandale du Calciopoli cicatrisent, après, rapatrier le maximum d’entraîneurs italiens talentueux pour promouvoir le championnat et bâtir de grands équipes (Spalletti, qu’est-ce que tu fous chez Poutine ?). Cela va de même pour les quelques joueurs italiens qui ne sont pas dans le championnat local (Giuseppe Rossi…). Faire confiance aux jeunes, introduire une passation de pouvoir en douceur de la part des anciens de la génération dorée vers les nouveaux jeunes tels que Ranocchia, Bonucci, Pazzini, Poli, Giovinco, Paloschi et autres. L’Inter, avec son projet de rajeunissement de l’effectif, peut être un bel exemple à suivre pour l’AC, la Juve et les autres gros. Pour tous les clubs italiens.
Enfin, je crois sincèrement que des équipes comme Napoli ou l’Udinese peuvent ramener un vent de fraîcheur, qui peut souffler dans les bronches des gros clubs italiens, leur dire qu’ils ne sont pas seuls et que surtout ils doivent se réveiller. Les partenopei et les résidents du Friuli peuvent fièrement représenter l’Italie en Champions League (ils sont de sérieux prétendants aux 4 places de Champions League cette saison, Napoli étant 3ème pour le moment et l’Udine 4ème), à condition d’instaurer une plus grande profondeur de banc, et allant toujours dans le sens de servir d’exemple en promouvant les jeunes, de jeunes pousses telles que Insigne pour le Napoli sont promis à un bel avenir. L’Italie perdant une place en Champions à partir de la saison prochaine, au profit de l’Allemagne, tous les clubs italiens doivent se mobiliser pour donner un coup de balai à la Serie A, s’ils veulent vraiment être reconnus comme l’étaient le Milan de Van Basten et l’Inter de Facchetti, et le Napoli de Maradona.

Post Scriptum

Trequartista : trois-quarts, un joueur qui joue dans les trois derniers quarts du terrain de son équipe, son rôle étant de mener le jeu. C’est une position et non un profil, ce qui fait que beaucoup de trequartistas qui ne jouent pas forcément de la même manière, et qui n’ont pas les mêmes consignes tactiques, peuvent être appelés de la même sorte. Exemple : Ozil et Zidane, ne jouent pas de la même manière, et pourtant tous les deux sont des trequartistas.

Partenopei = Surnom des joueurs du Napoli.

Friuli = Stade de l’Udinese.

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