En affrontant la Grèce, les Russes peuvent terminer en apothéose dans cette phase de groupe. De plus, rappelons que les Tchèques ne sont qu’à un point des joueurs ossètes : la Russie ayant quatre points et la République Tchèque trois. L’enjeu comptable est donc bel et bien présent. Sans rentrer dans un discours plat, démagogique et faussement respectueux de l’adversaire, la Russie doit écraser les Grecs. D’autant plus que ceux-ci n’ont plus rien à jouer excepté l’honneur. Le pire adversaire des Russes sera donc ces mêmes Russes. Attention à la facilité, surtout avec un capitaine aussi en dilettante qu’Arshavin.
Le début de match est en faveur des Russes puisque Kerzhakov transperce les Grecs d’un magnifique déboulé. Malheureusement sa passe en retrait ne trouve personne. Les Hellènes, plus précisément leur défense, se contentent de longues relances imprécises. Citons simplement un second corner mieux tiré mais bien repoussé, comme un metalleux dans un pogo ou un arabe voulant rentrer en boîte, par Malafeev. Et puis, petit à petit, les Grecs sortent la tête du lait de brebis. Les relances sont plus appliquées et la pression plus accrue sur les cages russes. Les tacles sont de plus en plus engagés et nous assistons à des taquets bien sentis. Pensons à dire aux Grecs qu’on plaisante quand on les insulte de pédés. Le miracle arrive au bout des deux minutes d’arrêt de jeu : but grec. Malafeev pense à sa famille envoyée au goulag sur le champ. Karagounis marque pour sa 120e cape. Sacré Zorro.
Ce but a visiblement mis un coup sur la tête aux Russes. A l’inverse, les Grecs sont regonflés à bloc. Ils jouent de plus en plus haut et bousculent les Russes, à l’image de cette frappe limpide de Tzavellas qui vient s’écraser sur le poteau russe. Une réaction russe, enfin, verra le jour sur une demi-reprise de volée trop écrasée de Denisov. Mais que c’est pauvre ! A part empiler les corners, la domination russe reste stérile. Comme un contre-symbole de DSK. Finalement, la Grèce relance sa qualification grâce à cette victoire méritée. Dominer n’est pas gagner.

Le but
45′+2 Karagounis

Les futurs champions d’Europe

M. Sifakis : avoir un bon gardien rend un match plus facile. Chalkias, blessé et mauvais, a pu s’en rendre compte en voyant la performance de son remplaçant, qui a tout repoussé. Nikopolodis a dû apprécier. 7

V. Torosidis : le voilà enfin, le latéral offensif de l’Olympiakos. Presque auteur d’une passe décisive pour Gekas, il a été aussi intéressant offensivement que solide défensivement, face à un Zhirkov pourtant talentueux. Une valeur sûre. 6

S. Papasthatopoulos & K. Papadopoulos : comment est-ce qu’on dit muraille en grec ? Traianos Dellas a été cloné et voici le résultat, deux machines de guerre programmées pour bloquer tous les tirs, tacler tous les adversaires, et même les intimider. 8

G. Tzavellas : Fernando Santos a plutôt fait sortir Holebas, catastrophique depuis le début de la compétition, que rentrer Tzavellas. Mais le latéral gauche a délivré un bon match, beaucoup plus sérieux que son concurrent au poste. 6

G. Maniatis : on l’a surtout vu courir après le ballon, et à raison. Katsouranis et lui étaient en charge de couper les axes de passes au milieu, et ils ont eu le travail facilité par des Russes concentrés dans la zone. Maniatis, peu en vue jusqu’ici, a sûrement réalisé son meilleur match. 7

K. Katsouranis : Kostas est un malin, et il s’est surtout fait remarquer par une sublime simulation en fin de match, allant jusqu’à partir sur la civière tout en étant clairement indemne. Parfait donc. 6

G. Karagounis : Karalégende. Un énorme match, techniquement au-dessus, que ce soit sur son but ou sur une percée qui aurait pu être récompensée par un penalty. L’arbitre a décidé de lui mettre un carton jaune pour simulation, le suspendant pour le quart de finale. Triste mais prévisible. Giorgios est un habitué de la biscotte. 10. Remplacé par G. Makos qui a bien bouché l’axe. 6

G. Samaras : le grand Samaras est revenu, sur tous les fronts, tacleur, récupérateur, passeur, relanceur, joueur de tête. Omnivore du football. 8

D. Salpingids : courbe contraire à ses partenaires pour Dimitris. Supérieur sur les matches précédents, il fut l’un des moins visibles ce soir. 5 Remplacé par S .Ninis qui est rentré à un moment peu opportun pour son jeu. non-noté

T. Gekas : Theofanis a un rôle ingrat qui ne lui promet pas beaucoup d’occasions, mais il s’en est très bien sorti en gagnant les longs ballons balancés vers lui, pourtant opposés à deux défenseurs. 7. Remplacé par J. Holebas, qui rentre et prend un carton jaune qui le suspend pour le quart. Une bonne nouvelle finalement. 5

Les cosaques tournent kazak

V. Malafeev : une bonne sortie sur un corner, des placements approximatifs sur des tentatives de lobs grecques. Il ne peut rien sur le premier but grec, il est fusillé comme un résistant français. 6

A. Anyukov : Karagounis l’a ajouté en ami sur Facebook. Cela veut tout dire. Se rattrape en envoyant en corner un centre grec qui pouvait se transformer en passe décisive. 4. Remplacé par M. Izmailov à la 87′ qui n’a pas eu le temps de se montrer. non-noté

A. Berezoutski & S. Ignashevich : la Bérézina inversée. 3

Y. Zhirkov : son potentiel offensif n’est plus à prouver, cependant sa frappe enroulée à la 40′ après un corner frappé à la rémoise a failli être un modèle du genre. 6

I. Denisov : un bon début de match, mais son premier fait marquant, enfin si l’on peut le dire ainsi car la frappe n’est pas cadrée, est un tir lointaine. En retour, il est gêné sur sa tête à la 89′ par un coéquipier. Chez les Russes, la vengeance ne se trouve pas au rayon surgelé contrairement à ce que l’on pourrait croire. 6

R. Shirokov : mauvais du début à la fin. Il a joué trop bas, créant une ligne de trois milieux défensifs sans faire le lien avec ses ailiers. 2

D. Glushakov : comme la glue, il a bien collé au ballon. S’est éteint, coucou Thierry, et à l’image de son équipe, au fil du match. 5 Remplacé à juste titre à la 70′ par P. Pogrebnyak. non-noté

A. Arshavin : pas toujours comme le bon vin, ne se bonifie pas avec l’âge. Il est passé à côté de son match alors que son équipe avait désespérément besoin de son capitaine. 4

A. Dzagoev : transparent, coupable d’un mauvais tacle. Ce soir, on a découvert son côté cosaque. Sa tête à la 83′ aurait pu lui permettre d’être, encore une fois, le héros russe tel Koutouzov. 4

A. Kerzhakov : il semblait avoir pris de bonnes résolutions pour ce match. De bons appels, un déboulé infructueux mais de peu. Ce soir Alexandre le Grand n’était pas grec-macédonien mais russe. Dommage qu’il manque une reprise de volée à la 36′. Malheureusement, ses bonnes résolutions ne paieront pas. 5. Il est remplacé à la mi-temps par R. Pavlyuchenko qui n’a rien apporté. L’entrée de Pogrebnyak a été pire puisque les deux géants se sont marchés dessus et les Russes ont abusé de centres franchement inutiles. 4

Raphael & Geoffrey

> Les notes de République Tchèque-Pologne

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