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5 janvier 2014, Memo Ochoa est titulaire avec l’AC Ajaccio à Quimperlé en Coupe de France contre une équipe de septième division française devant 4 000 spectateurs. 23 août, Memo Ochoa commençait sa nouvelle aventure avec Malaga sur le banc, à la Rosaleda contre l’Athletic Bilbao devant 19 000 spectateurs. Entre temps, le gardien de but a connu une descente en Ligue 2 mais surtout une Coupe du monde réussie, avec en point d’orgue, une prestation extraterrestre contre le Brésil, le 17 juin. Devant 60 342 spectateurs. Retour sur les 12 derniers mois du plus connu des Mexicains.

Guillermo OchoaFaites le test. Sortez dans la rue et demandez au hasard aux passants quel est, pour eux, le Mexicain le plus connu du monde. Les plus (ou moins) drôles vous répondront « Pepito », les plus érudits répliqueront avec un « Carlos Slim », mais la majorité lancera en chœur un « Ochoa! ». Sans forcément connaître son prénom, ni son surnom, mais en ayant en tête les arrêts du gardien face au Brésil et sa chevelure bouclée.

L’apothéose d’une année 2014 qui avait commencé sous des auspices bien différents. Le 5 janvier 2014, Guillermo Ochoa est titulaire avec Ajaccio sur le terrain de Quimperlé en 32ème de finale de Coupe de France. Dans le centre-ville, la Laïka, qui coupe la municipalité en deux, a inondé les commerces et les habitations. Placé plus haut, le stade est épargné. Mais le doute autour du déroulement de la rencontre dure jusqu’au tout dernier moment. Finalement, Memo Ochoa n’est que peu sollicité mais encaisse un coup-franc direct de Julien Le Gall à la 17ème minute. L’ACA s’impose 2-1 dans la douleur. L’une des 4 victoires du club corse de la deuxième partie de saison. Mais jamais aucun clean-shit. A Ajaccio, Ochoa va battre un triste record. Celui du nombre de matchs consécutifs en encaissant au moins un but. Le portier mexicain ira chercher le ballon dans ses filets 34 matchs de suite. Le précédent record datait de 1954 et était détenu par Toulon. Une autre époque. Ce qui ne l’empêchera pas de réaliser des prestations de haut-vol, comme contre Toulouse lors de la 31ème journée de L1 avec 7 arrêts. Des parades qui viennent s’ajouter à bien d’autres. Memo Ochoa était le gardien le plus efficace d’Europe avec 428 arrêts depuis son arrivée en 2011. La saison 2013/2014 sera également une ligne prestigieuse de son CV avec 147 parades. Le meilleur total en France, le cinquième en Europe.

Le Mexicain n’était pas seulement une star en Ligue 1. Adulé dans son pays, il était LA star de l’AC Ajaccio. Une aubaine pour le club qui a pu compter sur la popularité de son gardien pour accroître son exposition à l’international. Mais surtout au Mexique. De 2011 à 2014, tous les matchs des rouge et blanc ont ainsi été diffusés sur Televisa, une chaîne mexicaine. Les maillots Duarig puis Macron floqués Ochoa se sont arrachés, les nouveaux supporteurs ont débarqué et l’ACA en a profité. « La montée en Ligue 1 en 2011 a été le réel premier détonateur de nos statistiques. Puis c’est vrai il y a eu l’arrivée d’Ochoa, ultra-populaire sur les réseaux sociaux, apportant avec lui des flots de supporters mexicains. » nous explique le club. Si l’AC Ajaccio est désormais le club de Ligue 2 le plus suivi sur les réseaux sociaux (+ de 110 000 fans sur Facebook et 69 800 followers sur Twitter) il le doit en grande partie au natif de Guadalajara. « Sur Facebook par contre, les Mexicains sont très nombreux et représentent une belle part de nos 110 000 fans. » Mais pas trop non plus. « Sur Twitter, nous avons une majorité d’abonnés localisés en France (+ de 30%). Les Mexicains ne représentent que 12%. Les Algériens, grâce à Medjani et Mostefa, nous suivent massivement également. Les Roumains, fans de Mutu, sont très très peu nombreux sur nos différents réseaux sociaux par contre nous avons une base intéressante aux USA à présent (plus de 5000 Américains sur Facebook et Twitter) grâce au départ de Pierazzi pour la MLS. »

Saint-Etienne - AC Ajaccio, dernier match de Memo avec le maillot à la tête de Maure.Saint-Etienne – AC Ajaccio, dernier match de Memo avec le maillot à la tête de Maure.

Du haut de ses 1 650 000 followers, Ochoa a été chouchouté. Ses fans aussi. A son arrivée, l’ACA a mis en place une page internet en espagnol totalement consacrée à Memo. Le but ? Suivre son actualité au jour le jour et fidéliser les supporteurs hispanophones. Des fans prêts à tout pour leur idole. C’est le cas de Gabriela, une Mexicaine vivant aux Etats-Unis qui a décidé de venir passer des vacances footballistiques dans la cité impériale corse. Pendant une semaine et après un long périple, le programme a été simple : assister aux entraînements, shopping dans la boutique du club et Ajaccio-Rennes en point d’orgue. Mis au courant de la présence de l’une de ses plus grandes fans et attiré par le flottement du drapeau mexicain en tribune, Memo Ochoa, également reconnu pour sa gentillesse, n’hésitera pas à aller donner son maillot à « Gaby ». Le genre de geste qui fait de Memo un gardien à part entière. Et que personne n’oubliera. Star d’Ajaccio, certains réclamaient même qu’une statue du Mexicain remplace celle de Napoléon. Qu’importe la manière, le gardien restera dans les mémoires éternellement. Comme étant le meilleur joueur de l’histoire du club. Devant Marius Trésor, Marcialis ou Sansonetti. Le secret de sa réussite ? « Il ne sortait jamais voir le terrain avant les matchs, il était très concentré dès qu’il arrivait dans le vestiaire. Il était très calme avant et même pendant les matchs. Et il avait tout le temps son chewing-gum, c’était son habitude. » signale François-Joseph Sollacaro, troisième gardien de l’ACA et doublure d’Ochoa en fin de saison.

Ochoa belle photo

Les Mexicains, eux, n’oublieront pas l’AC Ajaccio, malgré le départ de leur dieu vers Malaga. « Même si je ne peux plus les regarder à la télé, je continue de suivre les matchs sur France Bleu » indique Gabriela. Comme quoi ils sont prêts à tout. Et à n’importe quoi. Du côté de l’ACA, on continue à surfer sur la vague Ochoa. Une aubaine. « Depuis son départ, les statistiques n’ont pas baissé, ni sur les réseaux sociaux, ni sur le site. Car ses supporters interagissent toujours avec nous et nous sont restés fidèles. D’ailleurs nous avons continué de rédiger des articles et d’animer nos réseaux sociaux pendant la Coupe du Monde où Memo a brillé devant la planète entière. »

Ochoa CFC 5

En fin de contrat sur l’île de Beauté, celui qui est papa d’une petite Luciana ne pouvait pas rester. Surtout pas en Ligue 2. Un départ acté depuis de long mois mais qui mettra beaucoup de temps. Et ne se passera pas comme prévu. Le 13 avril, sur le plateau du Canal Football Club, Guillermo Ochoa fait part de ses envies. « Je voudrais signer mon contrat avant la Coupe du monde. Il y aura plus de tranquillité. Mais si une grosse équipe me dit d’attendre après la Coupe du monde, il n’y a pas de soucis. », « C’est mon rêve de jouer la Ligue des Champions » et « Ma priorité c’est de rester en France. » Au final, Ochoa signera fin août à Malaga, 11ème du dernier championnat espagnol. Une signature qui résonnera comme un échec. Surtout après un Mondial impressionnant.

Ochoa et la sélection

S’il brille en Europe, où il est le seul gardien mexicain y évoluant, Memo Ochoa n’était pas pour autant certain de débuter le Mondial en tant que titulaire. Des doutes sur ses capacités à tenir cette place, tout le monde en avait. Y compris son sélectionneur Miguel Herrera. Sans une blessure à la tête de l’expérimenté Corona en match de préparation contre Israël quinze jours avant la Coupe du monde, peut-être n’aurait-il pas eu sa chance. Mais alors, pourquoi un gardien adoubé en Corse et en Ligue 1 ne possède que si peu de crédit au pays ? Sébastien Burgess, journaliste français qui commentait tous les matchs de l’AC Ajaccio sur la chaîne mexicaine Televisa Deportes Network, tente une explication. « Corona avait joué sous les ordres de Herrera en 2008-2009 avec les Estudiantes Tecos, il y avait donc un facteur confiance indéniable. Les deux hommes, Corona et Herrera, avant tout autre chose, se connaissent bien sur un plan strictement humain, élément peu négligeable surtout au Mexique. » Juan Carlos Cartagena, collègue mexicain de Burgess sur la TDN, avance d’autres raisons, purement techniques. « Memo a toujours eu du mal avec la sélection, mais plus que son jeu au pied, c’est également à cause des sorties aériennes et dans le jeu dans les airs qu’il a été critiqué. » Comme si cela ne suffisait pas, un autre argument existe. En 2013, José Manuel de la Torre, sélectionneur de la Tri, accuse Ochoa d’être un « déserteur » après que le portier ait exigé la place de titulaire dans les buts. S’il ne l’était pas, il ne se déplaçait pas. Tollé dans la presse et chez les fans. La réputation de Memo en prend un coup.

« Les défenseurs se sentaient plus en sécurité avec Memo »

Mais Ochoa est un chat, il retombe toujours sur ses pattes. Lors de la préparation à la Coupe du monde, Miguel Herrera a le choix entre trois gardiens : Corona, Talavera et Ochoa. Le dernier sort de deux Mondiaux (2006 et 2010) dans lesquels il n’a pas joué une seule minute. Le Mondial 2014 au Brésil sera le sien, mais après de nombreuses tergiversations. Au départ, Herrera annonce qu’il testera ses trois portiers en amicaux. Ochoa joue contre l’Equateur. Résultat : une victoire 3-1. Le déclic pour l’entraîneur ? « Herrera a parlé à ses défenseurs et ils ont certainement dit qu’ils se sentaient plus en sécurité avec Memo. Ochoa a su convaincre Herrera parce qu’il jouait en Europe, parce qu’il inspire confiance et grâce à son leadership. » explique Cartagena. Mais également par ses arrêts, par son dévouement – il écourtera ses vacances pour rejoindre la sélection – et surtout grâce à l’énorme soutien qu’il a reçu sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, les #QueremosAOchoaTitular (#NousVoulonsQuOchoaSoitTitulaire) ont, entre autres, pullulé.

Joie Guillermo Ochoa

En sous-marin, une autre théorie fait son bonhomme de chemin. Si Ochoa a été titularisé, c’est seulement grâce à Televisa. « Si Ochoa a joué en sélection, c’est parce que l’América est un club puissant et qu’il a Televisa avec lui.(le Club America a pour propriétaire Emilio Azcárraga Jean, qui est le propriétaire de Televisa, ndlr)«  déclarait Ricardo La Volpe, sélectionneur mexicain de 2002 à 2006, il y a quelques années. Une théorie du complot encore d’actualité. Certains n’hésitent pas à parler de pots-de-vin versés pour faire jouer Ochoa, de corruption de la fédération mexicaine de football et de liens étroits et louches entre le Club America et la Tri. Il faut dire que Miguel Herrera a entraîné America, qui est l’ancien club de Memo Ochoa. Comble du comble, le Club America est détenu par … Televisa. Sachant que les rumeurs ont circulé sur le fait que la chaîne de télévision payait une grande partie du salaire d’Ochoa à Ajaccio, il n’en fallait pas plus pour que les Mexicains s’enflamment. Mais qu’importe, Ochoa sera bel et bien titulaire au Brésil. Et personne ne le regrettera.

La Coupe du monde 2014 restera à jamais comme la Coupe du monde des gardiens de but, bien avant d’être celle de l’Allemagne. Keylor Navas, Manuel Neuer, Claudio Bravo. Autant de gardiens qui auront marqué la compétition. En un match contre le Brésil, Memo Ochoa rentrera dans la cour des grands. S’il n’a pas eu à déployer son mètre 85 contre la Croatie et le Cameroun, le gardien au bandeau noir se sera réservé pour la rencontre face aux locaux. Inutile de revenir sur ses multiples arrêts plus impressionnants les uns que les autres devant Neymar, Thiago Silva et consorts, tout le monde a vu les images. Ce soir-là, le monde entier a fait connaissance avec Francisco Guillermo Ochoa Magaña, ses cheveux, sa détente et ses arrêts réflexes. Sur Twitter, anonymes et célébrités lui font de la lèche. Parmi eux, Rigoberto Uran, Kobe Bryant, Felipe Massa ou encore Falcão. Du côté des experts, Oliver Kahn affirmera que « le match d’Ochoa a été le meilleur d’un gardien dans cette Coupe du monde » et Zico mettra, plus tard, Ochoa dans son équipe-type du Mondial. Son entraîneur Miguel Herrera confirmera. « Je n’ai pas le souvenir d’une telle performance d’un gardien dans une Coupe du monde ». Alors que le principal intéressé avouera avoir fait « le match de [sa] vie », Neymar, lui, confessera avoir « joué contre un mur ». Première récompense : il est élu homme du match.

« Moi j’ai réussi à lui mettre un but »

Neymar, Thiago Silva et David Luiz, les meilleurs joueurs du monde, se sont cassés les dents sur Memo. Un seul footballeur présent au Brésil peut se vanter d’avoir trompé Memo Ochoa dans l’année, Julien Le Gall. Son nom ne vous dit rien ? C’est normal, car Le Gall n’évolue qu’à Quimperlé, en DSR. Rappelez-vous, c’est lui qui avait marqué un magnifique coup-franc contre le portier mexicain au premier tour de Coupe de France. En vacances au Brésil au moment de la compétition avec d’autres joueurs du FC Quimperlé, le footballeur amateur raconte cette anecdote. « Bresil-Mexique se passait le jour de notre départ, j’ai donc vu le match a l’aéroport. On a bien rigolé quand on voyait qu’Ochoa faisait un match énorme devant Neymar et les Brésiliens. J’ai quand même glissé aux gens qui regardaient le match à l’aéroport que moi j’avais réussi à lui mettre un but ! »
Deuxième récompense : le monde entier est conquis. Le lendemain, il est à la une des journaux brésiliens, mexicains et même chinois. En France, L’Equipe lui attribue la note rare de 9/10. Même les plus sceptiques retournent leurs vestes. Y compris, et surtout, le commentateur de la télévision mexicaine. Quelques jours avant le début de la compétition, il désespérait. « Était-on obligé d’amener ‘Le Français’ ? Ochoa croit qu’il sera titulaire parce qu’il joue en Europe. On n’a pas besoin de lui ! Prouve que t’es bon! ». Pendant le match, il exultait en français. « Ochoa, je t’aime à l’infini !!!!! »

plus belle photo du mondialCette photo élue plus beau cliché de la Coupe du monde par The Guardian

De l’autre côté de l’Atlantique, un autre commentateur tombera amoureux du Mexicano en direct sur TF1. « Il a un super regard Memo Ochoa ! » s’extasiera l’inénarrable Christian Jeanpierre à la 52ème minute de Pays-Bas – Mexique. Un huitième de finale de Coupe du monde qui sera fatal aux valeureux mexicains, battus au bout du temps réglementaire sur un pénalty de Robben. Guillermo Ochoa aura beau repousser l’échéance jusqu’à la fin, la Tricolor est éliminée du Mondial. Memo Ochoa est, lui, entré dans une nouvelle dimension qui lui permettra, on le pense alors, de signer dans l’un des plus grands clubs de la planète.

Gaga gagagaaa gaga Malaga

Le mercato des gardiens est alors plus ouvert que jamais. Le Real Madrid embauche Keylor Navas, héros du Costa-Rica, Arsenal choisit le Colombien Ospina pendant que le FC Barcelone préfère le Chilien Carlos Bravo. L’Atlético Madrid, qui vient de perdre Thibaut Courtois est également à la recherche d’un nouveau portier. Le nom d’Ochoa circule, comme à Liverpool, Marseille, Monaco, mais aucune piste n’aboutit. Guillermo Ochoa et son (ses) agent(s) seraient-ils trop gourmands au niveau de la prime à la signature et du salaire ? Toujours est-il que les portes se ferment les unes après les autres. Si bien qu’Ochoa n’a guère le choix. Il signe à Malaga, en toute fin du mercato, et remplace Willy Caballero parti à Manchester City. Un choix du directeur sportif Mario Husillos, en désaccord avec Javi Gracia, l’entraîneur qui vient d’arriver d’Osasuna.  Après avoir été le premier gardien mexicain à avoir évolué en France, il devient le premier gardien mexicain d’Espagne. Un pionnier qui va choisir de jouer avec le numéro 13 dans le dos. Superstition ? Sans doute. Guillermo Ochoa est un né un vendredi 13, son premier match de Coupe du monde s’est déroulé un 13 juin à 13 heures et 13 est le numéro de son maillot lors de ses 3 Mondiaux.

Guillermo OCHOA

Lors de sa présentation, ce sont 2 000 supporteurs qui envahissent la Rosaleda pour accueillir l’une des stars de la Coupe du monde. Les fans mexicains du portier, eux, sont soulagés mais quelque peu dérangés, comme Citatli, à la tête du mouvement ForeverMemo8a, l’un des plus importants lobby memomaniak. « Après la Coupe du monde au Brésil, nous espérions tous que Memo allait signer dans une plus grosse équipe, mais nous savons tous qu’il n’est pas aisé pour un gardien mexicain de jouer en Europe, surtout lorsque celui-ci occupe une place d’extra-communautaire. Mais nous ne sommes pas déçus, parce que Memo s’est toujours battu pour sa place dans les équipes où il a joué. » Ce qui va les pousser envahir les pages dédiées au club de Malaga sur les réseaux sociaux. Le compte Twitter officiel de Malaga passe ainsi de 270 000 à 310 000 followers en quelques heures. Quant au compte non-officiel géré par des fans @MalagaUniversal, il gagne une centaine de followers, dont « énormément de Mexicains ». Il faut dire que la presse mexicaine n’y va pas avec le dos de la cuillère et annonce ce transfert comme étant « l’une des plus grandes nouvelles du football mexicain cette année ». Les journalistes affluent sur place. Avant de vite déchanter. Car leur chouchou ne va pas éclabousser la Costa del Sol de son talent.

Guillermo Ochoa

Titularisé contre la Fiorentina en match amical, Guillermo Ochoa Magaña va commettre sa seule erreur de 2014. Une sortie hasardeuse suivie d’un lâché de ballon qui coûte un but. Dès lors, il ne rejouera plus. Pour plusieurs raisons. Cette boulette donc mais également une préparation tronquée. Arrivé sur le tard dans le sud de l’Espagne – moins d’un mois avant le début du championnat -, Memo a pris un retard non-négligeable sur son partenaire-concurrent, le Camerounais Carlos Kameni. Le Lion Indomptable va devancer le chat chevelu dans la hiérarchie malagueña. Pourtant, rien n’était gagné d’avance. La saison dernière, Kameni a longtemps été écarté de sa cage. Sur le départ, le Camerounais est finalement resté et a même prolongé son contrat jusqu’en 2018 le 25 août dernier, divisant son salaire par deux. Un signe de confiance et bien lui en a pris puisque le titulaire indiscutable, c’est lui. « Les gens veulent voir Ochoa ? Je trouve Kameni très bon. Mon boulot est de faire des choix, que ça plaise ou non. » rétorque même le coach Javi Gracia le 10 septembre dernier face aux nombreuses interrogations de la presse et des Mexicains. « Il y a un problème : les Mexicains insultent et manquent de respect à Malaga à cause du statut de remplaçant d’Ochoa. C’est dommage car sinon les Mexicains sont des gens biens. Mais bon, nous, les Malaguistas sommes fiers de Memo ». se plaint le community manager de @MalagaUniversal.
C’est du confortable banc de touche que Memo Ochoa va assister au début de saison du MCF. Comme d’habitude, le gardien reste discret et ne fait pas de vagues malgré sa situation de remplaçant. Les médias vont s’en charger pour lui. Les rumeurs de transfert dès le mercato hivernal reprennent de plus belle. L’une d’elle fait état d’une vente d’Ochoa pour libérer les fonds nécessaires à l’achat de Nordin Amrabat, actuellement prêté par Galatasaray. Comme si le Real vendait Casillas pour s’acheter Marouane Chamakh.

Ochoa La Corogne 1er match

Mais à force de prendre son mal en patience, Ochoa va enfin avoir sa chance. Grâce à une blessure de Kameni ? Non, car même gêné par ses adducteurs, le Camerounais tiendra sa place contre l’Atlético Madrid. Grâce au lobby Memomaniak sur les réseaux sociaux ? Non, car le hashtag #QueremosAOchoTitular, de nouveau de sortie, ne fonctionnera pas. Grâce au turn-over de Gracia en Copa del Rey ? Oui. Le portier fêtera ainsi sa première titularisation contre La Corogne le 3 décembre. Et comme à son habitude, lorsque l’on compte sur lui, Memo ne déçoit pas. A son actif, des arrêts réflexes et des parades sur sa ligne. Assez pour que la presse ibérique s’enflamme. « Un spectaculaire show de parades » selon AS, un match « notable » pour Marca. Le match retour, qu’il disputera également en tant que titulaire, fera moins parler. Helder Postiga trompe Ochoa à la 57ème minute sans que cela n’empêche Malaga de l’emporter 4-1 et de se qualifier au tour suivant. L’occasion pour le Mexicain de glaner quelques minutes de jeu supplémentaires lors des tours suivants contre Levante et bientôt Bilbao. A moins que celui qui a joué le Père Noël pour les enfants hospitalisés de Malaga en cette fin d’année n’aille endosser le costume de sauveur de Liverpool, qui aurait un oeil sur lui. Medias espagnols, mexicains et anglais se sont mis d’accord sur un possible transfert à hauteur de 3 millions de livres. De son côté, Vicente Casado, le directeur général de Malaga, indique qu’il « étudiera les propositions ». Qu’il reste à Malaga cet hiver, qu’il atterrisse en Premier League ou ailleurs, Quimperlé sera, de toute façon, bien loin pour Memo Ochoa.

@LoicDrd

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