Après avoir concédé deux matchs nuls plus ou moins encourageants contre la Grèce et la Russie, la Pologne devait impérativement gagner son dernier match pour entériner sa qualification en quart de finale. Portée par tout un peuple, elle faisait face à la République tchèque, en ballotage favorable suite à son succès contre les Hellènes. Au cours d’une partie crispante, dominée par les Polonais dans les 25 premières minutes avant de tomber sous la maîtrise tchèque, ce sont ces derniers qui font la différence en seconde période par l’intermédiaire de Petr Jiracek. La République tchèque termine en tête du groupe et laisse la Pologne, inconsolable, à la dernière place.
Le but
72′ Jiracek
Les tchèques en rouge (et en quarts)
P. Cech : capitaine en raison du forfait de Tomas Rosicky, le portier casqué a retrouvé son niveau de Chelsea au meilleur des moments. Sûr dans les airs, attentif aux percées de Blaszczykowski en première période et auteur d’un arrêt déterminant sur une frappe vicieuse de Boenisch à la 21′, Petr n’a rien à se reprocher ce soir. 6
T. Gebre Selassie : après un début de match placé sous le signe de l’offensive, le latéral droit s’est surtout évertué à bien fermer son couloir devant les montées de Boenisch. Sérieux, il n’a ni poli ni sali le jeu pratiqué par ses coéquipiers. C’est donc, en toute logique, un 5
M. Kadlec : s’il fallait désigner un sauveur dans les rangs de la République tchèque, ce serait sans conteste ce bon vieux Michal. Solide, rarement pris à défaut par les contres polonais en première période, le défenseur a sorti une tête de Blaszczykowski à la 90′+4 qui filait dans les buts de Cech. Une statue, s’il vous plaît. 8
T. Sivok : la caution bévue de la défense tchèque a étonné une enceinte de Wroclaw médusée en réalisant un match plus que correct. Après 25 premières minutes plutôt délicates, il a bien contrôlé les phases de jeu adverses et aurait même pu marquer si Tyton ne s’était pas miraculeusement trouvé sur la trajectoire de sa tête à la 65′. Un 6, comme son numéro de maillot.
D. Limbersky : un match similaire à Sivok, c’est-à-dire une première demi-heure compliquée face aux montées de Piszczek et au travail de Blaszczcykowski et Obraniak dans sa zone avant de se reprendre. Sa deuxième période, très aboutie, lui permet d’obtenir un 6 plutôt honnête.
J. Plasil : un match décevant de la part du milieu relayeur des Girondins de Bordeaux. En l’absence de Rosicky, on aurait pu penser qu’il prenne davantage ses responsabilités dans la construction du jeu. Il peut s’estimer heureux que sa perte de balle à la 10′ de jeu ne soit pas mieux exploitée par Lewandowski. A sa décharge, des coups de pied arrêtés plutôt bien tirés et un Kolar nettement moins influent que le Petit Mozart. Mais ça reste bien peu. 4
T. Hübschman : au contraire de son camarade, le milieu du Shakhtar Donetsk a davantage pesé sur le jeu de son équipe, même si son match est loin d’être génial. Il a gagné la bataille du milieu de terrain en deuxième période, contribuant largement à éteindre la Pologne. 6
P. Jiracek : le joueur de Wolfsburg est l’un des meilleurs tchèques depuis le début de la compétition et il ne laisse pas indifférent avec sa gueule de barbare. Généreux toujours, buteur encore et précieux pour ses partenaires, l’ailier droit sera l’un des joueurs à suivre en 1/4 de finale. 6. Sonné par un ballon, il fut remplacé par F. Rajtoral à la 84′ pour conserver le résultat. non-noté
D. Kolar : le remplaçant de Rosicky n’a pas été à la hauteur ce soir et aligne une performance équivalente à sa piètre prestation contre la Grèce. Il a élevé son niveau de jeu en deuxième période mais apporte trop peu. Vivement le retour du titulaire habituel. 4
V. Pilar : la révélation tchèque depuis le début de la compétition est un mix entre Ménez et Valbuena. De la taille d’un nain et affublé d’un maillot floqué n°14, il se bat et propose sans arrêt. Il y a forcément du déchet dans son jeu (sa reprise de volée manquée à la 4′ est là pour en témoigner) mais qu’est-ce qu’il peut emmerder les défenses ! 6. Remplacé à la 88′ par J. Rezek, encore une fois pour gagner du temps. non-noté
M. Baros : une première période proche du néant intégral qui contraste avec une bonne deuxième période où il a pleinement joué son rôle de pivot difficile à bouger. Un rôle de chieur qui lui va comme un gant, par ailleurs. 5. Remplacé par T. Pekhart à la 90′ pour prendre un carton jaune débile. non-noté
Les mineurs (comme Lantier, pas comme Zahia)
P. Tyton : au chômage technique pendant un long moment du match, le suppléant de Szczesny fut tout de même performant en temps voulu. Auteur d’un arrêt réflexe à bout portant sur une tête tchèque à la 65′, il est entré dans la légende des compétitions européennes en stoppant la première frappe de Baros dans cet Euro. Assurément le meilleur Polonais de la compétition. 6.5
L. Piszczek : beaucoup moins offensif qu’à son habitude, le joueur de Dortmund a dû faire face à un Limbersky jouant très haut. Ainsi, ses montées ont manqué et le surnombre qu’il apporte à l’accoutumée s’est envolé. Comme les espoirs de qualification de son pays. 4.5
M. Wasilewski : il est rasé, tatoué et violent, on devait donc s’attendre à ce qu’il n’aime pas les licornes et les arcs en ciel mais plutôt les tacles et le sang. Pas serein durant tout le match, il glisse sur l’action du but, permettant ainsi à Jiracek de tirer tranquillement. Équarrisseur polonais, il n’a toutefois pas cassé de jambes. De quoi être déçu. 4
D. Perquis : face à un faible Baros, il n’a pas eu à forcer son (faible) talent. Intervenant toujours par des tacles sortis de derrière les fagots, il est quand même beaucoup plus rassurant que Wasilewski. 5.5
S. Boenisch : le meilleur Polonais ce soir. Implacable, il a contenu Gebre Selassie dans son camp, mais surtout il a écarté tout ce qui venait de son côté. Son enthousiasme et sa rage positive ont manqué à ses coéquipiers. En plus, il s’est permis d’être dangereux deux fois offensivement en début de match. 7
E. Polanski : on ne lui distribuera pas de bons points. Ni de ticket de rationnements. D’ailleurs, c’est plutôt lui qui les a distribués. Passeur au compte-goutte, ses coéquipiers ne furent pas rassasiés par ses transmissions trop souvent maladroites. Son carton jaune pour un attentat sur Pilar le privera du prochain match international. Tant mieux, la Pologne n’a pas besoin de lui. 4. Smuda le remplaça à la 55′ et fit rentrer K. Grosicki qui a fait acte de présence pendant la domination tchèque. non-noté
R. Murawski : ses limites techniques ont empêché les Polonais de construire un jeu léché et créatif. Et même s’il a tenté d’accélérer les ballons, il n’y est pas parvenu. Par contre, il a réussi à dégoûter tout un peuple en jouant trop physiquement. 4. Remplacé par A. Mierzejewski à la 73′ qui n’a pas non plus su faire la différence. non-noté
D. Dudka: ingérable, incapable de répondre autrement que par la violence, brut, nerveux. Dudka social. 4
K. Blaszczykowski : il a beau avoir tout donné et tout essayé, on sait que quand ça veut pas, ça veut pas. Aujourd’hui la Pologne était dans un jour sans, Kuba aussi. 5.5
L. Obraniak : mis à part ses coups-francs qui se sont avérés dangereux, l’ancien Lillois n’a pas su être dangereux. Comme tous ses compatriotes de l’attaque. 5.5. P. Brozek lui a succédé sur le terrain à la 73′ sans parvenir à apporter un plus. non-noté
R. Lewandowski : Cech est protégé mais pourtant c’est Lewandowski qui est complètement casqué en n’hésitant pas à aller au charbon. Dommage qu’il n’ait pas su dynamiter la défense tchèque avec un petit coup de grisou. Décevant ce soir, il l’a été la plupart du temps pendant cet Euro. 4
Alexandre & Loic





