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Récit à caractère merveilleux, où les faits historiques sont transformés par l’imagination populaire ou l’invention poétique.

– Définition de légende dans le dictionnaire Larousse

Gerrard

Entre nous, soyons honnêtes, Steven Gerrard a été un merveilleux milieu de terrain, mais l’imagination populaire ne pourra jamais l’empêcher de glisser sur cette passe maladroite de Mamadou Sakho, le 27 avril 2014. C’est dur, mais c’est pourtant cette affreuse image qui risque d’être longtemps – indéfiniment ? – associée à sa fin de carrière.

Son départ de Liverpool a la fin de la saison 2014-2015 ne me fait même pas mal. C’était inéluctable. Il devait partir. La saison précédente était un grand-huit émotionnel avec une fin sans espoir. Jamais il n’aura été aussi proche de remporter le dernier trophée qu’il lui manque. Peut-on être une légende lorsque l’on est incomplet ? Je ne crois pas. Steven Gerrard restera inachevé jusqu’à la fin de ses jours, jamais il ne soulèvera le trophée de la Premier League.

Mais n’est-il pas un magnifique perdant ? Evidemment, j’exagère. Il a gagné tous les tournois nationaux et européens, se payant même le luxe d’être le seul joueur à avoir marqué dans chacune de ses finales. Seulement, chacune de ses tentatives d’arracher le dernier et le plus important des trophées a invariablement tourné à l’échec rageant. Paradoxalement, plus il s’en rapprochait, plus je l’aimais dans la douleur.

Steven Gerrard n’était pas une légende. Il était un sacrifié pour l’équipe, pour le staff, le stade et la ville. Il était ma raison d’aimer le football. Et sa raison d’y jouer tenait de la mort de son cousin lors du drame d’Hillsborough. Il confiera en 2009 à la BBC que c’est en voyant la réaction de sa famille à l’annonce de la disparition de Jon-Paul qu’il est devenu le joueur qu’il était. Son approche du jeu sur le terrain reflétait son interprétation du football. Il était au service des autres. Il était celui qui réfléchissait le plus. Il était ce capitaine respecté dans son vestiaire. Il était le joueur généreux prêt à combler la montée d’un joueur ou au contraire à apporter le surnombre numérique en attaque. Il était essentiel.

Steven Gerrard n’est pas une légende. Il est une icône. Il ne laisse pas d’héritage au football mais des souvenirs. Ses transversales au point de fuite millimétré. Son visage marqué, sombre et anxieux qui s’illuminait soudainement lorsque ses calculs s’avéraient justes et que la défense adverse éclatait. Ses glissades sur l’herbe, poings serrés, direction le poteau de corner. Ses baisers à la coupe aux grandes oreilles, aux caméras, à Fernando Torres, à Luis Suarez. Ses frappes claquées depuis les 30 mètres. Son goût immodéré pour Phil Collins.

Steven Gerrard ne sera pas une légende. Il est au-delà. Il sera un spectre, un voile omniprésent à Anfield. Il sera une âme supplémentaire, à côté de Bill Shankly, de Ian Rush, Kevin Keegan, Kenny Dalglish, Jamie Carragher, quelque part dans les gradins, dans les esprits et les coeurs.

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