Étincelant avec l’Olympique de Marseille, André Ayew est promis à un futur radieux. Juste derrière lui, son frère, Jordan, pointe déjà le bout de son nez. Arrivés à l’OM avec l’étiquette de fils d’ex-gloire du football, les minots ont tout de suite pu goûter à la légendaire pression phocéenne. Mais comme leur père, Abedi Pelé, ces deux gamins possèdent un mental de gagneur et une magnifique aisance balle au pied. Alors bon, les sifflets du Vélodrome, même pas peur. Retour sur leurs parcours, qui ne semblait pas gagné d’avance…
Les débuts d’André
Né le 17 décembre 1989, l’ainé des deux frères Ayew fait à dix ans ses premiers pas de footballeur au Nania FC, club ghanéen dirigé par papa Abedi. Précoce, Dédé n’a pas attendu longtemps pour se faire remarquer, puisque à l’âge de quatorze ans, il évolue déjà avec les seniors du club basé à Legon, banlieue aisée d’Accra. Ce n’est qu’à l’âge de seize ans qu’André rejoint l’OM, pris sous l’aile du paternel, bien décidé à ce que son fils réussisse dans le monde du football. Seules deux petites années lui suffisent pour impressionner ses paires, notamment grâce à une saison ponctuée par onze buts en catégorie jeunes moins de dix-sept ans. C’est alors qu’il se voit offrir un contrat professionnel au terme de l’exercice 2006-2007. A Marseille, tous les regards sont tournés vers lui, lui qui a maintenant la lourde tâche de refaire rêver les supporters olympiens. Des supporters olympiens qui ont tous dans le coin de leur tête un certain 26 mai 1993, où Abedi Pelé plaça son coup de pied de coin sur le crâne de Basile Boli. Mais messieurs, il faudra être patient, il vient tout juste de fêter ses dix-huit ans le minot !
Le 15 août 2007, André Ayew foule pour la première fois les pelouses de Ligue 1 face à Valenciennes. Maillot floqué du numéro 29, le jeune ghanéen n’aura cependant pas le temps de montrer ce dont il est capable, Albert Emon l’ayant seulement fait entré à la 89e minute. Ce n’est que quatre mois plus tard que l’ailier gauche a sa seconde chance. Profitant de l’absence de Bolo Zenden, Dédé est aligné pour la première fois sous l’ère Gerets, et ce contre le prestigieux FC Porto. Crédité d’un très bon match, où il a littéralement fait l’amour à Bosingwa, le joueur est reconduit comme titulaire contre Lyon, cinq jours plus tard. Malgré des statistiques vierges, le désormais international ghanéen, totalise tout de même treize apparitions sous le maillot marseillais. On le sait, réussir à l’OM lorsqu’on est jeune n’est pas une chose aisée, et Arsène Wenger n’a pas manqué d’essayer de s’attacher les services du prometteur ailier gauche. En vain.
Ça se complique
Ambitieux, Erik Gerets met la pression à ses dirigeants afin d’obtenir les renforts nécessaires à la conquête du titre de champion. Bakari Koné, Hatem Ben Arfa, ou encore Mamadou Samassa, viendront compléter l’attaque marseillaise déjà composée de Mamadou Niang et Djibril Cissé. A l’annonce de ces grands noms, il semblait difficile d’imaginer André Ayew se faire une place au milieu de ces joueurs confirmés. Malgré tout, les dirigeants olympiens, conscients qu’ils possèdent dans leurs rangs un jeune joueur prometteur, décident de le prêter au FC Lorient pour parfaire sa formation. C’est là-bas qu’il inscrit son premier but professionnel, face à Sochaux. Cependant, Dédé n’a pas l’entière confiance du coach Christian Gourcuff, et est rétrogradé au statut de remplaçant de luxe. Bilan de la saison : trois buts en vingt-deux apparitions, pas de quoi fouetter un chat.
Après l’arrivée de Didier Deschamps sur la Canebière, on pouvait penser que l’ainé des Ayew aurait sa chance, lui qui avait gagné en physique et maturité, et ce malgré un prêt moyennement convaincant. Cependant, coach DD ne l’entend pas de cette oreille et décide finalement de le prêter au promu de Ligue 2, Arles-Avignon, au dernier jour du mercato estival. Coup dur pour le moral du joueur.
Pendant ce temps…
Annoncé comme étant encore meilleur qu’André par leur propre père, Jordan, né le 11 septembre 1991, débute en 2006 avec les équipes jeunes de l’Olympique de Marseille. Pendant trois ans, le natif de Marseille fait ses marques et expose tout son talent devant les yeux attentifs de ses entraineurs, conscients qu’ils ont encore une fois entre leurs mains, un possible héritier du magicien Abedi Pelé. C’est en 2009 qu’il finit par signer son premier contrat pro. Une joie pour son père qui va même jusqu’à le comparer à Cristiano Ronaldo !
Le 16 décembre 2009, il fait sa première apparition en Ligue 1. Jordan rentre à la place du grand Fernando Morientes. Seules cinq petites minutes lui suffisent pour inscrire son premier but, remettant Marseille à égalité avec Lorient. (victoire finale 1-2 de l’OM). Du haut de ses dix-huit ans, on peut dire qu’il a déjà un sacré culot ! Prometteur.
La résurrection, puis la consécration
Il aurait pu se décourager, sombrer et finir au Qatar, mais non, André Ayew a de la volonté, André Ayew a du talent. Vêtit du chandail numéro 10 d’Arles-Avignon, Dédé fait ses débuts au club sur le banc des remplaçants, mais ça ne dure pas longtemps, puisque lors de son second match face à Tours il est le principal artisan de la victoire des siens. Enchainant les bonnes performances, il doit laisser ses coéquipiers en début d’année 2010, Coupe d’Afrique des Nations oblige. Son absence se fait largement ressentir chez le club sudiste, puisque ces derniers ne parviennent à arracher une seule victoire pendant que le petit s’éclate sur les pelouses angolaises. Dès son retour, la machine Arles-Avignon redémarre et s’envole vers la troisième place du classement, synonyme de promotion en Ligue 1 ! Merci qui ? Merci Dédé Ayew !
Après le départ de Mamadou Niang à Fenerbahce, et malgré un recrutement cinq étoiles, l’OM ne semble pas avoir de vrai ailier gauche capable de faire ce que tout ailier gauche est censé faire, déborder et centrer. C’est pourquoi Didier Deschamps, pour la première fois depuis qu’il est à Marseille, fait confiance au ghanéen. Choix, ou obligation faute de mieux, on ne sait pas, à vrai dire, on s’en fout. Toujours est-il que le destin a bien fait les choses puisque André Ayew a littéralement explosé. Criant haut et fort qu’il se sent mieux au poste de milieu relayeur gauche, c’est pourtant sur l’aile gauche qu’il impressionne tout le monde, de Deschamps à Ferguson, qui n’a pas tarit d’éloges à son encontre après le match face à Manchester United. Devenu pièce maitresse du collectif marseillais, André pointe actuellement avec huit buts et trois passes décisives, toutes compétitions confondues, et fait parti des Olympiens les plus utilisés, juste derrière Steve Mandanda et Lucho González. Capitaine et vainqueur avec le Ghana de la Coupe du Monde des moins de 20 ans en 2009, Ayew a également été un élément clé du parcours des Black Stars à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Une chose est sûre, c’est de la bonne graine de champion qui a largement le potentiel pour s’imposer dans un très grand club européen. Le futur c’est lui !
Et finalement Jordan ?
Lui aussi monte en puissance. Ses apparitions en équipe première sont de plus en plus fréquentes. La dernière en date, vendredi contre Rennes où il offre la passe de but à Lucho González. Son père le décrivait comme étant encore meilleur que son frère, et quand on voit ce su’il est en train de réaliser, on se dit que cela va être difficile d’être encore meilleur que ça. Difficile, certes, mais pas impossible. On sent que lui aussi à hérité du coup de patte de son paternel, alors, faire mieux que son frère, c’est tout le bonheur qu’on lui souhaite. A noter également qu’André et Jordan ont un autre frère, Abdul Rahim, qui évolue en Égypte, au Zamalek SC, mais qui ne semble pas être promis au même avenir.
En attendant, l’Olympique de Marseille possède là deux pépites qu’ils ont eux-mêmes formé et quelque chose me dit qu’ils n’ont pas envie de s’en défaire. Cependant, vu la conjoncture actuelle, il devient difficile pour un club français de résister aux appels dorés des plus grandes écuries européennes. Après Samir Nasri, c’est au tour des Ayew, la suite peut-être avec les N’Doumbou, Osei, Gadi et Omrani… Wait and see.




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