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J'te jure, je suis pas la taupe, j'étais pas là !

0-0, le boulot a été fait. Didier Deschamps est content, les journaux français loueront la performance des marseillais qui conservent leurs chances de qualifications. Ferguson ne s’inquiète pas, il était venu pour ne pas perdre. Et moi ? Ils ont pensé à moi, le mec qui s’est emmerdé toute la soirée à espérer un éclair de Berbatov, un percée de Brandao et qui doit maintenant écrire sur quelque chose qu’il n’a pas vu : un match de football ? Bien sûr que non, en témoignent les titularisations de Carrick, Fletcher, Gibson, Cissé et Kaboré. Je préviens : je réserve Barça – Arsenal.

« Dîtes monsieur : comment on fait une passe ? »


Fini les sarcasmes, passons au contenu. Au Vélodrome ce soir, l’Olympique de Marseille recevait le leader du championnat d’Angleterre, Manchester United. Au menu : Rooney, Berbatov, Nani, Scholes, Giggs…ah non, pas Scholes, ni Giggs. Sir Alex avait décidé de nous emmerder jusqu’au bout, puisqu’en plus de jouer le match nul, il avait laissé de côté ses meilleurs milieux. Bien, admettons. J’avais encore confiance en Nani et Rooney, Berbatov me laissant assez perplexe en général. Des gestes de classe incroyables alliés à une énorme tendance à oublier de jouer certains matchs. Ce fut tristement le cas ce soir. Rooney n’a pas eu beaucoup l’occasion de se montrer et Nani, à force de tricoter et de glisser, a fini par lasser son public, et même son adversaire Heinze, qui n’affichait pas une envie incommensurable de le marquer.

Le match commença pourtant sur un bon rythme, Manchester prit le contrôle du ballon et mit sous pression Marseille. Mais ça ne dura que cinq minutes, et comme je n’ai allumé la télé qu’à la sixième minute, oubliant quelques instants qu’il y avait un match ce soir, j’ai raté ça, et je vous raconte là ce que dit l’envoyé spécial de lequipe.fr, ne prêtez donc pas trop d’importance à ces dernières lignes.

La mainmise de Manchester United sur le match dura encore une quinzaine de minutes jusqu’à ce que Carrick, Fletcher et Gibson devinrent si mauvais qu’ils ne réussirent plus une passe. L’OM récupéra donc logiquement le ballon et le solide milieu marseillais éclipsa peu à peu le milieu mancunien. Cissé, encore auteur d’un match « a fait le boulot » ce soir, fut à la retombée des ballons négligemment relancés par la défense centrale Smalling – Vidic, ce dernier étant sur son mauvais pied, ne facilitant pas sa tâche. A ses côtés, Charles Kaboré n’a pas impressionné par sa vision du jeu, mais sa présence athlétique a aidé la défense à rester tranquille. Seul Nani inquiétait la défense marseillaise, Heinze, comme dit plus haut, ne montrant pas beaucoup de motivation à défendre. Pendant que Christian Jean-Pierre s’égosillait à crier au danger Nani, je me rendis compte que le Portugais se révélait totalement inoffensif. Des glissades, des centres ratés, des pertes de temps, bref, rien de bien grave pour un Heinze tout de même absent en première période.

L’OM récupéra donc la possession du ballon mais n’en fit rien d’intéressant. Devant, Lucho et Brandao erraient l’un derrière l’autre, à la recherche d’un intervalle, qu’ils trouvèrent quelques fois, sans être servis. L’Argentin, trop peu influent, sembla perdu, orphelin de Gignac et de Valbuena, plus capables de conserver la balle que leurs substituts André Ayew et Loïc Rémy, meilleurs en percussion, mais trop feu follet, trop « tout-droit ». Si ces deux joueurs ont effectué leur tâche défensive de belle manière, ils ont rarement fait douter une défense rouge très sereine. L’homme le plus dangereux côté olympien se révéla être Rod Fanni, s’infiltrant plusieurs fois dans le dos de Patrice Evra, moyen ce soir, et doucement sifflé.

La première mi-temps fut donc un calvaire, que l’arbitre, un saint, ne prolongea pas d’une seule seconde et en siffla la fin à peine la 45ème passée. Le résultat semblait contenter les deux équipes, pas étonnant donc que les intentions en deuxième ne réveillèrent pas le public d’un Vélodrome sous respirateur, étouffé par la pauvreté technique de la rencontre.

Une occasion hors-jeu et c’est tout


La deuxième période fut incontestablement moins chiante. En partie parce que Astorga et Lizarazu ont fait un concours de vannes à chier, mais aussi parce que l’OM a décidé de jouer. Lucho a enlevé son costume de fantôme et s’est montré enfin utile. Marseille a réellement dominé son adversaire durant vingt-cinq minutes, sans trouver la faille. Seule chance, un ballon dévié par la défense mancunienne, retombé dans les pieds de Ayew, hors-jeu mais non signalé, qui croisa trop sa frappe, passant devant les yeux et les jambes de Brandao, hors-jeu mais non signalé, de toute façon trop bête et trop lent pour être bien placé. Là est le seul moment où Manchester a entrevu la défaite.

Côté Red Devils, c’était toujours le sommeil profond et le lob présomptueux tenté de 45 mètres par Rooney ne réveilla pas ses potes britanniques, surtout ceux au milieu, moins pertinents que Jacques Santini parlant tactique. Les deux coachs étaient tellement contents du score qu’ils attendirent les vingt dernières minutes pour faire des remplacements. Deschamps tenta timidement d’apporter de la technique au secteur offensif en sortant Cissé et Rémy, remplacés par Cheyrou et Valbuena. Hé, j’ai dit « tenta ». Bref, les deux ne provoquèrent rien sinon des soupirs. En face, Sir Alex sortit Gibson, donnant l’occasion à Astorga et Lizarazu de faire la « best joke of the year » :

– Astorga : Scholes remplace le moins emblématique Gibson
– Lizarazu : Sauf si on parle musique
– Astorga : oui les guitares ! Hohoho hahaha
– Lizarazu : hihihi

Pendant ce temps, Christian Jean-Pierre, adepte de la batterie, pleurait dans son coin en préparant la pub pour Téléfoot qui ne tarda pas. Scholes entra donc sur le terrain mais n’eut pas assez de temps pour montrer son éternel talent. Replacé en 4-4-2, Manchester embêta enfin l’OM à partir de la 80ème, reprit le ballon et envoya quelques centres sans destination dans le paquet. Toujours rien de dangereux donc, et le match pouvait se terminer, le sourire aux lèvres des vingt-deux « footballeurs » qui nous ont offert un remake fidèle de France – Roumanie Euro 2008.

« Merde Didier, t’as vu les stats ? »


Tous les observateurs professionnels disent déjà la même chose : Marseille a tenu tête au leader de la Premier League et fait honneur au football français bla bla bla moi aussi je peux écrire le même article bla bla bla. Penchons-nous sur les chiffres de United cette saison. En championnat, trois victoires, huit nuls et une défaite à l’extérieur. Rien de surprenant à ce que Man U vienne faire un nul au Vélodrome. A domicile, United propose une autre opposition…treize victoires, un nul, trente-neuf buts marqués, neuf encaissés. Les statistiques sont ahurissantes. Et si Marseille a obtenu un bon résultat avec un 0-0, permettant de se qualifier avec un match nul avec but, Didier Deschamps risque d’avoir fait un mauvais calcul si les hommes de Sir Alex ne contredisent pas leurs stats. Le coach marseillais est donc plutôt ambitieux pour le match retour, et ce depuis le début, puisqu’il voulait un 0-0 à l’aller. De l’ambition, ce qui manque d’habitude aux entraîneurs français. En espérant qu’elle ne se transforme pas en prétention à la fin du match dans trois semaines…

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