Fernando Torres devra taper dans le ballon ce soir.

Les Blues de Chelsea se rendent ce soir à Manchester pour défier les statistiques. Leur défaite 1-0 à domicile leur accorde peu de chances de qualification. Néanmoins, une victoire 2-1 suffirait au bonheur de Carlo Ancelotti. C’est sur ce score que les Blues étaient allés s’imposer à Manchester le 3 avril 2010, propulsés vers un nouveau titre de champion. Avant-match.

Triste spectacle

Le match aller n’a pas passionné les foules. Il ne les a pas surprises non plus. Les confrontations mancuno-londoniennes sont rarement propices au spectacle. Seulement 23 buts sur les dix derniers matchs entre deux équipes qui se partagent la Premier League depuis sept ans. Quatre victoires des Red devils, quatre victoires des Blues, et deux matchs nuls. Équilibrés. Pas étonnant alors que les scores soient souvent étriqués (match nul ou un but d’écart lors de sept des dix dernières rencontres).

L’opposition du 6 avril dernier n’a pas fait exception. Un seul but, et finalement peu d’occasions. Manchester avait tout de même montré plus de maîtrise, et surtout plus de vivacité, face à un Chelsea ramolli. On avait même cru au premier but de Fernando Torres sous le maillot de Chelsea mais l’immense Van der Sar s’était interposé. Le penalty oublié en fin de match, énième décision litigieuse pour des Blues qui ne les connaissent que trop bien depuis plusieurs années sur le plan continental, resurgira probablement dans les mémoires au terme de la rencontre. À moins qu’une des deux équipes écrase l’autre, mais un tel événement serait surprenant. Face aux gros, Manchester United et Chelsea ne cartonnent pas cette saison, et si les Red Devils ont la meilleure attaque, c’est en déroulant face à de petites équipes. Même chose pour les Londoniens, troisième meilleure attaque, avec deux 6-0 en début de saison face à West Bromwich Albion et Wigan…

Dynamiques contraires

Les voyants sont tous au vert côté Man United et la plupart rouges pour Chelsea.

Verts pour Manchester United car l’équipe de Sir Alex est au pic de sa forme. Après une première semaine de mars difficile (défaite à Chelsea puis à Liverpool), les Mancuniens ont repris le bon cap, Wayne Rooney en capitaine de navire. Une série de six victoires consécutives, avec Arsenal, Marseille et Chelsea dans le paquet, un nouveau retour éclair face à West Ham et seulement trois buts encaissés. Rassuré par Rooney devant, le coach écossais peut l’être par sa charnière défensive aussi. Rio Ferdinand is back, et pas n’importe comment. Sa performance solide face aux Blues est un bon signe. À ses côtés, Vidic est redevenu le grand Vidic : peu de fautes, pas de cartons rouges, pas de duels perdus. Un monstre. De plus, United a la chance de recevoir au retour. À domicile, les Red Devils n’ont tout simplement jamais perdu cette saison. En championnat, ils ont pris 46 points sur 48 possibles. Effrayant.

Rouges pour Chelsea car la machine si efficace l’an dernier s’est enrayée. Les piliers Lampard et Drogba commencent à s’affaisser, ce dernier n’étant pas aidé par l’arrivée d’un Fernando Torres dans la pire période de sa carrière. Un mois de mars excellent réalisé (victoire sur les deux Manchester, victoire à Blackpool, qualification pour les quarts de la Ligue des Champions), les Blues sont retombés dans leurs travers, apathiques, poussifs offensivement. La recrue la plus chère de l’histoire de la Premier League n’a toujours pas marqué, les choix d’Ancelotti font jaser. Au match aller par exemple, laisser Torres sur le terrain et sortir Drogba reste une décision inexpliquée. L’Ivoirien avait pourtant inquiété à plusieurs reprises la défense mancunienne, surtout en passant par le côté gardé par Patrice Evra. Samedi dernier, Chelsea a encore peiné lors de la réception de Wigan. Une ouverture du score tardive (67ème) par Florent Malouda, qui n’avait plus marqué depuis huit journées. L’absence d’un buteur efficace est un vrai souci pour les Blues cette saison. Nicolas Anelka est le meilleur toutes compétitions confondues, avec seulement 16 buts.

L’espoir des Blues

Alors pourquoi y croire pour Chelsea ? Premièrement en misant sur l’orgueil d’une génération vieillissante, programmée pour gagner une Ligue des Champions qui la fuit encore. Roman Abramovich souhaite renouveler son effectif, et a commencé cet hiver avec les arrivées conjuguées de David Luiz et de Fernando Torres. Dernière chance pour la génération 2000-2010 des Blues. Deuxièmement parce qu’il suffit d’une victoire. Old Trafford semble imprenable cette saison. Voir Torres marquer le but de la victoire à Manchester serait un double événement. Le dernier match perdu par Manchester United à Old Trafford, c’était face à Chelsea…