City brise le rêve du triplé
Ils étaient encore en lice dans trois compétitions. Leaders du championnat, qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des Champions face à Schalke, les Red Devils affrontaient hier leurs voisins Skyblues. À Wembley, United a perdu. Où est la finale de Ligue des Champions déjà ? …
Une demi-heure d’orage rouge
C’est tout Manchester qui se déplaçait hier à Londres. Bleus ciel contre rouges, Wembley était plein de jolies couleurs. Celles qui ont sûrement fait halluciner Kader Boudaoud (commentateur de France 4), qui a vu sur le banc de Manchester United Michael Rooney. Véridique.
Ni Michael Rooney ni Wayne Rooney ne figuraient hier sur la pelouse. Le vrai, Wayne, purgeait sa suspension pour propos grossiers. Sir Alex reconduisit la même défense que contre Chelsea, avec Van der Sar dans les buts, of course. Au milieu, un trio Park – Carrick – Scholes qui montra vite ses limites. Et devant, les fusées Nani et Valencia, au service de Dimitar Berbatov.
Face à cette équipe bis, Roberto Mancini aligna la meilleure équipe possible, en l’absence de Carlos Tevez, blessé pour un mois. Zabaleta et Adam Johnson, tous deux revenus de blessure récemment occupaient le couloir droit. Sur l’autre flanc, Kolarov accompagnait David Silva. Le cœur de l’équipe était classique, Joe Hart gardien, une charnière centrale Lescott – Kompany, un double pivot Barry – De Jong, et une doublette Yaya Touré – Balotelli devant, l’Ivoirien jouant un rôle de meneur avancé.
Sur leur superbe lancée, les Red Devils entamèrent le match de belle manière. Une domination territoriale, et dans la possession. Étouffés et incapables de calmer leurs adversaires, les Skyblues et particulièrement la défense centrale eurent d’énormes problèmes pour couper les relations entre le trio du milieu rouge et le trident offensif. Très vite, les combinaisons Park – Scholes devinrent assassines. Au quart d’heure, c’est une de celles-ci qui offrit une chance à Berbatov. Ratée, le Bulgare perdit son duel face à Joe Hart, auteur d’une grande partie. Dans la minute suivante, c’est Nani qui délivra un caviar à l’ancien de Leverkusen. En avance sur Lescott, Berbatov se jeta pour ouvrir le score mais catapulta la balle au-dessus. Deux occasions ratées en deux minutes, l’après-midi de Dimitar s’annonçait compliquée. S’enchaînèrent contrôles maladroits, placements hasardeux, pour voir le Bulgare finir dans un costume de fantôme. Et certainement de remplaçant au prochain grand rendez-vous…
Un éveil plus qu’un réveil
Comme contre Chelsea et Liverpool, Manchester City semblait dépassé. On voyait mal comment l’équipe dirigée par Mancini pouvait revenir dans un match qu’elle n’avait toujours pas commencé. Étonnamment, les Citizens se réveillèrent en fin de première période, profitant d’une baisse de concentration adverse. Peu à peu, le milieu bleu ciel prit le contrôle du jeu, profitant des nombreuses approximations de Paul Scholes et du Sud-coréen Park, épuisé par les joutes continentales. Quelques semi-occasions et frappes lointaines plus tard, Mike Dean siffla la mi-temps, donnant l’opportunité aux Red Devils de sortir d’un sommeil qui durait depuis dix grosses minutes. Pas suffisant pour stimuler des joueurs de United dans une profonde léthargie.
Attentif dans les tribunes, Wayne Rooney vit probablement d’un mauvais œil la reprise du match. La domination bleue ciel s’intensifiait. Les Red Devils manquaient cruellement de leur homme à tout faire. Une fois arrivés à la ligne médiane, les relayeurs rouges ne pouvaient qu’envoyer Nani et Valencia – moyens hier – dans un duel perdu d’avance. Dimitar Berbatov ne peut remplacer l’indispensable Rooney. L’absence de Wazza fut remarquable dans le manque de fluidité du jeu de United. Et plus encore dans l’incapacité à relancer proprement.
La deuxième période confirmait donc les tendances de la fin de la première. Et après Park et Scholes, ce fut au tour de Carrick, quasiment irréprochable jusque-là, de commettre des erreurs. L’une d’entre elles se révéla fatale. Une passe ratée près de la surface de Van der Sar, les grands compas de Yaya Touré ne ratèrent pas leur chance. L’Ivoirien récupéra le cuir et s’en alla battre le gardien néerlandais, tout en mettant trois secondes à Vidic sur deux mètres. Great Yaya. Manchester City menait ainsi 1-0 à la 53ème.
Les Skyblues lâchèrent quelque peu leur contrôle sur le match, et se placèrent pour jouer les contre-attaques. Le match devint mou, presque inintéressant jusqu’au carton rouge de Paul Scholes, pour une opération chirurgicale sur Zabaleta. Ouverture de la jambe sans anesthésie, l’Anglais fut exclu immédiatement (72ème). Un prétexte un peu facile que Ferguson utilisa pour renvoyer Berbatov sur le banc. Anderson rentra, et tenta vainement d’amener de la percussion dans l’entre-jeu. Chicharito était déjà rentré dix minutes plus tôt, mais ne trouva aucune situation de but. Très fort collectivement dans la première demi-heure, United paraissait désormais résigné. Sûrement concentrés sur d’autres objectifs, les Red Devils ne mimèrent même pas un minimum d’espoir sur deux frappes de Patrice Evra en fin de match. Mancini profita de cette tranquillité défensive pour faire entrer Patrick Vieira, meilleur buteur de City en F.A. Cup (les commentateurs l’ont assez dit pour que je m’en souvienne…).
En finale, le 14 mai à Wembley, Manchester City rencontrera Bolton ou Stoke City pour tenter de remporter son premier titre depuis 1976. Deux semaines plus tard, Manchester United sera peut-être dans la même enceinte pour remporter sa quatrième Ligue des Champions…





















