
Il a la classe notre bon vieux Paul!
Trancher du lard la bave aux lèvres, dissimuler des dagues dans ses chaussettes pour lacérer des genoux adverses ou s’entasser derrière la cravate un camion citerne de bière avant de déclencher une bonne générale dans le pub le plus en vue de Londres. Vaste programme de réinsertion après un passage ennuyeux chez les AA ? Non ! Mieux encore ! Bienvenue chez les insulaires et leur longue tradition de psychopathes qui s’essaient au maniement du ballon en émiettant les tibias adverses. Petit organigramme des tarés qui peuplent les pelouses d’outre-manche :
Vinnie Jones ou l’art du tacle à la carotide
Avec en tête de gondole l’ami Vinnie Jones, tout droit échappé de l’asile, et des films de Guy Ritchie pour ceux qui connaissent le réalisateur de Snatch ou Arnaques, crimes et botanique. Ce type est sans doute le plus digne descendant du rotofil et de la machette, il ira jusqu’à glorifier l’art du jeu dur dans un documentaire qu’il réalisera avec ses propres deniers en 1992, ce qui lui attirera peu de temps après les foudres de la fédération anglaise. Peu importe le type est un roublard doublé d’un gros vicieux : il deviendra international avec l’équipe du Pays de Galles après que son entraineur de l’époque lui eut trouvé une vague parenté avec un pseudo-ancêtre gallois, ce qui s’avérera purement fictif puisque le bon Vinnie est 100% viande anglaise. Il achèvera sa carrière en 1998 avec les Queens Park rangers après des passages remarqués dans les clubs de Wimbledon FC, Leeds United ou encore Chelsea, avec le record du carton jaune le plus vite écopé en Premier League après seulement 3 secondes de jeu en poche, et avoir accompli l’exploit de terroriser durant tout un match un petit nouveau barbare répondant au doux nom de Paul Gascoigne.
Gazza, la buvette fait des siennes
Paul Gascoigne est une vaste blague : pas un marionnettiste des guignols ne pourrait concevoir son clone sans s’apercevoir avec effroi que l’original est bien plus drôle. Au-delà de son physique, Gascoigne était un vrai amateur de galéjades pas toujours très fines mais qui firent sa gloire sur les terrains anglais, comme lorsqu’il subtilisa le carton jaune de l’arbitre pour mieux le lui administrer. Buteur génial, Gazza s’est pourri tout seul comme un grand sa carrière avec ses nombreux excès d’alcool et de drogues, il avouera même par la suite qu’il lui était fréquent de descendre plusieurs whiskys puis s’empiffrer de cocaïne avant de rentrer sur le terrain. Mais la blague s’arrête là. En 2008, l’ancien attaquant de Newcastle, de Tottenham et des Glasgow Rangers, rongé par l’alcool, frôle la mort et fait régulièrement les choux gras des tabloïds anglais avec des révélations aussi effrayantes que pathétiques, il expliquera comment, saoul, il a pu tenir le manche de l’avion qui le conduisait lui et ses camarades de l’équipe nationale anglaise au mondial italien de 1990. Le mot de la fin reviendra à un autre grand joueur poivrot que l’Angleterre a su enfanter à grands renforts de pubs à chaque coin de rue, le célébrissime George Best qui déclara : « J’ai dit un jour que le Q.I. de Gazza était plus petit que le numéro de son maillot et il m’a demandé : « Qu’est ce qu’un Q.I. ? »
Keane, la grande gueule qu’on devra enterrer sur le ventre
Il n’aurait pas franchement été juste de ne pas citer Roy Keane pour compléter ce panel de dégénérés, et tout porte à croire que l’irlandais a largement mérité sa place dans ce panthéon. Sa grande gueule lui aura joué plus d’un tour dans sa carrière qui s’achèvera prématurément après une rupture brutale du contrat qui le liait à son club de toujours, Manchester United, suite à des insultes qu’il aurait proférées envers ses coéquipiers. Ouais Roy Keane n’a jamais eu la réputation de s’adresser au voisin quand il avait quelque chose à faire savoir, Vieira en fera d’ailleurs les frais dans les couloirs d’Old Trafford et il faudra tout le pragmatisme de l’arbitre pour mettre fin aux débordements hystériques de Keane qui lui aurait sans doute poursuivi ses persiflages jusque dans le rond central. Voilà tout le drame de Roy Keane, il ne s’est pas s’arrêter ni faire de nuances, et, rancunier de surcroit, il agressera gaiement Alf Inge Haaland en 2002 lors du derby face à Manchester City et écopera d’un rouge presque trop tendre au vue de l’attentat. Le joueur norvégien de City s’était rendu coupable aux yeux de Keane de s’être moqué de lui lorsque l’irlandais s’était blessé en…1997. Résultats des courses : Haaland, incapable de revenir à son niveau, mit un terme à sa carrière, Keane n’adressa jamais le moindre mot d’excuse et s’en réjouit presque dans son autobiographie parue la même année, toujours en 2002. La mule irlandaise aura eu du temps pour l’écrire (sans que l’on ne soit réellement sûr qu’il n’est pas utilisé du sang de viking en guise d’encre) puisqu’il sera également écarté de sa sélection lors de la coupe du monde pour avoir tenu des propos que l’on imagine doucereux aux oreilles de son staff technique. Dommage pour Keane qui, on n’en doute pas, aurait sans doute adoré faire démonstration de ses talents de jetés de guiboles en Asie…
Joey Barton, ou le gène assassin
Lui pourrait avoir quelques circonstances atténuantes, au moins pour une bonne raison. Tout d’abord parce que la matrice des Barton est complètement foireuse, disjonctée et bien peu compatible avec – comment dire ?- le monde Bisounours d’un Van Persie. La famille du jeune Joey regorge de vrais psychopathes, avec en premier lieu son frère qui purge encore à ce jour une peine de prison gargantuesque pour avoir gentiment trépané un jeune homme noir à coups de piolet. Un crime raciste que les Barton savourent comme un repas de Thanksgiving, puisque le frangin était alors accompagné d’un cousin de la famille dans sa quête de volaille à étriper. Si Joey appela son frère à se rendre, il ne crut pas nécessaire en revanche de préciser aux policiers où il se trouvait ; une bien charmante attention qui pourrait expliquer partiellement l’attitude erratique du tout nouveau capitaine des Queens Park Rangers. Il semble que Barton est donc un problème avec l’autorité et que celle-ci puisse par moments lui faire perdre une roue, comme par exemple lors d’un repas un peu trop arrosé durant lequel Barton confond le cendrier avec l’œil d’un de ses partenaires, du coup le gamin se ramasse un cigare dans la rétine et manque de peu de perdre la vue. Plutôt coriace sur un terrain, Joey n’accepte pas le manque d’agressivité chez ses coéquipiers et préfère donc corriger lui-même l’attitude jugée trop désinvolte d’Ousmane Dabo à l’entrainement en lui distribuant quelques bouquets de phalanges qui laisseront le français défiguré plusieurs semaines. Après de multiples cures pour gérer son caractère trop chaleureux, il semble que Barton soit arrivé à une forme d’équilibre et, ultime provocation, il s’est récemment métamorphosé en capitaine modèle et en donneur de leçon à la Terre entière via son compte Twitter.
Mais gageons que l’Angleterre pullule de nouveaux Hannibal Lecter en puissance que nous affectionnons tant.


