« Exceptionnel Yoann Gourcuff ! On le compare à Zizou, mais on va le comparer encore un peu plus à Zizou, après un tel enchaînement… ». C’était il y a quasiment trois ans, dans la bouche de Grégoire Margotton, à peine couvert par l’émerveillement de Christophe Dugarry. Gourcuff venait de marquer un but sublime face au PSG, illustration d’une saison 2008-2009 qu’il passa sur une autre planète, loin, très loin d’une Ligue 1 à ses pieds.

Yoann Gourcuff est mort. Celui du 11 janvier 2009 en tout cas, qui mystifia Sylvain Armand puis Sammy Traoré avant de tromper Mickaël Landreau. À moins qu’il vive, caché à l’intérieur du Yoann Gourcuff since 2010, une nouvelle version qui semble pourtant si inférieure. Peut-être renaîtra-t-il un soir de grand match, réanimé par l’adrénaline, aidé par une forme étincelante. Ou, comme le crient les derniers mois, il est parti à jamais. Ce Yoann Gourcuff-là est mort. Nous ne le reverrons plus, hormis dans des vidéos souvenirs regardées tristement, un soir où l’équipe de France l’aura supplié, à travers ses passes foireuses, de réapparaître pour la sauver d’un jeu trop latéral. Et nous rêverons de Bleus créatifs, de débordements réussis de Franck Ribéry, de la vivacité de Malouda. Nous rêverons du passé.

Regarder n’importe quel match de l’ancien Bordelais depuis son arrivée à Lyon approche le masochisme. Constater une telle régression chez un joueur âgé de vingt-cinq ans est pathétique et déprimante. Savoir que des promesses pareilles peuvent être trahies est douloureux. Après avoir réveillé le football français et rallumé Bordeaux, le joueur s’est éteint, et son transfert dans un club en fin de cycle a créé un cercle vicieux. Gourcuff n’a pas aidé Lyon et Lyon n’a pas aidé Gourcuff, au point d’envisager un prêt à Arsenal, voire plus. Un an après une présentation tenue à Gerland pour la signature du Breton, évènement sans précédent en France.

Le virage malheureux de carrières si bien démarrées peut souvent être expliqué. Le premier semestre de l’année 2010 fut un cauchemar pour le Girondin d’alors. Bordeaux en chute libre, champion d’automne et finalement sixième, suivi d’un Mondial lamentablement mémorable au cours duquel on soupçonna certains joueurs de l’équipe de France de snober et bizuter Gourcuff. Le second semestre ne commença guère mieux, Gourcuff demandant à partir dans les dernières heures du mercato, laissant une mauvaise impression à un club qui lui avait enfin permis de lancer une épopée attendue depuis ses premières performances sous le maillot du Stade Rennais. D’autres joueurs, indénombrables, ont connu et connaissent encore un parcours similaire. Le cas de Yoann Gourcuff rappelle inévitablement et sombrement celle de Camel Meriem, héritier de Zidane finalement effacé du testament. Prometteur à Sochaux, brillant par intermittence à Bordeaux et Marseille (protagoniste majeur de l’épopée européenne en Coupe de l’UEFA sous José Anigo), l’actuel Niçois s’est perdu en chemin, épousant la trajectoire de Monaco jusqu’à faire une pige en Grèce, récent eldorado des francophones en perdition. Plus fraîche encore, l’histoire d’Hatem Ben Arfa, étincelant sous Alain Perrin, parti à Marseille et décevant depuis (pas vraiment encouragé par Nigel de Jong). À l’échelle internationale, et à un stade plus avancé, impossible d’ignorer le cas Fernando Torres. Blessures, changement d’entraîneur, départ précipité, mental friable. Nombreux sont les facteurs et les circonstances atténuantes. Reste qu’un des meilleurs attaquants d’Europe semble former un terrible gâchis de talent depuis plusieurs mois, embarqué sur un bateau qui ne cesse de tanguer, bousculé par la concurrence, fragilisé par une frustration affichée dans les médias, critiquant ses partenaires. Connaître une mauvaise période est une fatalité dans l’histoire d’un joueur. Ne pas réussir à l’écourter est inquiétant et peut annoncer un processus irréversible.

Lorsque cette traversée du désert s’éternise, on en vient à se demander si là n’est pas le vrai niveau du joueur. Si les bonnes performances n’étaient qu’un oasis déguisé en révélation. C’est toute la question du talent qui se pose ? L’a-t-il ou l’a-t-il eu ? Faut-il conjuguer ses capacités au passé ? Dispose-t-il d’un potentiel déjà épuisé ou d’un potentiel à jamais inexploité ?  L’idée d’une carrière banale marquée par un bon passage ou celle d’une carrière exceptionnelle marquée par plein de mauvais ? Quasiment un choix entre deux philosophies, une où l’on voit le joueur avec une date de péremption, une illusion qui aura duré quelques mois ou années. Hatem Ben Arfa est victime de celle-ci. « Pas un joueur de foot, juste un tricoteur ». L’autre est plus optimiste bien qu’elle implique des regrets et une sorte d’autodestruction du joueur, piégé dans sa spirale. Pour l’instant, Gourcuff bénéficie encore de cette indulgence.

Il bénéficie toujours de cet espoir parce que le souvenir de son talent est encore en vie. Parce qu’il le rend d’actualité de temps à autres et lui évite de moisir dans un coin de nos têtes. Grâce à sa passe décisive pour Jimmy Briand contre Lille. Grâce à ses coups de pied arrêtés qui dernièrement, ressemblaient enfin à des coups de pied arrêtés. Son talent s’exprime encore à travers des fulgurances d’inspiration. Pour ne pas être réduit à un Camel Meriem 2.0, pour ne pas rester un grand joueur d’une autre décennie et un bon joueur de l’actuelle, il doit transformer les fulgurances en des constantes. Notre cerveau n’attend que ça. Vider un peu la boîte à souvenirs et se déverser dans celle dédiée au présent. S’il n’y parvient pas, s’il ne nous fait pas asseoir sur le canapé, dans le stade pour le voir jouer, pour revoir ce qu’on a aimé, il sera oublié. Son statut d’espoir inaccompli sera accepté, définitivement. Il laissera la place à d’autres espoirs. Pour lui, pour Ben Arfa, pour tout le monde : l’heure tourne.

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6 réponses

  1. Maureen dit :

    Franchement arrêtez de balancer sur ce joueur, vous aimerez qu’on vous dise t’es finis ta plus rien a espérer. C’est blessant pour le joueur et pour l’Homme et oui c’est un humain avec cœur si vous l’aviez oublier!!!
    Donc stop laissez lui le temps de se remettre en jeu! Mettez vous à sa place, le mal que sa peux faire d’entendre sa!

    VOUS PARLEZ de la MORT d’un joueur certes d’un joueur dans une époque mais le mot MORT est complètement petit et irrespectueux!

    Réfléchissez avant de faire ce genre d’article, vous avez droit de donner votre opinion mais mesurer vos mots ces HOMMES ne sont pas du bétails qu’on donne à l’abattoir parce qu’il ont des baisses de niveaux!

    • D-stroyer dit :

      Franchement arrêtez de faire des fautes d’orthographes et de conjugaison, vous aimeriez qu’on vous écrive « fromage » avec 3 « m » et un « j » à la place du « g »? C’est blessant pour le lecteur et pour l’Homme et oui c’est un humain avec un cœur si vous l’aviez oublié!!!
      Donc stop, laissez lui le temps de se remettre de ses émotions! Mettez vous à sa place, le mal que ça peut faire de lire ça!

      VOUS PARLEZ de la MORT de la langue française certes d’un commentaire dans une article, mais le mot GRAMMAIRE est complètement insignifiant et oublié!

      Réfléchissez avant de faire ce genre de commentaire, vous avez droit de donner votre opinion mais apprenez à écrire, ces LECTEURS ne sont pas du bétails à qui l’on parle dans un dialecte rustre parce qu’ils ont des opinions qui divergent!

  2. breizh dit :

    Cet article est navrant de conneries. Ce journaliste est médiocre.Encore un qui cherche a faire un buzz en relançant la polémique sur yoann gourcuff. Cher journaliste foireux, essaie de trouver autre chose pour vendre ton torchon. Tiens! pour toi j’ai un bon scoop, il parait que yoann gourcuff est le petit ami de DSK ? ça devrait pouvoir se vendre ça non?!!

  3. Zidanopoulos dit :

    1 – Je ne suis pas journaliste.

    2 – Je ne cherche pas à faire le buzz.

    3 – Quelle polémique ? Si j’avais voulu faire dans le facile, j’aurais parlé de tous les trucs qui vous fascinent les fans de Gourcuff, ses amours etc…

    4 – Vous ne savez pas lire.

    5 – Vendre mon torchon ? Vous vous rendez compte que vous êtes venu sur le site sans payer non ?

    J’en ai marre de votre incapacité à lire, alors revenez quand vous aurez progressé.

  4. So' dit :

    Gourcuff, capable du pire comme du meilleur..! Mais on le préfère nettement dans son rôle de leader !!! Allez Yoann, désinhibe-toi, lâche-toi !!!! Ton talent ne demande qu’à resurgir !!!!

  5. attaquerapide dit :

    Moi je ne trouve pas cet article pessimiste et manquant de respect. C’est un constat tout simplement. Gourcuff est revenu d’Italie et en une saison a explosé au plus au niveau. Depuis il a du mal à revenir à ce niveau la faute à :
    - des blessures
    - trop d’espoirs placé en lui
    - trop de sollicitations
    - un entraineur qui ne l’a pas fait joué dans un dispositif adequat
    - un niveau physique inadapté du à une préparation tronquée.

    L’article érige un constat, il n’est plus au top et on espère qu’il retrouve cet état, après tout est envisageable comme un plongeon dans l’oubli. Moi je crois qu’il va se relever et revenir à un superbe niveau. Si ce n’est pas cette saison avec Lyon je connais un club qui joue en tango du côté du 56 avec un coach qui saura le remettre en confiance !

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