Bye bye Torres.

Le lundi soir est tamponné Ligue 2 en France. En Angleterre, il est synonyme de Premier League. Ce 11 avril 2011 fêtait les 33 ans de David Ducourtioux. Ou la naissance d’Andy Carroll à Liverpool.

Enjeux

Les Reds recevaient Manchester City hier soir. Le sixième qui accueille le quatrième, un duel au doux parfum européen. L’Europa League pour Liverpool, la Ligue des Champions pour Manchester City. Douze points séparaient les deux équipes avant le match. Les Citizens pouvaient rêver à une troisième place provisoire, en attendant que Chelsea joue ses deux matchs de retard. En face, les Scousers pourraient accéder à l’Europa League en passant cinquièmes Les Reds n’étaient donc pas dans l’urgence de points, d’autant plus qu’ils n’ont pas montré un énorme intérêt pour la petite coupe d’Europe cette saison…

Cette absence d’enjeu côté Scousers était un des arguments en faveur d’un bon résultat des Skyblues. Ça et la belle victoire 5-0 contre Sunderland le week-end dernier. Bon pour la dynamique. Un score qui referme les cicatrices d’une nouvelle contre-performance à l’extérieur deux semaines auparavant, à Stamford Bridge. Défaite 2-0 contre le concurrent Chelsea. Les joueurs de Roberto Mancini n’ont plus gagné hors de leur base depuis le 26 décembre et une victoire 3-1 à Newcastle. Trois mois et demi auxquels vont s’ajouter deux autres semaines.

 

Mer rouge

 

Dans un turnover toujours aussi bordélique, Roberto Mancini avait aligné une équipe A’, dépourvue de David Silva, mais avec Carlos Tevez. L’Argentin ne resta que quinze minutes sur la pelouse, le temps de se blesser sur l’action du 1-0. Remplacé par le fantôme Balotelli, repéré seulement lorsqu’il prit un tampon de Spearing. Bill Murray et sa team de Ghostbusters auraient eu du boulot : un tir groupé Dzeko – Balotelli – Milner, pires tares d’un Man City qui n’en manquait pas.

Les armes offensives locales étaient elles présentes, en chair et en os. Devant Lucas et Spearing, titularisé en l’absence de Steven Gerrard, le quatuor cosmopolite s’est régalé. Dès le début du match, les Reds se mettent en action, et les relations entre les attaquants font merveille. Suarez et Carroll se trouvent facilement, Dirk Kuyt est parti pour un nouveau marathon. À gauche, Meireles reste un peu plus bas, aidant Lucas et Spearing à relancer. Au bout de douze minutes d’intense domination, Liverpool trouve enfin la faille. Une frappe contrée, la balle revient dans les pieds d’Andy Carroll à 20 mètres, l’Anglais envoie une mine sur laquelle Joe Hart a eu peur de se casser la main. 1-0, juste récompense pour des Scousers impressionnants d’agressivité, d’activité, de projection vers l’avant. Luis Suarez distribue les petits et les grands ponts, Kuyt récupère autant de ballons que Toulalan dans toute sa carrière. Et derrière, le jeune latéral droit Flanagan, premier match en pro, fait preuve d’un sang-froid vampirique.

En plus d’être celle de l’ouverture du score, cette treizième minute est aussi celle de la blessure du patron de Man City, Carlos Tevez. Au duel avec Andy Carroll juste avant le but, l’Argentin est victime d’adducteurs sûrement pas assez échauffés. Il sort trois minutes plus tard et City se retrouve à dix. Bon, dix + Balotelli, mais est-ce que ça fait onze ? Hier, la réponse approchait plus 10,1.

Comme à Londres trois semaines plus tôt, les Citizens ne montrent aucun signe de révolte. La domination rouge se fait encore plus intense et le break arrive logiquement. Vingt minutes et douze tirs consécutifs plus tard, Kuyt trompe Hart d’un simple plat du pied dans le petit filet. La défense de City prend l’eau, dépassée par une attaque hyper polyvalente. Entre le phare Carroll, l’intenable Suarez et l’infatigable Kuyt, ce sont surtout les latéraux qui souffrent. Kolarov, déjà épuisé par Kuyt, est battu par Carroll de la tête. Le nouveau numéro 9 de Liverpool, reçoit un centre de Meireles et envoie le cuir dans la lucarne. 35ème, 3-0. Les Reds, offensifs et réalistes, écrasent des Skyblues bien pâles.

City résigné…

La deuxième mi-temps ne propose quasiment rien, en dehors d’un coaching incompréhensible de Roberto Mancini. Aucun remplacement dès le retour de la pause, il faut attendre l’heure de jeu pour que David Silva entre enfin (à la place de Milner, qui sembla se fouetter mentalement pour sa performance minable). L’Espagnol aura tenté timidement quelques percées, notamment côté droit avec Adam Johnson, mais rien de dangereux. Yaya Touré, placé en milieu défensif hier, fut le seul à faire bosser Pepe Reina. Une frappe de mûle détournée en corner – ou plutôt par-dessus le stade – que l’Ivoirien accompagna d’un regard désespéré. Balotelli sortit en fin de match, remplacé par De Jong. D’un point de vue tactique, le dernier changement de Roberto Mancini peut paraître insensé. Pas si illogique, puisque le Néerlandais pouvait très bien apporter autant offensivement que l’Italien hier…

Malgré les nombreuses contre-attaques de Liverpool, le score ne bouge pas. Kenny Dalglish, si heureux que son équipe joue à un tel niveau, ne fit qu’un changement. Il offrit une ovation à Andy Carroll en le remplaçant par David N’Gog à la 90ème. « There is only one Andy Carroll » résonnait déjà dans Anfield en première mi-temps. Un chant banal qui devrait vite laisser place à des vers plus particuliers à l’attaquant anglais.

Les Reds demeurent en embuscade, à six points de Tottenham (un match en retard pour les Spurs), et à neuf de Manchester City. Le rival et voisin Everton est quatre points derrière. Plus que leurs affaires, les Scousers ont fait celles de Tottenham, qui a désormais City à sa portée. Comme l’an dernier, la quatrième place devrait se jouer dans une confrontation directe entre Tottenham et City (10 mai). Sauf si le calendrier compliqué des Spurs tue le suspense avant.