Est-il vraiment nécessaire de présenter Miroslav Klose ? Cet attaquant allemand évoluant actuellement à la Lazio de Rome et étant le joueur le plus câpé en sélection (113), ainsi que meilleur buteur (63) encore en activité. Je te vois venir, toi le lecteur qui vas me dire que je viens de répondre à ma propre question, et dans le fond tu n’as pas tout à fait tort. En effet, noyé dans la masse des attaquants qui fusillent les gardiens chaque week-end, le « Mito » (mythe) de la Lazio mérite quelques lignes pour retracer son parcours.

Poussant ses premiers cris un jour de juin 1978 en Pologne, Miroslaw Kloze avait tout pour devenir un sportif. En effet, avec un père footballeur au doux nom de Jozef Kloze, qui a évolué à l’AJ Auxerre sous les ordres de Guy Roux, et une mère handballeuse, Barbara Jez (82 sélections avec la Pologne), il y avait peu de chance que Miro voit son avenir autrement. Plutôt cancre à l’école, il trouve dans le football une sortie de secours. Encore enfant il émigre en Allemagne où son patronyme se germanisera pour devenir Miroslav Klose.

Entre ombres et lumières

Débutant sa carrière en 1998 avec le FC Hombourg en D3 allemande, Klose ne traîne pas pour se faire remarquer et apparaîtra en Bundesliga deux ans plus tard, avec le maillot de Kaiserslautern sur les épaules et Otto Rehhagel en guise de coach (champion d’Europe 2004 avec la Grèce). Le roi Otto va révéler un joueur rapide, excellent de la tête et surtout ultra lucide face au but. Ses qualités l’amèneront à être sélectionné par Rudi Völler en 2001, soit à peine deux ans après ses débuts dans l’élite allemande. Quelques années plus tard, Klose s’engage avec le Werder de Brême, un club armé pour remporter des trophées. Car jusque là le buteur de la Mannshaft n’a rien gagné et le manque de trophée se fait sentir. Il lui faudra deux ans pour remporter une Coupe de la Ligue (2006) et finir meilleur buteur de Bundesliga avec 25 buts en 26 matchs. L’attaquant brille par ses buts et ses célébrations mais sa vitrine reste vide et il quittera le Werder en 2007 pour l’ennemi munichois, le Bayern.

Klose s’impose rapidement aux côtés de Ribéry et Luca Toni mais restera avec des performances décevantes en rapport avec celles du passé et ce n’est pas l’arrivée de Mario Gomez qui arrangea les choses. Poussé sur le banc, Klose remporte tout de même deux titres de Champions, deux Coupes d’Allemagne et une Coupe de la Ligue.

Barré par la concurrence bavaroise mais pourtant indiscutable avec la sélection allemande, l’ex Polonais s’expatrie en Italie à l’été 2011 et signe à la Lazio de Rome pour former avec Djibril Cissé un duo de choc. Le club italien a des ambitions et l’allemand également : briller en club et aller jusqu’au mondial 2014 pour prendre sa retraite.

Lors du tour préliminaire de l’Europa League, il va offrir trois passes décisives et inscrire un but pour un score fleuve de 6-0 face au Rabotnički Skopje (Macédoine). Dès la seconde journée du Calcio, il marque un but contre le Milan AC (2-2) et va être définitivement adopter par le public de la Lazio lors du derby face à l’AS Roma. En effet, c’est lui qui offrira la victoire (2-1) à son club. Le Mythe est né. Bien que pas taillé pour aller titiller la Juventus de Turin ou le Milan AC à la course au titre, Klose espère pouvoir jouer la Ligue des Champions l’année prochaine.

Éternel second?

Avec 243 buts en 565 matchs, on pourrait croire que Klose est un attaquant de premier ordre mais il n’en est rien. Ou alors il faudrait donner une définition de « grand attaquant ». Si on parle de réalisations, oui Klose est certainement un tueur mais ne faut-il pas juger aussi de ses trophées ? En 2002, pour sa première Coupe du Monde, il termine second buteur avec cinq buts derrière Ronaldo et perdra en finale contre le Brésilien. En 2004, à l’Euro, son équipe se fait sortir dès les phases de poule ce qui fera plonger le joueur un peu dans l’oubli. Lors du mondial 2006 organisé à la maison, Klose souhaite surfer sur sa saison magique avec Brême et veut être l’artisan de la victoire finale. Malheureusement, il échouera en demie, devra se contenter d’une troisième place contre le Portugal et du titre de meilleur buteur avec cinq buts. Lors de l’Euro 2008, il atteint la finale mais perdra contre l’Espagne et n’aura inscrit que deux buts. Pour finir, lors de la Coupe du Monde 2010, lui et son équipe finiront troisièmes après une élimination en demi-finale contre l’Espagne, encore une fois. Peu avant cela, la même année il perd la finale de la Ligue des Champions avec le Bayern. Malchance.

Miroslav Klose aurait pu être un des meilleurs attaquant du monde mais seulement s’il avait remporté ces trophées majeurs. Malgré cela, malgré le fait qu’il sera toujours dans l’ombre de ceux qu’on glorifie, Miro, lui le Polonais d’origine, à conquis l’Allemagne a lui tout seul. Et même si on se souvient rarement du perdant lors d’une finale, même si beaucoup ignore que Klose est actuellement le meilleur buteur en Coupe du Monde encore en activité (14 buts) on retiendra de lui cette phrase de 2003 :

J’aurai pu mal finir s’il n’y avait pas eu ce sport.

En effet, avec une mère handballeuse, ça aurait pu être pire.

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