Manifestations, grèves, problèmes sociétaux, corruption, le Brésil vit des heures sombres de son histoire. Peu importe, hier à Sao Paulo, la Seleçao a débuté « sa » Coupe du monde face à la Croatie avec une victoire à la clé (3-1) contre des Croates qui n’ont pas démérité, loin de là. A Porto Alegre où la France affronte le Honduras dimanche, la fête a été réussie malgré des mouvements sociaux qui n’ont pas empêché la joie du peuple Gaucho. Nous y étions.
Le Brésil attendait ça depuis tellement longtemps que l’issue du match ne pouvait en être autrement. Porto Alegre et tout le pays ne pouvait rater pareil événement. Etudiants, lycéens, collégiens, les jeunes avaient l’occasion de préparer la fête en toute tranquillité puisque les écoles étaient fermées lors de ce match d’ouverture. En revanche pour les autres, la sortie du travail s’est effectuée un peu plus tôt qu’a l’accoutumé puisque dès 13 heures (heure locale), les files d’attentes aux stations de bus et les bouchons de véhicules étaient impressionnants. Au niveau de la sécurité, l’accès vers le centre de la ville a été verrouillé par la police et les militaires. En cause : les possibles échauffourées en vue de l’organisation de la Coupe du monde au Brésil et de la politique menée par la présidente Dilma Roussef. Plus de 3000 policiers supplémentaires et des hélicoptères ont été rapatriés des campagnes voisines vers la capitale du Rio Grande do Sul pour éviter tout débordement.
7 mineurs arrêtés
En début d’après midi de Belo Horizonte en passant par Rio de Janeiro, une série de manifestations contre la Coupe du Monde s’est tenue dans les rues des grandes villes brésiliennes. A Porto Alegre, environ un millier de personnes ont débuté la manifestation devant l’hôtel de ville et s’est poursuivie à travers les rues de la zone centrale de la ville. Sur le chemin, des bâtiments publics et privés ont été peints et des vitrines ont été caillassés, en particulier les banques. Les manifestants ont également brûlé des poubelles. Les forces de l’ordre ont arrêtés huit personnes dont sept mineurs. La police militaire a fait usage de gaz lacrymogènes et deux policiers ont été légèrement blessés. La tension était vive donc et la majorité de la population retenait son souffle afin de donner une image digne au monde entier sans occulter néanmoins les graves problèmes de sociétés que traversent actuellement les Brésiliens.
Même Clément d’Antibes était là
Malgré une partie de la population en total désaccord avec l’évènement, le Brésil est l’endroit où doit se vivre une telle fête pour comprendre le mot passion. Dès la fin de matinée, les bus, les taxis ou les immeubles étaient revêtus de deux couleurs : le jaune et le vert. Rien de surprenant à première vue, seulement ici la passion de club est bien plus forte que l’amour donné à la Seleçao. D’ordinaire, le rouge et le bleu, les couleurs des deux équipes de la ville (Gremio et Internacional) ont la faveur du peuple Gaucho. Trompettes, drapeaux brésiliens, maquillage, toute la panoplie du parfait supporter était de sortie pour cette grande première. Bières et boissons soft ont été dispersées sur les tables des établissements, la fête pouvait enfin débuter. Magasins fermés, terrasses pleines dès 15 heures, l’attente est grande, la joie n’en sera que plus forte. Plus de 20000 spectateurs se sont également réunis au Por do Sol (même Clément d’Antibes était là !) pour la première du Fan Fest de Porto Alegre où un écran géant a été installé pour toute la durée de la compétition. Sauts frénétiques, cris, chant patriotique, étreintes, pluie de bière, l’émotion est à la hauteur du soulagement. Le Brésil n’est pas devenu championne du monde après cette victoire mais elle pour le moins réussit son pari : s’imposer. Les coéquipiers de Thiago Silva se sont montrés unis, motivés et ont chanté l’hymne national comme jamais, un signe fort dont la portée symbolique est immense pour le peuple.
Gaultier Fabre









