Après des mois de bagarre intensive, la Liga a enfin connu son épilogue. Le FC Barcelone, condamné à la victoire pour espérer voler le titre aux Colchoneros, a buté hier soir sur une excellente équipe de l’Atletico de Madrid qui a une nouvelle fois prouvé sa supériorité face aux Catalans, qui n’a jamais gagné en cinq rencontres face au nouveau champion espagnol. L’Atletico doit une nouvelle fois son salut au génie de Diego Simeone, pourtant pénalisé par les blessures précoces de Diego Costa puis d’Arda Turan. Les Madrilènes soulèvent leur premier titre de champion depuis 1996.

L’Atletico bien en place
Pour la première fois en cinq confrontations, l’Atletico s’est présenté face à son adversaire direct sous pression. Le Barca s’est heurté d’entrée de jeu à un bloc madrilène très compact et bien en place. L’Atletico s’est ainsi trouvé dans une situation relativement différente de celles qu’elle a subies cette année. Mais ils ont réussi à faire face, conservant leurs deux lignes de quatre et empêchant toute chance offensive dans l’axe pour les Blaugrana. Le ballon récupéré logiquement, l’Atletico a cherché aussitôt la profondeur de David Villa et Diego Costa. Mais la blessure très tôt dans le match de ce dernier a privé ses coéquipiers de ses qualités de pivot et de la possibilité de disposer d’un point de fixation non négligeable, même si l’entrée de Raul Garcia à la place d’Arda Turan a aussi redonné aux Colchoneros une qualité aérienne.
Les Madrilènes bouchent l’axe, Koke flamboyant
Chez l’adversaire, les choses furent tout de même compliquées. Le Barca a fait preuve d’une faiblesse offensive assez importante, symbolisée par le match de Lionel Messi, auteur de plusieurs erreurs et qui a énormément repiqué vers l’arrière ou à droite pour aider ses partenaires et délaissant l’axe de l’attaque. Le plan de jeu de Simeone était bien visible : les deux ailiers offensifs, Arda Turan (puis Raul Garcia) et Koke étaient chargés de bloquer les transmissions vers les latéraux adverses. Ainsi, Koke s’est régulièrement retrouvé face à Cesc Fabregas pour tenter d’annihiler ses décalages vers Daniel Alves. Cette consigne a complètement verrouillé l’axe du terrain et a poussé les Catalans à jouer sur les côtés, offrant à leur vis-à-vis sur les ailes. L’ancien arrière sévillan a, par conséquent, touché un grand nombre de ballons, et a tenté énormément de centres. Malheureusement, peu ont trouvé preneur et les centres ne sont pas la qualité première de l’équipe de Martino. Koke a par ailleurs effectué une rencontre de très grande qualité. Même s’il a parfois laissé Alves sur son côté, il a fini le match avec à son compteur 10 interceptions (personne n’a fait mieux dans ce match) et a tenté 16 tacles. Sa contribution défensive a été impressionnante et il a été l’homme clé de la transition madrilène, et on peut définir en lui le symbole du système de Diego Simeone.
L’accélération des Colchoneros
Face aux assauts catalans (sans danger certes), l’Atletico a concédé le premier but sur une phase de jeu partie du côté droit, où Alves s’est trouvé seul, après un missile de Sanchez (33ème). La deuxième période a donc débuté sous de meilleures dispositions puisque les hommes de Diego Simeone, qui ont du rattraper un retard au score, a pu profiter de sa principale force. Ils ont donc mis en place un gros pressing d’entrée et ont réussi à étouffer les Barcelonais. Quelques secondes après le coup d’envoi de la seconde mi-temps, les Madrilènes ont déjà obtenu une occasion de but en trouvant le poteau par l’intermédiaire de David Villa avec au départ un énorme pressing sur les joueurs du Barça.
Il n’a fallu que 4 minutes à l’Atletico pour trouver la faille. Diego Godin égalise logiquement sur coup de pied arrêté (corner à 49ème), là où la formation de Gerardo Martino a été très fébrile. Ses hommes sont dès lors repassés dans la même configuration qu’au début de match, avec le devoir de marquer un second but pour espérer remporter le titre. Mais la sortie de Busquets sur blessure a elle aussi encore plus renforcé les défauts déjà présents des Blaugrana, qui ont peiné pour se procurer des occasions, dans la mesure où jamais l’Atletico n’a vu son bloc défensif perturbé, et ce fut systématiquement le même problème rencontré dans l’axe et l’obligation de passer par les côtés. C’est ce qui justifie l’entrée de Neymar à la place de Pedro (62ème). L’attaquant brésilien a vainement essayé de jouer plus vers l’intérieur pour épauler Messi. L’entrée de Jordi Alba a également donné l’espoir à Gerardo Martino que l’ancien Valencian pouvait jouer plus haut qu’Adriano. Mais toutes ces tentatives sont restées sont succès.
Conclusion
Après 18 ans de disette, l’Atletico de Madrid a enfin retrouvé la joie d’un titre de champion d’Espagne. Même en jouant la quasi-totalité de la rencontre sans leurs principales armes Diego Costa et Arda Turan, Diego Simeone a toutefois trouvé la ressource nécessaire pour ne jamais permettre à un FC Barcelone assez faible hier soir de contrarier ses plans de départ. A l’image d’un Messi éteint hier soir, les Catalans ont buté sur une équipe dont la force défensive et tactique leur aura permis de réaliser une saison fantastique, alors que la finale de Ligue des Champions face au Real Madrid se profile la semaine prochaine à Lisbonne. Simeone a remporté hier la bataille tactique face à son homologue Martino, et le départ de ce dernier (certainement pour l’arrivée de Luis Enrique) montre que le Barça, bien que sa saison ne soit pas mauvaise, doit peut-être se renouveler tactiquement.












