L’Euro version 2012 s’apprête ce dimanche à livrer sa dernière danse dans une finale qui devrait, au vu du dernier affrontement entre les deux nations, s’inscrire dans la lignée des plus belles que la compétition ait connue. Preview d’un face à face qui passionne les foules avant même le coup d’envoi.

Espagne-Italie. L’amateur de jeu fluide pouvait difficilement rêver de plus belle affiche au vu de la prestation livrée par les deux équipes lors de leur première opposition en phase de groupe. Alors qu’ils s’étaient quittés bons amis avec un match nul 1-1, Espagnols et Italiens se retrouveront dimanche soir à 20h45 pour « la belle ». Si l’Italie a quelque peu surpris son monde en parvenant à se frayer un chemin jusqu’en finale, l’Espagne, elle, n’a fait que confirmer son statut d’équipe phare du moment. Et si les résultats parlent en faveur de Vicente del Bosque, les prestations offertes par les Ibériques, elles, laissent tout de même planer le doute quant à la réelle valeur de cette équipe.
Mais Espagne-Italie c’est surtout une finale inédite – Euro et Coupe du Monde inclus – entre deux des plus grandes nations du football mondial. Pour la quatrième fois après URSS-Pays-Bas (1988), République Tchèque-Allemagne (1996) et Portugal-Grèce (2004), deux sélections du même groupe se retrouveront pour le baisser de rideau. Un rapport qui a d’ailleurs plus souvent souri au second du groupe, puisque Pays-Bas et Grèce s’étaient emparés du Graal en terminant au préalable juste derrière leur adversaire. Dans un match qui semble des plus équilibrés et donc difficilement pronosticable, nous allons tenté de vous aider à y voir plus clair. En attendant, du côté des rédacteurs de La Madjer, 6 pensent que l’Italie va remporter cet Euro 2012, tandis que seuls 2 voient l’Espagne réaliser le triplé.

Espagne


Leur parcours
4 victoires, 1 nul, 0 défaite
8 buts marqués, 1 but encaissé

Les joueurs décisifs
Fernando Torres – 2 buts
Cesc Fabregas – 2 buts
Xabi Alonso – 2 buts
David Silva – 1 but, 3 passes décisives
Jesús Navas – 1 but
Andrés Iniesta – 1 passe décisive
Jordi Alba – 1 passe décisive

Leurs points forts
Le force du jeu espagnol est avant tout basée sur la conservation du ballon. Avec un milieu de terrain composé de joueurs tels que Busquets, Xavi, Xabi Alonso et une triplette offensive Silva-Fabregas-Iniesta, le coach espagnol possède six pions particulièrement habiles dans ce registre en question. La preuve, l’Espagne totalise 66% de possession de balle dans cet Euro, soit sept unités de plus que le deuxième de ce classement, la Russie. Pourcentage élevé, oui mais pas que. Avec une moyenne de 691 passes par match, l’Espagne caracole en tête, devançant l’Allemagne (521) et la Russie (487). Et comme possession de balle et précision de passes sont intimement liés, là aussi, l’Espagne domine le classement – à égalité avec les Pays-Bas – avec un total de 88% de réussite. Si l’Espagne a du mal à gérer ses finances, on ne peut pas en dire autant de leur faculté à dicter le rythme des rencontres en privant au maximum l’adversaire du ballon. Autre grande force des Espagnols : la qualité de leur banc. A plusieurs reprises durant le tournoi, les changements opérés par l’entraineur ont eu une influence non-négligeable sur la partie. On pense notamment aux entrées régulières en fin de match de Pedro et Jesús Navas pour achever les défenses préalablement assommées par le onze titulaire.

Leurs points faibles
Malgré un seul but encaissé (contre l’Italie…), la défense ibérique ne s’est pas toujours montrée des plus rassurantes. Contre la Croatie, la Roja ne doit son salut qu’à un Casillas des grands soirs. Un seul homme, qui ressemble étrangement à Andrea Pirlo, a réussi par ses passes rapides et précises à déstabiliser tout le bloc équipe espagnol. Cet homme c’est Luka Modric. Autre fait marquant du système de jeu ibérique dans cette compétition : l’absence régulière d’un attaquant de pointe de métier. En effet, malgré le forfait de David Villa, Torres, Negredo et Llorente n’ont eu le droit qu’aux miettes, puisque Fabregas semble avoir la préférence de l’entraineur pour mener l’attaque. Un choix qui a ses avantages et ses inconvénients – Fabregas conservant mieux le ballon, Torres offrant des solutions dans la profondeur –, mais qui ne s’est pas forcément avéré être le meilleur face aux Italiens il y a trois semaines, puisque dès la rentrée de Torres, les Espagnols se sont tout de suite montrés beaucoup plus dangereux grâce aux appels et aux percées revanchardes d’El Niño. Ce sera donc la grande interrogation d’avant-match côté espagnol. Même si l’effectif de la Roja déborde de joueurs extrêmement talentueux à chaque ligne, ce manque de percussion et de vitesse à la pointe de l’attaque pourrait être handicapant. Vicente si tu nous lis… lache té coumz <3

Italie

Leur parcours
3 victoires, 2 nuls, 0 défaite
6 buts marqués, 3 buts encaissés

Les joueurs décisifs
Mario Balotelli – 3 buts
Andrea Pirlo – 1 but, 2 passes décisives
Antonio Cassano – 1 but, 1 passe décisive
Antonio Di Natale – 1 but
Riccardo Montolivo – 1 passe décisive
Alessandro Diamanti – 1 passe décisive

Leurs points forts
Alors que les légendaires Catenaccio et « défense à l’italienne » garnissent toujours les récits des observateurs qui vivent encore au siècle passé quand ils font référence à la Squadra Azzurra, l’Italie peut se targuer d’être l’une des rares formations de cet Euro à évoluer avec deux attaquants formellement désignés : Balotelli et Cassano. Malgré cette force de frappe, les Italiens ont marqué 3 de leurs 6 buts sur coups de pied arrêtés, ce qui les place en tête – à égalité avec l’Angleterre – des équipes les plus prolifiques sur phase arrêtée. En plus de leur efficacité offensive remarquée face à l’Allemagne, les hommes de Cesare Prandelli ont la chance de pouvoir compter sur une défense presque irrésistible. Qu’elle soit composée de trois centraux aidés par les replis de Giaccherini et Maggio, ou de deux centraux et deux latéraux – comme lors de leurs trois derniers matchs –, l’Italie a brillé défensivement. Difficile à prendre à défaut, Allemands et Anglais se sont cassés les dents sur l’arrière-garde italienne. Au milieu, Pirlo le créateur et De Rossi forment eux le réel moteur des Azzurri. Dévalant le terrain de long en large, la paire en est pour beaucoup dans le succès de leur équipe. Outre les statistiques alléchantes et l’apport offensif du premier cité, le second a excellé dans le rôle de celui qui se charge de faire le « sale boulot ». Omniprésent défensivement, couvrant parfaitement les montées des latéraux, sa qualité de passe a également été précieuse à la relance.

Leurs points faibles
Après avoir complimenté chacune des lignes de Prandelli (Buffon mérite aussi son susucre), bien difficile de trouver un réel point faible à cette équipe ! Cela dit, il existe tout de même quelques petits détails qui pourraient leur être préjudiciables. Tout d’abord le nombre de cartons jaunes que les différents hommes en noir ont pu leur distribuer : 15 au total. Un score qui place l’Italie en tête des équipes ayant été le plus de fois sanctionnées. Autre fait qui pourrait peser dans la balance : la fatigue. Pour ce dernier match d’une longue saison, les Italiens ont été amputés d’un jour de récupération en moins par rapport aux Espagnols et comptent tous deux un match de 120 minutes dans les jambes.

Vous reprendrez bien un peu de statistiques ?

• Si l’Espagne remporte cette finale, elle sera la première équipe européenne à enchaîner trois victoires de coupes consécutives après l’Euro 2008 et la Coupe du Monde 2010.
• L’Espagne est également le deuxième pays européen à atteindre 3 finales d’affilée en tournoi majeur après la RFA.
• L’Espagne reste sur 28 matchs sans défaite en championnat d’Europe (qualifications incluses) contre 18 pour l’Italie.
• L’Espagne a marqué 5 de ses 8 buts à l’Euro 2012 dans la dernière demi-heure de jeu.
• L’Italie disputera sa 9e finale en tournoi majeur (3 à l’Euro, 6 en Coupe du Monde); son ratio de victoires en finale est de 63%
• A chaque fois qu’il y a eu un scandale du type Calcioscommesse, comme c’est le cas cette année, les Italiens sont parvenus à remporter un titre  la même année. C’était le cas en 2006 avec l’affaire du Calciopoli et en 1980-1982 avec le Totonero, qui ont résulté de deux titres de champion du monde.
• Mis à part la victoire en quarts de finale de l’Euro 2008 aux tirs au but, la dernière victoire espagnole face à l’Italie en match officiel remonte aux Olympiades de 1920.
• Mario Balotelli est le premier joueur italien à avoir réussi à marquer trois buts en phase finale d’un Euro. Le deuxième en incluant les Coupes du Monde (Vieri en 2002).
• L’Italie n’a jamais perdu un seul match officiel sous le règne de Cesare Prandelli.

Mister Spex

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