Tout suiveur de la Ligue 1 qui se respecte a probablement déjà entendu l’expression « On craint dégun », autrement dit « On craint personne » si chère aux supporters marseillais. Mais voilà, avec seulement huit points pris en neuf journées de championnat, Marseille n’est plus craint par dégun avec un Vélodrome délesté de son statut de forteresse imprenable. La démolition de la tribune Ganay n’y est évidemment pour rien dans la fébrilité des Olympiens à domicile. Pire, lesdits « petits clubs » en déplacement au Boulevard Michelet y voient même une possibilité de prendre des points. Marseille n’y est plus, Marseille ne fait plus peur, Marseille est presque devenu un club banal.

Il aura fallu attendre un mois pour que le peuple marseillais puisse fêter la première victoire de son équipe cette saison. Un mois durant lequel les hommes de Didier Deschamps ont su jouer avec les nerfs de leurs supporters, à défaut de jouer au ballon. C’est justement grâce à la passion et la foi de ses supporters que l’OM n’a pas encore chuté du bord du gouffre de la banalité. Non, malgré un jeu, il faut le dire, à chier, les fidèles suiveurs du club sont toujours présents tout en faisant part de leur mécontentement par le biais de sifflets. Un peu comme un vieux couple qui s’engueule mais qui refuse le divorce. Ah c’est beau l’amour !

Pourtant, il y aurait matière à le demander, le divorce. Car même lorsque Marseille gagne, Marseille ne convainc pas, et avec une seule victoire en championnat face à l’ETG, fraichement promu, autant dire que ce n’est pas suffisant pour un club de ce calibre-là.

Mais alors, quel est le problème ? La défense, l’attaque, le milieu, l’entraineur ? Mmmh tu ne sais pas ? Allez, un indice, c’est une question à réponses multiples. Toujours pas ? Bon, fallait tout cocher en fait.

Contre Sochaux, Auxerre, Valenciennes, et même contre Lille, l’OM menait au score avant de se faire rejoindre. Outre de nombreux problèmes tequeniques et taquetiques si chers à Didier Deschamps, les joueurs ne semblent pas en mesure d’honorer mentalement les couleurs phocéennes. Un mauvais choix de recrues ou un état d’esprit qui n’est pas le bon ? Impossible d’y répondre, mais il ne fait aucun doute que les choix de Deschamps n’ont pas tous été les bons. Et comme c’est la tête qui commande les jambes, les joueurs sont logiquement rapidement dépassés.

Comme un symbole

Autre fait marquant du collectif mal huilé marseillais, c’est l’absence d’un vrai patron. Que ce soit Lucho González ou Benoît Cheyrou, aucun n’est capable de prendre le jeu à son compte et d’alimenter efficacement les attaquants. Pour ne rien arranger à cela, Alou Diarra a la mauvaise tendance de jouer trop bas, faisant presque office de cinquième défenseur, ce qui contraint les autres milieux de terrain à effectuer certaines tâches défensives qui ne sont pas les leurs. Du coup, un déséquilibre se crée et les joueurs censés attaquer ne sont plus en mesure de remplir leur devoir. Faudra leur dire que y’a pas de Wayne Rooney à l’OM, soit. Au lieu d’évoluer en un seul bloc, l’équipe se déplace « en accordéon », ce qui crée forcément des espaces. Et qui dit espaces, dit danger. Larqué n’a-t-il pas suffisamment matraqué son mythique « y’a danger » puissance 10 ? Bordel.

Autre point noir (et sans jeu de mot pour une fois), Mandanda. Ses performances en dents de scie reflètent parfaitement le comportement des Olympiens cette saison. Alors qu’on avait retrouvé le gardien que tout le monde connait mercredi dernier face à Dortmund, lors d’un match où il a été archi-décisif, Steve est retombé dans ses travers ce soir face à Brest en encaissant un but casquette. Ajoutons à cela une défense des plus moroses, avec un Morel tout aussi efficace qu’Heinze, mais avec les yeux bandés, et une charnière Diawara-N’Koulou très approximative si bien que Google vous suggère leurs noms lorsque vous recherchez « boulevards », et vous avez la recette de l’OM version 2011-2012. Sinon il y a le Bon, alias Rémy, Labrune et le Truand, qui n’est autre que Fanni et qui doit avoir des ancêtres qui ont jadis excellé dans la boucherie ou dans le domaine de l’imposture.

Les joueurs marseillais sont donc pris dans un engrenage dont il est difficile de se libérer. A priori faibles mentalement, les faux pas concédés ne font qu’empirer les choses. Il faudra donc que Deschamps trouve rapidement les mots, ou qu’il remette en question ses choix tactiques, sous peine de ne même pas se qualifier pour la Ligue des Champions. Une option qui serait dévastatrice pour les finances du club et qui contraindrait l’OM à se séparer de ses meilleurs éléments l’été prochain. Tout reste possible, mais tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’à un fil. Un cookie à celui qui trouve d’où j’ai pompé cette dernière phrase.

GBA

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