Un peu plus de lisibilité, c'est prévu ?

Voilà une bonne partie d’épine retirée du pied de Fernand Duchaussoy. Il n’y a donc aucun projet de quota dans les centres de formation français. A la bonne heure. Mais comme le souligne HourraFoot, l’enquête n’a pu aboutir sur des documents concrets. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il n’y avait aucune intention de réduire sensiblement le taux de sortie des « solides et costauds » de nos centres de formation…

 

Mediapart en échec

 

Soyons direct. Qu’est ce qu’un média politique vient faire dans le monde du football ? Dénoncer des abus, du moins, des dérapages verbaux prêtant à croire à des quotas. Soit. Mais ne sont-ce pas les médias, dans sa grande globalité, qui ont fait du foot un objet social critiquable au même titre que la République ? Coupe du Monde 1998, la France remporte son seul titre mondial et signe par la même occasion un pacte avec le diable. Le foot est désormais traité au même titre qu’un attentat ou une catastrophe naturelle. S’exposant bien malgré lui à tous les étages de l’information, il ne fallu guère de temps avant qu’il ne fasse l’objet de fascination et d’appropriation politique. Le foot est sorti des stades. Et Jérôme Latta en parlera bien mieux que n’importe qui dans notre Hexagoal.

Basons-nous maintenant sur ce constat. Le foot fait couler beaucoup d’encre et est donc synonyme de ventes. Nous avions déjà connu les prémices d’une « tabloïdisation » de la presse sportive avec l’Equipe, l’été dernier. Plus évolutifs et déjà matures, les sites spécialisés dans le foot, et plus récemment, la blogosphère qui va avec, sont bien la preuve d’une lassitude vis-à-vis de l’écrit, vieux et lourd. Alors on ne s’étonne plus tellement de retrouver de nombreux rebonds au ballon rond parmi la presse people, les gratuits bas de gamme ou même dans la PQN plus ou moins politisée. On peut désormais tous parler de football, la rue se l’est approprié et peut le juger comme j’apprécie Christophe Lemaitre dans son rôle de demi de mêlée. Oui, nous sommes 60 millions de sélectionneurs et nous nourrissons de nos propres illusions, nous improvisons spécialistes sans même réellement comprendre ce qu’est le pressing défensif, le marquage à la culotte ou la définition d’un back four.

Mediapart s’inscrit malheureusement dans cette lignée, interprétant les actes et paroles des dirigeants de la FFF parmi le fog dans lequel elle s’est installée. La cause est louable, dénoncer des dérapages verbaux pouvant contribuer à des décisions radicales et drastiques. Racistes. Mais c’est là où le pure-player déraille et fonce droit dans les panneaux publicitaires. A force de crier sans arrêt au loup, Mediapart s’avance avec sa une putassière en déclarant qu’à la FFF se mijotent quelques mauvais coups.

La réalité, DANS LES FAITS, est bien moins pimentée. Laurent Blanc et François Blaquart parlent trop vite, ou veulent dire plus qu’ils ne pensent, d’où stéréotypes et préjugés… pourtant tirés des faits. Ce qui n’est pas le cas avec le second problème, creux, de la bi-nationalité. Cependant, le manque de chiffre de la part des centres de formation ne permet pas d’établir la réalité, de quoi faire planer le soupçon sur la véracité des propos du sélectionneur. Et d’attirer telles des mouches les associations anti-racisme.

 

La FFF matée

 

La Fédé est-elle alors saine et sauve ? Non, bien évidemment, non. la faute à son système trouble et opaque. Peut-être même avec sa totale déconnexion vis-à-vis des réalités du terrain. Mais le pire, entendons-nous bien, tient surtout dans l’aveu d’impuissance piteux et miteux de la qualité de nos centres de formation. Prenons le problème à l’envers. Sortent des centres des noirs physiques en grande majorité, mais aussi d’autres colorés à la double nationalité. Ces derniers sont coûteux puisqu’il arrive qu’au final, ils ne choisissent pas le coq comme nation mais se penchent du côté où les chances d’exploser tôt sont plus nombreuses. Moralité : il faut réglementer les conditions de la FIFA concernant l’appartenance à une nation et vider les rangs de joueurs physiques pour faire émerger un peu plus de nouveaux profils manquants.

N’est-ce pas là se mettre le doigt jusque dans l’œil que de continuer avec les mêmes critères de sélection dans les centres ? Du jeu de la concurrence, dans lequel les jeunes futurs-pro baignent dedans depuis des années, n’émergera qu’une minorité conditionnée involontairement par le physique. Ce qui, justement, entre en totale contradiction avec le raisonnement bidon « le football, exemple de l’intégration sociale ». La football migre d’une majorité à une minorité, à un petit groupe d’excellence. L’intégration prend le chemin inverse. Vous pouvez d’ores et déjà ôter un des pouvoirs magiques du football de votre imagination. Pourquoi ne miserait-on pas plutôt sur d’autres capacités, telles la communication, la stratégie, voire même la sociologie de groupe, plutôt que de forcer et d’appuyer sur un système qui sature et ne convient plus ?

Et que penser, alors, du fonctionnement obscur de la FFF, pouvant agir de manière secrète à l’abri des regards indiscrets ? Les récents évènements un peu partout dans le monde qui marquent peu à peu nos vies peuvent-ils laisser de marbre ? Wikileaks et Facebook n’entrent-ils donc pas dans l’ère de la transparence et de la communication claire ? Pourquoi rester dans l’ombre après 2 années catastrophiques pour la 3F (2008-2010) ? Voir les champions du monde 98 s’arracher la gueule à coup de mots vicelards n’est pas un bon prétexte pour taper du poing sur la table et faire cesser la triste cacophonie ambiante ? L’enquête est certes terminée, mais la majorité de l’épine reste encore bien plantée.