"Tu gagnes combien par mois le nain ?"
Le dernier des quatre clasicos printaniers s’est terminé sur un score nul, le même que le premier. 1-1, et à nouveau une ouverture du score barcelonaise. Au lieu de sombrer comme en novembre 2010, les Madrilènes ont montré certaines qualités. Avec un secteur offensif meilleur, le Real aurait pu entrevoir la qualification…
C. Ronaldo – Kaka – Di Maria pour soutenir Higuain. Un quatuor offensif que José Mourinho n’avait plus osé aligner depuis la manita (Benzema et Özil dans le rôle d’Higuain et de Kaka). Pepe et Sergio Ramos absents, deux buts à remonter et un honneur à regagner, le Mou ne pouvait plus se permettre de parier sur l’agressivité. Seuls au milieu, Xabi Alonso et Lassana Diarra devaient stopper l’infernal trio catalan Busquets – Xavi – Iniesta. Heureusement aidés par Kaka, Lass et Xabi ont su contrecarrer quasiment toutes les offensives adverses, et ont pu compter sur un grand Casillas.
Armes catalanes enrayées
Des semaines. Peut-être des mois. David Villa n’est plus le même qu’à la sortie de la Coupe du Monde. Toujours aussi volontaire, beaucoup moins efficace. Dans son duel avec Alvaro Arbeloa, le sosie de Colin Farrell (si si) a peiné. Il aurait pu marquer sur un caviar de Messi, si sa frappe était plus précise et Casillas un gardien banal. Malheureusement pour le Barça, son pendant à droite ne compense pas.
Malgré sa coupe de cheveux aérodynamique, et particulièrement laide, Pedro ne court pas plus vite, ne dribble pas mieux, et ne marque pas plus que dans le passé. Il tombe bien plus en revanche. Bien qu’il ne soit pas le pire simulateur de son équipe, il donne tout de même envie de lui foutre deux trois tartes dans la gueule, histoire de lui faire découvrir une réelle douleur. Et de voir de vraies larmes couler sur ses joues. Face à Marcelo, il a brouté encore une fois la pelouse. Et Déesse Vache sait comme l’herbe mouillée ne facilite plus la digestion, mais la complique (ne vérifiez pas). Un bijou d’Iniesta lui a néanmoins suffi pour assurer la qualification du Barça.
Des attaquants dans une méforme énigmatique tant les piliers offensifs de leur équipe sont excellents. Iniesta et Xavi n’ont pas cueilli les pâquerettes, ils ont enchaîné les passes réussies. 84/92 passes réussies pour Xavi en première mi-temps, monstrueux, d’autant plus que le pressing haut du Real a grandement gêné les Catalans pendant vingt minutes. Lionel Messi demeure inarrêtable, et peut détester Casillas. Baisse de forme physique pour Villa et Pedro qui enchaînent deux saisons pleines (respectivement 42 et 52 matchs en 2009/2010, déjà 47 et 49 cette saison) entrecoupées d’une longue Coupe du Monde ? Ça prouverait que ces deux-là ne sont pas dopés. Quant à Messi, il est tombé dans les hormones quand il était petit.
Armes madrilènes…enrayées
La défense de Madrid n’est donc pas le secteur défaillant de ce Real. En encaissant un seul but face au Barça avec un bloc moins regroupé et agressif, elle a rassuré ses compères offensifs. Et c’est là qu’apparaissent les problèmes. Entre Kaka et Higuain transparents, Cristiano Ronaldo et Di Maria pertinents dans 10% des cas, le Real ne pouvait pas se qualifier.
Je n’irai pas jusqu’à dire que Kaka est cramé. Ses performances récentes en championnat me feraient mentir. Mais sa bouille de nourrisson pose une question : va-t-il aux mêmes restaurants que Ronaldinho, Ronaldo, Adriano, bref, à peu près tous les Brésiliens qui ont été bons un jour ? Où est passé le Kaka svelte, qui transformait un 2 contre 1 (Heinze et Evra contre lui) en un porno hard ? Son nombre de ballons touchés lors de ce quatrième clasico a sûrement battu les pires records de David Trezeguet en équipe de France. Inquiétant lorsqu’on est censé être le meneur de jeu. Sa titularisation pourrait être critiquée si l’habitué du poste était au niveau. Özil, rentré à l’heure de jeu pour remplacer le Brésilien, a fait de la peine. Des contrôles du tibia, un air essoufflé à la moindre course de dix mètres…l’Allemand, dont les lacunes physiques ont souvent été remarquées sur ce site (un peu d’autosatisfaction ne fait jamais de mal), donne l’impression d’avoir dépassé son nombre de matchs par saison. Dommageable, c’est souvent à cette période de l’année que se présentent les grandes échéances…comme Villa et Pedro, il a vécu une longue Coupe du Monde, et sa prochaine saison devrait être meilleure sur la longueur (10 buts et 20 passes décisives pour une première saison, déjà pas mal).
Deux lignes sur Higuain : il revient de blessure et aurait pu (dû ?) marquer, et même s’il a déçu, il a impressionné par le poids de la caravane qu’il tire derrière lui. Yepes est jaloux.
On en vient aux ailiers titulaires, qui n’ont aucune excuse. Di Maria et Ronaldo, dans un style différent, ont toujours la même idée. Tenter d’éliminer deux, trois voire quatre joueurs. Dans 90% des cas, ça ne fonctionne pas. Et puis à un moment ça marche. Ce que fait Ronaldo sur le but refusé est magnifique. Ce que fait Di Maria sur le but de Marcelo est superbe. Alors on s’exclame, tout le monde s’exclame. Mais une heure plus tard, le lendemain, il n’est plus normal de s’exclamer encore. Parce qu’on repense à toutes les opportunités où les solutions de passes étaient nombreuses, intéressantes. Et on se dit qu’avec un jeu plus épuré, ces deux tricoteurs pourraient monter encore à un autre niveau. Surtout Di Maria, le cas de Cristiano semble désespéré. Voir un joueur de 26 ans jouer toujours pour sa gueule, ça relève du traumatisme. Lionel Messi peut rester sur son trône…
Coaching
Les titulaires mauvais, Mourinho et Karanka ont les ont logiquement sortis (Kaka pour Özil, Higuain pour Adebayor). L’entrée d’Özil est tout aussi logique. Celle d’Adebayor est incompréhensible. Le Togolais est la solution à tout du Real. Défaite 1-0 ? Entrée d’Adebayor. 0-0 ? Entrée d’Adebayor. Le Real est mauvais dans le jeu ? Entrée d’Adebayor ! On peut décliner ça à encore d’autres exemples. L’entrée d’un joueur physique et grand est pertinente, lorsqu’elle est décidée pour donner plus de présence sur coup de pied arrêté. Mais quel intérêt face au Barça, qui ne fait quasiment jamais de fautes ? Quel intérêt de faire entrer un joueur débile, qui s’est pris pour Pepe pendant trente minutes, et n’a même pas pris UN ballon de la tête ? Piqué et Puyol lourds, Mascherano facilement énervé, Alves pris par Ronaldo, pourquoi ne pas faire entrer Benzema, qui claque but sur but, et dont les combinaisons avec Özil, Ronaldo et Di Maria peuvent faire craquer n’importe quelle défense ? Mourinho n’arrête pas de se tromper avec Adebayor, et le Français doit saturer de voir un clown rentrer à sa place.
Et on finit sur une image sympa, où on retrouve le bonnet de Sammy Traoré. Il a enfin inspiré quelqu’un.
Cricri évite le bonnet de Sammy, ça peut être contagieux.



