Deuxième match du groupe A, celui-ci allait au moins avoir le mérite de clarifier le statut des équipes le composant. En effet, il s’avère être le plus homogène avec quatre équipes plus ou moins du même niveau : la Pologne, la Russie, la Grèce et la République Tchèque. A priori, les deux équipes de ce conseil de classe devraient être un tantinet au-dessus des deux autre. A première vue donc, ce début d’Euro n’offre pas d’affiches alléchantes dignes des plus grandes nations footballistiques comme l’Allemagne ou la France. Soyons chauvins ! Cependant rappelons que les Russes venaient d’étriller l’Italie (3-0) et étaient invaincus depuis plus d’un an. Les Tchèques, eux, étaient moins bien lotis depuis leur défaite contre la Hongrie en match préparatoire (1-2).
Le moins que l’on puisse dire c’est que malgré la dissolution de l’URSS, la Russie veut montrer qui reste le patron. 4-1. La sanction est sans appel pour les Tchèques, victimes d’une défense bien trop laxiste. Presque autant que la justice française, ce qui est peu dire. Deux buts par période. La réduction du score en début de seconde aurait pu nous faire croire à un renversement de situation mais les Russes ont vite douché les espoirs tchèques, grâce à des contres aussi incisifs que le pic à glace de Luke Magnotta. Échec et mat.
Les buts
13′ Dzagoev
23′ Shirokov
52′ Pilar
79′ Dzagoev
82′ Pavlyuchenko
Les orgues de Staline
V. Malafeev : il n’a pas eu grand chose à faire, mais le padawan Anakinfeiev s’est visiblement fait dépasser par le maître jedi. 5
A. Anyukov : représentatif de la défense russe : lent comme Franklin. A voir s’il sait compter deux par deux. 4
A. Berezoutski : il a mordu a toutes les feintes et autres crochets tchèques. Comme un symbole de leurs révolutions, le char T34 est puissant mais lent. 4
S. Ignashevitch : un peu mieux que son collègue de défense centrale. Probablement son dernier Euro vu son âge avancé – 33 ans – et donc une dernière occasion de briller. 5
Y. Zhirkov : à l’image de son entente avec Arshavin sur l’occasion manquée à la 13′ suite à une passe au cordeau de ce dernier, l’ancien de Chelski a livré une bonne partition. Cependant, il faudra qu’il soit meilleur pour compenser les errements défensifs de son équipe. 6
I. Denisov : seul au monde à la récupération, il s’en est plutôt bien tiré. Petit bémol concernant la conservation du ballon. 5
R. Shirokov : plus rapide qu’une Scirocco et auteur d’un but à la 23′. Précieux pour ses accélérations, Arshavin n’est donc pas seul à exceller dans ce registre. Moins dynamiteur que son capitaine, il assume parfaitement le lien entre Denisov et ses attaquants. Hélas, il a tendance à oublier de défendre. 6
K. Zyryanov : plus transparent que ton père vitrier ou que David Pujadas lors d’une interview politique. Le véritable maillon faible du milieu de terrain. A moins qu’il s’affirme comme un travailleur de l’ombre. Pour cela, il faudrait le voir évoluer face à une formation plus solide. A passé trois points sur une frappe à la 32′. 4
A. Dzagoev : auteur de deux buts à la 14′ et à la 79′. Le premier but résulte d’un poteau d’une tête russe. Quant au second, il ne doit qu’à son auteur puisqu’il décoche une belle frappe qui ne laisse aucune chance à Cech. C’est la vraie découverte russe de ce premier match. On ne serait pas surpis qu’il soit transféré dans un grand club à l’issue de l’événement. Remplacé par A. Kokorin à la 85′. 8
A. Arshavin : le capitaine n’a pas déçu et a remporté son duel haut la main face à Rosicky. Il offre une belle passe décisive à Dzagoev. Toujours dans le même registre sur son couloir mais terriblement efficace. 8
A. Kerzhakov : précieux grâce à son gabarit, il a ouvert des espaces aux feu-follets. Cependant R. Pavlyuchenko a fait plus que lui en seize minutes avec une passe décisive, suivie d’un but qui lui vaudra un 8 ce soir. Il est possible que Kerzhakov ait perdu sa place sur ce match. 6
Les Tchèques en blanc
P. Cech : une prestation délicate pour le portier casqué qui semblait en retard sur la plupart de ses interventions, notamment sur le deuxième but russe. A oublier. 4
T. Gebre Selassie : le latéral d’origine éthiopienne a beaucoup attaqué, signe de son incessante activité sur le côté. Il en a oublié de défendre. Trop court sur le centre de Zyryanov qui amène le premier but adverse, Arshavin s’est trop souvent baladé dans sa zone. 3
R. Hubnik : il a défendu à l’envers comme son compère de la charnière centrale. Constamment dépassé par les offensives russes, il a passé une bien sale soirée. 2
T. Sivok : il s’est passé quelque chose sur chaque attaque russe. A partir de là, c’est en-dessous de la moyenne et puis c’est tout. 2
M. Kadlec : le meilleur buteur tchèque au cours des éliminatoires n’a pas renié son registre offensif en proposant de multiples solutions à ses attaquants. Malheureusement, un latéral doit surtout savoir défendre et il n’est pas exempt de tout reproche. 4
J. Plasil : le milieu de terrain des Girondins de Bordeaux a effectué une prestation solide au cœur de l’entrejeu, fort d’un bagage technique utile. Auteur d’une passe décisive pas dégueulasse sur le but de Pilar. 6
P. Jiracek : le milieu chevelu a impressionné par sa détermination et offert quelques gestes sympa comme ce grand pont dans la surface russe. Un peu laxiste sur le plan défensif. 5. Remplacé par M. Petrzela qui s’est logiquement vu refuser un but pour une position de hors-jeu. 5
V. Pilar : D’accord, il court comme un farfadet. Mais si Anyukov est rarement monté sur son couloir, c’est grâce à son travail de replacement. Cerise sur le gâteau, son but vient ponctuer une performance aboutie. 7
T. Rosicky : le maître à jouer de la République tchèque est sans conteste le joueur le plus doué techniquement de son équipe, mais il a fait étalage de son talent de manière trop sporadique. Il reste néanmoins indispensable à son équipe. 6
J. Rezek : le virevoltant ailier a fait preuve de bonne volonté pour offrir des solutions à ses coéquipiers, beaucoup moins pour se replacer. Si Gebre Selassie s’est noyé, il n’est pas étranger à ce résultat. 4. Remplacé par T.Hubschman qui a équilibré le jeu de son équipe avant de plonger en fin de rencontre comme ses compatriotes. 5
M. Baros : le meilleur buteur en activité de l’Euro ne s’est jamais mis en situation de frappe. Un match de cochon sur la pointe de l’attaque tchèque qui ne donne rien. 3. Suppléé dans sa tâche par D. Lafata qui n’a rien fait. 4
Geoffrey & Alexandre





