Vainqueur des deux dernières compétitions internationales, l’Espagne vise une performance sans précédent : la passe de trois. Euro, Coupe du Monde, Euro. Dans les années 70, la Nationalmannschaft était passée près de l’exploit. Mais la Tchécoslovaquie d’alors avait arrêté les Allemands de l’Ouest à l’Euro 76. Plus récemment, l’équipe de France s’était lamentablement écroulée en 2002. Alors quel destin pour les Espagnols ? Le groupe semble toujours aussi fort, mais la faim est-elle encore là ? Et quid d’un jeu que l’Europe combat depuis quatre ans en affrontant le Barça ?

Qui sont-ils ?

Les 23 joueurs sélectionnés
GARDIENS
Iker Casillas (Real Madrid)
Pepe Reina (Liverpool)
Victor Valdés (FC Barcelone)

DEFENSEURS
Raul Albiol (Real Madrid)
Alvaro Arbeloa (Real Madrid)
Sergio Ramos (Real Madrid)
Gerard Piqué (FC Barcelone)
Jordi Alba (Valence)
Juanfran (Atlético Madrid)
Javi Martínez (Athletic Bilbao)

MILIEUX
Sergio Busquets (FC Barcelone)
Xavi (FC Barcelone)
Andrés Iniesta (FC Barcelone)
Cesc Fabregas (FC Barcelone)
Xabi Alonso (Real Madrid)
Santiago Cazorla (Málaga)
Juan Manuel Mata (Chelsea)
David Silva (Manchester City)
Jesús Navas (FC Séville)

ATTAQUANTS
Alvaro Negredo (FC Séville)
Fernando Torres (Chelsea)
Fernando Llorente (Athletic Bilbao)
Pedro (FC Barcelone)

Leur entraîneur
Vicente Del Bosque

Leur capitaine
Iker Casillas

Leurs tauliers
Iker Casillas, Xavi et Andrés Iniesta

Leur jeune pousse (-23 ans)
Jordi Alba

Leurs points forts
Les meilleurs. Ils sont simplement les meilleurs. Si bons qu’en écarter certains du onze titulaire est une souffrance. Cesc Fabregas par exemple, décisif lors de ses entrées en 2008 puis en 2010. Santi Cazorla, exceptionnel à partir des quarts de finale à l’Euro 2008, non sélectionné en 2010 mais revenu au sommet avec Malaga. Juan Mata, auteur d’une superbe première saison en Angleterre. Et quel dilemme pour le poste d’avant-centre. Qui des deux Fernando l’emportera ? Vicente Del Bosque porte une grande affection à Torres et devrait commencer la compétition avec le Londonien titulaire. Mais le géant de l’Athletic sera là pour profiter de toute défaillance. Alvaro Negredo sera dans l’ombre des deux blonds mais pourrait tirer son épingle du jeu. La diversité de l’effectif est un atout énorme pour l’ancien coach du Real. David Silva, Andrés Iniesta ou Juan Mata pour attaquer l’axe, Santi Cazorla, Pedro ou Jesús Navas pour élargir.
Autre avantage, la continuité de la sélection. 19 des vainqueurs de la Coupe du Monde sont reconduits pour ce championnat d’Europe. La notion de groupe est symbolisée par Pepe Reina, sélectionné plutôt pour son esprit que pour sa saison moyenne. Les tensions Barça-Real se sont apaisées ces derniers mois et une guerre de clans ne semble plus à craindre. Le milieu Xabi Alonso – Sergio Busquets – Xavi Hernandez, roi depuis quatre ans, est toujours là. Même si la nécessité d’aligner Busquets ET Alonso est remise en doute ces derniers temps, et que la forme de Xavi n’est pas optimale. Néanmoins, les solutions de remplacement existent, entre Fabregas et Javi Martinez qui peut jouer en défense centrale ou au milieu.

Leurs points faibles
Si les points forts sont offensifs, les points faibles sont clairement dans le secteur défensif. Frappés par la blessure de Puyol, affaiblis par la saison très moyenne de Gérard Piqué, les Espagnols auront une défense centrale diminuée. Sergio Ramos sort tout de même d’une belle saison dans l’axe au Real mais sa complicité avec Piqué n’est pas encore prouvée. À droite, Arbeloa fait figure de solution par défaut à un poste pas très pourvu. Le Basque Iraola, potentiel titulaire, s’est blessé il y a peu.
Mais plus que la défense, c’est le jeu entier de l’Espagne qui pose problème. Efficace et technique au possible, il n’en reste pas moins extrêmement prévisible et éprouvé. Depuis l’émergence du Barça de Guardiola, toute l’Europe s’entraîne à contrer une équipe avare avec l’adversaire. Le succès récent de Chelsea peut inspirer de nombreuses équipes à réutiliser le même schéma. Après tout, l’Espagne avait connu une grande frayeur face au Paraguay en 2010, et survécu à un penalty raté. L’aléatoire ne sera peut-être pas du côté ibérique cette année. Vicente Del Bosque se doit de préparer un plan B, et de trouver de nouvelles façon d’attaquer pour surprendre des européens rodés à jouer sans la balle.

Leur bilan de la phase qualificative
8V, 0N, 0D – premiers du groupe I devant la République Tchèque et l’Écosse.

Leur meilleure performance dans un Euro
Euro 1964 – victoire en finale contre l’Union soviétique (2-1).
Euro 2008 – victoire en finale contre l’Allemagne (1-0).

Les trois stats qui font frémir leurs adversaires

• Huit, comme huit sur huit. Huit matches, huit victoires lors des éliminatoires, dans un groupe qui comptait les Tchèques et les Écossais.
• 18. Les minutes d’écart entre chaque occasion créée par Andrés Iniesta, le meilleur à ce jeu-là. Signe aussi que l’Espagne se procure d’innombrables occasions.
• 74. Le pourcentage de possession moyen de l’Espagne pendant les éliminatoires. Autant prévenir les autres équipes : il va falloir courir.

Prise de température dans les tribunes

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