Groupe de la Mort. Acte 3, scène 6. Ca y est, nous connaissons les deux qualifiés de ce groupe B. Auteurs d’un parcours sans faute ponctué d’un neuf sur neuf, les Allemands terminent premiers devant le Portugal. Imbattables, les joueurs de Joachim Löw ont dû batailler pour venir à bout d’une équipe danoise accrocheuse à défaut d’être géniale. Grâce à ce résultat logique, tant les blancs n’ont jamais été réellement mis en danger, l’Allemagne continue de faire forte impression dans cet Euro. Les Danois eux, n’auront pas démérité. Mais la machine de guerre qu’est l’Allemagne écrase tout sur son passage. Les hommes de Mortadelle Olsen, après avoir créé la surprise contre le Portugal, rentrent à Copenhague où la neige et les putes les attendent. Non, ici, nous n’avons pas de préjugés.

Les buts
19′ Podolski
24′ Krohn-Dehli
79′ Bender

Ceux qui n’ont pas gagné, comme Marine Le Pen

S. Andersen : il a réussi à préserver son but face à Mario Gomez, et ça c’est déjà un exploit. L’une des révélations de ce tournoi aura encore une fois été irréprochable en faisant le maximum, mais surtout en sortant toute sorte de frappes : lointaines, proches, à bout portant, de la tête. Il ne peut malheureusement rien sur les deux buts. 7

S. Poulsen : l’homme aux deux visages, c’est lui. Transparent défensivement, les Allemands s’en sont donnés à cœur-joie sur son côté. Très vite dépassé, les attaques teutonnes sont toutes passées par la droite, notamment celle du but où il a carrément coulé à pique. Swimming-Poulsen. Offensivement, ses crochets (toujours les mêmes) font parfois la différence, de même que sa vitesse de pointe. 5.5

S. Kjaer : le joueur de la Roma confirme dans cet Euro tous les espoirs placés en lui dès son plus jeune âge. Auteur de tacles salvateurs et d’interventions délicates, il a tout fait pour protéger ses cages. 7

D. Agger : s’il mord dans le ballon comme Luke Magnotta (oui, on est fan) mord dans un bout de cul, c’est qu’il est mort de faim. Incroyable de volonté et de rage, le capitaine montre une telle image qu’il va devenir l’idole de pleins de petits Danois. Et c’est une bonne chose. 7

L. Jacobsen : pas trop dérangé en tant que latéral, il a pris ses aises pour se montrer un peu offensif, et cela a payé. Toujours précis dans ses transmissions, c’est lui qui frappe le corner qui amène le but de son équipe. 6

N. Zimling : chauve. C’est la seule caractéristique qu’il partage avec Zimling Zidane. 5. Remplacé à la 78′ minute par C. Poulsen, le joueur d’Evian TG, qui a apporté toute sa force physique. non-noté

W. Kvist : dépassé par le milieu allemand et ses fulgurances, Kvist a touché peu de ballons. Il a néanmoins assuré le service minimum par un pourcentage de passes réussies élevé. Bon, c’était des passes courtes mais quand même. 5.5

C. Eriksen : le jeune prodige a bien écarté le jeu, trouvant ainsi souvent ses latéraux ou ailiers. Aérateur et purificateur du jeu, il est  le Febreze danois. 6

M. Krohn-Delhi : une activité intéressante pour un joueur que l’on demande à découvrir un peu plus. Ce petit gabarit s’est traîné sur le front de l’attaque mais il n’a pas déserté le secteur défensif. Son but, cinq minutes après celui de Podolski, couronne une prestation aboutie. 7

J. Poulsen : mis à part sa frappe qui effleure le poteau à la 50′, on ne l’a jamais vu en plein effort ni en pleine forme. Un peu comme Jeanne Calment. 5. J. Mikkelsen l’a d’ailleurs remplacé à dix minutes de la fin, quand tout était joué. non-noté

N. Bendtner: toujours isolé, toujours dos au but, toujours premier défenseur, toujours maladroit, Bendtner réussit toujours qu’un seul geste important par match. Là, ce fut sa passe décisive pour Krohn-Dehli. 6

Les joueurs qui vont sortir la Grèce de l’Euro

M. Neuer : le mur de Berlin et au-delà a passé une soirée relativement tranquille, alors il a décidé de sortir de sa surface pour s’offrir quelques frissons. Vaincu par une tête à bout portant de Krohn Dehli, il a par ailleurs mal jugé une tentative de Zimling à la 70′, le contraignant à concéder le corner. On chipote par exigeance, comme un symbole de talent. 5

L. Bender : titulaire à droite suite à la suspension de Boateng, le rookie allemand au niveau international devait faire face aux montées du remuant Simon Poulsen. Si son placement est à revoir sur certaines actions, son apport offensif est plus qu’appréciable. Auteur d’une touche décisive dans la construction du premier but de son équipe, il s’est chargé lui même de planter le but vainqueur, tordant ainsi les Danois et leurs chances de qualification. 7

M. Hummels : confronté à une équipe danoise volontaire mais sans imagination, le défenseur de Dortmund a été réduit au chômage technique, et ce malgré la présence physique de Bendtner. Bref, RAS. 6

H. Badstuber : pas grand-chose à signaler du côté du stoppeur du Bayern, si ce n’est qu’il concède le corner qui amène le but du Danemark. Ce qui nous permet donc de lui donner une note ridicule, à l’image du maillot de Zamorano à l’Inter. 6-1

P. Lahm : le capitaine allemand a été fidèle à lui-même et à ses montées infatigables, se montrant disponible sur chaque ballon et empruntant son couloir sans discontinuer. Classic shit. 6

B. Schweinsteiger : il a tout régenté comme un officier allemand dans les années 40. A l’aise dans son propre camp comme dans celui des scandinaves, il a laissé très peu d’espace d’expression à ses adversaires. Führer. 7

S. Khedira : il a bien fait le boulot ingrat comme à son habitude. Solide. 6

M. Özil : sa glissade à la 54′ résume à peu près la partie du meneur de jeu allemand. Peu inspiré, pas en réussite dans ses initiatives, on attend autre chose de lui. 4

T. Müller : on a retrouvé le joueur qui avait brillé de mille feux au cours de la Coupe du monde 2010. Intenable sur son côté droit, il a réalisé le geste du match en remisant astucieusement sur Podolski pour l’ouverture du score. Il sera un élément déterminant côté allemand dans la suite de la compétition s’il conserve ce niveau. 7

L. Podolski : pour sa 100e sélection à l’âge de 27 ans (!), l’ailier d’origine polonaise a inscrit son 44e but (!) sous la tunique allemande. Par ailleurs, il a enfin réalisé une prestation aboutie, multipliant les combinaisons intelligentes avec Gomez et Müller. 6. Remplacé par A. Schürrle à la 62′, le jeune talent ayant réalisé une entrée discrète après un bon tir détourné par Andersen à la 67′. 5

M. Gomez : le meilleur buteur de la compétition a connu deux périodes radicalement différentes : une première intéressante dans le jeu (en témoigne sa conservation de balle décisive sur le premier but allemand) et une seconde où il semblait errer comme une âme en peine sur le front de l’attaque. 5. Remplacé par M. Klose à la 74′ qui n’a pas su se mettre en évidence. non-noté

> Les notes de Portugal-Pays-Bas

Loic & Alexandre

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