
- Sale nain.
« Le problème avec le Barça, c’est qu’ils fixent tes latéraux. Messi, par sa position et ses déplacements, échappe au marquage. Et quand il vient balle au pied dès le centre du terrain, il est tout simplement inarrêtable. » Laissons les grands parler pour nous. Wenger, auteur d’une prouesse tactique contre ces mêmes Barcelonais cette années, nous raconte le roman Lionel Messi, je ne peux ajouter plus de détails. Passons à l’analyse tactique.
The Analysis

Chicharito, a été très isolé dans la pointe de l’attaque mancunienne. Asseuvré de ballons, et en plus de sa pauvre technique, il nous a gratifié d’une prestation quelconque, mais ce n’était pas vraiment sa faute.
Ce qui m’a impressionné, c’est la nullité tactique de Valencia et Park. Fergie, dès les premières minutes, a fait un geste aux joueurs, avec ses mains, comme pour dire « Ecartez, putain, écartez ! La largeur bordel ! ». Bizarrement, ce problème est tout au long de la rencontre.
MU n’a pas vraiment joué en 4-4-2, ni en 4-5-1 d’ailleurs. C’était un 4-5-1 avec cinq milieux axiaux en fait. Tout le monde allait vers l’axe, créant un véritable embouteillage axial. Et le hic, c’est que cela n’a pas empêché Busquets, Iniesta et Xavi de dédoubler, et de trouver Pedro et Alves, métronomes de la largeur dans le jeu barcelonais. On remarquera qu’un très grand nombre d’occasions venaient de l’aile. Chose anormale. Vu que Manchester Utd recèle dans ses rangs de très bons ailiers et joue principalement avec un 4-4-2, formation basée d’abord sur le jeu par les ailes, le wide-play comme diraient les Anglais.
Les 10 premières minutes sont à l’image de celles de 2009 : A l’avantage des Mancuniens. Mais la roue tourne vite, et le rouleau compresseur catalan se met en vigueur petit à petit. Messi, par ses déplacements en étant ce qu’on appelle un faux neuf, a complètement déstabilisé le bloc de Ferguson. Carrick était bien seul à la récupération, Giggs n’étant pas à son poste. Rooney était trop avancé sur le terrain pour tenter d’aider Carrick, naturellement. Et l’ironie du sort, c’est que malgré la polyvalence d’un certain Park Ji-Sung, ce dernier n’a pu apporter cette touche au pressing dans l’axe. Ce qui a fait que Park, en plus d’oublier Alves, a été totalement inutile dans ce match. Cela rend l’absence de Nani dans le onze de départ, ainsi que l’absence de Berbatov sur la liste même du match, des aberrations totales, purement et simplement.
Est-ce normal pour United de se faire humilier de la sorte ? Non je ne crois pas. Il manque un ratisseur de balle, un mec aussi hargneux que Rooney, qui sait récupérer la balle et la faire monter.
Comme signalé sur le schéma, Vidic a souvent été dézoné par Messi, juste par ses déplacements en étant un false nine. Et en plus du manque de largeur clair dans le jeu de MU, cela créait d’innombrables occasions franches pour Pedro, Villa et Léo. Beaucoup d’espaces pour une défense réputée pour être extrêmement solide pourtant.
Sur le premier but, on s’est plaint de Vidic, mais sérieusement, est-ce qu’il y a un moyen de contrer l’Argentin autre que par un marquage individuel du milieu de terrain, qui laissera inexorablement le milieu de Manchester encore plus affaibli qu’il ne l’est déjà ? Pour contrer le Barça, on ne peut réunir tous leurs points faibles pour les contrer. C’est impossible. On ne peut faire cela sans laisser le champ libre à Messi, ou à Alves comme ce soir, ou à Xavi, ou à même Abidal par moments…le FCB actuel n’est pas loin d’être imprenable. Certes, mais Wenger a trouvé la solution. Hiddink, en 2009, aussi. Mais ça, c’est une autre histoire.
Je vais aussi détailler l’aberration totale, ZE truc qui a manqué, qui m’a impressionné, qui m’a choqué, bref les mots ne sont pas assez forts. Après la première mi-temps, l’on voit clairement que United a du mal, beaucoup de mal. Que ça soit au pressing, dans la construction ou dans les contre-attaques. Chicharito est asseuvré de ballons, comment peut-on faire briller un renard des surfaces dans ces conditions ? Non, il fallait incorporer un certain…Dimitar Berbatov, maître dans la conservation de balle et dans la construction, choses qui ont manqué cruellement à United.
Giggs, dans une méforme, sûrement pas étrangère avec l’histoire récente avec Imorgen Thomas, a causé les passes longues vers l’avant, qui ne trouvent pas preneur vu le faible gabarit de Chicharito. Et là encore, le jeu aérien de Dimitar aurait eu son pesant d’or.
Comme dit plus haut, on ne peut réunir toutes les conditions pour contrer le Barça à 100%, mais il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour deviner que tenter le risque de l’embouteillage axial, pour laisser le champ à la largeur du jeu catalan est un véritable suicide. Aujourd’hui, on n’a pas vu Valencia et Park. Nerveux, peut-être. La tactique les a tués certainement, aussi.
Wayne Rooney fut d’ailleurs le seul à presser au milieu, et à tenter d’attaquer. Le seul Mancunien sur le terrain ce soir, avec Vidic et Ferdinand. Van der Sar, lui, a déçu pour le dernier match de sa carrière. Son placement douteux lors du deuxième but barcelonais en est la preuve.
Enfin, le peu d’occasions côté mancunien étaient contrés par un grand Gerard Piqué. Car en plus d’avoir une attaque et un milieu de classe légendaire, ils ont une défense en roc. Et oui.



