Oh quelle belle image !
L’heure de la revanche a sonné. Les Red Devils devront battre le fer contre un grandissime FC Barcelone, histoire de laver l’affront de 2009 à Rome. Cette fois, c’est en Angleterre que le monde entier verra la finale de Champions League édition 2010/2011, et pas n’importe où. C’est bien au légendaire stade Wembley.
Parcours respectifs
Groupe C pour MU, Groupe D pour le Barça. Mais les mêmes destinées. 14 points pour chacun des deux, 4 victoires et deux nuls pour chacun aussi. La différence se situe dans la différence de but, justement : MU a failli entrer dans l’histoire en n’encaissant aucun but dans les phases de poule, mais Valence lors de l’ultime match eut un avis différent. C’est ainsi que United finit le premier tour avec 1 but encaissé, et 7 petits buts marqués.
Le Barça a été plus impressionnant, avec 14 buts marqués et 3 encaissés. Il faut avouer que Barcelone a quand même eu un tirage un peu plus clément, avec Copenhague, Rubin Kazan et Panathinaïkos. Manchester a dû affronter le Glasgow Rangers, Bursaspor et Valence. En fait, la différence de niveau entre les deux groupes ne réside que dans Valencia, parce que le reste se vaut.
En 8èmes, les choses sérieuses commencent. Manchester Utd affronte l’Olympique Marseille, match auquel Chicharito s’est révélé titulaire indiscutable en pointe de l’attaque mancunienne, en LDC. Après avoir passé l’écueil français, les Red Devils affrontent successivement Chelsea et Schalke, sans trop de problèmes apparents. Cela peut paraître bizarre, mais il semble bien que l’OM a été l’équipe posant le plus de problèmes à Sir Alex Ferguson…
Les Blaugranas affrontent Arsenal. Les Gunners ne peuvent prendre leur revanche : La différence de niveau entre les deux équipes est encore trop significative. Après avoir éliminé les Anglais, les Catalans ajoutent Shakhtar dans leur tableau de chasse. Les Ukrainiens se souviennent encore du 5-1 encaissé au Camp Nou…
Ensuite vint le clasico, mais Messi décida de casser tout suspense en humiliant la défense merengue dans son antre, après son magnifique rush qui fut son deuxième but, à l’aller.
Tactically
C’est bien connu, le 4-4-2 est devenu une tradition à United. Mais les données du match obligent Ferguson à aligner un 4-5-1, presque toujours utilisé lors des gros matchs, par peur de se faire dominer dans l’entre-jeu. Néanmoins, l’on a vu une nouvelle version du 4-4-2 à Manchester, face à Schalke, avec un Ryan Giggs axial qui prend l’aile et apporte le surnombre devant, et un Park qui revient vers l’axe en pressant pour soulager un Giggs vieillissant, et un Rooney descendant bas et distillant les passes longues…Ce 4-4-2 sera sûrement l’avenir à Manchester. Mais cette fois, ce sera Modric à la place de Giggs.
Malgré tout, j’aimerais voir ça contre le Barça :

Et oui, vos yeux ne mentent pas. Je mets bien Wayne Rooney au milieu aux côtés de Giggs. Park sur l’aile gauche pour marquer Alves, et Carrick en récupérateur. Valencia sur l’aile droite pour ses centres et son explosivité, et une défense classique. Le seul doute subsiste dans le poste de numéro 9. Tout comme le Real, MU aura du mal à choisir son attaquant de pointe contre Barcelone. Qui d’entre Chicharito ou Berbatov devrait fouler la pelouse de Wembley en premier ? Chicharito, avec ses déplacements sur la ligne de hors-jeu, son pressing sur la défense adverse, sa grosse finition mais ses mauvais contrôles de balle et sa technique moyenne. Ou un Berbatov, champion du dribble et de la conservation de balle, avec un bon jeu aérien, mais sa finition moyenne? Dilemme.
Comme signalé lors d’un de nos précédents articles, Dimitar Berbatov aime le beau jeu constitué de passes courtes et de rythme rapide. Il est presque impossible de contrer Barcelone avec un jeu de la sorte, et le jeu déployé par les Mancuniens cette année d’une façon générale sont autant d’arguments qui mettent Berbatov sur le banc Samedi, automatiquement. MAIS, vu que ce sera du jeu long côté United, Chicharito pourra-t-il contrôler tous ses ballons, surtout face à des défenseurs aussi physiques que sont Puyol et Piqué ? Javier Hernandez souffre encore d’un physique frêle qui se perd dans des défenses rugueuses, mais son intelligence dans les déplacements ont comblé cela cette saison. Pourra-t-il en faire de même contre le Barça ?
Autant d’arguments et de contre-arguments en faveur de l’un des deux, et on dit cela de loin, avec seulement ce qu’on voit à la télévision. Je n’imagine même pas le malheur de Mike Phelan, et de Sir Alex Ferguson sur ce point-là…
Manchester United va attendre, non sans sournoiserie, en jouant avec un bloc compact et en fermant les espaces. L’équipe est passée maître en la matière, il n’y pas d’inquiétude à avoir sur le sujet. Je le dis clairement, on risque de voir un match ennuyeux. Par contre, SAF a dit et redit qu’il ne commettra plus les mêmes erreurs que celles de 2009, et cela implique sûrement le fait de « trop » attendre.
Un Carrick en forme annihile toutes les passes et un Carrick en forme est doté d’un sens de l’anticipation exceptionnel. Giggs et Rooney au milieu, pour presser et distiller des passes, et surtout mener à bien les contre-attaques avec leurs vitesses et leurs dribbles. Rooney n’a jamais été aligné à ce poste. Il était plus 9.5 qui se replie en 8 en phase défensive (contre Arsenal en FA Cup notamment), que 8 d’entrée. Je le mets dans cette position inédite pour lui parce que je n’aimerais pas voir Rooney en 9, ce serait se priver de son sens de construction, et se priver d’un Chicharito énorme. Si c’était le Rooney de la saison dernière, peut-être aurais-jeu un peu plus hésité. Mais là, non. Parce que Wayne s’affirme de plus en plus être un meneur de jeu, dans la lignée des repositionnements de Scholes et Dwight Yorke par le passé.
Park à gauche, qui ne pourra malheureusement pas aider ses coéquipiers dans l’axe comme il avait l’habitude de faire contre Schalke, vu qu’il sera déjà trop occupé avec Alves. Valencia à droite aura beaucoup moins de consignes défensives que le Coréen, simplement car Abidal ne monte pas aussi souvent qu’Alves pour apporter de la largeur.
Darren Fletcher a raté la finale de 2009 à cause d’une suspension eue contre Arsenal en demi-finale. Rien n’est moins sûr pour celle de cette année, car malgré sa longue blessure, l’Ecossais reste très important pour son endurance et son pressing et son talent à la récupération. A vrai dire, s’il n’avait pas été blessé, je l’aurais mis titulaire indiscutable Samedi.
Et si Scholes et Fletcher se feraient incorporer en cours de jeu ? Cela me paraît la meilleure solution, surtout avec Giggs qui risque d’être cramé bien avant la fin du match. Reste à savoir, faut-il faire rentrer Scholes ou Fletcher, ou les deux, et à la place de qui ? J’opte pour Scholes à la place de Giggs à la 65′, et Fletcher à la place de Chicharito que si MU est en train de mener au score, et en demandant à Rooney de devenir attaquant de pointe.
Un Anderson de 2008 aurait été aussi très utile. Aussi endurant que Park, il aurait pu tenir les 90′ sans problèmes. Mais le Brésilien actuel est bien au dessous de celui auquel on dédicaça une chanson personnelle.
Paradoxalement, il serait préférable de mettre Nani sur le banc aussi. MU aura peu d’occasions, et vu que le fanfaron aux origines cap-verdiennes aime dribbler à outrance et faire la différence tout seul, à l’instar de son compatriote Cristiano Ronaldo, cela détruit ses espoirs de démarrer titulaire pour cette finale. Mais Ferguson est maître des surprises, peut-être qu’il nous surprendra une fois encore…
Ce qui fait la force de Barcelone, c’est que l’équipe oblige les autres à s’adapter, la plupart du temps. Mais eux, ils gardent leur style à chaque match. Naturellement, le pressing haut, la ligne défensive haute et le jeu offensif seront de la partie côté blaugrana…ainsi que le 0-0-10 sur l’arbitre s’il venait à siffler une faute en leur défaveur. Et c’est là qu’entrent Rooney, Giggs et Chicharito en jeu. Les deux premiers avec leur capacité à éliminer l’adversaire en 1 contre 1, et le dernier par ses déplacements très intelligents et sa capacité à peser sur la défense adverse.
Le Barça, pour déjouer le jeu mancunien, devra se montrer patient, et moins fou-fou au pressing offensif, s’il veut éviter les courses de Hernandez venues de nulle part. Être patient, ainsi que d’éviter de pourrir le jeu par les simulations et les contestations, pour l’amour du football.




