En ce début de mercato, le Real cherche un latéral droit pour concurrencer Alvaro Arbeloa à son poste, ça tombe bien il y a un jeune du nom de Carvajal, en équipe B, qui vient de réaliser un très bel exercice 2012, avec à la clé une montée en Segunda. Problème celui-ci vient d’être transféré pour cinq millions au Bayer Leverkusen. Carvajal est le symbole d’un manque confiance accordé aux jeunes canteranos au sein de la maison blanche, dont l’accès en équipe première est presque une mission impossible.

Le peu de confiance accordé aux jeunes canteranos du Real n’est pas délibéré, il est le résultat d’une politique qui a longtemps été la marque de fabrique de la maison blanche, qui n’ont aucune chance de faire leurs preuves à domicile au vue de la concurrence hors-norme imposée. Et pour cause, lors des demi-finales de l’Euro 2012, le Real Madrid avait pas de moins de dix représentants encore en lice pour le titre de champion d’Europe, dont cinq Espagnols, trois portugais et deux Allemands.

Les jeunes canteranos ont peu de chance de s’imposer au Real Madrid, car malheureusement pour eux, José Mourinho dispose d’un effectif composé d’internationaux expérimentés et dans la force de l’âge, seul deux trentenaires sont titulaires (Casillas et Alonso).

De plus la politique du club n’est pas favorable quant à l’éclosion de jeunes talents. Depuis la nuit des temps le club de la capitale a toujours eu cette image bling-bling, lorsque les merengues remportaient les 5 premières éditions de la Ligue des Champions (appelée Coupe des clubs champions européens à l’époque) l’équipe alignait des grandes stars étrangères telles que Raymond Kopa, Di Stefano et Ferenc Puskas.

Une politique qui perdure jusqu’à aujourd’hui, lorsque on demande à Florentino Pérez quelle est la politique du Real, il répond : « la politique du Real est de gagner ». Si on ajoute à cela la pression que mettent les socios sur les dirigeants afin d’obtenir des résultats immédiats, on peut dire que le club se doit d’être une machine à gagner. Pour empiler les trophées, le Real a besoin de grands joueurs ayant déjà fait leurs preuves dans d’autres grands clubs.

Les Galactiques

Pour répondre à toutes ces attentes, cette politique des Galactiques, menée par Florentino Pérez, s’est révélée être la plus adéquate, en payant des montants assez chers pour s’attacher les services de grandes stars internationaux, dont les trois ballons d’or achetés successivement (Figo, Zidane et Ronaldo). Cette stratégie a été reconduite avec le retour du président à la tête du club; qui a symboliquement encore effectué le transfert le plus cher de l’histoire, outre l’aspect marketing, le Real réalise des gros transferts cette fois-ci afin de pouvoir rivaliser avec un FC Barcelone hégémonique. Depuis trois ans, le Real a signé pas moins de 19 joueurs pour enfin arriver à la gloire d’antan.

Mais comme on dit, la loi du plus fort est toujours la meilleure : en ce moment c’est Barcelone qui dicte sa loi sur le monde du football, tout le monde a envie d’aligner une équipe en grande partie formée au club, et la comparaison avec le rival madrilène est inévitable, et sur ce point elle ne tourne pas à l’avantage des merengues.

Pourtant le Real possède un centre de formation d’où sont sortis des grands joueurs tels que Chendo, Manolo Sanchís, Emilio Butragueño ou encore le récent double champion d’Europe Iker Casillas, pour ne citer qu’eux.

La Fabrica

Contrairement à son rival catalan, le Real ne met en place aucun dispositif pour faciliter l’intégration des jeunes en équipe première. Depuis quelques temps José Mourinho semble s’intéresser aux jeunes de la Castilla, en effectuant des entraînements avec l’équipe première, certains ont été appelés avec la A comme Jesé, Morata, Joselu et Nacho, mais sans plus.

La seule solution qu’offre le club à ces jeunes, c’est de les envoyer s’aguerrir dans des clubs moins huppés afin de leur offrir du temps de jeu et les récupérer ensuite, s’ils explosent réellement grâce à la fameuse clause de rachat que le Real indique dans leurs contrat. Dans ce cas de figure, Granero, Arbeloa et Callejón sont les exemples à suivre, mais encore seul Arbeloa est dans le onze de départ de Mourinho, tandis que Callejón est un joker de luxe et Granero un simple remplaçant qui entre régulièrement en fin de match. À l’heure actuelle le Real n’a pas besoin et ne peut pas intégrer facilement les jeunes de son centre de formation, même si celui-ci a sorti des très grands joueurs, on se souvient notamment de la fameuse Quinta del Buitre qui a été champion d’Espagne entre 86 et 90.

Il est clair que cette saison, José Mourinho ne pourra se permettre de lancer des jeunes pousses en équipe première, étant donné qu’il a déclaré vouloir travailler cette saison avec un groupe réduit de 20 joueurs, les deux géants s’imposent un rythme de fou en Liga et ne peuvent pas se permettre le moindre risque en titularisant des jeunes dans des matchs à enjeu. Ni même en Europe, où le Real échoue aux portes de la finale depuis deux ans, dans la quête de sa dixième coupe aux grandes oreilles. Ces derniers temps les places sont très chères au Santiago Bernabéu…

SUR LE MÊME THÈME

Laisser un commentaire