Je suis Eddy Fleck, personnage de 49 ans, ultra-reconnu dans le monde du football.
Je suis là pour vous faire vivre le côté caché des clubs de football.
Sans aucune mythomanie.

« Et bien sûr n’oubliez pas de fêter une bonne Saint-Valentin à votre compagnon. C’est un jour pour oublier vos problèmes de couples et pour les célibataires, pourquoi pas trouver l’amour ». Célib’ à terre, quelqu’un m’a appelé ? Le radio réveil me l’a bien fait comprendre, ce jour n’était pas pour moi. D’ailleurs il n’est pour personne. Rater l’épreuve du 14 février pour un mec, c’est effacer toutes les bonnes actions accumulées pendant l’année. Le restaurant face à la mer à Saint-Barth que tu lui as offert cet été peut, en quelques minutes, devenir de la grosse merde. Dans le package du jour, j’avais aussi le droit aux pseudos Facebook de mes chères contacts féminins : « Aujourd’hui mon cœur bat plus vite que d’habitude ». Méfie toi ma p’tite, Marc-Vivien Foé disait pareil. Mon téléphone sonne. Tu te doutes bien que l’intrigue commence maintenant.

A l’autre bout du combiné, une voix sanglotante tentait de communiquer avec moi.

« Colette m’a quitté. Elle a pris la télévision, mon décodeur Canal+ et le frigo Kronenbourg. Tu veux bien venir à la maison, j’ai besoin que tu me réconfortes ».

Pourquoi tu fais cette tête là ? La dernière phrase n’était en aucun cas à caractère « Vincent Mc Doom ». C’est de l’amitié entre couilles bien robustes, rien de plus. Je l’avais prévenu Louis de toute façon. Ne jamais s’attacher à une gonzesse ! Dès qu’elle te demande « Chéri, tu m’aimes ? », privilégier la fuite. Ne pas s’approcher à moins d’1 mètre 50 de l’engin féminin sous peine de finir par l’inviter au restaurant et de se surprendre à payer l’addition. Eviter à tout prix les sujets contenant les mots  « ta », « sœur », « est », « bien », « foutue ». Eviter surtout de mettre ces mots dans l’ordre.

« Et elle t’a plaqué le jour de la Saint Valentin ? La conasse ! ‘Fin la coquine pardon. Tu m’diras c’est pas mal, ça t’évite de sortir le chéquier ! Et toi tu l’as supplié de rester évidemment… »

Bien sûr, il l’avait supplié de rester. Au fait, Louis, c’est Loulou Nicollin. Ouais parce qu’il fait le malin sur Canal+ à parler de bite et de tarlouze, mais en vérité il est fleur bleue. Dès que ça commence à sentir le sapin avec Colette, il m’appelle en chialant. Et j’ai toujours de bons conseils.

« Mais je suis sûr qu’elle va revenir Louis ! Je soupçonne même une blague spéciale Saint-Valentin. Tu sais Colette j’la connais. Toujours à organiser des trucs incroyables… Ah ? Elle t’a menacé avec un couteau de boucher… C’était certainement pour te proposer de l’aider à faire le repas du midi ! »

T’es marrant toi, j’essayais d’aider comme je pouvais. Je sais bien que Colette voulait le planter et lui faire une Omar Raddad, mais c’était trop cruel à dire. Tout allait bien pourtant dans la vie de Loulou Nicollin. Montpellier, son équipe de demi-mongoliens comme il disait, était en train de faire chier le PSG en tête de la Ligue 1. Avec un métrosexuel en pointe et une face de cake dans les buts, c’est vraiment pas mal.

« Et les gosses ? Elle s’est tirée avec… d’accord. Au moins, tu seras plus tranquille le week-end ! Essaye d’arranger ça en l’appelant. L’amour c’est comme un touché-coulé, faut placer ces pions à des endroits stratégiques »

Colette lui reprochait certainement son côté vulgaire. Au passage, je sais pas si t’as remarqué mais Colette, c’est vraiment un prénom de merde. Avec Loulou, on a décidé de lui écrire un poème. Comme une dernière chance.

Colette, tu es le soleil de mes nuits,
Faire le macho avec toi, désormais c’est fini,
« Tarlouze » ne définira plus jamais Pedretti.

« Bite » ne remplacera plus une virgule,
De ma bouche, ne sortiront plus que des bulles,
Oh viens par ici Colette que j’tenc… ma grosse Dudule.

Pour la troisième année consécutive, j’avais passé ma Saint-Valentin à réconforter le gros Nicollin. Si une fille passe par là et lit mes prouesses, qu’elle me contacte. J’adore la bière et je lui apprendrais à maîtriser le nouveau FIFA. J’ai bon ?

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