Aussi utile qu’un Frédéric Calenge au bord de la touche, à l’anecdote pointue façon Christian Jeanpierre et à l’argumentaire aussi développé qu’Arsène Wenger, Eddy Fleck vous dévoile chaque semaine l’envers du décor de la compétition. Sans la moindre forme de mythomanie, comme toujours…
Vendredi 15 juin
On dit souvent que les grandes équipes construisent leur victoire finale au fil des matchs. Cette phrase, au relent de Didier Roustan, a une part de vérité. La bonne ambiance habite le groupe, et les succès amènent la bonne humeur. C’est mathématique, j’ai qu’ça qu’à dire. La relation dépasse même parfois les limites du football. L’épisode d’aujourd’hui en est la parfaite illustration.
Ce matin, j’étais de corvée pour réveiller les joueurs. Après avoir cherché pendant une demi-heure Valbuena, qui dormait finalement entre les deux lattes de son lit, je suis arrivé au dernier étage de l’hôtel. Dans les escaliers, je commençais à percevoir certaines phrases qui résonnaient dans le couloir.
« Prend ça salope ! Sheva part dans ton dos hein, t’aimes ça ! »
La scène qui se déroulait devant moi, avait tout d’un porno dégueulasse. Adil était tout simplement en train de fouetter Mexès avec son propre slip. Des traces commençaient à apparaître sur le derrière musclé de la blonde de service.
« Bonjour Eddy. Avec Philippe, on travaille le marquage à la culotte. »
Black-out total. Rosalinda, la concierge m’a trouvée une heure plus tard prostré dans le placard à balais. La relation entre les joueurs était d’une proximité extraordinaire. Gourcuff avait raté une occasion de choper du mâle. C’est ce qu’on s’disait avec Adil.
Tellement proche que, le soir même, l’équipe parvenait à l’emporter contre l’Ukraine 2-0, sans trembler. Malgré un gros orage où Franck a proposé à l’arbitre le contact d’une pompeuse professionnelle pour dégager l’eau de la pelouse, le match a pu se dérouler sans problème.
Mention spéciale à Jean-Michel Larqué, le IKEA des commentateurs. Meubler avec pas grand chose, il connait.
Samedi 16 juin
Auteur d’un match exceptionnel la veille avec un but et une frappe sur le poteau notamment, Cabaye s’impose comme le maître à jouer de l’équipe. Enfin, c’est ce que tous les journaux disent. Et personnellement, je lui ai dit à Yohan :
« Fais gaffe au phénomène de la grosse tête. Meriem et compagnie s’en sont mordus les doigts. Tu te rappelle de Camel, Yohan ? Sa carrière, partie en fumée. Comme son prénom. »
Tu penses. Ce matin, Cabaye a débarqué au déjeuner/barbecue avec une nouvelle coiffure. Dégarni sur le haut du crâne, lui qui avait l’habitude de parler fort, a désormais la voix mute de Carla Bruni. Yohan descend du bus d’abord de la jambe droite, toujours. Chaussettes, chaussures. Et puis une gorgée de Volvic. Toujours. Yohan a pété les plombs c’est certain.
« - Les saucisses au porc, première tournée ! Yohan j’te sers ?
- Non merci Laurent, je suis musulman depuis hier. »
Si Yohan a pété les plombs, Thierry Roland lui, a sauté les piquets dans la nuit. Triste nouvelle pour le numéro 1 des commentateurs français.
« Thierry Roland sans le foot, c’est comme le rap sans Seth Gueko »
Hatem avait les mots pour rendre hommage aux Grands de ce monde.
Dimanche 17 juin
Ce matin, Téléfoot est venu nous rendre visite, comme tous les dimanches d’ailleurs. Laurent a fait confiance à Ribéry qui commençait à connaître les mots de la lettre A, à force de relire le dictionnaire tous les soirs. Calenge a posé des questions simples, et Francky s’en est bien sorti.
« - Franck, la qualification est presque acquise. Vous allez abordez comment ce match face à la Suède ?
- Agressivité adversaire. Agir pour Alléluia. Euh… Abricot. »
Dès qu’il aura lu le reste, il pourra faire de meilleures phrases. Mais on avait confiance. Franck avait l’envie de progresser.
Pour détendre l’atmosphère, Laurent a accordé 2h de répit aux joueurs cet après-midi. Au programme : bowling et billard. Adil Rami préférait les queues tandis que Mathieu Valbuena voulait faire la quille.
Tout le monde a finalement passé un moment agréable.
Lundi 18 juin
Le dernier match de poule a lieu demain, contre la Suède. Évidemment, je suis confiant puisque le pays célèbre pour son taux de bonnasses au mètre carré est déjà éliminé. Zlatan a même dit qu’il en avait « rien à foutre ». Eh non, tu n’as pas le monopole de la connerie Samir.
Nous avons pris l’avion pour rejoindre Kiev. Patrice était chaud pour bloquer l’airbus sur la piste s’il ne jouait pas le match demain.
« Que ceux qui sont avec moi restent à l’intérieur ! »
Un vent a alors traversé le couloir gauche de l’appareil, symbole de ses prestations en équipe de France. Knysna n’aura donc pas lieu une deuxième fois.
Vous voulez un soin Patrice ?
> Retrouve l’épisode 2 du « Journal intime des Bleus », où Eddy Fleck se mue en conseiller personnel de Samir Nasri.







J’aime beaucoup ! Grande imagination de ta part Sofiane, ahaha. J’attends le quatrième épisode avec impatiente.