Aussi utile qu’un Frédéric Calenge au bord de la touche, à l’anecdote pointue façon Christian Jeanpierre et à l’argumentaire aussi développé qu’Arsène Wenger, Eddy Fleck vous dévoile chaque semaine l’envers du décor de la compétition. Sans la moindre forme de mythomanie, comme toujours…

Mercredi 6 juin
J’avais toujours rêvé de vivre cet Euro de l’intérieur. Découvrir les pays de l’est au cœur d’une compétition internationale était une chance incroyable. C’est vrai, le rapport qualité/prix des soubrettes ukrainiennes était vraiment intéressant, d’autant que la période des soldes venait à peine de démarrer dans le coin. Oui bon, on va pas se mentir, j’étais plus venu pour ça que pour voir du foot.

Pourtant, j’avais promis à Laurent Blanc d’être sérieux. Ah oui, parce que Lolo m’a chargé d’une mission ! Après une année où j’ai tenté de réintégrer le milieu du ballon rond (sans grand succès), le Président m’a gentiment proposé un poste au sein du groupe France. Payé 7KF pour le mois, je devais apporter joie et bonne humeur à l’intérieur de l’équipe. Un genre de Yannick Noah à Paris en 1996, mais sans le sloggi et avec des chaussures. Laurent payait tout le monde en francs. Il voulait repartir de zéro et se remettre dans le contexte de 1998. Chacun avait donc son petit surnom. Nasri était Zidane, Malouda avait Diomède et Benzema héritait du flocage de Stéphane Guivarch. « La con de ta mère » a-t-il répliqué lors de la distribution des maillots.


Jeudi 7 juin

L’ambiance était détendue au sein du groupe. On rigolait bien sur la coupe de cheveux de Philippe Mexès. Sauf lui. Le premier entraînement du l’équipe avait lieu en indoor, dans une sorte de hangar façon « L’amour est dans le pré ». J’en ai profité pour prendre contact avec les joueurs et me présenter à tout le monde.

« - Wesh c’est qui ce bouffon ?

- Bonjour Hatem. Moi c’est Eddy Fleck. Laurent vous a certainement touché deux mots sur mon rôle au sein du groupe. Je ne vous embêterai pas, je suis seulement là pour vous écouter en cas de problèmes.

- T’es genre comme une psychologiste. Oh par contre, vu que t’es dans le métier, tu penses pas que s’entraîner entre quatre murs, ça nous renvoie à l’adolescence et à la prison. Une provocation inconsciente de Laurent Blanc la putain de lui. Si c’est ça, moi j’descends pas du bus ! »

Les premiers mots étaient encourageants. Le groupe vivait bien.


Vendredi 8 juin

La compétition démarrait aujourd’hui avec un Pologne-Grèce qui promettait une bonne sieste. Nous nous sommes tous retrouvés devant le petit écran pour suivre la cérémonie d’ouverture. Quelle émotion ! Les yeux des joueurs étaient rouges. Derrière, on faisait tourner un joint.

Avec Moundir de Koh Lanta en pointe, les Grecs parviennent à arracher le match nul à 10 contre 11. Une vraie performance. J’essaye alors d’utiliser cet événement pour faire comprendre aux joueurs qu’un match n’est jamais perdu, même quand il est mal engagé. Laurent Blanc me stoppe et me dit que la première rencontre de la compétition sera contre l’Afrique du Sud et que Pierre Issa nous aidera à l’emporter.

Laurent Blanc continuait avec son histoire de France 98. Laurent Blanc est con.


Samedi 9 juin

Samedi, je décide d’aller faire un tour dans le centre ville de Donetsk pour m’aérer l’esprit. Les filles sont jolies mais j’ai la gueule d’un pain aux raisins. La nuit a été courte. Dans la chambre d’à côté, Franck Ribéry lisait tout haut le dictionnaire pour progresser en français.

« Oh les gars, il est là Gérard Miller ! »

Les joueurs m’avaient retrouvés. Nous avons donc terminé la balade ensemble et Francky répétait que Donetsk était une ville « que j’aime venir ». Il avait pas progressé. En fin d’après-midi, le bus est venu nous récupérer pour une séance d’entraînement. Le jeu favori des gars était de crier « KNYSNA ! » et d’enfermer Laurent à l’intérieur.

Franchement, il y avait une bonne ambiance dans ce groupe.


Dimanche 10 juin

Le match contre l’Angleterre, c’était lundi.  Et ce matin, la bande à Frédéric Calenge est venue nous rendre visite. Au programme, interviews, interviews et interviews. Frédéric il est marrant. Il a un corps de lâche mais une coupe de cheveux trop bien maîtrisée.

La pression commençait à monter chez les joueurs, les toilettes étaient de moins en moins disponibles. Je propose alors au groupe de se mater un bon film.

« - Alors j’ai… Qui veut sauver le soldat Ryan, Fast and Furious, Saw VI, La Tour Montparnasse Infernale.

- Laisse tomber Eddy. On va se mater la cassette de France 98 »

Merci Laurent.

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2 réponses

  1. tity dit :

    Haaaaaaaa! Ca me fait vraiment trop marrer ces articles. Très belle plume. A quand de nouveaux épisodes des avantures d’Eddy ?

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