
Je suis Eddy Fleck, personnage de 49 ans, ultra-reconnu dans le monde du football.
Je suis là pour vous faire vivre le côté caché des clubs de football.
Sans aucune mythomanie.
Tous les Tony de l’histoire ont un côté gangster et un peu fou. Tony Montana (le mafieu), Tony Musulin (le convoyeur de fonds), Tony Parker (le chanteur gangsta’). Il manquait juste Tony Vairelles. Tony Montana Vairelles, c’est un peu l’exception qui confirme la règle. Je l’ai connu quand il jouait à Lyon, lors de son premier passage de 1999 à 2001. Il était revenu en 2002-2003 mais c’était plus pour presser les oranges sur le banc. Il a toujours eu ce côté criminel, cet art de créer une coiffure suicidaire qui tuait ses relations sociales. La coupe mulet. J’ai quand même gardé de bons contacts avec lui et ça nous arrivait de sortir en boîte. J’étais d’ailleurs présent le soir du drame.
Mercredi, j’avais rendez-vous au tribunal en qualité de témoin dans l’affaire de la fusillade. J’ai donc expliqué au juge ce qu’il s’était réellement passé ce soir-là. Avec quelques trous de mémoire quand même. Voici le résumé de la discussion.
« – C’était fin octobre. J’avais quelques jours de vacances devant moi. Invité par Tony et ses frères à une petite virée nocturne, j’ai pris le premier train, direction Essey-Lès-Nancy. Le début de soirée s’est plutôt bien passé. Nous avons regardé la compilation des buts de Tony Vairelles en Équipe de France. La cassette durait 1 minute 30. Nous avons donc cherché un autre moyen de nous détendre pour passer le temps. Il y avait bien le film d’horreur « J’ai pulvérisé Gueugnon en 60 jours » avec Tony dans le rôle du killer mais nous l’avions déjà vu plusieurs fois. Le frère de Tony nous a alors proposé une petite collation.
- C’est à dire Monsieur Fleck. Une petite collation, pouvez-vous détailler ?
- Du Mister Cocktail Monsieur le juge. L’erreur a été de sortir le Panaché vers 23h30. Nous n’étions plus vraiment maître de nos gestes, nous sommes tombés dans une sorte de coma »
Tu peux rigoler. C’était la deuxième fois que je passais au tribunal. J’étais dans un stress indescriptible. La première fois c’était pour le procès de Tapie (c’est une autre histoire), mais c’était beaucoup plus simple de se défendre au vu de la prestance du mec. A côté de Vairelles et son charisme d’huître, difficile de faire le poids. J’ai donc essayé de le défendre au maximum.
« – Très bien Monsieur Fleck. Poursuivez. Que s’est-il passé ensuite ?
- Personnellement j’ai proposé aux frères un bowling puisque nous étions éméchés et je trouvais inutile d’aller en boîte de nuit. Néanmoins, personne n’a voulu me suivre, d’autant que Tony comptait rejoindre une amie sur la piste de danse. Je les ai donc suivi. A l’entrée, tout s’est à peu près bien passé si mes souvenirs sont bons. Les videurs paraissaient stressés puisque l’affluence dépassait pour la première fois les 30 personnes. Très rare dans cette petite bourgade de 32 habitants. Seuls Jean-Marc le poissonnier et Pierrot l’agriculteur avaient décidé de rester chez eux puisqu’ils ouvraient le marché le lendemain »
J’dois t’avouer qu’après cette partie, mon récit a été inventé à 98%. J’ai pourtant fait l’effort plusieurs fois de me rappeler exactement la suite de l’histoire, en vain. J’aurais aimé prouver ma sincérité au juge en lui ramenant le spécimen féminin avec qui j’avais dormi le soir même, mais je ne l’ai pas retrouvé. Cela aurait pu justifier notre taux d’alcoolémie…
« – Épargnez-moi les détails douteux Monsieur Fleck. Confirmez-vous que les deux frères de Monsieur Tony Vairelles se sont fait sortir de la boîte de nuit ?
- Tout à fait. Les videurs étaient d’ailleurs assez violents puisque l’un d’eux a insulté Tony.
- Quel type d’insulte ?
- Ta mère le mulet. Mais Tony n’a pas réagi puisqu’il était habitué à cette insulte à l’époque où il avait cette fameuse coupe de cheveux. Nous sommes donc rentrés à la maison. Les frères sont ensuite ressortis puisqu’ils avaient oublié leurs vestes au vestiaire »
Voilà, j’avais témoigné. Je n’ai pas été inquiété dans l’affaire puisque je suis allé me coucher immédiatement à notre entrée. J’ai cru entendre l’un des frères prononcer la phrase : « Viens on va jouer à Call Of Duty ». J’espère vraiment qu’il parlait de console de jeu et que cela n’avait pas de rapport avec les videurs…
En tout cas, Tony passera le jour de l’an à l’ombre. Pensée pour lui. La vie est une chienne, sa mère le mulet.


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[...] est midi mais je n’arrive pas à m’en remettre. J’étais pourtant en bonne forme hier soir. Une sortie en boîte sans Tony Vairelles ne pouvait que bien se passer. Seulement, ce matin, la fusillade se passe dans mon [...]
[...] une. J’te rappelle quand même qu’André-Pierre aurait pu se retrouver devant la justice (comme Tony Montana Vairelles). Pourquoi ? Simplement par rapport à l’enquête lors du dernier Paris-Dakar où un coureur [...]