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	<title>La Madjer &#187; Paul</title>
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	<description>Décalé sur l&#039;aile et décisif dans l&#039;axe</description>
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		<title>Stream Fighter</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Apr 2015 02:21:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il est devenu un outil indispensable pour suivre tout le football sans payer un rond. Il est à la fois Roumain, Russe, Arabe et avec un peu de bol Français. Il est un symbole de résistance face à l’oppression des droits télé. Lui, c’est le streaming. « Quelqu’un a un...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/stream-fighter/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il est devenu un outil indispensable pour suivre tout le football sans payer un rond. Il est à la fois Roumain, Russe, Arabe et avec un peu de bol Français. Il est un symbole de résistance face à l’oppression des droits télé. Lui, c’est le streaming.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/stream-fighter/stream/" rel="attachment wp-att-18265"><img class="aligncenter size-full wp-image-18265" src="/wp-content/uploads/2013/04/Stream-e1364911313442.jpg" alt="Stream" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« Quelqu’un a un bon lien » ? Les week-ends, les soirs de Ligue des Champion, bref, quand il y a du foot qui passe en crypté, ces quelques mots sont devenus communs. Tout le monde sur Twitter et ailleurs cherche à avoir la meilleure qualité possible, la cam&rsquo; supérieure, éventuellement en Français (même si avec Sport Dub c’est devenu optionnel), au pire en Anglais, et s’il n’y a rien on prend même du Roumain. Après de longues années de recherches, après avoir jonglé d&rsquo;une qualité « très médiocre » à « MAIS PUTAIN ON VOIT MÊME PAS LE BALLON MERDE », après avoir trimé pour en arriver là, j’estime avoir dans mes favoris une liste conséquente de sites fiables. Encore heureux.</p>
<p style="text-align: justify;">N’ayant jamais eu de télévision (hormis celles du bar d’à côté ou des voisins) pour suivre le football, le streaming est venu bousculer mon quotidien footballistique qui se résumait à une époque pas si lointaine à « Onze Mondial » (pour les posters, qui ont sans doute provoqué chez beaucoup le tiraillement de choisir une des deux faces à afficher dans sa chambre) et les multiplex d’Europe 1 (je ne compte pas le nombre de fois où j’ai cru que Saccomano allait clamser). Et oui, chez moi le streaming sert aussi à regarder la Coupe de France sur France2.fr et CJP sur TF1Live.<br />
Mon rapport foot-télé est une histoire compliquée. J’ai assisté à la finale de 98 sur un écran qui hésitait entre la couleur et le noir et blanc, dans un bar perché dans les Alpes à 1200m d’altitude. Mes Champs-Elysées à moi. Après l’Euro 2000 chez la famille, la Coupe du Monde 2002 et son France-Sénégal un jour d’école est une sorte de jubilation personnelle, où tout le monde à la récré du midi se retrouve dans ma situation quotidienne. Le but de Diop, on est beaucoup à l’avoir vécu l’oreille tendue sur une radio branchée sur RMC. Aujourd’hui la situation a changé. Je n’ai toujours pas de télé, pourtant je ne rate plus un match qui m’intéresse. Le streaming m’a sauvé.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Radins ou résistants ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Mais ne nous voilons pas la face, le streaming vient surtout permettre à des radins de ne pas dépenser un radis pour Canal ou BeIn et regarder tranquillou Ligain, Premier League ou Ligue des Champions. Il n’y a pas si longtemps, TF1 avait les droits de la L1 pour Téléfoot (vous mentez en niant que Kashmir des Led Zep’ n’éveille pas en vous un sentiment nostalgique) et la priorité sur la LDC (et la F1 mais c’est une autre histoire). Aujourd’hui, CJP n’a plus que Valbuena en Bleu quatre fois par ans pour se pignoler. Pour voir du foot en quantité (et qualité) et sans passer par le « CFC », en clair certes, mais plus passionné par les polémiques sur l’arbitrage et un but d’Ibrahimovic à toutes les sauces que par les résumés des matchs, il faut payer. Et payer cher. Deux abonnements sont nécessaires pour suivre dans son intégralité le football européen : non, merci. Internet, c’est un seul paiement mensuel, et en plus du foot on peut y faire plein d’autres trucs chouettes.</p>
<p style="text-align: justify;">On y arrive finalement : le streaming ne serait-il pas, après tout, une sorte de symbole de l’alter-foot ? Le rejet des chaines que sont Canal ou BeIn, le refus de payer un peu plus à chaque fois en choisissant le streaming illégal peut être perçu comme étant un acte délibéré de protestation, une manière de dire « stop ». Certes, le foot n’est plus le sport populo qu’il était, et qu’il devrait être, cependant l’accumulation de fric à claquer pour le suivre dans sa quasi intégralité est devenue indécente. Le streaming est une alternative. « Allez vous faire voir, je paierai pas pour ce que vous me proposez » est un bon résumé.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, que ça soit pour combler le manque de télévision, la pauvreté, ou pour exprimer un rejet du « tout-fric » actuel, le streaming est désormais ancré dans les pratiques des amateurs de foot (hormis ceux qui sont assez friqués pour se payer BeIn et Canal). La qualité s&rsquo;améliore, et l&rsquo;on est de moins en moins obligés à trouver un lien un peu moins pourrave que le précédent pour cause de « chaîne bannie ». Alors pour finir, j&rsquo;aimerais remercier tous les anonymes qui jouent leur vie pour permettre à des gens comme moi de regarder les matchs, en diffusant illégalement. Continuez comme ça les mecs, vous êtes bons.</p>
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		<title>Nassim Akrour, l&#8217;éternel</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jan 2015 14:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[À quelques jours maintenant du retour de Grenoble au premier plan, face à l’OM en Coupe de France, beaucoup de choses ont changé depuis la dernière confrontation entre les deux clubs. Mai 2010 : pour sa dernière apparition en Ligue 1 jusqu’à aujourd’hui, Grenoble s’incline 2-0 au Vélodrome (des buts de...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/nassim-akrour-leternel/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>À quelques jours maintenant du retour de Grenoble au premier plan, face à l’OM en Coupe de France, beaucoup de choses ont changé depuis la dernière confrontation entre les deux clubs. Mai 2010 : pour sa dernière apparition en Ligue 1 jusqu’à aujourd’hui, Grenoble s’incline 2-0 au Vélodrome (des buts de Niang et Ben Arfa). Une nouvelle défaite (25 en tout cette saison-là), alors que de l’autre côté du terrain l’OM fête un titre qui lui échappait depuis près de 20 ans. Depuis, une saison de Ligue 2 catastrophique, une relégation directe en CFA2 signée « DNCG » et une galère hebdomadaire pour retrouver les sommets. Mais si une chose n’a pas changé, c’est bien Nassim Akrour. Auteur de 13 buts en deux saisons en Ligue 1, celui qui a fêté ses 40 ans en juillet dernier est revenu (après trois saisons passées à Istres) l’an dernier filer un coup de main à son club de toujours. Entretien.</strong><span id="more-19735"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/nassim-akrour-leternel/akrour/" rel="attachment wp-att-19737"><img class="aligncenter size-full wp-image-19737" src="/wp-content/uploads/2015/01/Akrour.jpg" alt="Akrour" width="899" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous êtes en tête de votre poule de CFA avec le GF, et sur le plan personnel, tu es en grande réussite avec neuf buts marqués.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est bien pour le club de nous voir en tête. L’important, c’est d’être premier. Après, marquer ces buts, c’est toujours flatteur&#8230; C’est toujours positif au niveau du mental. Mais je préfère ne pas marquer et que le club monte. J’aimerais vraiment retrouver ce que j’ai vécu avec Grenoble, pour que les jeunes qui jouent avec moi aujourd’hui connaissent le haut niveau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On dit souvent que la CFA est un championnat dur et rugueux. On le voit quand les équipes viennent jouer au Stade des Alpes…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Personnellement je ne le vois pas comme un championnat difficile, car j’ai connu le haut niveau. Par contre, ce qui est compliqué, c’est de jouer avec des joueurs qui n’ont pas connu ce haut niveau. C’est par le jeu qu’on remporte les matchs. On joue avec les qualités que l’on a. Dans notre groupe de CFA, certaines équipes ont l’envie de jouer, d’autres non. Parfois, quand le ballon ne fait que passer au-dessus de ta tête, c’est pas facile.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu es revenu l’an dernier, mais tu as vécu une saison plutôt compliquée&#8230; Comment l’expliques-tu ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai pas eu de grosse préparation. Je l’ai faite seul dans mon coin, au mois d’août. Je n’ai pas pu faire de matchs amicaux, du coup j’ai eu pas mal de petits pépins dans la saison.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu fascines beaucoup de gens par ta longévité. Tu as conscience que tes performances peuvent avoir un écho national ? Et quel est ton « secret » pour être encore à ce niveau à 40 ans ? Tu te fixes une limite d’âge ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>(Rires)</em> Je ne sais pas trop si mes performances ont un impact national, je ne me focalise pas là-dessus. Pour ce qui est de la longévité, il n’y a pas de secret. Ça se joue au niveau de l’hygiène de vie, du professionnalisme et de l’envie. Après, je n’ai pas fait de centre de formation, je ne suis pas blasé. Quand arrêter ? C’est le corps qui est dirigeant, pour l’instant je me sens bien. Mon objectif est de faire tout mon possible pour que le club et les jeunes réussissent à remonter. J’ai beaucoup de bons souvenirs ici (montée en Ligue 1, buts somptueux contre Rennes, le PSG), et ça ne bougera pas. C’est pour ça que je suis revenu à Grenoble. J’y suis bien, il y a un beau projet. J’y ai passé beaucoup de temps. Quand ça va bien, pourquoi partir ?</p>
<p><iframe src="//www.youtube.com/embed/zR6Doigo_08" width="420" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec le recul des années, quelle est ta vision du monde du football aujourd’hui ? Il a beaucoup évolué ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, il a beaucoup changé depuis que j’ai commencé, ce n’est plus la même mentalité. Mais je ne critique personne, il y a beaucoup de jeunes à l’écoute, qui ont envie d’apprendre. D’autres non. Au GF38, on est un groupe avec beaucoup de cadres. Il faut toujours être derrière les jeunes, mais parfois on n’a pas le temps…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Parlons de l’équipe d’Algérie. Tu as été l’un des premiers bi-nationaux à aller avec les Fennecs. Quel est ton sentiment là-dessus ? Et quel est ton regard sur la sélection maintenant ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai passé de très bons moments avec des joueurs comme Djamel Belmadi, Omar Belbey, Maamar Mamouni ou Abdelhafid Tasfaout. Il fallait construire quelque chose avec les locaux. Ça a marché, car les jeunes Franco-algériens aujourd’hui y vont. Ça a ouvert les portes aux autres. Derrière, la fédération et les dirigeants ont contacté les jeunes. J’espère que ça va évoluer encore, aujourd’hui on voit que les dirigeants étrangers se succèdent à la chaîne à la tête de l’équipe. Christian Gourcuff a un travail très important. Être entraîneur et sélectionneur, ce n’est pas la même chose. Le jeu a beaucoup progressé ces dernières années. Il apporte son expertise tactique.</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est bien que l&rsquo;Algérie soit très attendue&nbsp;&raquo;</span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au niveau de la CAN, les Fennecs ont hérité d’un groupe assez relevé…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tous les groupes de la CAN sont relevés. Les meilleurs d’Afrique sont là. C’est bien que l’Algérie soit très attendue. Mais une CAN et une Coupe du Monde, ça n’a rien à voir. Au niveau du contexte, des stades, des arbitres… Ils ont changé de lieu au dernier moment, les stades ne sont pas prévus pour ça. J’espère que tout va bien se passer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu as été en sélection sous les ordres de Rabah Madjer. C’était une bonne expérience ? Tu te vois dans le staff comme Yazid Mansouri ?<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai connu ma première sélection avec lui. Je le regardais à la télévision quand il jouait au Racing Club de France, à Colombes. Ce n’était pas un échec, ils ne l’ont pas laissé travailler. Les dirigeants prennent leurs décisions, c’est les aléas du football. Mais pour moi il a fait du bon travail. Pour ce qui est de faire partie du staff, ils ne m’ont pas contacté. C’est très bien pour lui, ça marche. Moi, peu importe…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Revenons sur ta carrière en club. Tu as eu un début atypique, en partant dans les divisions inférieures anglaises. Comment ça se fait ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça s’est fait un peu sur un coup de tête. Je jouais à Colombes, en DH, puis à Noisy-le-Sec en National. Je n’avais pas beaucoup de temps de jeu, et j’avais fini mes études et l’armée. Du coup je suis parti en Angleterre. Ça m’a appris l’agressivité, un autre jeu. On apprend de tout, partout. Je suis revenu en France parce que ça me manquait. J’ai fait un essai à Istres, et c’était concluant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu as tout vécu ici à Grenoble. La montée, la descente, le dépôt de bilan…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’était dur pour beaucoup d’employés au club qui ont perdu leur emploi, mais aussi pour certains joueurs qui n’ont pas retrouvé de club et qui ont dû arrêter. C’est dommage aussi pour les jeunes, le centre de formation a dû fermer et ils sont partis un peu partout, avec la réussite qu’on connaît. L’objectif est de passer ce pont vers le National. Il faut reconstruire le club, et un centre de formation si jamais on retrouve un statut professionnel. En tout cas, je l’espère.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Propos recueillis par <a href="https://twitter.com/mdebeaux">Martial Debeaux</a>, avec <a href="https://twitter.com/Paul_Dejala">Paul Arrivé</a>.</em></p>
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		<title>La Madjer présente : la Boîte à Larqué</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Aug 2014 17:52:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[On a tous un peu grandi avec lui. Entre l&#8217;Équipe de France, la Ligue des Champions, ses duos avec Thierry Roland ou Gilardi, ses tournois du dimanche et ses anecdotes, Jean-Michel Larqué fait partie de la famille de tous ceux qui suivent de près ou de loin le foot depuis...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/la-madjer-presente-la-boite-a-larque/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/la-madjer-presente-la-boite-a-larque/jml/" rel="attachment wp-att-19625"><img class="aligncenter size-full wp-image-19625" alt="JML" src="/wp-content/uploads/2014/08/JML.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p>On a tous un peu grandi avec lui. Entre l&rsquo;Équipe de France, la Ligue des Champions, ses duos avec Thierry Roland ou Gilardi, ses tournois du dimanche et ses anecdotes, Jean-Michel Larqué fait partie de la famille de tous ceux qui suivent de près ou de loin le foot depuis des années. Parfois drôle, parfois touchant, parfois navrant (quand même), nous lui rendons hommage aujourd&rsquo;hui, pour ses répétitions, ses répétitions, ses répétitions, ses répétitions, ses coups de sang, ses montées d&rsquo;adrénaline et tout le reste. Liste non-exhaustive de pourquoi, au fond, on l&rsquo;aime bien Jean-Mimi.</p>
<p><a href="/laboitealarque/" target="_blank">La Boîte à Larqué, c&rsquo;est ici.</a></p>
<p><em>Merci à Xavier Martin, et envoyez-nous vos suggestions pour faire grandir cette initiative. </em></p>
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		<title>Kervens Belfort : &#171;&#160;Le match au Kosovo ? C&#8217;était l&#8217;Histoire&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 01 May 2014 15:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[À 21 ans seulement, Kervens Belfort a déjà le CV d’un vieux briscard. Né et formé à Haïti, présent sur place au moment du séisme en 2010, élu meilleur joueur du championnat local à tout juste 17 ans, il a affronté Sergio Ramos et David Luiz, connu la faillite du...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À 21 ans seulement, Kervens Belfort a déjà le CV d’un vieux briscard. Né et formé à Haïti, présent sur place au moment du séisme en 2010, élu meilleur joueur du championnat local à tout juste 17 ans, il a affronté Sergio Ramos et David Luiz, connu la faillite du Mans, joué le premier match de l’Histoire du Kosovo… Aujourd’hui à la lutte avec Grenoble pour monter en National, il revient sur les nombreuses étapes qui ont déjà marqué sa carrière.</strong></p>
<p><a href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/kervens-3/" rel="attachment wp-att-19385"><img class="aligncenter size-full wp-image-19385" alt="Kervens 3" src="/wp-content/uploads/2014/04/Kervens-3.png" width="900" height="450" /></a></p>
<p><strong>Tu viens d’Haïti, où tu es né, et formé là-bas ?..</strong></p>
<p>Je suis né à Petit-Goâve, une ville en province. Je suis passé par une école de football dans ma ville et puis j’ai été repéré par des entraineurs pour la sélection des U20 puis j’ai intégré la sélection A très tôt. Ça a tout déclenché.</p>
<p><strong>À Haïti tu jouais dans quel club ?</strong></p>
<p>Le FC Tempête. J’ai joué 3 saisons avec eux, j’ai remporté le championnat 3 fois, j’ai fini meilleur espoir, meilleur joueur…</p>
<p><strong>C’en est où le foot là-bas ? Au niveau des clubs, des structures ?</strong></p>
<p>Globalement, le niveau est proche du CFA. Mais je ne parle pas des joueurs, plutôt des infrastructures et de l’organisation des clubs. Il y a des joueurs très forts, très talentueux. On le voit en France avec Jeff Louis à Nancy par exemple. En gros il y a beaucoup de talents, mais pas de structures au niveau.</p>
<p><strong>Ça ne s’est pas arrangé en 2010, avec le séisme (en Janvier 2010, un séisme de magnitude 7 frappe Haïti et ravage le pays pour un bilan humain de plus de 200 000 morts et 300 000 blessés)…</strong></p>
<p>Oui… Mais ça se reconstruit peu à peu, avec le nouveau président élu depuis (Michel Martelly, élu en 2011), et les aides que l’on reçoit.</p>
<p><strong>Il y a des investissements dans le foot ?</strong></p>
<p>Non, pas trop. C’est la FIFA qui donne un peu de moyens, mais pas assez.</p>
<p><strong>Tu y étais, à Haïti, toi, au moment du séisme ?</strong></p>
<p>Oui. J’étais là où évoluait mon club de l’époque, le Tempête FC (à Saint-Marc). J’étais sur le terrain au moment du séisme. D’un coup tout a commencé à trembler…  Je ne savais pas ce qu’il se passait. Après on a entendu à la radio qu’il y avait beaucoup de dégâts à Port-Au-Prince, dans ma ville à Petit-Goâve aussi. J’ai perdu des amis. Mais j’aime pas trop parler de ça.</p>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr"><p>Tranblement terre wawwww des mauvaises souvenir passe dans ma tête</p>
<p>— Belfort kervensfils (@KervensFils) <a href="https://twitter.com/KervensFils/statuses/453258497401294848">7 Avril 2014</a></p></blockquote>
<p><strong>Tu as joué un peu plus d’une dizaine de matchs avec la sélection haïtienne…</strong></p>
<p>En tout j’ai fait 12 matchs et marqué 6 buts. J’ai été sélectionné très jeune en A. Pour moi c’est que du bonus.</p>
<p><strong>Tu as joué contre l’Espagne aussi.</strong></p>
<p>Oui, à Miami (le 8 juin 2013, victoire 2-1 de l’Espagne). C’est là que je me suis gravement blessé au bras. Ça a cassé ma progression pendant trois mois. J’ai accompagné l’équipe quand même à la Gold Cup après. Mais j’étais là juste pour supporter.</p>
<p><strong>Alors Sergio Ramos ?</strong></p>
<p>Il est fort. Il met un impact physique terrible.</p>
<p><strong>Tu as aussi vécu un autre match particulier il y a quelques semaines, au Kosovo (qui disputait le premier match de son Histoire le 5 mars dernier face à Haïti, 0-0). En tant que titulaire en plus&#8230;</strong></p>
<p>Pour moi c’était plus qu’un match. C’était vraiment impressionnant. Un match historique. Je l’ai ressenti, avec le public incroyable et tout ce qu’il y avait autour… J’ai vu l’<em>Intérieur Sport</em> sur <em>Canal+</em>, peu après, ça a confirmé ma première impression.</p>
<p><a href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/kosovo-haiti/" rel="attachment wp-att-19387"><img class="aligncenter size-full wp-image-19387" alt="Kosovo-Haití" src="/wp-content/uploads/2014/04/Kosovo-Haití.jpg" width="464" height="261" /></a></p>
<p><strong>Tu as trouvé ça bien retranscrit justement ?</strong></p>
<p>Oui, très bien. On voit dans la vidéo le coach, les joueurs, et j’ai compris. C’était vraiment plus qu’un match. C’était l’Histoire.</p>
<p><strong>Tu as discuté avec les joueurs du Kosovo ?</strong></p>
<p>Ouais un peu. Sur le terrain, ils faisaient tout pour gagner. On a défendu.</p>
<p><strong>Quels sont les prochains objectifs pour Haïti ? (Un coéquipier : « LA COUPE DU MONDE ! »)</strong></p>
<p>(rires) Non, celle-là c’est fini pour nous. On a un match contre la Serbie à New-York en mai. Après on a les éliminatoires pour la Gold Cup en octobre. L’objectif est de la remporter.</p>
<p><strong>Jouer à Haïti aujourd’hui, c’est quelque chose de possible ? Car tu nous parles de matchs délocalisés…</strong></p>
<p>On délocalise aux États-Unis par exemple car il y a une forte communauté haïtienne là-bas. Les éliminatoires on les joue en Haïti mais les matchs de préparation, non. Beaucoup de joueurs jouent en Europe, les faire venir à Haïti ça coûte trop cher à la fédération.</p>
<p><strong>Et en France ? Parce qu’il y a du monde ici, toi, Jeff Louis, Jean-Eudes Maurice…</strong></p>
<p>J’en ai parlé avec le coach (Marc Collat) qui est Français. Il m’a dit qu’ils allaient trouver un match contre une équipe africaine ou même l’équipe de France. C’est dans les tuyaux. Après il y a les binationaux ici. Tu as beaucoup de jeunes, au PSG, au Havre… De quoi renforcer l’équipe d&rsquo;Haïti.</p>
<p><a href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/belfort/" rel="attachment wp-att-19411"><img class="aligncenter size-full wp-image-19411" alt="Belfort" src="/wp-content/uploads/2014/04/Belfort.jpg" width="928" height="523" /></a></p>
<p><strong>Dans l’ambiance actuelle, vous y pensez déjà un peu à la Coupe du Monde 2018 ? Ou c’est trop loin ?</strong></p>
<p>2018… Je ne vais pas dire à 100% que c’est possible mais… On a le talent qui peut faire la différence. Beaucoup de joueurs jouent en Europe, connaissent le haut niveau… Johny Placide à Reims, Jean-Jacques Pierre à Caen, Jean-Eudes Maurice au PSG, Jeff Louis à Nancy… Il y a quelque chose à faire.</p>
<p><strong>Après le FC Tempête, tu es parti deux semaines à Lisbonne, au Benfica. Comment ça s’est passé ?</strong></p>
<p>C’était après un match en Argentine avec Haïti. Un recruteur m’a vu jouer et m’a proposé un stage là-bas. Mais je me suis blessé.</p>
<p><strong>Tu as pu te frotter aux joueurs qui y étaient à l’époque ?</strong></p>
<p>J’étais avec la deuxième équipe, mais j’ai joué contre les pros. David Luiz, Cardozo, Coentrão étaient là, j’ai joué avec eux.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi le Mans après ? Ça n’a pas collé avec le Benfica ?</strong></p>
<p>Non c’était moi. J’étais blessé, et mon ami Jeff Louis était là-bas, il m’a dit que l’entraineur du Mans voulait bien que je vienne pour me soigner. Du coup je suis parti au Mans pour retrouver mon compatriote. J’ai fait un mois pour me soigner, ils m’ont laissé deux semaines de stage, j’étais vraiment bien et on m’a proposé un contrat direct.</p>
<p><strong>Tu as quand même beaucoup joué au Mans&#8230;</strong></p>
<p>Oui, 45 matchs, dont une vingtaine comme titulaire. J’ai marqué cinq buts.</p>
<p><strong>Tu en gardes quel souvenir ? Parce que c’est le club qui t’a lancé, mais ça c’est mal terminé…</strong></p>
<p>C’est le club qui m’a lancé en Europe, qui m’a mis dans le bain en 2011 contre Arles-Avignon, mon premier match en pro. J’ai beaucoup de souvenirs avec le club, ça me fait mal de voir qu’ils sont comme ça, comment ça s’est terminé.</p>
<p><strong>Finalement tu as rejoint un club, Grenoble, qui connait une évolution comparable…</strong></p>
<p>Oui. Ce sont des clubs qui ont construits des beaux stades et qui se sont retrouvés en CFA2, en DH…</p>
<p><strong>Le fait que Fernander Kassaï et Frédéric Thomas, deux coéquipiers au Mans, signaient à Grenoble, ça t’a poussé à venir ?</strong></p>
<p>Ça, et mon agent qui m’a beaucoup parlé de Grenoble, de leur projet. Donc j’ai accepté.</p>
<p><a href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/kervens/" rel="attachment wp-att-19383"><img class="aligncenter size-full wp-image-19383" alt="Kervens" src="/wp-content/uploads/2014/04/Kervens.jpg" width="500" height="348" /></a></p>
<p><strong>Mais en vérité tu es sous contrat avec Sion, qui t’a prêté…</strong></p>
<p>Oui, j’ai signé trois ans avec Sion (qui a dépassé le quota de joueurs extra-communautaires, d’où le prêt à Grenoble). Mais ce n’est pas sûr que je retourne là-bas à la fin de mon prêt. Je n’aime pas trop… J’ai envie de continuer en France, peut-être à Grenoble, si on monte en National. Il faut voir avec les autres clubs aussi. Pour l’instant il faut se focaliser sur la montée en National, on verra après.</p>
<p><strong>Tu as toujours des contacts avec Jeff Louis je suppose. Il cartonne en ce moment…</strong></p>
<p>Ouais, j’suis très content pour lui. Il a du talent, c’est un bon joueur.</p>
<p><strong>Il parait que tu as mis un but pas mal toi récemment (sur une frappe du milieu du terrain, face à Marseille-Consolat). Il parait, parce qu’il n’a pas été filmé…</strong></p>
<p>(rires) C’est un beau but ouais. Mais on ne peut pas le voir. C’est un but de 45m, un lob du milieu de terrain, le gardien était avancé.</p>
<p><strong>En National, télévisé, il faisait le tour du Monde non ?..</strong></p>
<p>(rires) Ouais… Mais je ne sais pas si je serai là en National.</p>
<p><strong>Tu as déjà des contacts ?</strong></p>
<p>Ouais, j’ai des cibles mais c’est mon agent qui gère. Pour moi l’important c’est Grenoble, le terrain, de m’entrainer…</p>
<p><strong>Ça se passe bien ici ? Tu te sens bien ?</strong></p>
<p>Oui, je me sens bien, avec tous les joueurs. Je me suis vite familiarisé avec eux, c’est un bon groupe. Ils m’ont beaucoup aidé à m’intégrer. Je suis heureux.</p>
<p><strong>À Sion tu as &laquo;&nbsp;croisé&nbsp;&raquo; Gattuso, tu arrivais un peu après son départ. Tu l’as vu là-bas ?</strong></p>
<p>Non il était déjà parti (aujourd’hui l’entraineur est Laurent Roussey). Je suis allé visiter le club, ils m’ont montré des maillots de Gattuso, une chaise aussi on aurait dit que c’était pour un roi, avec le numéro, le nom de Gattuso…</p>
<p><strong>C’est quoi ton meilleur poste ?</strong></p>
<p>Ailier gauche. Parce que j’aime dribbler, je vais vite… Je suis droitier mais j’ai un bon pied gauche.</p>
<p><strong>À 21 ans, qu’est-ce que tu espères pour la suite de ta carrière ?</strong></p>
<p>J’aimerais bien jouer un jour dans le championnat anglais. Je suis un joueur qui aime aller au duel. Après j’aimerais jouer la Ligue des Champions… Ça me fait rêver, ça pousse à travailler. C’est que du travail de toute façon.</p>
<p><a href="https://twitter.com/Paul_Dejala" target="_blank">Paul Arrivé</a> et <a href="https://twitter.com/mdebeaux" target="_blank">Martial Debeaux</a></p>
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		<title>Grenoble : supporter, des sommets au sous-sol</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Apr 2014 13:44:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques années, Grenoble est tombé. Aujourd&#8217;hui, Grenoble est en train de se relever. Potentiellement premier de sa poule C en CFA, dans un championnat bordélique où même le premier non-relégable peut encore monter, le club espère rejoindre le niveau National l&#8217;an prochain. Ses supporters aussi. Eux, qui,...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a quelques années, <a href="/stades-louer-%C2%90%C2%90%C2%90episode-2-lisere-rude/">Grenoble est tombé</a>. Aujourd&rsquo;hui, Grenoble est en train de se relever. Potentiellement premier de sa poule C en CFA, dans un championnat bordélique où même le premier non-relégable peut encore monter, le club espère rejoindre le niveau National l&rsquo;an prochain. Ses supporters aussi. Eux, qui, au fil des années tourmentées du GF38, n&rsquo;ont jamais lâché.<span id="more-19322"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/rk-couv/" rel="attachment wp-att-19335"><img class="aligncenter size-full wp-image-19335" alt="RK COUV" src="/wp-content/uploads/2014/04/RK-COUV.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ligue 1, Ligue 2, CFA, CFA2, nouveau stade, dépôt de bilan… En à peine plus de cinq ans, le GF38 s’est construit une Histoire de club centenaire. Alors qu’il est à la porte d’un retour aux affaires en National (niveau qu’il n’a paradoxalement pas connu depuis près de 15 ans), rencontre avec ceux qui n’ont cessé de faire vivre le club : les Ultras du Red Kaos 1994, de Corte à Tokyo, en passant par Bauer.</p>
<p style="text-align: justify;">Un entretien réalisé avant la récente élection d’Eric Piolle, maire écolo qui inquiète le GF38 dans ses déclarations autour du Stade des Alpes et le possible retour au premier plan du club.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Red Kaos existent depuis combien de temps ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Red Kaos a été créé en 1994. J’aime bien dire qu’on est le seul groupe Ultra français à être né avant même notre club. Enfin c&rsquo;est surtout que notre club est jeune. Le GF38 c’est une fusion de deux entités, en 1997 : l’Olympique Grenoble Isère et le Norcap Olympique Grenoble. Pendant quatre ans, les Red Kaos supportaient l’OGI.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment vous avez vécu l’envolée du club vers la Ligue 1 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On est arrivé en Ligue 1 pas préparé en fait. La ville, le club, les supporters… En Ligue 2  à dix matchs de la fin du championnat, on a 12 points de retard sur Troyes je crois, on inaugure juste le Stade des Alpes, et finalement on monte. Ça nous a apporté plein de gens, le stade était quasiment plein tous les week-ends. On a eu confirmation à ce moment-là que Grenoble est une ville de foot. Le souci c’est que les Japonais d’Index connaissaient pas le ballon… Ils n’avaient pas les bonnes priorités. Y en a des choses à dire sur cette époque… En l’espace de quatre ans on a connu un changement de stade, une montée, une descente, une demi-finale de Coupe de France, une liquidation judiciaire… Ça fait beaucoup.</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;"><strong>&laquo;&nbsp;80 millions pour le stade des Alpes, c&rsquo;est une aberration [&#8230;] Ils ont foutu des écrans géants qui ont marché trois jours&nbsp;&raquo;</strong></span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et le Stade des Alpes alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça aussi c’est un beau bordel. Déjà sur ce projet, c’est la mairie de l&rsquo;époque qui a fait la différence. Le Stade des Alpes, c’est le bébé de Michel Destot (le désormais ex-maire de Grenoble) et de Didier Migaud (président de la Cour des Comptes). La mairie et la métro (communauté d’agglomération de Grenoble) ont porté le projet du stade et l’opposition leur a toujours reproché. Ensuite on a mis dix ans à valider la construction. T’avais des problèmes avec les architectes, des affrontements entre projets… Puis il y a eu la pression des écolos.  Ils ont occupé les arbres avec leurs cabanes au début du chantier pour protester contre la construction. Finalement on a replanté plus d’arbres qu’on en a coupé m’enfin bon… Nous on faisait partie de ceux qui militaient pour un nouveau stade. On a fait une manif’ à plusieurs centaines (350 personnes) en plein conseil municipal, on a filé des tracts… On voulait un stade, mais pas celui-là. Du coup on se retrouver à devoir le légitimer auprès des opposants, encore aujourd&rsquo;hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment ça ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bah déjà on pige pas où ils ont trouvé l’architecte. 80 millions pour ce stade, c’est une aberration. C’est une construction moderne, mais trop, c’est massif, c’est trop lisse, trop propre. C’est censé être un lieu populaire, marqué par rapport à la ville. Mais il n’a aucune identité. Il est joli et écolo quoi c’est tout. Et puis t’as des caméras partout… On nous a fait visiter pendant la construction pour nous faire plaisir et on a bien compris : tu peux lire la marque de cigarette de quelqu’un qui fume à 100m de la caméra quoi. Tu fais un tag, t’es sûr qu’en dix minutes il est effacé. Tu montres ce stade à quelqu’un, si tu vois pas les montagnes tu sais pas à qui il est. Tous les nouveaux stades c’est comme ça, faut que ça soit joli. Derrière Index en a profité pour faire sa vitrine high-tech. Ils ont foutu des écrans géants qui ont marché trois jours, on a des portiques électroniques qui ont marché deux matchs… Je sais pas pour combien d’euros on est descendu mais à mon avis ils sont là. Aujourd&rsquo;hui on va s&rsquo;attacher à tout faire pour le garder, parce que c&rsquo;est le nôtre, parce que la jeunesse a commencé à vivre certaines choses ici, et on va essayer de créer cette identité qui lui fait défaut.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que vous retenez de vos deux années en Ligue 1 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On a quand même de sacrés souvenirs. On a vécu des trucs de malade. Le 4-0 contre le PSG, la victoire à Sainté, le parcage à Marseille… toutes ces nouvelles têtes, des délires&#8230;Mais à côté de ça, tu montes en Ligue 1 et l’année d’après à une près tu battais le record européen de défaites consécutives (qui appartient à Manchester United depuis 1930-1931 avec 12 défaites de rang), derrière tu descends en Ligue 2 et t’es dernier du début à la fin, puis tu déposes le bilan, tu passes un été de fou et jusqu’au dernier moment tu sais pas si tu es en CFA, CFA2 ou même DH… C’est pour ça qu’il y a beaucoup de pessimistes ici. Mais il y a un potentiel de fou.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du coup après votre descente administrative vous reprenez en CFA2, et là le premier match à Corte il se passe un truc assez fou ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais on a commencé là-bas. On avait passé un été bordélique, une semaine avant on savait toujours pas où on jouait, on a eu que quelques jours pour construire une équipe et on part en Corse avec 12 joueurs sur la feuille. Enfin 11, le 12<sup>e</sup> c’était l’entraîneur des gardiens. Sur le terrain t’as un goal aux cages et l’attaquant c’était notre gardien remplaçant. Au bout du compte on gagne ce match quand même. On était 150 à les attendre au centre d&rsquo;entrainement. La CFA2 c’était une question de dynamique. Bon certains joueurs avaient le niveau au-dessus mais vue la gueule de l’intersaison on partait pas optimistes. Surtout qu’Olivier Saragaglia (l’entraîneur actuel) était parti à Chambéry pour ne pas jouer en DH, finalement on est en CFA2 donc il revient… Bref. Mais on s’est vite mis en place. On a été premier quasiment du début à la fin.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est plus compliqué en CFA par contre. L’an dernier vous aviez une sacrée poule…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais l’année dernière c’était dur. On avait la B du PSG, Strasbourg… Ça l’a pas fait. Mais on aurait dû monter quand même. En tout cas c&rsquo;était clairement l&rsquo;objectif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment vous analysez ce qui vous est arrivé ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On a pas tous le même avis là-dessus… T’en as dans le groupe qui vont dire que « c’est un mal pour un bien ». Mais globalement personne n’a kiffé ce qui nous est arrivé. Même si t’as effectivement des bons côtés dans ce malheur : moins de fric, moins de répression… C’est plus le même football. Mais il faut pas que ça dure trop longtemps. On commence déjà à se lasser. Tu sens que l’affluence peut baisser, si on remonte les gens reviennent mais en CFA ils vont rester un an, deux peut-être. Du coup ça nous impacte. Notre délire c’est le nombre, la masse. Quand on est 50-60 dans des stades champêtres c’est pas intéressant. Mais c’est le matelas des fidèles quoi.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/gf38_manif_1/" rel="attachment wp-att-19346"><img class="aligncenter size-full wp-image-19346" alt="gf38_manif_1" src="/wp-content/uploads/2014/04/gf38_manif_1.jpg" width="480" height="319" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous appréhendez la probable future saison en National ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est jamais trop tôt pour une montée. Dans un club bien structuré y a pas de raison que ça tourne pas si tu t’entoures des bonnes personnes. Ce que n’étaient pas le cas des Japonais. Prends une équipe comme Reims. Ils ont fait des années de D2 mais impossible qu’il leur arrive la même chose que nous. Parce que ça tient la route, ils ont une Histoire, des soutiens derrière… Le Havre c’est un peu la même chose. Mais Grenoble ne va pas mourir sans équipe de foot. La preuve c’est le rugby qui a la cote en ce moment. Mais ils ont connu un peu la même chose que nous. Ça doit être la région (<i>rires</i>).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On en revient au stade : comment on exploite une enceinte comme celle-là pour un club en CFA ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est compliqué d’affirmer ta légitimité quand t’es en CFA. Surtout quand t’as les écolos qui n’en démordent pas à son propos, mais qui font leur meeting de campagne là-bas. Enfin maintenant il est là, ils vont pas l’enlever… Bref. Faut savoir que le stade est géré par une boîte qui s’appelle Carilis maintenant. Ils sont là pour faire du profit. Du coup t’as des concerts : Johnny, David Guetta, ils vont ouvrir une brasserie, y a une zumba géante, des démonstrations de drones de l’armée… Le rugby y joue de plus en plus, y a eu un match de hockey aussi (le « Winter Game »). On est pas contre que ce stade s&rsquo;ouvre aux Grenoblois, au contraire. Mais le truc c’est que le GF38 attire quand même entre 2500 et 3500 personnes à chaque fois. Donc ils sont obligés de faire avec nous. Après on arrive à un point où on comprend les gens, il se passe rien à part un match de CFA qui intéresse pas grand monde dans ce stade… Mais on veut pas être les dindons de la farce dans l’histoire. On fait pas trop la fine bouche c’est notre stade, priorité au GF38. Après on verra bien. Pour l’instant ça va, mais avec la programmation des matchs de rugby… Tant que t’es pas en National ou D2 c’est dur de revendiquer quoi que ce soit. On a mangé dix ans d’alternance avec le rugby à Lesdiguières, on a construit ce stade pour le foot et finalement on retrouve les mêmes problèmes (d&rsquo;ailleurs, face à Mont-de-Marsan le week end du 12 avril, le GF38 évolue au stade Lesdiguières, quand le FCG accueille Montpellier au Stade des Alpes).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous regrettez Lesdiguières ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça n’a jamais été vraiment notre stade, donc pas vraiment. Par rapport à certains aspects un peu quand même mais parce qu’il faut du temps pour s’approprier un nouveau stade. Il faut y vivre des choses pour marquer des générations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’idéal c’est de trouver un rapport comme celui du Red Star avec Bauer ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui c’est l’exemple type. Quand tu vois le rapport qu’ils ont avec leur stade… On est potes avec eux. On se tient au courant de ce qu’ils font. C’est un petit club mais avec une forte identité. C’est différent à Grenoble.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez perdu beaucoup de monde suite aux dernières années au sein du groupe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelques-uns. Mais au sein du groupe t’as beaucoup d’investis, de passionnés. Deux ans de CFA ne suffisent pas pour nous faire lâcher. Si on fait une série de dix ans comme Toulon par contre… Ça ne sera pas la même. Même Valence c’est triste ce qu’il se passe. Le délire c’est le monde, que ça bouge. Et en CFA, face à certaines équipes… Contre Valence ça ressemble à quelque chose, ils ont des supporters, des abonnés. Pareil face à Strasbourg l’an dernier où il y avait 7500 personnes. En Ligue 2 on avait joué contre Évian on s’était dit « c’est quoi ce club ? » alors quand tu joues leur B… Je comprends les mecs qui se disent « stop » au bout d’un moment. Tu vas voir des matchs où tu joues contre des boulangers, tu t’es mis une caisse avec un joueur le soir d’avant… Ça a un côté sympa, humain, mais au bout d’un moment c’est plus possible. Et puis sans supporter en face, pas de folklore. On joue face à trois tribunes totalement vides.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Y a pas beaucoup de points positifs en fait ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si y a un truc qu’on apprécie, c’est le rapport avec les joueurs. Le monde pro, t’as des mercenaires qui vont de club en club, c’est pas un comportement que tu aimes, de mecs attachés au club. Aujourd’hui si on avait deux joueurs à mettre en avant, ça serait Aïssa Yahia Bey et Selim Bengriba. Parce que ce sont des mecs d’ici. En CFA2 ils ont enfin eu leur chance. Ils étaient à l’usine avant, donc ils considèrent que jouer à Grenoble, c’est une vraie chance. Dans un contexte de pro. Quand tu discutes avec eux, ils savent qu’ils retourneront bosser à l’usine. Mais ils se rendent compte de ce qu’il leur arrive. Ils jouent leur vie sur le terrain. Ce rapport avec les joueurs est plus sain. C’est même marrant quand tu les croises en ville, c’est toi la star, pas eux (<i>rires</i>).</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;"><strong>&laquo;&nbsp;Si tu nous fais une Watanabe à parler de la Ligue des Champions en dix ans on rigole&nbsp;&raquo;</strong></span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et Nassim Akrour (revenu au club cette saison) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À son propos on est divisé. C’est le meilleur buteur de l’Histoire du club, on ne lui enlèvera pas. C’est aussi le joueur qui est resté le plus longtemps&#8230; Tu nous dis « Akrour », on te répond « but au Parc », « but contre Rennes », il y a beaucoup de souvenirs. Après certains n’aiment pas trop les joueurs qui reviennent. Ça casse un mythe. Il est parti meilleur buteur, ok. Il vient aider le club, d&rsquo;accord. Mais revenir à 38 ans ? Pas sûr qu’il ait eu mille propositions. On préfère mettre Akrour sur un piédestal pour ce qu’il a fait avant plutôt que parce qu’il est revenu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que vous pensez de l’arrivée de Patrick Trotignon ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On est tellement méfiants qu’on ne s’enflamme pas. Racheter le GF38 n’est pas une fin en soi. Le problème c’est ce qu’on en fait derrière surtout. Mais Trotignon est un mec du coin, qui connait le ballon, et qui parle français&#8230; Ça s’est bien passé à Évian donc pas de raisons d’être inquiet a priori. Mais notre Histoire « fait que »… On se pose des questions. Combien d’investisseurs ? Lesquels ? D’où ils viennent ? Mais déjà on sait qu’ils sont plusieurs. C’est pas Index, le gros groupe étranger opportuniste qui connait rien au ballon. C’est peut-être paradoxal de parler de ça pour un ultra contre le foot-business et tout, mais quand on voit la gueule du club et là où on est… C’est le paradoxe du supporter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour le coup vous êtes quand même optimistes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On t’a dit, on n’est jamais optimiste à Grenoble. Mais on a envie d’y croire. Après ça dépend, pour aller où ? Si tu nous fais une Watanabe (Kazutoshi de son prénom, ancien président du GF38) à parler de la Ligue des Champions en dix ans on rigole. Mais au fond on est sûr qu’on va s’en sortir. On va monter en National cette année et dans les 2-3 ans on sera en Ligue 2. Le club va se restructurer, ça va le faire. Mais ça va aussi dépendre des dirigeants, de leur projet…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez gardé des contacts avec les groupes Ultra en Ligue 1 – Ligue 2 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On essaye de se tenir au courant. SOS Ligue 2 par exemple, on fait partie de ceux qui ont participé à la création du collectif en 2004-2005. Quand le collectif s’est opposé à BeIN Sport il y a deux ans, on a suivi ce que faisaient les groupes en Ligue 2 et participé aux réunions. On soutient à notre échelle, sans prétention. Au fond on sait qu’on va remonter, donc on se tient au courant. On a aussi une super réussite collective entre groupes Ultras, à propos des IAS (Interdiction  Administrative de Stade). On a de bons résultats, on arrive à faire changer les choses. Parce qu’une IAS c’est pas une IDS (Interdiction de Stade). T’as pas de procès, pas d’avocat… Nous on remet en cause le principe même de l’IAS. À Grenoble on a gagné deux affaires, et là 3, des mecs qui ont été privés de stade pour rien. Donc l’opposition marche. Les IAS c’est totalement arbitraire, c’est au bon vouloir de la préfecture. Quand t’as une embrouille au stade, tu vas au tribunal, tu te défends. Mais les IAS c’est un scandale en termes de libertés. Je crois que les Parisiens voulaient aller à la Cour européenne des Droits de l’Homme à ce propos.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/cfa/" rel="attachment wp-att-19338"><img class="aligncenter size-full wp-image-19338" alt="CFA" src="/wp-content/uploads/2014/04/CFA.jpg" width="767" height="492" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous étiez à la manif’ de Montpellier y a quelques années ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais. C’était juste avant la CFA2. On était une soixantaine je crois. On essaye de participer à ce genre de choses, de garder l’esprit. C’était quelque chose. Mettre de côté une rivalité folklorique c’est pas compliqué, c’est le jeu des ultras qui veut ça. Dans des moments comme ça t’es obligé de faire attention. Si ça part en couilles un moment t’as tout perdu. Les médias relaient une mauvaise image et ça a servi à rien. À Montpellier ça s’est bien passé. On veut écarter l’image des ultras relayée par les médias, donc si tu fais de la merde le jour J ça passe pas. Mais ça c’était bien passé. On réfléchit à en faire une autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est « compliqué » d’être un ultra en France, en ce moment ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Clairement, oui. Mais c&rsquo;est notre lutte. En tout cas on essaye. Ce qui est compliqué aussi c’est expliquer aux gens pourquoi on fait ce qu’on fait. Nous on est prêts à discuter pour que notre délire se perpétue. Mais quand tu fais dix bonnes actions et pas un mot dessus puis une connerie et là tout le monde te tombe sur la gueule faut faire gaffe. Y a énormément de groupes ultras qui font des collectes, et c’est jamais relayé. Même nous on essaye de le faire à notre niveau. À Sainté ils ont fait des compromis, sur un match ils déconnent, les médias relaient et forcément pour tout le monde qui voit ça, c’est une image négative. Après nous on faisait partie de la CNU (Coordination Nationale des Ultras) il y a quelques années. Pour notre 15<sup>e</sup> anniversaire, face à Rennes en Ligue 1, après 10 minutes on est menés 3-0 (20mn en fait). On avait des fumis mais attention le club était prévenu, ils étaient d’accord parce que c’était les 15 ans… Et là 3-0. On a pété un câble. Le match a été arrêté momentanément. Du coup pour pas décrédibiliser la CNU on en est sortis. On essaye de rester cohérent.</p>
<p><iframe src="//www.youtube.com/embed/GjccrdBN-gg" height="315" width="420" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous en gardez un sacré souvenir quand même ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais, on le vit quand même comme un bon souvenir. Plus sur le coup d’ailleurs, après un peu moins. On avait fait un tifo d’un tram qui se calait sur les portes des tribunes et ça faisait comme si les gens sortaient du truc. On était devant, on déplie le tram, ça prend du temps. Quand c’est fini on lève les yeux, et 3-0 pour Rennes. On n’a pas vu un but.</p>
<p style="text-align: justify;">Paul</p>
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		<title>OL &#8211; ASSE : Derby meurtri</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Apr 2014 16:33:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[ASSE]]></category>
		<category><![CDATA[Derby]]></category>
		<category><![CDATA[Lyon]]></category>
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		<category><![CDATA[Saint Etienne]]></category>

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		<description><![CDATA[Dimanche, Saint-Étienne infligeait sa première défaite dans un derby à Rémi Garde. Pour la deuxième fois de suite, la première à Gerland, le match se disputait sans supporter de l&#8217;équipe visiteuse. Une décision (néo-première) ministérielle qui a aseptisé l&#8217;ambiance en tribunes et fait perdre de sa valeur à un incomparable...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/ol-asse-derby-meurtri/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Dimanche, Saint-Étienne infligeait sa première défaite dans un derby à Rémi Garde. Pour la deuxième fois de suite, la première à Gerland, le match se disputait sans supporter de l&rsquo;équipe visiteuse. Une décision (néo-première) ministérielle qui a aseptisé l&rsquo;ambiance en tribunes et fait perdre de sa valeur à un incomparable duel français.</strong></p>
<p><a href="/ol-asse-derby-meurtri/derby-2/" rel="attachment wp-att-19261"><img class="aligncenter size-full wp-image-19261" src="/wp-content/uploads/2014/03/Derby.png" alt="Derby" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">On joue la 74<sup>e</sup> minute du derby. Max-Alain Gradel vient de donner l’avantage aux Stéphanois. Du gauche. En haut du bloc J du Virage Sud de Gerland, un homme serre le poing. Discrètement. Il n’est pas le seul, mais pas loin. Ils ne fanfaronnent pas. À sa droite, le parcage visiteur est vide pour la première fois. Comme l’était celui de Geoffroy-Guichard à l’aller. Le plus beau duel du championnat a perdu de sa saveur.</p>
<p style="text-align: justify;">La faute, entre autres, à deux arrêtés : le premier, préfectoral, qui interdit les supporters stéphanois d’occuper Gerland, sera qualifié de « <em>farfelu</em> » par Jean-Michel Aulas. Le président lyonnais aurait même « <em>fait une demande pour que l’arrêté ne soit pas appliqué</em> ». « <em>Il est dans la pure communication</em>, réagit Pierre Barthélemy, avocat connu pour défendre les intérêts des ultras.<em> S&rsquo;il avait eu des billes contre l&rsquo;arrêté, il aurait pris des avocats</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques jours plus tard, un arrêté ministériel interdit à son tour « <em>le déplacement individuel ou collectif de toute personne se prévalant de la qualité de supporter de l’ASSE ou se comportant comme tel</em> » depuis huit départements autour du Rhône et de la Loire, vers Lyon.  Des décisions liberticides, « <em>à la limite de la légalité</em> » selon Pierre Barthélemy. « <em>Mais elles sont impossible à faire tomber. Grosso modo, le juge ne peut annuler l&rsquo;arrêté que s&rsquo;il est trop manifestement illégal.</em> <em>S&rsquo;il est « un peu » illégal, il considère que c&rsquo;est le pouvoir discrétionnaire de l&rsquo;administration en matière de police administrative qui s&rsquo;applique. Le juge exerce un contrôle de proportionnalité entre l&rsquo;importance des risques de trouble à l&rsquo;ordre public et l&rsquo;importance des atteintes aux libertés individuelles. Et il donne toujours raison à l&rsquo;administration</em> ». Vu ?</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la route du stade pourtant, peu de contrôles. « <em>Dans les faits, on n&rsquo;empêche pas les mecs de se déplacer</em>, explique Pierre Barthélemy. <em>On limite les déplacements massifs en bus et on profite de cet arrêté pour filtrer ceux que l&rsquo;on connaît comme potentiels fauteurs de troubles. Mais si tu y vas avec un pote sans couleur et sans chanter, tu ne crains rien</em> ». Résultat, personne aux couleurs de Sainté autour et dans le stade. « <em>On a dû forcer un gamin à enlever son t-shirt vert. On exécute les ordres</em> », confie un stadier.</p>
<p><a href="/ol-asse-derby-meurtri/football-french-champ-l1-lyon-v-saint-etienne/" rel="attachment wp-att-19260"><img class="aligncenter size-full wp-image-19260" src="/wp-content/uploads/2014/03/Vert.jpg" alt="FOOTBALL - FRENCH CHAMP - L1 - LYON v SAINT ETIENNE" width="600" height="400" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Aseptiser le duel</h2>
<p style="text-align: justify;">À deux heures du coup d’envoi, une certaine tension est pourtant palpable autour du stade. Fumis, pétards, bombes agricoles… Même sans supps&rsquo; stéphanois, le derby est un match très particulier. On le comprend vite. Des matchs de cette saveur, ancrés dans l’Histoire d’une région (géographique, sociale et culturelle) qui dépassent le simple cadre du sport, il n’y en a pas d’autres au plus haut niveau footballistique français. Bordeaux-Nantes, Nice-Bastia, ou la rivalité OM-PSG montée de toute pièce… Incomparable. On l’a vu dimanche, les joueurs l’ont bien compris. Qu’ils soient formés au club ou non.</p>
<p style="text-align: justify;">De fait si les Bad Gones et le Virage Sud ont donné de la voix (et un superbe tifo), on sent bien qu’il manquait quelque chose. « <em>C&rsquo;est un derby sans saveur</em> », peste même Stéphane, supporter Lyonnais. Surtout, même s&rsquo;il a historiquement été émaillé d&rsquo;affrontements plus ou moins violents dans et hors du stade, il n&rsquo;a jamais tourné au drame. Si le principe de précaution mis en avant pour ce genre de rencontres « à risque » peut donc se défendre (les Stéphanois souffrent également médiatiquement de leur récent déplacement à Nice, alors qu’ils avaient mis des années à se construire une image positive), il tend à aseptiser la rivalité entre les deux clubs et à abattre les ultras, qui font partie intégrante du duel. Les centaines de Stéphanois au départ et au retour du bus (après 1h du mat’ tout de même) en témoignent.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, c&rsquo;est vers ce genre de stades et de rencontres que l&rsquo;on se dirige aujourd&rsquo;hui. Des stades où le sens du mot « spectateur » prendra tout son sens. Des stades sans âme. Des stades où il faudra savoir se faire discret.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu avant le coup de sifflet final, un homme se lève, comme des pans de tribunes de Gerland avant lui. Il s’accoude à une barrière. Il reste quelques secondes à jouer. L’arbitre siffle. Sourire aux lèvres, il s’en va. Discrètement.</p>
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		<title>Du haut du Betzenberg : regard sur l&#8217;Allemagne</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2014 16:35:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et voilà. Après deux taules en Ligue des Champions, la Bundesliga est repassée de « Championnat de hipster » à « Championnat de merde » dans la conscience collective. Du coup, on s’est rendu en Allemagne histoire de nous forger un jugement totalement objectif. Et pas n’importe où : à Kaiserslautern, club mythique aujourd’hui en...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Et voilà. Après deux taules en Ligue des Champions, la Bundesliga est repassée de « Championnat de hipster » à « Championnat de merde » dans la conscience collective. Du coup, on s’est rendu en Allemagne histoire de nous forger un jugement totalement objectif. Et pas n’importe où : à Kaiserslautern, club mythique aujourd’hui en 2.Bundesliga. La deuxième division ?! Ouais, mais tous les stades de France y prendraient déjà une belle leçon… <em>Auf geht’s</em> !<span id="more-19211"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/ultras2/" rel="attachment wp-att-19217"><img class="aligncenter size-full wp-image-19217" alt="Ultras2" src="/wp-content/uploads/2014/03/Ultras2.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Désolé, je me suis perdu sur la route et j’ai été bloqué par un accident</em> ». Étudiant bordelais exilé à Kaiserslautern, Florian, 22 ans, a trois quarts d’heure de retard devant la gare de Strasbourg. Mais tant pis, il est là. Et prêt à se taper le trajet inverse illico.<br />
Planqué dans la forêt du Land de Rhénanie-Palatinat, Kaiserslautern n’est pas franchement un haut-lieu touristique. Frédéric 1<sup>er</sup> (« Barberousse ») y a bien construit un château au XIIe siècle mais seules quelques ruines subsistent. Il reste alors au patrimoine de la ville un jardin japonais, un congrès franco-allemand d’espéranto tenu en 2010 et… le 1.FC Kaiserslautern. « <em>Tu vas vite te rendre compte qu’ici, à part le foot, t’as pas grand-chose à faire</em> », affirme Florian. En effet, en se promenant dans la ville, on découvre que la plus belle œuvre d’art (ou presque) est une série de statues de joueurs, pas loin du stade. Le « <em>Fritz-Walter-Stadion</em> » est quant à lui le véritable monument de la ville. Du haut de la montagne Betzenberg (également l’ancien nom du stade), il surplombe Kaiserslautern. Olivier Occean, attaquant canadien du 1.FCK confirme : « <em>Le stade, en haut de cette petite montagne, tout le monde le voit. C’est un symbole, car tout le monde aime le foot ici</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/entree/" rel="attachment wp-att-19219"><img class="aligncenter size-full wp-image-19219" alt="Entrée" src="/wp-content/uploads/2014/03/Entrée.jpg" width="720" height="425" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Un club historique</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Le samedi 8 février dernier, Kaiserslautern (alors 3<sup>e</sup>) accueille le Greuther Fürth (2<sup>e</sup>) pour un choc de 2.Bundesliga. En deuxième division, les 50.000 places ne trouvent pas toutes preneur mais ce sont bien 33.000 supporters qui ont fait le déplacement, et remplissent quasi-intégralement la <i>Westkurve</i>, tribune des ultras du 1.FCK. Pour accéder au « <em>Fritz-Walter-Stadion</em> », plusieurs bus gratuits et rapidement bondés sillonnent la ville et déversent leurs cargaisons à ses portes où des dizaines de shots de Jäger vides jonchent le sol. C’est tout un patelin (d’un peu plus de 100 000 habitants) et ses alentours qui se vident pour rejoindre ce stade moderne, rénové pour la Coupe du Monde 2006 (souvenez-vous du fameux Italie-Australie, c’était là).<br />
Car même s’il connait une période compliquée, le 1.FC Kaiserslautern est un club historique outre-Rhin. Quatre fois champion d’Allemagne (la dernière fois en 1998, un an seulement après être remonté de 2.Bundesliga), deux fois vainqueur de la <em>Pokal </em>(la Coupe d’Allemagne) et du championnat de la zone d’occupation française (véridique),  le club d’Olivier Occean a un palmarès à faire valoir : « <em>Kaiserslautern, c’est presque un village. Et pourtant le foot est une tradition ici. Il y a une Histoire</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">À l’image de Liverpool, du Celtic ou de Dortmund, la <i>Westkurve</i> entame son rituel pré-match par un « <em>You’ll Never Walk Alone</em> », avant d’enchaîner par l’hymne du 1.FCK (« <i>Olé Olé, Olé Ola, </i><i>der FCK ist wieder da! »</i>) et un « clap ». Rien que ça. Sur le terrain, le match est fermé et loin du 5-3 attendu. Du haut du bloc 10.4 de la <i>Westkurve</i>, difficile d’entendre les supporters de Fürth qui remplissent intégralement leur parcage de l’autre côté du stade. Les « Diables Rouges » chantent trop fort. Sauf un excentrique d’une soixantaine d’années qui hurle sur son équipe que <em>« c’est ouvert à droite »</em> et qu’il <em>« faut la mettre devant »</em>. Il sera entendu par Ruben Yttergard Jenssen (dont le frère Ulrik joue chez les jeunes à Lyon) à la 38e minute, qui ouvre le score d’une superbe frappe. Florian Dick doublera la mise peu après la mi-temps (l&rsquo;occasion de goûter à la fameuse <em>Currywurst mit Pommes </em>qui concurrence sévèrement la galette-saucisse) de la même manière (58e), provoquant une célébration à base de <em>« Dick, Dick, Dick ! »</em> (je vous laisse traduire) dans la <i>Westkurve</i>. Malgré un retour de Fürth en fin de match grâce à Mudrinski (78<sup>e</sup>) (et trois supporters qui pissent dans leur gobelet pour éviter d&rsquo;avoir à rejoindre les WC du rez-de-chaussée), Lautern&rsquo; s’impose  2-1 et se rapproche alors de son adversaire du jour.<br />
Et le deuxième rituel, post-match celui-là, peut débuter : mouchoirs blancs pour souhaite un &laquo;&nbsp;bon retour&nbsp;&raquo; aux joueurs de Fürth, une succession de « <em>SIEG »</em> bruyants, une communion avec les joueurs, un envahissement en règle des bars de la ville&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/currywurst/" rel="attachment wp-att-19218"><img class="aligncenter size-full wp-image-19218" alt="CURRYWURST" src="/wp-content/uploads/2014/03/CURRYWURST.jpg" width="720" height="540" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Le Bayern au goûter</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Entré en cours de match à la place de la légende Mohamadou Idrissou, Olivier Occean disputait là un match tout particulier. Il portait les couleurs du Greuther Fürth il y a tout juste deux saisons, et il avait aidé le club à atteindre la Bundesliga en terminant meilleur buteur de deuxième division : « <em>Mon expérience à Fürth était incroyable. J’ai beaucoup marqué lors de ma saison là-bas, et c’était la première fois que le club montait en Bundesliga</em> ». Aujourd’hui, c’est plus compliqué pour l’international canadien. Il n’est pas titulaire, et reconnait lui-même connaitre une mauvaise passe : « <em>En ce moment, ça ne se passe pas très bien. Mais je peux faire mieux, marquer plus. J’ai connu trois équipes en autant d’années, et j’ai besoin d’être stable pour réussir</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Après sa victoire face à Fürth, le 1.FCK a connu une mauvaise série qui l’a fait rentrer dans le rang. Mais il reste au contact de la troisième (qualificative pour un barrage) voire de la deuxième place dans un championnat ultra-serré où seulement cinq points séparent le troisième du huitième, juste avant un choc face au leader : Cologne. Mais un autre défi attend Kaiserslautern dans les semaines à venir : une demie de <i>Pokal</i> face au Bayern à l’Allianz Arena, après avoir éliminé Leverkusen à l’extérieur. « <em>Honnêtement on n’y pense pas. On se disait qu’on pouvait le faire contre Leverkusen, mais là si on y arrive c’est l’exploit de l’année</em> », sourit Olivier Occean.<br />
L’objectif reste cependant la remontée en Bundesliga, pour un club qui y remplira son stade tous les week-ends sans problème. « <em>L’ambiance en 2.Bundesliga est fantastique ici, mais j’aimerais voir ce que ça donne en première division. C’est là que ça se passe. Les gens vivent pour le foot, ils te poussent</em> » confirme Occean.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, quid de Youri Djorkaeff, qui a joué un peu plus de deux saisons sous les couleurs de Lautern&rsquo; ? « <em>Franchement, depuis que je suis là, on ne m’en a jamais parlé</em> » rigole l’international canadien. À croire qu&rsquo;il n&rsquo;a pas laissé les mêmes souvenirs des deux côtés du Rhin&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Merci au &laquo;&nbsp;Kardeşbar&nbsp;&raquo; pour l&rsquo;hébergement et tout le reste.</em></p>
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		<title>Brésil : Et au milieu roule un ballon</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Mar 2014 11:29:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe du Monde]]></category>
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		<description><![CDATA[Voilà. On est à 99 jours du début de la Coupe du Monde. Un mois de foot de 18h à 2h du mat&#8217; tous les jours. Mieux que Roland-Garros. Pour fêter ça, on a envoyé (enfin presque) un reporter à São Paulo pour mesurer la place du foot dans la...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/bresil-et-au-milieu-roule-un-ballon/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Voilà. On est à 99 jours du début de la Coupe du Monde. Un mois de foot de 18h à 2h du mat&rsquo; tous les jours. Mieux que Roland-Garros. Pour fêter ça, on a envoyé (enfin presque) un reporter à São Paulo pour mesurer la place du foot dans la plus grande ville du Brésil. On ne vous cache pas qu&rsquo;elle est assez conséquente.<span id="more-19060"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/bresil-et-au-milieu-roule-un-ballon/15jun2013-torcedor-mirim-aguarda-inicio-do-jogo-entre-brasil-e-japao-pela-abertura-da-copa-das-confederacoes-em-brasilia-1372714228771_1920x1080/" rel="attachment wp-att-19182"><img class="aligncenter size-full wp-image-19182" alt="15jun2013---torcedor-mirim-aguarda-inicio-do-jogo-entre-brasil-e-japao-pela-abertura-da-copa-das-confederacoes-em-brasilia-1372714228771_1920x1080" src="/wp-content/uploads/2014/03/15jun2013-torcedor-mirim-aguarda-inicio-do-jogo-entre-brasil-e-japao-pela-abertura-da-copa-das-confederacoes-em-brasilia-1372714228771_1920x1080.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Quelle est la première chose qui vous vient à l&rsquo;esprit si je vous dis Brésil ? A cette question, les plus raffinés d&rsquo;entre nous évoqueraient des filles qui baladeraient leur string sur une plage. D&rsquo;autres, les plus alcooliques (de ceux capables d&rsquo;associer n&rsquo;importe quel alcool à un pays ), parleraient de la Caïpirinha, ce cocktail à base de cachaça (du rhum brun), de citrons, de glaçons et de sucre. Les plus malins s&rsquo;imagineraient étendus sur une chaise longue en train de siroter à la paille une Caïpirinha tandis que se jouerait sous leurs yeux le délicat spectacle de jeunes filles en string occupées à jouer au football. Dans cette phrase, se trouve la réponse qui récolterait le plus de suffrages : le football.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Premiers pas</h2>
<p style="text-align: justify;">Oui, lorsque l&rsquo;on demande aux gens d&rsquo;associer quelque chose avec le Brésil, ils mentionnent dans une très large majorité des cas le ballon rond. Un sociologue ou un ethnologue remonterait jusqu&rsquo;aux origines, observerait les mutations démographiques et sociales, démêlerait les racines de l&rsquo;implantation du football dans cet Etat-continent de bientôt 200 millions d&rsquo;habitants. Il terminerait ses travaux en mettant finalement à jour un ensemble de raisons qui viendraient à expliquer comment en moins d&rsquo;un siècle le football est parvenu à s&rsquo;établir si profondément dans leur sang et leur quotidien. Et pourquoi il fait aujourd&rsquo;hui partie intégrante du paysage.</p>
<p style="text-align: justify;">Si j&rsquo;évoque tout cela avec vous, c&rsquo;est parce je reviens d&rsquo;un semestre d&rsquo;étude à São Paulo. Durant ces cinq mois passés dans la cité paulistana ou à vadrouiller, j&rsquo;ai pu être témoin de l&rsquo;ivresse, de l&rsquo;adoration et de la fièvre qui entourent le football dans ce vaste territoire. Un prosélytisme footballistique qui s&rsquo;est rapidement révélé être bien supérieur à ce dont je m&rsquo;attendais. Si Fedor Dostoïevski devait écrire son roman <em>Le Joueur</em> de nos jours, il ne situerait pas son action autour des roulettes d&rsquo;un casino et dans les cœurs d&rsquo;amoureux épris à la folie, il la localiserait au Brésil. Dans cette version, il évoquerait la relation de ce peuple avec le football : l&rsquo;incarnation la plus pure de la passion. Une passion tellement puissante qu&rsquo;elle va jusqu&rsquo;à prendre possession de l&rsquo;âme toute entière.</p>
<p style="text-align: justify;">A peine arrivé au pays du Roi Pelé que le <em>Gringo</em> (terme utilisé par les natifs pour définir toute personne non- brésilienne) devra prendre position, choisir quelle équipe il supporte. Il n&rsquo;y coupera pas. Cette interrogation, elle lui sera posée à d&rsquo;innombrables reprises, que ce soit à l&rsquo;université, au supermarché, dans les<em> lanchonetes</em> (snacks-bars de restauration rapide) et même au fin fond de l&rsquo;Amazonie. Bien sûr, la facilité prévaudrait à éluder le problème en choisissant d&rsquo;adapter sa réponse en fonction de la personne qui pose la question. Cependant, cette attitude tout en lâcheté étant indigne de lui, le fan de foot se mouillera et penchera pour une <em>time</em> unique qu&rsquo;il encouragera tout au long de son séjour dans l&rsquo;ancienne colonie portugaise. Néanmoins, pour être en capacité de répondre en toute sérénité à l&rsquo;interrogation &laquo;&nbsp;quelle est ton équipe ici ?&nbsp;&raquo;, il est nécessaire que l&rsquo;<em>aficionado</em> du rectangle vert ait entre les mains deux éléments clés.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&rsquo;abord, qu&rsquo;il soit au fait de quelles formations résident dans cette tentaculaire cité de presque 20 millions d&rsquo;habitants qu&rsquo;est São Paulo. Si vous êtes capables de les nommer du premier coup, bravo. Pour les autres, sachez qu&rsquo;elles sont au nombre de trois : Palmeiras, São Paulo FC et Corinthians. Un total auquel, si l&rsquo;on prend en compte les équipes basées à proximité, peuvent être ajoutées deux nouvelles formations : Santos (le port, pour une transposition de la rivalité anglaise qui oppose Manchester l&rsquo;industrielle à son accès maritime Liverpool) et Ponte Preta (où se situe l&rsquo;aéroport international de Campinas). Bien entendu, rien n&rsquo;interdit d&rsquo;orienter ses faveurs vers un onze évoluant dans une autre ville. Toutefois, qui souhaite pouvoir entrer dans le jeu du &laquo;&nbsp;chambrage&nbsp;&raquo; et prendre part à l&rsquo;atmosphère toute en tension et excitation des jours de match, préférera une écurie de la <em>cidade</em> dans laquelle il vit.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/bresil-et-au-milieu-roule-un-ballon/1961468_10203555574915436_816121900_n/" rel="attachment wp-att-19177"><img class="aligncenter size-full wp-image-19177" alt="1961468_10203555574915436_816121900_n" src="/wp-content/uploads/2014/03/1961468_10203555574915436_816121900_n.jpg" width="540" height="358" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Histoire(s) et identité(s)</h2>
<p style="text-align: justify;">A ce petit jeu, le São Paulo Futebol Clube s&rsquo;effondre. Le maillot sous lequel Kakà s&rsquo;est révélé au début des années 2000 est la liquette la moins populaire de la ville. Pire, l&rsquo;entité aux multiples sections sportives fondée en 1930 réussit l&rsquo;exploit d&rsquo;unifier les fans rivaux de Palmeiras et de Corinthians en une haine commune à son encontre. Des supporters qui reprochent aux <em>São Paulinos</em> leur arrogance et élitisme et qui vont jusqu&rsquo;à les affubler du sobriquet de “<em>bambi</em>“, un surnom popularisé par Vampeta (l&rsquo;ancien parisien et milieu des Corinthians et de la Seleção), insinuant que les <em>torcedors</em> du São Paulo FC seraient des gays. Ainsi, une fois ces données d&rsquo;analyse externe exposées, et à moins d&rsquo;avoir établi ses quartiers dans une zone riche, il n&rsquo;est pas vraiment conseillé de supporter l&rsquo;équipe où évolue encore aujourd&rsquo;hui le mythique dernier rempart Rogério Ceni, 40 ans et plus de 100 buts au compteur.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde possibilité se nomme Palmeiras. Pas besoin de posséder de dons de déduction pour comprendre que les <em>Verdão</em>, qui s&rsquo;appelaient Societa Palestra Italie jusqu&rsquo;en 1942 et l&rsquo;entrée en guerre du Brésil aux côtés des Alliés, est assurément la <em>squadra</em> des Italiens (31 millions de Brésiliens seraient des descendants d&rsquo;immigrés ritals dont une bonne partie réside à São Paulo). Lauréat de la Copa Libertadores en 1999 face aux Colombiens du Deportivo Cali, Palmeiras retrouvera l&rsquo;élite la saison prochaine grâce à son sacre en Serie B et inaugurera un stade flambant neuf (le Allianz Parque ou Arena Palestra Italia, d&rsquo;une capacité de 45 000 places). Pour conclure ce plaidoyer en la faveur de la formation au maillot vert, dernière formation <em>brasileira</em> a avoir eu la chance de voir son couloir droit arpenter par Cafu (l&rsquo;ancien capitaine de la sélection a d&rsquo;ailleurs été formé au SPFC), elle est celle qui avec Santos a glané le plus grand nombre de titres de champion national (8).</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;ultime choix s&rsquo;incarne dans le Sport Club Corinthians Paulistana, seconde <em>time</em> la plus populaire du pays derrière l&rsquo;une des équipes de Rio de Janeiro, le Flamengo. Le Timão, futur pensionnaire de la Arena Corinthians (48 000 places), qui a dû attendre 1990 pour décrocher le premier de ses cinq titres de champion du Brésil, possède la dimension mythique de l&rsquo;institution qui a marqué l&rsquo;Histoire. C&rsquo;était en 1981 et la « démocratie corinthienne » (un mouvement idéologique emmené par le regretté Socrates qui se concrétise par la mise en place d&rsquo;une gestion démocratique au sein du club), qui osera défier la dictature militaire au pouvoir depuis 1964 (et qui s&rsquo;achèvera en 1985). Le portrait robot du sympathisant de l&rsquo;ultime maillot de Ronaldo est celui d&rsquo;un mec ou d&rsquo;une femme humble et plutôt pauvre. Ces derniers s&rsquo;opposent aux supporters du SPFC (comme expliqué précédemment) ainsi qu&rsquo;à la communauté italienne (historiquement plus riche). L&rsquo;apogée des coéquipiers d&rsquo;Alexandre Pato est intervenue en décembre 2012, quand ils sont parvenus à terrasser Chelsea grâce une unique réalisation de l&rsquo;ancien attaquant d&rsquo;Hambourg, le péruvien Paolo Guerrero. Un titre de Champion du Monde des Clubs qui a apporté une immense fierté aux fans et un déferlement de joie et de bonheur comme le Brésil n&rsquo;en avait plus vu depuis la victoire de la Seleção en Coupe du Monde 2002.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/bresil-et-au-milieu-roule-un-ballon/1947842_10203555574795433_1679098842_n/" rel="attachment wp-att-19176"><img class="aligncenter size-full wp-image-19176" alt="1947842_10203555574795433_1679098842_n" src="/wp-content/uploads/2014/03/1947842_10203555574795433_1679098842_n.jpg" width="640" height="420" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Partout, le football</h2>
<p style="text-align: justify;">Se rendre dans un stade pour assister à une rencontre est une expérience d&rsquo;où nos tympans ne ressortent pas tout à fait indemnes et durant laquelle on apprend toutes les insultes et autres gros mots que comptent la langue portugaise. Pendant l&rsquo;intégralité du match, les supporters qui vous entourent vont passer leur temps à insulter les joueurs adverses qui selon eux commettent de multiples fautes et n&rsquo;arrêtent pas de se laisser tomber et un arbitre coupable d&rsquo;avoir le sifflet facile quand il s&rsquo;agit de signaler une faute contre. Vous pensez probablement que le supporter brésilien n&rsquo;est pas différent de ses semblables argentins ou italiens. Certes, mais tous les <em>torcedors</em> locaux sans exception se comportent de la sorte. Ainsi, même si l&rsquo;avènement des stades modernes et l&rsquo;inéluctable augmentation du prix des places à venir tendent vers son extinction, le stade brésilien est encore ce lieu où se retrouvent et se mélangent toutes les couches sociales (ce qui au Brésil, compte tenu de l&rsquo;immense fracture sociale n&rsquo;est pas rien).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour dire la place qu&rsquo;occupe ce sport au Brésil, c&rsquo;est à travers l&rsquo;organisation de la prochaine Copa do Mundo (et des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016) que s&rsquo;exprime l&rsquo;incompréhension. Les contestataires ne comprennent pas comment le gouvernement fédéral puisse investir de telles sommes dans des stades et des infrastructures quand bien d&rsquo;autres domaines auraient besoin de ces lourds investissements. En effet, quand bien même en 10 ans, 50 millions de Brésiliens seraient sortis de la pauvreté pour intégrer la classe moyenne, l&rsquo;accès à l&rsquo;éducation supérieure reste extrêmement difficile car toujours très coûteuse et le régime de santé exclut une grande partie de la population. Le football est également le miroir d&rsquo;une société violente où germent d&rsquo;énormes frustrations (les débordements et bagarres en tribunes sont fréquents, comme cette saison lors du derby de Curitiba entre le Atlético Paranense et le Curitiba FC ou à l&rsquo;occasion de la dernière journée lors de la rencontre Vasco de Gama &#8211; Atlético Paranense). Ainsi, si la plupart des Brésiliens attendent l&rsquo;événement de cet été avec beaucoup d&rsquo;impatience, ils se retrouvent quelque part dans ce que la psychologie nomme « double contrainte » : ici, quand la passion s&rsquo;oppose à la raison, créant une situation a priori insoluble.</p>
<p style="text-align: justify;">Au Brésil, le football est donc partout. Dans la rue où des gamins auront tracé leur aire de jeu à la craie, sur les plages où se multiplient les terrains, sur les écrans des <em>lanchonetes</em> où se succéderont matchs et émissions sur l&rsquo;actualité du ballon rond (même lors des journaux télévisés, le foot dispose d&rsquo;une part non négligeable), dans la bouche des gens constamment occupés à débattre et à analyser ou au cœur de la politique. Le cliché est donc loin d&rsquo;être éculé : le<em> futebol</em> comme on l&rsquo;appelle ici a encore de beaux jours devant lui. En même temps, pourquoi irait-il voir ailleurs ? Il est au Brésil chez lui et y est aimé comme nulle part ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quentin Chaya</strong></p>
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		<title>L&#8217;Île de Batz, football campagne</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2014 16:28:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;Île de Batz, un gros caillou de 320 hectares posé sur la Manche, en face de Roscoff. 500 âmes, et un terrain de football. Comme absolument partout en Bretagne. Mais ici, qu&#8217;on joue ou qu&#8217;on supporte, vivre sa passion relève quasiment de l&#8217;exploit. Reportage sur une terre qui nous prouve...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/lile-de-batz-football-campagne/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>L&rsquo;Île de Batz, un gros caillou de 320 hectares posé sur la Manche, en face de Roscoff. 500 âmes, et un terrain de football. Comme absolument partout en Bretagne. Mais ici, qu&rsquo;on joue ou qu&rsquo;on supporte, vivre sa passion relève quasiment de l&rsquo;exploit. Reportage sur une terre qui nous prouve à nouveau que le football est sans frontière.</strong></p>
<p><a href="/lile-de-batz-football-campagne/une/" rel="attachment wp-att-19045"><img class="aligncenter size-full wp-image-19045" alt="Une" src="/wp-content/uploads/2014/01/Une.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Lundi 23 décembre. <i>Dirk</i> en pleine face, rafales à 90km/h. La Bretagne. L’Île de Batz (prononcez &laquo;&nbsp;Ba&nbsp;&raquo;). Un morceau de terre de 3,2 km² au large de Roscoff : quelques centaines d’habitants, un bar, quinze crêperies, un « Huit à Huit », un jardin botanique… et un terrain de football. Tout bosselé, pas très bien entretenu, sans ligne, avec quatre cages (deux en longueur, deux en largeur) dont deux sans filet, mais le plus beau terrain du monde. Facile en plus. Situé à quelques dizaines de mètres seulement  de la mer, un péno trop enlevé et c’est un ticket gratos pour une baignade forcée. Même sans vent. Mais la vue est saisissante, et le bruit des vagues qui s’écrasent sur les galets en fond sonore vaut largement la « nouvelle » tribune Auteuil au Parc des Princes.</p>
<h2>Whisky pour les vainqueurs, Ricard pour les deuxièmes</h2>
<p style="text-align: justify;">L’été (techniquement le reste de l’année aussi, mais ne nous voilons pas la face), c’est aussi l’emplacement du seul camping de l’Île. On installe sa tente à l’arrache, là où il y a de l’herbe et si possible un peu moins de vent. Parfois trop près des cages. Parfois sur le terrain. « <i>C’est vrai qu’il est utilisé par les campeurs, mais ça nous permet d&rsquo;attirer plus de participants lors de nos tournois de foot </i>», nuance Emmanuel &laquo;&nbsp;Manu&nbsp;&raquo; Péanne, président de l&rsquo;association &laquo;&nbsp;Enez Vuhezeg&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;Île en vie&nbsp;&raquo; en Breton). Créée en 2003 par « <i>un groupe d&rsquo;amis désireux de promouvoir les loisirs et la culture sur l&rsquo;Île de Batz </i>», cette asso organise un ou deux tournois de sixte par été, en fonction de la météo et des autres activités. « <i>On essaye d&rsquo;éviter que deux manifestations se passent au même moment. On ne veut pas faire d&rsquo;ombre à d&rsquo;autres associations </i>», affirme Manu Péanne. Le terrain n’est pas top, mais tant pis. « <i>C’est vrai qu&rsquo;il est vétuste et envahi par les taupes, </i>poursuit le président de l’asso<i>. Mais il est très peu utilisé, donc l&rsquo;entretien est moindre. La commune le fait mais il y a des chantiers plus importants </i>».</p>
<p style="text-align: justify;">Les tournois se veulent conviviaux, l’inscription se fait sur place pour un maximum de deux euros par personne et sept joueurs par équipe. Classique donc, mais dans un cadre exceptionnel : « <i>Avec la beauté des paysages et la bonne ambiance qui règne sur le tournoi, on oublie le mauvais état du sol. Et cela rajoute une petite difficulté</i> », sourit &laquo;&nbsp;Manu&nbsp;&raquo;. « <i>Le nombre de participants est très variable d&rsquo;une année à l&rsquo;autre, </i>continue-t-il<i>. Il est impossible de prévoir la quantité d&rsquo;équipes qui seront présentes, à cause de la météo, du trajet, du bateau qui coûte 8,5 euros par personne non-insulaire &#8230; En moyenne je dirais qu&rsquo;il y a 6 équipes par an</i> ». Foot, bières, sandwichs à deux pas de la plage. Le cocktail parfait ? Il y a mieux si l’on en croit Émmanuel Péanne : « <i>Les récompenses pour les deux équipes finalistes sont simples : une bouteille de whisky pour les vainqueurs et une de Ricard pour les deuxièmes </i>». Plus une coupe et des bricoles. À la bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, l’asso galère un peu plus. Son président n’habite plus sur l’Île, et de nombreuses activités ont dû être mises en pause. Mais pas le tournoi. Un hommage aussi à Hoël Philippe-Diraison, l’un des fondateurs de l’association et grand supporter du PSG, décédé il y a peu. « <i>Cela prouve l&rsquo;importance de ce tournoi pour les iliens. Et surtout pour les gamins de 10-12 ans qui viennent </i>» conclut &laquo;&nbsp;Manu&nbsp;&raquo;. Pour la récompense ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/lile-de-batz-football-campagne/yo/" rel="attachment wp-att-19077"><img class="aligncenter size-full wp-image-19077" alt="Yo" src="/wp-content/uploads/2014/01/Yo.jpg" width="800" height="500" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Pas d&rsquo;bateau, pas d&rsquo;entrainement</h2>
<p style="text-align: justify;">Ces &laquo;&nbsp;fils de l’Île&nbsp;&raquo;, on les croise souvent sur le terrain. Le 26 décembre dernier, <i>Dirk</i> oublié, ils sont huit, plus un cheval, à occuper leur endroit favori des 3,2km². « <i>On vient dès qu’on peut</i>, affirment-ils d’une même voix.  <i>Quand on a du temps et que la météo le permet quoi </i>». Des huit, ils sont six à habiter sur l’Île. Il y a Nico, 17 ans le &laquo;&nbsp;grand frère&nbsp;&raquo;, Damien, 14 ans, et Léo, 10 ans, avec leurs maillots de l’Équipe de France sur le dos, Lucas, 9 ans et la tunique brestoise sur les épaules, Mathis, 12 ans, et &laquo;&nbsp;scouté&nbsp;&raquo; par ces mêmes Brestois selon les dires de sa grand-mère et Jules, 9 ans, qui m’abandonnera au passage les cages pour une mi-temps. Enfin, Martin, 16 ans, et son frère Antoine, 14 ans, présents sur l’île pour les vacances, et qui permettent de gonfler le nombre de joueurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Des six iliens, ils sont quatre à jouer pour un club du continent. Roscoff, ou Plougoulm. En internat à Morlaix, Nico, footeux depuis dix piges ne fait que les matchs. Pour ses coéquipiers, c’est encore un autre problème : Lucas, Leo et Mathis, qui habitent sur l’île, sont soumis aux horaires tardifs des entrainements, les mercredis (17h30-19h30) et vendredis (17h-19h). Et qui dit « horaire tardif » quand on habite à vingt minutes du continent, dit « pas de bateau » pour rentrer. L&rsquo;un des désavantages de la vie d’îlien (largement compensé cependant). Alors du côté de Lucas et Léo, on est obligé de sacrifier les entraînements. Seul lien avec leur club, les matchs les week-ends, qui permettent de choper un bateau en fin d’aprem’. Pour Mathis, c’est hors de question : « <em>C</em><i>’est sûr que c’est compliqué. C’est une vraie organisation. Mais je dors sur place, avec mon père, pour pouvoir jouer trois fois par semaine</i> ». Alors quand ils jouent ensemble, sur « leur » terrain, Nico prend les choses en main. Véritable éducateur en herbe, il prend ses responsabilités d’aîné, et dirige, conseille, ses cadets. « <i>C’est important </i>», sourit-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Quasiment tous supporters marseillais, ils suivent quand même les clubs de la région. Brest surtout. Lorient, Guingamp, aussi. « <em>Moi je supporte Roscoff</em> » se marre Jules, revenu sur le terrain pour « <i>faire l’arbitre</i> » à quelques minutes de la fin de l’opposition du jour. La suivante ne tardera pas. C’est certain.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/lile-de-batz-football-campagne/p1040209-2/" rel="attachment wp-att-19080"><img class="aligncenter size-full wp-image-19080" alt="P1040209" src="/wp-content/uploads/2014/01/P10402091.jpg" width="900" height="601" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">« On se retrouvait, et on faisait un foot »</h2>
<p style="text-align: justify;">Ces jeunes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne sont pas les premiers à squatter le terrain dès qu&rsquo;une occasion se présente. Dès les années 1960-70, les &laquo;&nbsp;Goélands&nbsp;&raquo; de l&rsquo;Île de Batz forment une équipe composée d’îliens. « <em>Pourtant,  il n&rsquo;y a jamais eu d&rsquo;équipe officielle, sur l&rsquo;Île</em> » affirme Pierrick Guivarc&rsquo;h (aucun lien), &laquo;&nbsp;ex-&laquo;&nbsp;Îlien expatrié aujourd&rsquo;hui à&#8230; Roscoff. Trop jeune pour faire partie des Goélands, il a cependant lui-même fait partie d&rsquo;une équipe sur l&rsquo;Île, dans les années 80-90 : « <em>On était plus un regroupement d&rsquo;îliens qu&rsquo;une véritable équipe en fait. Il n&rsquo;y a jamais eu de club ici, contrairement à Belle-Île-en-Mer ou sur l&rsquo;Île de Groix. Mais on avait acheté un jeu de maillots, pour faire les tournois ensemble dans la région</em> ». En tout, ils étaient plus d&rsquo;une dizaine à se retrouver sur le terrain, en général les dimanches. « <em>C&rsquo;était une époque où il y avait une population plus importante sur l&rsquo;Île</em>, souligne Pierrick Guivarc&rsquo;h. <em>Et ça n&rsquo;était pas encore l&rsquo;ère du &laquo;&nbsp;tout-télé&nbsp;&raquo;. C&rsquo;était quasiment  la seule activité à faire ici. On se retrouvait et on faisait un foot quoi</em> ». En effet, le football est alors, faute d&rsquo;infrastructures, le seul sport praticable sur l&rsquo;Île. Avec le VTT, le kayak, la voile et la nage en eaux libres, certes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pierrick Guivarc&rsquo;h a, lui aussi, connu la situation galère du licencié sur le continent : « <em>Pour la plupart on jouait à Roscoff.</em> <em>On avait la chance d&rsquo;être hébergés sur place pour les entraînements. Mais c&rsquo;était vraiment pas pratique. Ça en a freiné certains qui ont préféré arrêter ». </em>Pour les matchs en revanche, c&rsquo;était un peu plus facile. « <em>Mais c&rsquo;est parce qu&rsquo;il y avait aussi un effet de groupe. On était 6 ou 7 de l&rsquo;Île à jouer, donc forcément quand tu représentes une bonne partie de l&rsquo;équipe, on fait en sorte que tout le monde soit là. C&rsquo;est plus facile. Quand tu es tout seul, tu n&rsquo;es pas indispensable malheureusement. J&rsquo;admire Mathis aujourd&rsquo;hui parce qu&rsquo;il est seul justement. Il a la foi, c&rsquo;est bien</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/lile-de-batz-football-campagne/coco-michel/" rel="attachment wp-att-19085"><img class="aligncenter size-full wp-image-19085" alt="Coco Michel" src="/wp-content/uploads/2014/01/Coco-Michel.jpg" width="620" height="400" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">En avant, Guingamp</h2>
<p style="text-align: justify;">Mathis n&rsquo;est pas le seul à avoir la foi sur l&rsquo;Île. Bretagne oblige, ils sont nombreux à supporter Brest, Guingamp, Plabennec, Rennes, Lorient, Vannes, Concarneau ou les autres. Et comme pour les entraînements sur le continent, se déplacer pour aller voir son équipe relève de l&rsquo;exploit logistique. Pourtant, Marie, dit &laquo;&nbsp;Mamie Dirou&nbsp;&raquo;, 87 ans, a surmonté ces entraves-là pour aller au Roudourou tous les week-ends pendant plusieurs années. « <em>La première fois qu&rsquo;on s&rsquo;est abonnés, ma mère, mon mari et moi, c&rsquo;était à l&rsquo;époque de Coco Michel</em> », se rappelle Malou, sa fille. Pendant quelques saisons, elle fera le voyage de Morlaix à Roscoff, où &laquo;&nbsp;Mamie Dirou&nbsp;&raquo;, qui habite sur l&rsquo;Île de Batz, sera déposée par les vedettes qui assurent la traversée. Avant de faire route pour Guingamp. « <em>C&rsquo;était notre sortie du week-end</em>, poursuit Malou. <em>Ma mère adorait ça, elle nous attendait avec impatience</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui les déplacements sont plus compliqués, et cela fait deux ans que le trio ne s&rsquo;est pas rendu au stade. «<em> Mais on continue de regarder ce que ça donne à la télé, c&rsquo;est plus facile depuis qu&rsquo;ils sont revenus en Ligue 1</em> », affirme Malou. Du Roudourou, elle et sa mère se souviennent «<em> d&rsquo;une bonne ambiance », </em>« <em></em><em>du casse-croûte à la mi-temps</em> »<em></em><em>, </em>« <em></em><em></em><em>des amis qu&rsquo;on s&rsquo;était fait à force de retourner toujours à la même place</em> »&#8230; Mais surtout d&rsquo;un concours organisé par le Télégramme : «<em> On avait gagné une visite des vestiaires avec les joueurs et un maillot. Ils l&rsquo;avaient tous signé </em>». Et les joueurs qui les ont marquées ? « <em>Le duo Malouda/Drogba. Et Coco Michel, évidemment</em> ». Évidemment.</p>
<p style="text-align: justify;">S&rsquo;il parait évident que ni Coco Michel (quoique), ni Florent Malouda, ni Didier Drogba n&rsquo;évolueront un jour sur le carré vert de l&rsquo;Île de Batz, on ne peut que souhaiter que les Mathis, Nico, Pierrick, Manu et tous les autres continueront de le faire vivre encore de longues années. Car il a beau être bosselé, squatté par les chevaux et les campeurs ou avoir ses filets troués, il reste, et restera, le plus beau terrain du monde. Facile.</p>
<p><iframe style="visibility: visible;" src="http://www.loxiastudio.com/i-jGJ" height="450" width="700" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p><em>Un immense merci à tous ceux qui m&rsquo;ont aidé à réaliser ce reportage.</em></p>
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		<title>Robin, streamer &#171;&#160;conscient d&#8217;être dans l&#8217;illégalité&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Dec 2013 17:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[BeIn]]></category>
		<category><![CDATA[Canal+]]></category>
		<category><![CDATA[Streaming]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques mois seulement, Le Monde posait son regard sur les consommateurs du streaming de sport. Un angle dont on a sans doute fait trois fois le tour. Mais qu&#8217;en est-il de ceux qui nous offrent les matchs, les streamers ? On s&#8217;imagine des types diffusant  au péril...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/au-niveau-frequentation-ca-pouvait-monter-20000/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong style="text-align: start;">Il y a quelques mois seulement, <a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/24/le-streaming-nouvelle-drogue-dure-du-sport_3465851_3234.html" target="_blank">Le Monde</a> posait son regard sur les consommateurs du streaming de sport. Un angle dont on a sans doute fait trois fois le tour. Mais qu&rsquo;en est-il de ceux qui nous offrent les matchs, les streamers ? On s&rsquo;imagine des types diffusant  au péril de leur vie ce qu’on ne pourrait voir sans eux. Et bien ça n&rsquo;est pas tout à fait ça&#8230; Entretien avec Robin, streamer tout juste retraité.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/?attachment_id=18265" rel="attachment wp-att-18265"><img class="aligncenter size-full wp-image-18265" alt="Stream" src="/wp-content/uploads/2013/04/Stream-e1364911313442.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ? Quelle est ton activité sur internet, dans la vie de tous les jours ?..</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mon pseudo c’est « Robin ». J’ai 30 ans, et dans la vie de tous les jours je suis webmaster de sites amateurs depuis la fin des années 90. J’ai ouvert mon site de streaming (AntenneSport) et ai commencé à diffuser des matchs en 2010.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu étais &laquo;&nbsp;consommateur&nbsp;&raquo; de streaming avant de te mettre à diffuser ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. J’ai testé plusieurs sites, comme myp2p, avant 2010, mais je ne trouvais pas de réel confort en visionnant les matchs sur ceux-ci. Déjà c’était rare d’en trouver en Français, et la qualité générale était très médiocre. Du coup j’ai décidé d’investir, de m’abonner aux chaînes télé, et de proposer mon propre service de streaming.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du coup tu as été un des premiers à proposer les matchs en Français ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si j’ai été un précurseur en France, mais je ne trouvais jamais de flux en Français avant d&rsquo;ouvrir mon site. Il y avait de quoi faire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est-à-dire « il y avait de quoi faire » ? Prendre une place non-occupée ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, en quelque sorte. Je fais partie des internautes qui aiment être acteurs, plutôt que simple consommateurs. J’ai eu internet à une époque où le partage se faisait uniquement d’internaute à internaute alors dès que j’ai pu m’apercevoir que je pouvais être utile aux gens, ça a été l’occasion de faire plaisir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’était ça ta motivation ? Faire plaisir ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est la motivation principale oui. Beaucoup de personnes sont privées de sport. Leurs moyens financiers ne leurs permettent pas toujours de voir les matchs, les compétitions, sur les chaînes payantes. Alors permettre à ces gens de suivre le sport, c’est une satisfaction. Pourquoi priver les moins fortunés ? Tout a un coût, ok, mais ça dépasse le raisonnable…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu estimes qu’on paye beaucoup trop cher les chaînes privées qui diffusent le sport pour ce qu&rsquo;elles proposent ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr ! Même si j’ai beaucoup d’estime pour Canal + qui a été la chaîne du football, en nous proposant au fil des années de plus en plus de matchs. J’ai moi-même connu le multiplex seulement à la radio. Mais aujourd’hui les affiches de Ligue 1 du dimanche sont proposées à 35 euros par mois… C&rsquo;est trop. C’est toujours mieux de s’abonner, et je recommande à ceux qui le peuvent de le faire, mais pour les autres nous sommes une alternative.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Certains sites estiment que les produits culturels doivent être en libre-accès, et offrent musique, films en téléchargement gratuit. Quelqu’un comme toi a la même réflexion, mais pour le sport, quand il diffuse les matchs ?..</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je pense que la culture en générale, et le sport, doivent être plus accessibles à tous. Il existera toujours un modèle financier, et certains investissent beaucoup dans le cinéma ou le sport et ils doivent s’y retrouver. Mais il vaut mieux, à mon avis, baisser les prix des abonnements et ainsi avoir un plus grand nombre d’abonnés de toutes catégories sociales, plutôt que d’avoir des prix très élevés comme aujourd’hui, et exclure les moins aisés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Techniquement, comment on fait pour diffuser un match ? Nous on a juste à cliquer sur un lien…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a différentes techniques. La plus utilisée, c’est la « dreambox ». C’est un démodulateur pirate, une sorte de décodeur, qui permet de diffuser sans payer d’abonnement. Tu le relies à un ordinateur, et tu diffuses sur internet.  Ça n’est pas ma technique. Moi je paye mon abonnement à Free, et je redistribue le flux avec une carte HD.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Via des sites comme Veetle donc ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Il y en a des dizaines qui offrent une diffusion par flux. Veetle, JustinTV, Ustream sont les plus utilisés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et eux ne font pas la police ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ils sont tirés entre la légalité de leur service, et l’illégalité des streamers qui génèrent beaucoup de gains publicitaires car attirent beaucoup de monde. Mais Veetle, je suppose, est désormais très surveillé car ils censurent beaucoup.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Combien ça t’a coûté pour te lancer, et pour continuer à diffuser au fil du temps ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au départ j’ai acheté une carte HD aux USA, un PC capable de la faire tourner et un abonnement à Canal +. Ça fait près de 1500 euros de frais. Ensuite il fallait un serveur dédié, qui m’a coûté 100 euros par mois pour accueillir les connexions au site. Et à plusieurs reprises ils ont lâché…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A cause du nombre de visites ? Combien de visiteurs tu faisais en moyenne ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Je ne m’attendais pas à un tel succès du coup j’avais pris un serveur quelconque. J’ai dû évoluer au fur et à mesure que le site grandissait et j&rsquo;ai changé de serveur. Au niveau de la fréquentation, ça pouvait monter à 20000 visiteurs uniques environ le dimanche. Avec un record autour de 22500 de mémoire.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/au-niveau-frequentation-ca-pouvait-monter-20000/stream-2/" rel="attachment wp-att-18961"><img class="aligncenter size-full wp-image-18961" alt="stream" src="/wp-content/uploads/2013/12/stream.jpg" width="600" height="359" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment on se lance d’ailleurs quand on crée son site de streaming ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis fait passer pour un utilisateur lambda d’un site très populaire de torrents, et j’ai partagé une astuce pour regarder les matchs gratuitement. J’ai commencé comme ça. Ensuite ce sont les partages sur les forums, et les liens sur les sites de certains diffuseurs qui m’ont fait progresser. Le bouche à oreille quoi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment as-tu financé le site ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au départ de ma poche. Ensuite il fallait faire participer les internautes avec une petite somme mensuelle. J’ai donc opté pour le micro-paiement. Ça coûtait 1€68 les 30 jours, ce qui m’a permis de payer les abonnements, le serveur et le matériel. J’avais un peu de publicité au début mais plus rien ensuite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Combien de temps ça te prenait de distribuer les matchs ? Et combien tu en diffusais par semaine ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je diffusais énormément de matchs, une quinzaine par semaine en moyenne. Mais personnellement, mis à part les mises à jour du site, il me suffisait de mettre la chaîne qui diffusait le match, d’envoyer le flux, et je pouvais aller faire autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi avoir arrêté le direct tiens d’ailleurs ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Car je n’aime pas décevoir. Depuis que Veetle censure de façon systématique les streams comme les miens, je n’ai pas trouvé un prestataire capable de fonctionner aussi bien lors des matchs importants. Alors je préfère proposer du replay sur un nouveau site (robindesdroits.fr), plutôt que du direct qui fonctionne approximativement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu sais ce que tu risques ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. J’étais, et je suis encore, pleinement conscient d&rsquo;être dans l&rsquo;illégalité. Diffuser un contenu propriétaire est un délit… Mais j’ai eu un réel plaisir à offrir les matchs. Je ne regrette rien.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et tu n’as jamais été emmerdé ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non. Même pas un pauvre mail, alors que j’avais mis une adresse à disposition des visiteurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais tu diffusais depuis la France ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Et le site était hébergé en France lui aussi. Contrairement à ce que peuvent faire la plupart de mes confrères.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous étiez en contacts entre « concurrents » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous suivions en permanence, et nous avons toujours été en contact oui. On s’inspirait les uns les autres, comme dans tous les autres domaines. Mais dans notre petit monde, il y a des diffuseurs et leurs sites, et des sites qui proposent les liens des diffuseurs. Parfois ces derniers ne sont pas franchement contents de retrouver leurs diffusions sur d’autres sites. Certains deviennent populaires en reprenant celles des autres. Forcément ça ne plait pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu estimes à combien le nombre de streamers en France ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour moi il y a une dizaine de sites français qui proposent du contenu de qualité, avec le travail qui va avec. Mais j’englobe les annuaires et les sites qui proposent juste les matchs. En ce qui concerne les diffuseurs à proprement parler, ils sont six ou sept sur quatre sites valables. Ils vivent certainement en France, même si je n’ai aucune certitude à ce propos. Les serveurs qui hébergent leurs sites ne sont pas en France par contre. Pour éviter les pressions de Canal + et des autres.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Où s’arrête la légalité pour tous ceux qui profitent de vos services ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas du tout. C’est vraiment le trou noir juridique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu penses revenir au direct un jour ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non plus, je laisse ça aux autres désormais. C’est un plaisir pour moi de proposer les replays. Le direct c’est derrière moi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au bout du compte, tu y as gagné de l’argent ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, j’en ai même perdu. Mais je ne me plains pas, j’ai pris un certain plaisir et gagné en connaissances en matière de vidéo et de diffusion sur internet.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour terminer, je vais tenter la comparaison un peu foireuse, mais est-ce que tu estimais être une sorte de « média pirate » nouvelle génération ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non, pas vraiment. J’ai du mal à me considérer comme un pirate. Même s’il y a matière à comparer, c&rsquo;est vrai.</p>
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