
- « Alors comme ça, Maxi, on n’arrive pas à scorer ? »
Le hasard du calendrier mettait Andy Carroll sur le planning préféré des Magpies, alors pourquoi pas un match Chelsea-Liverpool une semaine après le départ du Kid ? Enfin, quoi qu’il en soit, les Scousers avaient prévu un déplacement massif à Stamford Bridge, histoire que Fernando ne soit pas trop déboussolé d’évoluer dans le stade le plus muet d’Albion. Et peut-être pour faire passer un poil plus gentiment la pilule bien amère de la première période. Parce que si Chelsea se présentait bien avec un très attendu duo Torres-Drogba, en face, Dalglish avait potassé une défense à 5 exceptionnelle qui incluait le prometteur Kenny, latéral droit. Deux dispositifs nouveaux, un 4-4-2 losange et un 5-4-1 avec deux ailiers… mais sans l’apport des recrues liverpuldiennes ! Carroll était dans les tribunes tandis que Suarez, sur le banc, a du se les cailler pendant deux bonnes heures.
Passées 30 minutes d’ennui, un essai non transformé par El Niño et un positionnement d’Anelka très inspiré par ses péripéties sud-africaines, arrive le chef d’oeuvre de Maxi Rodriguez. 33ème minute de jeu, l’Argentin voit un centre-tir très tendu de captain Gerrard arriver sur lui, et, à quelques mètres des cages de Cech, ouvre son pied pour placer le ballon directement sur la transversale. Le portier était aux abonnés absent sur cette action et a montré de nombreux signes d’agacement vis-à-vis de sa défense, en témoigne sa bouillante altercation avec Ivanovic juste avant la mi-temps. Il faut le dire, le Serbe a handicapé tout au long du match son portier, n’étant jamais au diapason avec lui. Et puisque nous sommes dans le rayon défauts de fabrication, que penser du rôle d’Anelka, en numéro 10 ? Ancelotti nous a fait dans le burlesque ce midi, se croyant plus dans une Comedia dell’arte que sur un banc d’entraîneur. Niko39 Anel-K a joué au fantôme, descendant le plus bas possible, marchant sur les pieds d’Obi Mikel, l’armoire à glace IKEA (normalement, l’opposition « armoire à glace » et « IKEA » doit faire rire). Torres, malgré les brises de la Tamise, est toujours aussi pâle mais – de manière étonnante - fut le seul avec Ivanovic à avoir un tout petit inquiété Pepe Reina durant les 45 premières minutes.
Du côté Reds, la formule à 5 défenseurs avec 2 latéraux offensifs (quoi que Kenny s’est vite essoufflé de retour des vestiaires) a plutôt bien fonctionné, drainant pourtant un milieu de terrain, mais les 3 piliers que sont Agger, Skrtel et Carragher ont une couverture encore perfectible. Au milieu, Maxi fait peine à voir, Meireles pique l’ancienne place de Steevie G qui recule d’un cran, se mettant sur la même ligne que Lucas Leiva. Le Brésilien, fraîchement appelé par Menezes, est l’auteur d’une très bonne copie, tantôt 6ème défenseur, tantôt complément de Gerrard, qui, malgré sa volonté, reste encore un peu émoussé. C’est d’ailleurs sans trop de surprise que le capitaine offre sur un plateau un centre décisif que Raul Meireles, l’homme en forme de Dalglish, concrétisera en une superbe reprise de volée.
On appréciera le centre piqué, la feinte de Dirk et tout le dépit qui se lit sur le visage de Torres, sur le banc à ce moment-là, remplacé par Salomon Kalou. Après ce but, il reste 20 minutes de jeu, et c’est là où le coach des Scousers fait la différence. Repli défensif total, fermeture du jeu, contre-attaque, la défense à 5 des visiteurs est presque imprenable. Johnson poussera même le vice jusqu’à bousculer volontairement l’ami Ivanovic (remercie Jean-Michel de ne plus commenter les matches, tu aurais passé un sale quart d’heure) dans sa surface de réparation. L’arbitre ne bronche pas, mais le penalty aurait été justifié. Roublard donc, ces Reds qui remportent leurs deux confrontations contre l’ennemi bleu, alors que l’équipe fait habituellement pâle figure à l’extérieur (8 défaites en 12 déplacements). L’ère Dalglish commence dès aujourd’hui. Par contre, celle de Torres sous le maillot bleu risque de prendre un peu de retard…
Avec désormais 10 points de retard sur le leader mancunien, l’actuel champion de Premier League peut faire une croix sur un deuxième championnat consécutif. Surtout en offrant un jeu aussi peu construit, avec un milieu de terrain très mal calibré. En plus de ça, il faudra compter sur un temps d’adaptation de Torres et Luiz, même si ce dernier paraît plus à même de s’imposer rapidement que l’Espagnol.




