L’équipe de football d’Egypte vient d’être éliminée par le Japon, au dénouement d’un parcours atypique et contrasté, comme l’atteste leurs résultats en groupe, une défaite suivie d’un match nul et une victoire.

Revenons sur un exploit historique pour les jeunes pharaons, dont la dernière participation de leurs aînées date de 1992 à Barcelone, où ils ont connu la désillusion face au futur champion, l’Espagne et le Qatar, avant de gagner un dernier match inutile face à la Colombie.

Avant le début même de la compétition, on savait pertinemment que les Brésiliens allaient survoler le groupe, au vue du nombre de joueurs talentueux présents dans cette équipe, du coup on allait assister un combat acharné entre les trois autres équipes (Egypte, Biélorussie et Nouvelle-Zélande) pour la dernière place qualificative.

D’ailleurs on peut voir dans un spot publicitaire mettant en scène l’équipe olympique pour les JO, la légende Mahmoud El Khatib mettre les jeunes joueurs en garde contre les périls du milieu et qu’il faudra continuer à se battre pour réaliser un bon tournoi.

Premier choc

Pour leur entrée en lice, les hommes de Hany Ramzy s’offrent un choc face à la Seleção au Millennium Stadium, où durant toute une mi-temps les potes de Neymar se seront amusés face à une défense égyptienne trop lente. En moins d’un quart d’heure, les Brésiliens ont trouvé la faille à trois reprises.

Néanmoins après avoir baissé le rythme, les Brésiliens ont été surpris par les deux hommes forts dans cette compétition côté égyptien : Mohamed Saleh et Mohamed Aboutreika qui ont réduit le score en seconde période pour offrir une sortie plus honorable à la sélection africaine.

Si les Égyptiens savaient qu’ils n’allaient pas gagner leur match face au Brésil, ils ne s’attendaient pas à une telle démonstration de force en première mi-temps de la part des Auriverdes, de plus la pression monte vu que dans l’autre match la Biélorussie a obtenu les trois points de la victoire face à la Nouvelle-Zélande. Ils affronteront ces derniers au prochain match.

La déception

Pour leur deuxième sortie, l’Egypte va défier l’équipe de la Nouvelle-Zélande avec l’objectif de ramener la victoire d’Old Trafford, afin de ne pas hypothéquer ses chances pour la qualification en huitièmes.

Les pharaons exercent une domination stérile face à une équipe faible techniquement, mais les joueurs Égyptiens font parler leur égoïsme sur plusieurs situations dangereuses, Saleh préfère le dribble à la passe et El Neny préfère la frappe dans un angle impossible que de centrer.

En face, Chris Wood ouvre le score à la 19ème sur la seule occasion de son équipe, suite à un corner totalement anodin. On commence à se dire que cette équipe a beaucoup de problèmes sur coups de pied arrêtés. Les Égyptiens poussent, ils savent qu’une défaite signifierait la fin de leur parcours, Mohamed Saleh est à la réception d’une magnifique transversale d’Aboutreika dans le dos de la défense, le joueur du FC Bâle égalise juste avant la mi-temps.

En seconde mi-temps, on assiste à une attaque-défense entre les deux équipes, les Égyptiens donnent tout ce qu’ils peuvent pour arracher la victoire mais ils pêchent toujours dans la finition, Aboutreika rate son face à face de même pour Fathi.

Au milieu de ce lot d’occasions ratées, Emad Moateb se distingue en manquant l’immanquable dans le temps additionnel, l’arbitre siffle la fin de la partie, les joueurs de Hany Ramzy savent qu’ils viennent de perdre deux points précieux face à l’équipe la plus faible du groupe, bref ce match nul a un arrière goût de défaite.

Tout ou rien

L’équation est simple pour ce match, l’Egypte se qualifie si et seulement si elle bat la biélorussie, tout autre résultat est synonyme d’élimination. De plus l’équipe doit composer avec une défense remaniée suite à la suspension de Mahmoud Alaa Eldin qui a écopé de deux cartons jaunes.

Les Biélorusses ne prennent pas de risque et jouent avec deux blocs de quatre, et attendent que les coéquipiers de Aboutreika se ruent à l’attaque pour les prendre en contre-attaque, le match est ennuyeux les Egyptiens font circuler lentement le ballon ce qui permet aux Biélorusses de venir se replacer rapidement et préserver le match nul.

Face à la tactique défensive des biélorusses et leur difficulté à entrer dans la surface, les pharaons multiplient les frappes lointaines sans succès. La seule véritable occasion est du côté Égyptien, Aboutreika sert idéalement Saleh qui résiste au retour du défenseur mais rate complètement sa reprise, l’arbitre siffle la fin de la mi-temps, les deux équipes se quittent sur un nul vierge.

Le match reprend à Hampden Park, le peu d’Égyptiens présents dans les gradins chantent « Masr Masr Masr », les pharaons jouent leur va-tout sur ces 45 minutes, ils ne peuvent pas sortir du premier tour, ce serait une énorme déception pour leur football, en difficulté.

Saleh prend ses responsabilités enfin à la réception d’une longue transversale, il dégage le défenseur biélorusse à l’épaule et place un petit plat du pied pour tromper Aleksandr Gutor.

Les coéquipiers de Stanislav Dragun sortent enfin de leur moitié de terrain et commencent à tenir le ballon après ce premier but encaissé, Kondrtyev Georgy fait même quelques changements offensifs, ce qui libère quelques espaces et on assiste à un match plus ouvert maintenant.

Marwan Mohsen meilleur buteur de l’équipe à la CAN u-23, entré un peu plus tôt en jeu, a mis le but du 2-0, en fin de match la défense biélorusse explose et laissent des boulevards derrière. Le maestro Aboutreika met le but du 3-0 sur un service du jeune Omar Gaber, tandis que Voronkov à la réception d’un corner réduira le score de la tête(encore).

L’Egypte se qualifie derrière l’ultra-favori brésilien, avec un six buts marqués et cinq encaissés (dont trois de la tête).
Les buteurs sont :

1. Mohamed Saleh (3)
2. Aboutreika (2)
3. Marwan Mohsen (1)

Clap de fin

L’Egypte rencontre un adversaire solide et pour cause les Japonais n’ont encaissé aucun but durant les phases de poule, et se sont contentés de deux petits pions pour couronner leurs deux victoires face à l’Espagne et le Maroc.

Face à la rigueur japonaise, les Egyptiens ont du mal et multiplient les approximations comme en début de rencontre Eslam Ramadan qui tente un crochet alors qu’il est en défense, il se fait intercepter et Kensuke Nagai s’en va crucifier El Shenawy, auteur d’une sortie peu académique. Les nippons laissent le ballon et se content de défendre en zone, Emad Moateb est seul au milieu des défenseurs asiatiques, Saleh est marqué de près par Tokunaga et Aboutreika a très peu de solution pour aller de l’avant.

Les Égyptiens obtiendront quelques corners et vont avoir quelques phases de jeu intéressante mais n’arriveront jamais à inquiéter le portier Japonais qui aura passé une première mi-temps plutôt tranquille.

En fin de période, Eslam Ramadan se distingue encore par une nouvelle connerie en donnant le ballon bêtement aux Japonais, qui leur permet de mener un contre supersonique, Saad Saaleldin en position de dernier défenseur est obligé de commettre une faute pour empêcher le second but et se prend un carton rouge.

L’Egypte rentre aux vestiaires à 10 et menée au score face à une équipe très rugueuse tactiquement et qui ne laisse que très peu d’espace à ses adversaires.

En seconde période les fautes se multiplient, les Japonais se content d’attendre des Égyptiens impuissants se créer une véritable occasion, Emad Moateb qui aura traversé la compétition comme un véritable fantôme est obligé de descendre très bas pour décrocher et créer du mouvement, mais il finit toujours pas se heurter à des Japonais injouables. El Neny tente une frappe lointaine qui oblige Shuichi Gonda à se détendre mais elle est captée, quelques minutes plus tard, les Japonais obtiennent une faute inexistante suite à un tacle propre de Mahmoud Alaa Eldin et le capitaine Maya Yoshida place une tête pour le but du 2-0.

On savait la défense Égyptienne fébrile, ajoutez à celle-là la sortie de Hegazy sur blessure après les trois changements effectués, les Egyptiens vivent un véritable cauchemar au théâtre des rêves et jouent désormais à 9.

En fin de match, tant qu’à faire la défense Égyptienne encaisse un énième but de la tête de Otsu qui profite du marquage lâche de Eslam Ramadan pour tromper El Shenawy.

Les Égyptiens sortent de la pire des manières et dans des conditions très difficiles, dommage après un parcours plus enthousiaste et payent le prix fort des erreurs de sa défense pas toujours impériale.

On retiendra tout de même des satisfactions côté pharaon, comme le jeune Bâlois Mohamed Mohsen, El Nenny, Hossam Hassan et Mahmoud Alaa Eldin qui peuvent prétendre à une place en équipe première dans le futur, espérons juste que le championnat égyptien reprenne son cours.

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