Le Real renoue enfin avec le succès contre l'équipe Blaugrana.

Barcelone vs Real Madrid, le choc des titans. Ces matchs sont toujours spectaculaires, et les deux derniers ne font pas exception à la règle. Sauf que ce dernier est nettement plus important. Finalement, le Real renoue avec le succès contre le Barça après sept matchs sans victoire contre le rival honni, pour rappeler un peu que le football n’est pas une science exacte. Jeu chatoyant contre jeu attentiste et rusé, détails tactiques d’un grand match.

Les compositions :


Pepe étant extrêmement important au milieu, Mourinho n’avait pas d’autre choix que de mettre Ramos à la place d’Albiol, suspendu. Arbeloa s’est vu titulaire à droite, et a rendu une copie correcte, mais il faut avouer qu’il n’a pas eu trop de boulot sur son côté.
Marcelo et Di Maria par contre ont eu beaucoup de boulot, contrant Pedro, Alves et Messi constamment et efficacement.
Ozil n’a pas fait un bon match, il n’a pas retrouvé son jeu habituel à droite, et malgré le fait qu’il n’a pas trop défendu, en tout cas pas autant qu’Angel, Némo n’a pas pu illuminer le jeu comme à son habitude. Quant à Ronaldo, il a totalement perdu ses repères en position de première pointe, et l’absence de pressing sur Busquets quand il évoluait à cette position (sûrement dû aux consignes de Mourinho d’ailleurs) n’a pas fait l’affaire non plus.
Khedira et Xabi Alonso ont fait le travail de pressing avec Pepe, au milieu.
Le bloc était très compact et assez axial, les offensives barcelonaises étaient axées sur l’aile droite, donc gauche des Madrilènes. Ça a eu le mérite de ne pas déserrer l’étau de l’axe du terrain, et donc mieux presser Xavi et Iniesta, et laisser Marcelo et Di Maria s’occuper de Messi et Alves sur leur aile.
En gros, une compo sans changements extraordinaires, l’entrée d’Adebayor / Benzema était le seul choix un peu difficile pour Mourinho, ce dernier a préféré Adebayor et il a eu raison, on va savoir pourquoi juste après.

Quant aux Barcelonais, Guardiola a jugé judicieux de laisser Busquets en 6 et de ne pas le brider en défenseur central, préférant mettre Mascherano à ce poste. Busquets fait office de courroie entre le milieu et la défense, ses relances simples et très propres font la beauté du jeu barcelonais.
Piqué a pris la place de Puyol dans la position de défenseur central axial en phase offensive barcelonaise. Adriano, à cause de consignes tactiques et sûrement physiques, n’est jamais monté sur son aile, laissant Daniel Alves être le seul latéral offensif barcelonais à proposer de la largeur extrême.
Xavi était peu en vue, les espaces étaient fermés et la défense très compacte, sans oublier le pressing gagnant et haut du Real Madrid. Les passes longues de Xavi n’avaient donc logiquement pas lieu d’être : Messi n’a pas les espaces habituels pour faire sa course décisive. Iniesta, par contre, a bien respecté son rôle de dynamiteur, combinant avec Villa surtout en deuxième mi-temps, quand le Real s’était fatigué (Consignes de Mourinho derrière aussi? Peut-être…).
Messi a fait comme Iniesta, provoquant et essayant de déstabiliser le bloc défensif madrilène. Pedro s’est occupé de prendre l’aile et de combiner avec Messi mais il était moins naturellement en vue que ses autres coéquipiers, comme au match de Samedi. Villa a repiqué de la gauche vers l’axe en proposant des combinaisons à une touche de balle en remises vers Messi et Iniesta qui montèrent en provocation tout au long du match.
Bref, tactiques et compositions normales et sans grandes surprises.

Les détails tactiques :

En première mi-temps, le Real était entreprenant. Prenant confiance depuis le Clasico de Samedi dernier, et surtout grâce au don de motivation de Mourinho, les Madrilènes étaient très hargneux, pressant à deux voire à trois sur chaque porteur de ballon barcelonais. Di Maria a avalé les kilomètres. Pourquoi Xabi derrière Pepe et Khedira ? Parce que ces deux derniers ont plus de capacité à presser et casser le jeu HAUT sur le terrain, le problème justement est de ne jamais traîner dans sa propre surface, car Madrid s’exposerait à un grand danger face au pressing de Busquets & Co. Xabi s’est occupé de presser avec ses deux coéquipiers mais un peu plus en retrait.
Pepe et Khedira sont parfois monté lors des contre-attaques pour apporter un certain surnombre.
Ronaldo a paru sans idées et perdu en position de 9, et malgré quelques percées, a paru crispé, trop crispé.
Ozil n’a pas pris le jeu à son compte, Nemo a peut-être besoin de plus de temps pour réfléchir et surtout de plus d’espace, peut-être que ce style de jeu ne lui convient pas. Mesut a besoin de courir et de s’exprimer tactiquement et jouer entre les lignes, mais la grande rigueur tactique et la grande maîtrise de ses envies de gambader sont de rigueur. Ozil a donc paru transparent.
Di Maria a avalé les kilomètres face à un avaleur de kilomètres expérimenté. Di Maria vs Dani Alves, qui marquait l’autre ? Cela nécessiterait des études poussées…
Bref. Plus sérieusement, Di Maria avec Marcelo ont su totalement bloquer les montées de Dani Alves et les courses décisives de Messi. N’hésitant pas à casser le jeu par des fautes vicieuses, le milieu madrilène a réussi son pari.
Comme dans toute tactique se reposant sur les contres et le jeu direct soudain, les centres sont de rigueur. Et c’est un point important.
Revenons à l’action de Pepe à la 43′ : Enchaînement entre Ozil et CR en une-deux (but de Ronaldo 60 minutes après, dis-tu ?) puis centre et tête, bam. Le jeu madrilène avait besoin de centreurs, et surtout de réceptionneurs. Les premiers coulent à flot au Real, les réceptionneurs sont plus rares. Ce qui explique que malgré le match sans de Ronaldo, et le peu de bagage technique d’Adebayor (hormis quelques éclairs des fois…), ces deux joueurs ont participé à la rencontre. La non entrée de Benzema est donc purement tactique et décisionnelle, car malgré la technicité de Karim, le Français est certainement moins enclin à réceptionner un centre qu’Emmanuel ou Cristiano.

Donc, en première mi-temps, les Madrilènes ont joué avec la hargne et le pressing haut, et ça a marché. Ils ont réussi à rendre obsolète le jeu de Xavi et cette fois, ils ont réussi à avoir le ballon, ce qu’ils n’ont pas pu forcément faire Samedi dernier (dû principalement à un problème psychologique, incontestablement). Ils ont joué sur les enchaînements entre deux attaquants et les centres, ou bien sur les passes longues dans la course de Cristiano Ronaldo.

En deuxième mi-temps par contre (peut-être que Mourinho a senti que le match était très loin d’être fini et que le Real devrait être plus avare dans la dépense d’énergie), le Barça était remotivé grâce à Guardiola, et le Real a paru plus fatigué et plus réservé dans l’effort (le poids du Clasico de Samedi a dû peser physiquement aussi). Les Blaugrana ont pu développer leur jeu habituel de combinaisons rapides dans les petits espaces et Casillas a dû sortir le grand jeu. Pepe, Xabi et Khedira ont tout de suite paru moins capables de casser les combinaisons, à cause du jaune de Pepe aussi, qui est venu assez tôt. Il a sûrement eu peur du syndrome Raul Albiol et s’est de suite vu obligé de tacler moins, et de moins s’engager.
Ensuite vinrent les prolongations : cette fois le Barça était aussi fatigué. Et les réserves d’énergie du Real se sont définitivement vidées cette fois ci, le jeu était redevenu plus indécis.
…Ensuite, Ronaldo marque ! C’est l’extase générale dans le camp merengue. Le but est d’autant plus beau quand il est tout à fait prévu, fait et refait à l’entraînement : j’avais dit que les centres étaient très importants, et cette action menant au but n’a pas fait exception à la règle. Après le but, les espaces se sont encore plus ouverts et Ronaldo, Adebayor et Di Maria ont eu plus de chances, mais la bonne action de Cristiano s’est finie par un tir contré plutôt que par une passe en or vers Angel…
Le deuxième jaune final de Di Maria n’est qu’anecdotique, et ne fait office que de suite logique d’un match plein de hargne, d’engagement, de combativité et de courage.

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