C’est une question qui me rôde dans les neurones depuis un certain temps. Depuis 7-8 ans que je suis le football, je n’ai jamais réellement eu de réponse. Les rétrospectives d’épopées européennes ne m’aident guère. Pire, ces fragments du passé distillés de manière anachronique tendraient à invalider mon hypothèse tant aucun reportage ne permet de palper la réelle identité du club.
Je ne pense pas avoir de réponse définitive. Et peut-être y en a-t-il pas, tout est question de distance vis-à-vis de Marseille, physique ou virtuelle. A chaque club, j’associe une pensée, une image, une couleur. Quelque chose, quoi qu’il en soit. Je ne pense pas être le seul à faire cet étonnant travail mental, où chaque entité évolue au fil du temps. Pourtant, l’Olympique de Marseille est sans arrêt déterminé par une image fixe : un vide. Un trou. Un vestige d’une gloire ancienne que l’on s’efforcerait de maintenir en vie, bien qu’aucun signe de vie ne soit à signaler. Peut-être que ça vous paraît étrange, mais rien ne me fait vibrer au Vélodrome, stade moribond, ouvert aux vents et aux grandes gueules. Le Vél’ m’a toujours refroidi, je ne lui trouve aucun charme comme une vieille bâtisse appartenant au patrimoine de l’UNESCO.
Supporter l’OM est devenu une étape du chemin de croix footballistique. La tendance est très puissante ici, en province. Être derrière Marseille, porter son maillot, aller voir un de ses matchs pas très loin de chez soi. Cette mécanisation supportériale n’a rien de chaleureuse. Aimer les Olympiens n’est pas un choix, c’est une option par défaut. Une icône devant laquelle on se prosterne sans véritable raison. Le jeu proposé par le 11 phocéen m’a toujours déçu. 4-4-2, 4-3-3 et 4-2-3-1, dans un ordre chronologique. Leur banc est trop souvent maigre, me laisse sur ma faim. Rien ne m’a convaincu. Malgré ça, il arrive que je m’émerveille devant certains de leurs matchs.
Le dernier en date est évidemment le fameux Dortmund-Marseille. Un match mal maîtrisé où la lumière surgit du pied droit de Valbuena, sur le banc, comme pour me faire mentir. Dans la continuité, le match contre Lorient, avec une victoire dans le temps additionnel. Marseille s’est (re ?)trouvé en l’espace de 20 minutes. Singulier dans un club sans arrêt en proie aux rumeurs, au bord d’une plaque tectonique et prêt à subir secousses sismiques et montées de magma n’importe quand dans l’année. Je n’ai jamais réussi à décrypter la communication phocéenne, ses convictions et ses retours en arrière. Quid d’André-Pierre Gignac, prié de parquer sa roulotte ailleurs, et pourtant réintégré au groupe par Labrune. Quid de Cheyrou, toujours considéré comme un élément clé de la transition dans l’axe, mais pas tout le temps titulaire.
Chaque onze aligné en Champion’s League me paraît faible, creux et guère efficace. Cette impression ne se confirme pas forcément dans le résultat final. Je vois plutôt Marseille comme une équipe de coupe plutôt que de ligue, capable de gros coups inopinés plutôt que d’une régularité permanente. A titre d’exemple, l’OM accéda à la finale de la défunte coupe de l’UEFA pendant la saison 2003-2004 mais ne termina qu’à la 7ème place du championnat, à 3 points d’une place européenne.
L’Olympique de Marseille a une âme. Souvent léthargique, capable de surgir lorsque le Mistral lui souffle dans le sens du poil, trop souvent torturée par des conflits internes. Même si j’ai du mal à y croire. Peut-être que la magie de Noël gommera mon scepticisme dès la reprise de la deuxième partie du championnat.







