Des mythes. Certaines de leurs péripéties sont devenues cultes. David Astorga snobé par Maradona, Jézabel Lemonier et ses lacunes en anglais, Daniel Lauclair dans tout ce qu’il fait. Pourtant, l’homme (ou la femme) de terrain s’est rendu indispensable aux chaînes de télévisions. Incontournable aujourd’hui, il apporte de multiples informations au téléspectateur.
Un rôle capital
L’homme de terrain est une valeur ajoutée indéniable au football télévisé. Plus proche du terrain que ses compères en cabine, il voit des choses imperceptibles pour les hommes perchés, comme la hauteur de la pelouse, l’intelligence de jeu de Siaka Tiéné ou encore Mathieu Valbuena. Étant souvent pertinent, il est attentivement écouté par ses collègues qui n’hésitent pas à le féliciter à la moindre remarque. Gratifiant, son métier le met en lumière au point d’être parfois repéré par des pointures du journalisme sportif, par exemple CFoot.
Admiré par le grand public, l’homme de terrain est redevable envers ses fans. Il leur apporte à chaque match des informations non négligeables, de l’état du terrain à l’état du terrain en passant par l’état du terrain. Exceptionnellement, il s’autorise un dépassement de fonctions et renseigne sur la météo, et en cas d’évènement extraordinaire, sur l’ambiance. Seulement si le commentateur en chef manque d’inspiration et ne brille pas par sa science du football.
Référence dans son milieu, l’homme de terrain a évidemment un rituel. L’intervention de la cinquième minute. Une fois l’introduction faite par les hommes en cabine, il salue son monde et fournit des renseignements sur l’environnement. Règle d’or du métier : les conditions sont « idéales ». Ni excellentes, ni bonnes, ni parfaites. Idéales. Rassurer l’audience, la mettre en confiance, le rôle de l’homme de terrain confine presque au paternalisme.
Un charisme surhumain
Pour certains blagueurs (Paganelli), d’autres paumés (Lauclair), l’homme de terrain prend toute sa dimension lorsqu’il sème ses interventions telles des miracles. Moins elles sont nombreuses, plus émaneront d’elles une sorte d’aura divine, compréhensible pour nous autres mortels mais non imitable. C’est le modèle TF1/M6. Deux interventions par mi-temps suffisent. L’homme de terrain prêche, et des millions de fidèles sont accrochés à ses paroles.
Victime du monopole de la parole détenu par le duo commentateur-consultant, notre icône dispose de quelques minutes après la fin du match pour interroger des acteurs de la partie. Une sorte de confession pour des joueurs et entraîneurs aussi fascinés que nous par l’homme de terrain. Des déclarations pleines de sincérité et totalement exemptes de langue de bois ressortent fréquemment de la confession.
L’homme de terrain connait une promotion (en est-ce vraiment une ?) lors des compétitions internationales. Il prend le poste de second commentateur et commente ainsi les plus grands matches. Rapidement, son éloquence renvoie ses collègues dans l’ombre. Jalousé par ses anciens supérieurs (administrativement seulement), il subit une cabale et doit trouver une autre église où crécher. Où il illuminera le même sport ou un autre : son talent est tel qu’on ne verra pas de différence.





