Le football suisse pleure, oui il pleure la presque disparition du Servette FC. Le club phare de la ville de Genève vient d’annoncer son dépôt de bilan suite à une dette toujours pas réglée envers son équipementier. Une somme de 240 000 euros que le propriétaire iranien Majid Pishyar n’est pas parvenu à réunir, obligeant même le gèle des salaires pour ses employés. En tout, la dette du club genevois atteindrait près de 1.65 millions d’euros répartis sur une quinzaine de créanciers. Malgré la situation, un espoir subsiste car le club est en quête d’investisseurs pour renflouer ses caisses.
« Des pourparlers avancés se poursuivent avec des tiers partenaires et/ou investisseurs mais c’est un triste jour pour Genève. Je reste cependant persuadé qu’une issue heureuse sera trouvée afin que le Servette continue d’unir tout Genève dans sa légende. »
Actuellement quatrième de son championnat, le Servette FC a remporté dix-sept titres nationaux, trois Coupe de la Ligue et sept Coupe de Suisse, dont une en 2001 qui reste le dernier trophée acquis par les Grenats. Des joueurs tels que Sonny Anderson, Alexander Frei, Viorel Moldovan, Oliver Neuville ou encore Rachid Mekhloufi, à une époque plus ancienne, sont passés par le SFC. Sans oublier le défenseur de Fulham et ex-Gunner, Philippe Senderos, formé au club.
Mais voilà, malgré un passé glorieux, le spectre de la faillite est bien palpable… comme en 2005 sous la présidence du véreux Marc Roger. Il est bon de rappeler que Majid Pishyar n’en est pas à son premier échec. En 2004, il se présente comme sponsor du Rapid de Vienne mais ne parvenant pas à devenir propriétaire, il s’en va sans avoir sorti le moindre centime. Quelques mois plus tard, il devient président de l’Admira Wacker, club de D1 autrichienne, où cette fois, il efface la dette des anciens propriétaires. Hélas, l’équipe est reléguée en seconde division. Les joueurs ne sont plus payés et l’homme d’affaires iranien ne pointe plus son nez. Son refus de fournir des garanties bancaires conduit le club tout droit en division inférieure (D3). Avec une dette de 3 millions d’euros, le club est placé en liquidation judiciaire mais est finalement sauvé par Richard Trenkwalder, un entrepreneur autrichien.
Par la suite, Majid Pishyar deviendra actionnaire principal du Servette de Genève puis se tournera vers le Portugal et le club de Beira Mar. L’idée de cet homme est d’instaurer une sorte de partenariat entre le club portugais et le Servette dans le but de se renforcer mutuellement (surtout renforcer Servette !) via l’échange de joueurs, par exemple. Une sorte de centre de recherche, un peu tordu mais pas forcément stupide. Le problème c’est qu’aujourd’hui les deux clubs ne sont pas très en forme. Le club helvète est donc en liquidation et les Portugais pointent à une inquiétante 13e place, à deux points de la lanterne rouge, et doivent rembourser une dette de 2 millions d’euros étalée sur 48 mois grâce à notre mécène iranien.
Toujours du côté d’Aveiro, Beira Mar vient de signer un partenariat intéressant avec le club saoudien d’Al-Ahli. Le club portugais doit aider à la formation des joueurs et techniciens arabes et en retour, Al-Ahli offre une priorité sur ses meilleurs joueurs. Mais là encore, des magouilles sont suspectées. Un bon compagnon de cellule pour Bulat Chagaev, c’est certain. Bref, partout où passe Majid Pishyar, le football trépasse.





Kita et Hilali ont trouvé leur maître…