Si toi aussi tu trouves qu'il a une tête de con, tape 26.41 sur ton clavier.
Bulat Chagaev. Ce nom ne vous dit peut-être rien mais pourtant cet homme d’affaire a joué un rôle prépondérant dans l’actualité footballistique ces derniers mois. Rappelez-vous de ce match à Grozny organisé en mai dernier en l’honneur du président tchétchène, Ramzan Kadyrov, où de nombreuses stars du ballon rond avaient été invitées. Et bien, c’est justement cet homme qui s’est occupé de rameuter le gratin du football mondial en terres soviétiques en l’échange d’une poignée de pétrodollars et quelques montres de luxe… n’est-ce pas Boghos’ ?! Comme vous l’aurez peut-être compris, Chagaev est un grand ami de monsieur le Président, un président qui trempe d’ailleurs dans des affaires bien louches, mais passons, là n’est pas le sujet de cet article… quoique ce « détail » pourrait expliquer moultes choses qui seront évoquées dans les paragraphes à venir.
En parallèle, le milliardaire décrit comme un « hooligan à la fortune mystérieuse » par l’UDC (parti politique suisse) jette son dévolu sur Neuchâtel Xamax, soldé à un million d’euros par Sylvio Bernasconi. Dès l’apparition des premières rumeurs concernant le rachat du club suisse par un illustre inconnu venant de l’est, les dents grincent. Et à juste titre puisque le bougre n’a même pas pris le soin de montrer sa bouille lors de l’officialisation devant la presse… bah non (Tristane) ça tombait le même jour que son fameux match de gala, trop bête. Du coup c’est le nouveau président du conseil d’administration du club, Andreï Rudakov qui s’est chargé de mettre du beurre dans les épinards des supporters.
Mais les premières craintes vont rapidement s’avérer justifiées. En effet, après une lourde défaite (1-4) lors de son premier match aux commandes, face au FC Thoune, Chagaev éjecte Didier Ollé-Nicolle du poste d’entraineur. Son remplaçant Bernard Challandes, lui, ne reste en place que pour les trois derniers matchs de la saison. La cause ? Il eu le malheur (ou le bonheur peut-être ?) de perdre la finale de la Coupe de Suisse face au FC Sion. Énervé, Chagaev réserve le même sort aux membres du directoire (Paolo Urfer, Alexandre Rey, Philippe Salvi et Cédric Pellet).
Débarrassé de ceux qui étaient selon lui responsables d’un « désordre administratif considérable », le nouvel homme fort de Xamax peut enfin se mettre à bâtir l’équipe qu’il souhaite. Avec un budget à hauteur de 25 millions d’euros, Chagaev se donne les moyens de satisfaire ses ambitions. Malgré ses innombrables frasques et critiques au sujet de son prédécesseur, la sérénité semble de retour au club. La principale raison de ce regain de confiance est probablement dû à un recrutement plutôt prometteur. Aux joueurs d’expérience venus de la Liga tels que Kalu Uche ou encore David Navarro s’ajoutent de jeunes espoirs comme Haris Seferovic et Edgar Benítez. Du côté du staff technique, le Tchétchène enrôle trois anciens monégasques bien connus en France. Tout d’abord Sonny Anderson comme directeur sportif puis François Ciccolini comme entraineur, et finalement Jean-Luc Ettori en entraineur des gardiens. Neuchâtel Xamax a alors tout en mains pour réaliser de grandes choses dans le championnat de Suisse !
C’était sans compter sur l’impatience de Sa Majesté. Mécontent des résultats de son équipe, il tire un grand coup de kalachnikov dans le tas, après seulement deux journées de championnat. Fraichement arrivés, les trois petits cochons cités auparavant, sont remerciés. Non monsieur, Rome ne s’est pas construite en un jour et ce n’est certainement pas en virant ces gens-là que les travaux iront plus vite, soit.
Dès lors, panique à bord. L’homme d’affaire est sèchement critiqué et les craintes refont surface. Trop c’est trop, et les supporters le font savoir.

A cette véritable foire s’ajoutent de nombreuses questions au sujet de la solvabilité du bonhomme. En effet, il n’aurait pas dépensé le moindre centime depuis son arrivée aux commandes des rouge et noir sur les 25 millions d’euros évoqués lors de son arrivée. Pire, les indemnités de licenciement aux employés du club qu’il a renvoyé restent impayées. Quant à l’argent utilisé pour le recrutement, il semble venir uniquement des droits TV et de la vente des abonnements. Même s’il n’est actionnaire majoritaire qu’à 51%, les autres n’ont pas leur mot à dire, génial l’ambiance.
Mais le plus grave reste à venir, si si je te jure. Non sans évoquer le fait que le président Rudakov se soit récemment fait jeter du club, Chagaev a cette fois-ci dépassé les bornes, je t’explique. Après le licenciement de Ciccoloni, Joaquin Caparros, l’entraineur de l’Athletic Bilbao est nommé pour lui succéder. Malgré un succès prometteur face au FC Zürich, l’exigeant patron n’est toujours pas satisfait et décide de maintenir la pression sur son équipe. C’est ainsi que samedi passé après le nul face au Lausanne Sports, Bulat Chagaev et ses gardes du corps, armés, auraient fait irruption dans les vestiaires et menacés physiquement l’entraineur espagnol et plusieurs joueurs. La presse suisse pense déjà que les heures du respecté Caparros sont comptées et qu’il ne devrait pas tarder à donner sa démission. Pour l’heure, Neuchâtel Xamax pointe à l’avant dernière place du classement, et il est peu probable que la politique de la peur menée par le Tchétchène résolve les choses.
Et si le Tchétchène était finalement ni plus ni moins qu’un Jack Kachkar alike ayant réussi à passer entre les mailles du filet ? L’ancien propriétaire n’a-t-il rien vu venir ou souhaitait-il juste récupérer son argent au plus vite ? En tout cas le clown Chagaev est en train de faire une bien mauvaise farce aux supporters neuchâtelois qui espéraient renouer avec leurs glorieux succès des années 80.






