On pourrait les appeler les maçons du cœur, non pas parce qu’ils évoluent tous dans le championnat portugais, mais bien parce qu’ils ont cette capacité de transformer chaque ballon qu’ils touchent en un chef d’œuvre footballistique. Os oitos fantásticos, huit joueurs qui, par leur génie, font de la Liga Sagres un véritable eldorado pour les recruteurs des plus grandes écuries européennes.
Pour débuter, prenons les cas de deux joueurs que nous connaissons bien en Ligue 1 et qui font partie de la génération précédente des cracks de la Liga Sagres, Lucho González et Lisandro López, ex-joueurs du FC Porto évoluant depuis maintenant deux saisons dans le championnat de France. Après avoir fait leurs classes en Primera División, ils rejoignent tous les deux les Dragons en 2005. Pour s’attacher les services de Lucho, Pinto da Costa dû débourser pas moins de dix millions d’euros pour voir la star du club mythique de River Plate les rejoindre sur les bords du Douro. En ce qui concerne Lisandro, deux millions et demi d’euros ont suffit aux portistas pour l’arracher au Racing Club, club de banlieue de Buenos Aires. L’Amérique du Sud, principal fournisseur pour les clubs portugais, semble disposer d’un vivier de talents sans fond, pour le plus grand bonheur des amateurs de ballon rond. Coup de projecteur sur la nouvelle génération des cracks de la Liga Sagres, façonneur officiel de stars en devenir.
Les valeurs sûres
Fábio Coentrão – SL Benfica (23 ans)
Après avoir fait ses premiers pas en tant que professionnel en Liga de Honra (D2) avec Rio Ave, il rejoint à l’âge de 19 ans le Benfica Lisbonne. Peu utilisé par José Antonio Camacho, alors entraineur du club lisboète, Coentrão est finalement prêté au Nacional Madeira seulement six mois après son arrivée afin d’y parfaire son apprentissage. Nouvelle saison, nouvel entraineur à Benfica, en la personne de Quique Flores, et nouveau prêt pour le jeune espoir du football lusitanien, qui se voit contraint à faire un bout de chemin du coté du Real Saragosse. Un bout de chemin qui aurait pu lui coûter sa carrière puisque lors de son séjour sur les bords de l’Ebre il multiplie les frasques et les apparitions médiatiques, pour le plus grand plaisir de la presse espagnole. Ses écarts de conduite lui vaudront un retour aux sources, puisque Saragosse, peu enclins à garder Fábio Coentrão demanderont à Benfica de bien vouloir le reprendre sous leurs ailes… mais les Aigles, pas convaincus par le rendement de leur joueur, décident finalement de le prêter une nouvelle fois… à Rio Ave, là où tout a commencé. C’est d’ailleurs là-bas que Fábio va finalement se révéler, avec la confiance du coach il fait une demi-saison sensationnelle, aucun doute, on pourra compter sur lui du coté de Lisbonne.
De retour sur les rives du Tage, sa carrière prend une toute autre tournure. Sous le commandement de Jorge Jésus, il s’impose en tant que titulaire et chacune de ses sorties est ponctuée d’une bonne prestation. Anciennement ailier gauche, c’est au poste de latéral gauche que Coentrão finira par surprendre tout son monde. Il remporte même le championnat, lui qui, avec Di Maria, forme l’un des cotés gauches les plus efficaces d’Europe. A l’heure actuelle, Fábio Coentrão est dans le viseur d’une ribambelle de très grands clubs européens, dont le Real Madrid qui selon certaines sources, aurait déjà conclu un accord avec le joueur. Le transfert est d’ores et déjà évalué à trente millions d’euros.
Givanildo Vieira de Souza, alias « Hulk » – FC Porto (25 ans)
Hulk chez les Dragons… avec un nom pareil ça ne peut faire que des ravages. Et c’est bien ce que fait l’ex-pensionnaire de Tokyo Verdi. Propriété du club japonais de Kawasaki Frontale, Hulk est repéré par les Portuans lors de la saison 2007-2008 alors que le Brésilien est en prêt au Tokyo Verdi où il inscrit la bagatelle de 37 buts. Egalement suivi par le Paris Saint-Germain, c’est finalement les Portugais qui parviennent à enrôler le technicien brésilien au surnom si particulier que compréhensible au vu de sa masse musculaire et de sa ressemblance avec Lou Ferrigno. Débarquant à Porto avec l’étiquette de « l’inconnu de la Japan Soccer League », les supporters se demandent légitimement ce qui est passé par la tête de leur président, lui qui n’a pas bronché à l’idée de dépenser cinq millions et demi d’euros. Profitant de la blessure de Tarik Sektioui, il ne lui a pas fallu trop de temps pour entrer dans le cœur des socios, puisque dès son premier match face à Belenenses il inscrit son premier but. Depuis lors, sa montée en puissance est constante et il se voit récompensé d’une place dans les dix plus grands espoirs du football, décernée par l’UEFA. Alors que son talent d’attaquant fût réduit à silence durant plus de quatre mois après une suspension, suite à quelques incartades dans le tunnel lors d’un FC Porto-Benfica, Hulk revient plus fort que jamais. Les spécialistes osent même déclarer que si Hulk n’avait pas été suspendu, Benfica n’aurait peut-être pas été sacré champion du Portugal. Mais la saison de la consécration est bien celle que nous vivons actuellement, puisqu’il totalise vingt buts en Liga Sagres et que son club est toujours en course en Europa League. Hulk, un tout grand qu’il ne fallait pas sous-estimer.
Radamel « Falcão » García – FC Porto (25 ans)
Arraché à l’age de quinze ans aux Millonarios Bogotá par River Plate, le Colombien se fait les pieds dans les équipes de jeune du club de Buenos Aires en parallèle avec ses études de journalisme. A l’âge de dix-neuf ans il signe son premier contrat pro, faisant quelques apparitions en équipe première. Hélas pour l’avant-centre, une blessure ligamentaire au niveau du genou vient freiner sa progression. Une blessure qui l’handicape durant un peu plus d’un an. Son retour à la compétition est très difficile. Il lui faudra quelques mois pour retrouver ses marques et ses instincts de buteur. Le déclic a finalement lieu en Copa Sudamerica face à Botafogo où il inscrit un hat-trick. Falcão, bien décidé à faire taire ceux qui avaient douté de lui continue sur sa lancée, ce qui lui ouvre les portes de la sélection colombienne. « El Tigre » finit par séduire l’Europe, mais surtout le Portugal, où il est à deux doigts de signer avec Benfica, avant que le FC Porto coiffe les Lisboètes au poteau en alignant cinq millions et demi d’euros pour l’avant-centre. Dès ses premiers matchs, Falcão démontre tout son talent, marquant but sur but. Son efficacité devant le but perdure encore aujourd’hui et ne s’est jamais arrêtée durant les deux saisons passée sous les couleurs du FC Porto. En effet, le Colombien en est à 56 buts en seulement 71 matchs. La Premier League lui fait déjà les yeux doux.
Les espoirs
Nicolás Gaitán – SL Benfica (23 ans)
Révélé à Boca Juniors entre 2008 et 2010, Gaitán fait parti de l’effectif lisboète depuis seulement l’été 2010. Portant fièrement le maillot au numéro 20, numéro sous lequel Simão Sabrosa et Angel Di Maria ont explosé aux yeux de l’Europe, « El Zurdo » impressionne déjà ses pairs. L’Argentin, capable d’évoluer aussi bien sur l’aile que dans un rôle d’attaquant de soutien est déjà l’un des éléments clé du collectif de Jorge Jésus.
Rúben Micael – FC Porto (25 ans)
Véritable métronome du jeu des portistas, Rúben Micael s’est révélé au cours de la saison 2008-2009 au Nacional Madeira, étant notamment un élément moteur de la qualification et de la réussite de son équipe en Europa League. En effet, il inscrit la grande majorité des buts du Nacional, éliminant même le Zenit St-Petersbourg à la dernière minute du match. Au terme de la saison 2009-2010, Rúben est transféré au FC Porto pour la somme de trois millions d’euros. Très vite devenu titulaire indiscutable d’abord sous les ordres de Jesualdo Ferreira, puis d’André Villas Boas, une blessure au pied le rend indisponible pour le mondial sud-africain, alors qu’il était pressenti pour faire partie de la liste des 23 de Carlos Queiroz.
Sidnei – SL Benfica (21 ans)
Déjà impressionnant chez les jeunes, Sidnei se voit offrir un contrat pro dès l’âge de dix-sept ans. Pur produit du centre de formation du SC Internacional, il ne faudra qu’une seule saison au Brésilien pour attirer le regard des grandes écuries européennes. Il remporte notamment la Recopa Sudamericana dans son premier club. Le rugueux défenseur central traverse donc l’Atlantique en 2008 afin de rejoindre Benfica pour seulement quatre millions d’euros. Malheureusement pour lui, la concurrence en défense centrale est rude. Luisão et surtout David Luiz étant préférés par le coach des Aigles, Sidnei doit se contenter des miettes durant une bonne saison et demi. Grâce au départ de David Luiz du coté de Chelsea, Sidnei a maintenant la lourde tâche de remplacer l’idole du Stade de la Luz… et il a les épaules pour.
Matías Fernández – Sporting CP (25 ans)
Le joueur chilien, né à Buenos Aires fait d’abord ses marques à Colo-Colo dans les équipes de jeunes, avant de finalement rejoindre l’équipe première, malgré quelques problèmes de dos. En 2006 il atteint la finale de la Copa Sudamericana, formant avec Humberto Suazo une attaque redoutable. Ses bonnes performances en club lui permettent de découvrir la sélection chilienne et de finalement quitter l’Amérique du Sud. En effet, en 2007, Villarreal enrôle le milieu offensif dans le but de remplacer Robert Pires, blessé. La coquette somme de neuf millions d’euros est déboursée par le club espagnol pour s’attacher les services de celui qui sera finalement un bide. Lors du mercato estival 2009, Matías Fernández est transféré au Sporting Lisbonne pour la moitié de ce qu’a dépensé Villarreal. Sous la camisole des Lions, Matías s’épanouit et est sélectionné pour la Coupe du Monde 2010. Il est, avec Vukcevic, l’animateur principal du jeu du Sporting. Bourré de talent, il devra cependant être plus régulier dans ses performances s’il souhaite viser plus haut.
Franco Jara – SL Benfica (23 ans)
Formé au Arsenal de Sarandí, Jara effectue cette année sa première saison en Europe, mais déjà, il gratifie les supporters d’excellentes performances dans le rôle de fer-de-lance du jeu benfiquista. Chacune de ses titularisations est satisfaisante pour un joueur découvrant le championnat portugais. En janvier 2010, il est appelé pour la première fois en sélection argentine pour affronter le Costa Rica en match amical. Jara marque le but de la victoire et voit son équipe s’imposer 3-2. Joueur à suivre sérieusement.
Conclusion
Véritable plaque tournante du football mondial, la Liga Sagres est une étape clé pour de nombreux joueurs sud-américains, ainsi que portugais, bien entendu. Chaque année de nouveaux talents y sont découverts et « La Madjer » souhaitait vous faire partager les noms de ceux qui semblent bien partis pour être les dignes successeurs des nombreuses stars passées par le Portugal… tout comme le célèbre Rabah Madjer, qui a connu les plus belles années de sa carrière au FC Porto de 1986 à 1988, gagnant notamment la Coupe des Clubs Champions et glanant le Ballon d’or africain.
Qui sait, peut-être que dans 30 ans, un site internet se fera appelé La Hulk ou La Coentrão ?





Le technique ne fait pas tout dans le football. Mais je ne contrarierai pas l’Algérien du site à ce sujet
Faudra d’abord qu’ils soient aussi techniques que Rabah Madjer.
Merci cousin
Simpa ce petit article. Jvais te faire de la pub aupres de mes potes