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	<title>La Madjer &#187; Grenoble</title>
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	<description>Décalé sur l&#039;aile et décisif dans l&#039;axe</description>
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		<title>Nassim Akrour, l&#8217;éternel</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jan 2015 14:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[À quelques jours maintenant du retour de Grenoble au premier plan, face à l’OM en Coupe de France, beaucoup de choses ont changé depuis la dernière confrontation entre les deux clubs. Mai 2010 : pour sa dernière apparition en Ligue 1 jusqu’à aujourd’hui, Grenoble s’incline 2-0 au Vélodrome (des buts de...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/nassim-akrour-leternel/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>À quelques jours maintenant du retour de Grenoble au premier plan, face à l’OM en Coupe de France, beaucoup de choses ont changé depuis la dernière confrontation entre les deux clubs. Mai 2010 : pour sa dernière apparition en Ligue 1 jusqu’à aujourd’hui, Grenoble s’incline 2-0 au Vélodrome (des buts de Niang et Ben Arfa). Une nouvelle défaite (25 en tout cette saison-là), alors que de l’autre côté du terrain l’OM fête un titre qui lui échappait depuis près de 20 ans. Depuis, une saison de Ligue 2 catastrophique, une relégation directe en CFA2 signée « DNCG » et une galère hebdomadaire pour retrouver les sommets. Mais si une chose n’a pas changé, c’est bien Nassim Akrour. Auteur de 13 buts en deux saisons en Ligue 1, celui qui a fêté ses 40 ans en juillet dernier est revenu (après trois saisons passées à Istres) l’an dernier filer un coup de main à son club de toujours. Entretien.</strong><span id="more-19735"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/nassim-akrour-leternel/akrour/" rel="attachment wp-att-19737"><img class="aligncenter size-full wp-image-19737" src="/wp-content/uploads/2015/01/Akrour.jpg" alt="Akrour" width="899" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous êtes en tête de votre poule de CFA avec le GF, et sur le plan personnel, tu es en grande réussite avec neuf buts marqués.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est bien pour le club de nous voir en tête. L’important, c’est d’être premier. Après, marquer ces buts, c’est toujours flatteur&#8230; C’est toujours positif au niveau du mental. Mais je préfère ne pas marquer et que le club monte. J’aimerais vraiment retrouver ce que j’ai vécu avec Grenoble, pour que les jeunes qui jouent avec moi aujourd’hui connaissent le haut niveau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On dit souvent que la CFA est un championnat dur et rugueux. On le voit quand les équipes viennent jouer au Stade des Alpes…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Personnellement je ne le vois pas comme un championnat difficile, car j’ai connu le haut niveau. Par contre, ce qui est compliqué, c’est de jouer avec des joueurs qui n’ont pas connu ce haut niveau. C’est par le jeu qu’on remporte les matchs. On joue avec les qualités que l’on a. Dans notre groupe de CFA, certaines équipes ont l’envie de jouer, d’autres non. Parfois, quand le ballon ne fait que passer au-dessus de ta tête, c’est pas facile.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu es revenu l’an dernier, mais tu as vécu une saison plutôt compliquée&#8230; Comment l’expliques-tu ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai pas eu de grosse préparation. Je l’ai faite seul dans mon coin, au mois d’août. Je n’ai pas pu faire de matchs amicaux, du coup j’ai eu pas mal de petits pépins dans la saison.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu fascines beaucoup de gens par ta longévité. Tu as conscience que tes performances peuvent avoir un écho national ? Et quel est ton « secret » pour être encore à ce niveau à 40 ans ? Tu te fixes une limite d’âge ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>(Rires)</em> Je ne sais pas trop si mes performances ont un impact national, je ne me focalise pas là-dessus. Pour ce qui est de la longévité, il n’y a pas de secret. Ça se joue au niveau de l’hygiène de vie, du professionnalisme et de l’envie. Après, je n’ai pas fait de centre de formation, je ne suis pas blasé. Quand arrêter ? C’est le corps qui est dirigeant, pour l’instant je me sens bien. Mon objectif est de faire tout mon possible pour que le club et les jeunes réussissent à remonter. J’ai beaucoup de bons souvenirs ici (montée en Ligue 1, buts somptueux contre Rennes, le PSG), et ça ne bougera pas. C’est pour ça que je suis revenu à Grenoble. J’y suis bien, il y a un beau projet. J’y ai passé beaucoup de temps. Quand ça va bien, pourquoi partir ?</p>
<p><iframe src="//www.youtube.com/embed/zR6Doigo_08" width="420" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec le recul des années, quelle est ta vision du monde du football aujourd’hui ? Il a beaucoup évolué ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, il a beaucoup changé depuis que j’ai commencé, ce n’est plus la même mentalité. Mais je ne critique personne, il y a beaucoup de jeunes à l’écoute, qui ont envie d’apprendre. D’autres non. Au GF38, on est un groupe avec beaucoup de cadres. Il faut toujours être derrière les jeunes, mais parfois on n’a pas le temps…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Parlons de l’équipe d’Algérie. Tu as été l’un des premiers bi-nationaux à aller avec les Fennecs. Quel est ton sentiment là-dessus ? Et quel est ton regard sur la sélection maintenant ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai passé de très bons moments avec des joueurs comme Djamel Belmadi, Omar Belbey, Maamar Mamouni ou Abdelhafid Tasfaout. Il fallait construire quelque chose avec les locaux. Ça a marché, car les jeunes Franco-algériens aujourd’hui y vont. Ça a ouvert les portes aux autres. Derrière, la fédération et les dirigeants ont contacté les jeunes. J’espère que ça va évoluer encore, aujourd’hui on voit que les dirigeants étrangers se succèdent à la chaîne à la tête de l’équipe. Christian Gourcuff a un travail très important. Être entraîneur et sélectionneur, ce n’est pas la même chose. Le jeu a beaucoup progressé ces dernières années. Il apporte son expertise tactique.</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est bien que l&rsquo;Algérie soit très attendue&nbsp;&raquo;</span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au niveau de la CAN, les Fennecs ont hérité d’un groupe assez relevé…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tous les groupes de la CAN sont relevés. Les meilleurs d’Afrique sont là. C’est bien que l’Algérie soit très attendue. Mais une CAN et une Coupe du Monde, ça n’a rien à voir. Au niveau du contexte, des stades, des arbitres… Ils ont changé de lieu au dernier moment, les stades ne sont pas prévus pour ça. J’espère que tout va bien se passer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu as été en sélection sous les ordres de Rabah Madjer. C’était une bonne expérience ? Tu te vois dans le staff comme Yazid Mansouri ?<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai connu ma première sélection avec lui. Je le regardais à la télévision quand il jouait au Racing Club de France, à Colombes. Ce n’était pas un échec, ils ne l’ont pas laissé travailler. Les dirigeants prennent leurs décisions, c’est les aléas du football. Mais pour moi il a fait du bon travail. Pour ce qui est de faire partie du staff, ils ne m’ont pas contacté. C’est très bien pour lui, ça marche. Moi, peu importe…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Revenons sur ta carrière en club. Tu as eu un début atypique, en partant dans les divisions inférieures anglaises. Comment ça se fait ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça s’est fait un peu sur un coup de tête. Je jouais à Colombes, en DH, puis à Noisy-le-Sec en National. Je n’avais pas beaucoup de temps de jeu, et j’avais fini mes études et l’armée. Du coup je suis parti en Angleterre. Ça m’a appris l’agressivité, un autre jeu. On apprend de tout, partout. Je suis revenu en France parce que ça me manquait. J’ai fait un essai à Istres, et c’était concluant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu as tout vécu ici à Grenoble. La montée, la descente, le dépôt de bilan…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’était dur pour beaucoup d’employés au club qui ont perdu leur emploi, mais aussi pour certains joueurs qui n’ont pas retrouvé de club et qui ont dû arrêter. C’est dommage aussi pour les jeunes, le centre de formation a dû fermer et ils sont partis un peu partout, avec la réussite qu’on connaît. L’objectif est de passer ce pont vers le National. Il faut reconstruire le club, et un centre de formation si jamais on retrouve un statut professionnel. En tout cas, je l’espère.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Propos recueillis par <a href="https://twitter.com/mdebeaux">Martial Debeaux</a>, avec <a href="https://twitter.com/Paul_Dejala">Paul Arrivé</a>.</em></p>
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		<title>Kervens Belfort : &#171;&#160;Le match au Kosovo ? C&#8217;était l&#8217;Histoire&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 01 May 2014 15:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[À 21 ans seulement, Kervens Belfort a déjà le CV d’un vieux briscard. Né et formé à Haïti, présent sur place au moment du séisme en 2010, élu meilleur joueur du championnat local à tout juste 17 ans, il a affronté Sergio Ramos et David Luiz, connu la faillite du...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À 21 ans seulement, Kervens Belfort a déjà le CV d’un vieux briscard. Né et formé à Haïti, présent sur place au moment du séisme en 2010, élu meilleur joueur du championnat local à tout juste 17 ans, il a affronté Sergio Ramos et David Luiz, connu la faillite du Mans, joué le premier match de l’Histoire du Kosovo… Aujourd’hui à la lutte avec Grenoble pour monter en National, il revient sur les nombreuses étapes qui ont déjà marqué sa carrière.</strong></p>
<p><a href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/kervens-3/" rel="attachment wp-att-19385"><img class="aligncenter size-full wp-image-19385" alt="Kervens 3" src="/wp-content/uploads/2014/04/Kervens-3.png" width="900" height="450" /></a></p>
<p><strong>Tu viens d’Haïti, où tu es né, et formé là-bas ?..</strong></p>
<p>Je suis né à Petit-Goâve, une ville en province. Je suis passé par une école de football dans ma ville et puis j’ai été repéré par des entraineurs pour la sélection des U20 puis j’ai intégré la sélection A très tôt. Ça a tout déclenché.</p>
<p><strong>À Haïti tu jouais dans quel club ?</strong></p>
<p>Le FC Tempête. J’ai joué 3 saisons avec eux, j’ai remporté le championnat 3 fois, j’ai fini meilleur espoir, meilleur joueur…</p>
<p><strong>C’en est où le foot là-bas ? Au niveau des clubs, des structures ?</strong></p>
<p>Globalement, le niveau est proche du CFA. Mais je ne parle pas des joueurs, plutôt des infrastructures et de l’organisation des clubs. Il y a des joueurs très forts, très talentueux. On le voit en France avec Jeff Louis à Nancy par exemple. En gros il y a beaucoup de talents, mais pas de structures au niveau.</p>
<p><strong>Ça ne s’est pas arrangé en 2010, avec le séisme (en Janvier 2010, un séisme de magnitude 7 frappe Haïti et ravage le pays pour un bilan humain de plus de 200 000 morts et 300 000 blessés)…</strong></p>
<p>Oui… Mais ça se reconstruit peu à peu, avec le nouveau président élu depuis (Michel Martelly, élu en 2011), et les aides que l’on reçoit.</p>
<p><strong>Il y a des investissements dans le foot ?</strong></p>
<p>Non, pas trop. C’est la FIFA qui donne un peu de moyens, mais pas assez.</p>
<p><strong>Tu y étais, à Haïti, toi, au moment du séisme ?</strong></p>
<p>Oui. J’étais là où évoluait mon club de l’époque, le Tempête FC (à Saint-Marc). J’étais sur le terrain au moment du séisme. D’un coup tout a commencé à trembler…  Je ne savais pas ce qu’il se passait. Après on a entendu à la radio qu’il y avait beaucoup de dégâts à Port-Au-Prince, dans ma ville à Petit-Goâve aussi. J’ai perdu des amis. Mais j’aime pas trop parler de ça.</p>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr"><p>Tranblement terre wawwww des mauvaises souvenir passe dans ma tête</p>
<p>— Belfort kervensfils (@KervensFils) <a href="https://twitter.com/KervensFils/statuses/453258497401294848">7 Avril 2014</a></p></blockquote>
<p><strong>Tu as joué un peu plus d’une dizaine de matchs avec la sélection haïtienne…</strong></p>
<p>En tout j’ai fait 12 matchs et marqué 6 buts. J’ai été sélectionné très jeune en A. Pour moi c’est que du bonus.</p>
<p><strong>Tu as joué contre l’Espagne aussi.</strong></p>
<p>Oui, à Miami (le 8 juin 2013, victoire 2-1 de l’Espagne). C’est là que je me suis gravement blessé au bras. Ça a cassé ma progression pendant trois mois. J’ai accompagné l’équipe quand même à la Gold Cup après. Mais j’étais là juste pour supporter.</p>
<p><strong>Alors Sergio Ramos ?</strong></p>
<p>Il est fort. Il met un impact physique terrible.</p>
<p><strong>Tu as aussi vécu un autre match particulier il y a quelques semaines, au Kosovo (qui disputait le premier match de son Histoire le 5 mars dernier face à Haïti, 0-0). En tant que titulaire en plus&#8230;</strong></p>
<p>Pour moi c’était plus qu’un match. C’était vraiment impressionnant. Un match historique. Je l’ai ressenti, avec le public incroyable et tout ce qu’il y avait autour… J’ai vu l’<em>Intérieur Sport</em> sur <em>Canal+</em>, peu après, ça a confirmé ma première impression.</p>
<p><a href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/kosovo-haiti/" rel="attachment wp-att-19387"><img class="aligncenter size-full wp-image-19387" alt="Kosovo-Haití" src="/wp-content/uploads/2014/04/Kosovo-Haití.jpg" width="464" height="261" /></a></p>
<p><strong>Tu as trouvé ça bien retranscrit justement ?</strong></p>
<p>Oui, très bien. On voit dans la vidéo le coach, les joueurs, et j’ai compris. C’était vraiment plus qu’un match. C’était l’Histoire.</p>
<p><strong>Tu as discuté avec les joueurs du Kosovo ?</strong></p>
<p>Ouais un peu. Sur le terrain, ils faisaient tout pour gagner. On a défendu.</p>
<p><strong>Quels sont les prochains objectifs pour Haïti ? (Un coéquipier : « LA COUPE DU MONDE ! »)</strong></p>
<p>(rires) Non, celle-là c’est fini pour nous. On a un match contre la Serbie à New-York en mai. Après on a les éliminatoires pour la Gold Cup en octobre. L’objectif est de la remporter.</p>
<p><strong>Jouer à Haïti aujourd’hui, c’est quelque chose de possible ? Car tu nous parles de matchs délocalisés…</strong></p>
<p>On délocalise aux États-Unis par exemple car il y a une forte communauté haïtienne là-bas. Les éliminatoires on les joue en Haïti mais les matchs de préparation, non. Beaucoup de joueurs jouent en Europe, les faire venir à Haïti ça coûte trop cher à la fédération.</p>
<p><strong>Et en France ? Parce qu’il y a du monde ici, toi, Jeff Louis, Jean-Eudes Maurice…</strong></p>
<p>J’en ai parlé avec le coach (Marc Collat) qui est Français. Il m’a dit qu’ils allaient trouver un match contre une équipe africaine ou même l’équipe de France. C’est dans les tuyaux. Après il y a les binationaux ici. Tu as beaucoup de jeunes, au PSG, au Havre… De quoi renforcer l’équipe d&rsquo;Haïti.</p>
<p><a href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/belfort/" rel="attachment wp-att-19411"><img class="aligncenter size-full wp-image-19411" alt="Belfort" src="/wp-content/uploads/2014/04/Belfort.jpg" width="928" height="523" /></a></p>
<p><strong>Dans l’ambiance actuelle, vous y pensez déjà un peu à la Coupe du Monde 2018 ? Ou c’est trop loin ?</strong></p>
<p>2018… Je ne vais pas dire à 100% que c’est possible mais… On a le talent qui peut faire la différence. Beaucoup de joueurs jouent en Europe, connaissent le haut niveau… Johny Placide à Reims, Jean-Jacques Pierre à Caen, Jean-Eudes Maurice au PSG, Jeff Louis à Nancy… Il y a quelque chose à faire.</p>
<p><strong>Après le FC Tempête, tu es parti deux semaines à Lisbonne, au Benfica. Comment ça s’est passé ?</strong></p>
<p>C’était après un match en Argentine avec Haïti. Un recruteur m’a vu jouer et m’a proposé un stage là-bas. Mais je me suis blessé.</p>
<p><strong>Tu as pu te frotter aux joueurs qui y étaient à l’époque ?</strong></p>
<p>J’étais avec la deuxième équipe, mais j’ai joué contre les pros. David Luiz, Cardozo, Coentrão étaient là, j’ai joué avec eux.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi le Mans après ? Ça n’a pas collé avec le Benfica ?</strong></p>
<p>Non c’était moi. J’étais blessé, et mon ami Jeff Louis était là-bas, il m’a dit que l’entraineur du Mans voulait bien que je vienne pour me soigner. Du coup je suis parti au Mans pour retrouver mon compatriote. J’ai fait un mois pour me soigner, ils m’ont laissé deux semaines de stage, j’étais vraiment bien et on m’a proposé un contrat direct.</p>
<p><strong>Tu as quand même beaucoup joué au Mans&#8230;</strong></p>
<p>Oui, 45 matchs, dont une vingtaine comme titulaire. J’ai marqué cinq buts.</p>
<p><strong>Tu en gardes quel souvenir ? Parce que c’est le club qui t’a lancé, mais ça c’est mal terminé…</strong></p>
<p>C’est le club qui m’a lancé en Europe, qui m’a mis dans le bain en 2011 contre Arles-Avignon, mon premier match en pro. J’ai beaucoup de souvenirs avec le club, ça me fait mal de voir qu’ils sont comme ça, comment ça s’est terminé.</p>
<p><strong>Finalement tu as rejoint un club, Grenoble, qui connait une évolution comparable…</strong></p>
<p>Oui. Ce sont des clubs qui ont construits des beaux stades et qui se sont retrouvés en CFA2, en DH…</p>
<p><strong>Le fait que Fernander Kassaï et Frédéric Thomas, deux coéquipiers au Mans, signaient à Grenoble, ça t’a poussé à venir ?</strong></p>
<p>Ça, et mon agent qui m’a beaucoup parlé de Grenoble, de leur projet. Donc j’ai accepté.</p>
<p><a href="/kervens-belfort-le-match-au-kosovo-cetait-lhistoire/kervens/" rel="attachment wp-att-19383"><img class="aligncenter size-full wp-image-19383" alt="Kervens" src="/wp-content/uploads/2014/04/Kervens.jpg" width="500" height="348" /></a></p>
<p><strong>Mais en vérité tu es sous contrat avec Sion, qui t’a prêté…</strong></p>
<p>Oui, j’ai signé trois ans avec Sion (qui a dépassé le quota de joueurs extra-communautaires, d’où le prêt à Grenoble). Mais ce n’est pas sûr que je retourne là-bas à la fin de mon prêt. Je n’aime pas trop… J’ai envie de continuer en France, peut-être à Grenoble, si on monte en National. Il faut voir avec les autres clubs aussi. Pour l’instant il faut se focaliser sur la montée en National, on verra après.</p>
<p><strong>Tu as toujours des contacts avec Jeff Louis je suppose. Il cartonne en ce moment…</strong></p>
<p>Ouais, j’suis très content pour lui. Il a du talent, c’est un bon joueur.</p>
<p><strong>Il parait que tu as mis un but pas mal toi récemment (sur une frappe du milieu du terrain, face à Marseille-Consolat). Il parait, parce qu’il n’a pas été filmé…</strong></p>
<p>(rires) C’est un beau but ouais. Mais on ne peut pas le voir. C’est un but de 45m, un lob du milieu de terrain, le gardien était avancé.</p>
<p><strong>En National, télévisé, il faisait le tour du Monde non ?..</strong></p>
<p>(rires) Ouais… Mais je ne sais pas si je serai là en National.</p>
<p><strong>Tu as déjà des contacts ?</strong></p>
<p>Ouais, j’ai des cibles mais c’est mon agent qui gère. Pour moi l’important c’est Grenoble, le terrain, de m’entrainer…</p>
<p><strong>Ça se passe bien ici ? Tu te sens bien ?</strong></p>
<p>Oui, je me sens bien, avec tous les joueurs. Je me suis vite familiarisé avec eux, c’est un bon groupe. Ils m’ont beaucoup aidé à m’intégrer. Je suis heureux.</p>
<p><strong>À Sion tu as &laquo;&nbsp;croisé&nbsp;&raquo; Gattuso, tu arrivais un peu après son départ. Tu l’as vu là-bas ?</strong></p>
<p>Non il était déjà parti (aujourd’hui l’entraineur est Laurent Roussey). Je suis allé visiter le club, ils m’ont montré des maillots de Gattuso, une chaise aussi on aurait dit que c’était pour un roi, avec le numéro, le nom de Gattuso…</p>
<p><strong>C’est quoi ton meilleur poste ?</strong></p>
<p>Ailier gauche. Parce que j’aime dribbler, je vais vite… Je suis droitier mais j’ai un bon pied gauche.</p>
<p><strong>À 21 ans, qu’est-ce que tu espères pour la suite de ta carrière ?</strong></p>
<p>J’aimerais bien jouer un jour dans le championnat anglais. Je suis un joueur qui aime aller au duel. Après j’aimerais jouer la Ligue des Champions… Ça me fait rêver, ça pousse à travailler. C’est que du travail de toute façon.</p>
<p><a href="https://twitter.com/Paul_Dejala" target="_blank">Paul Arrivé</a> et <a href="https://twitter.com/mdebeaux" target="_blank">Martial Debeaux</a></p>
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		<title>Grenoble : supporter, des sommets au sous-sol</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Apr 2014 13:44:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques années, Grenoble est tombé. Aujourd&#8217;hui, Grenoble est en train de se relever. Potentiellement premier de sa poule C en CFA, dans un championnat bordélique où même le premier non-relégable peut encore monter, le club espère rejoindre le niveau National l&#8217;an prochain. Ses supporters aussi. Eux, qui,...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a quelques années, <a href="/stades-louer-%C2%90%C2%90%C2%90episode-2-lisere-rude/">Grenoble est tombé</a>. Aujourd&rsquo;hui, Grenoble est en train de se relever. Potentiellement premier de sa poule C en CFA, dans un championnat bordélique où même le premier non-relégable peut encore monter, le club espère rejoindre le niveau National l&rsquo;an prochain. Ses supporters aussi. Eux, qui, au fil des années tourmentées du GF38, n&rsquo;ont jamais lâché.<span id="more-19322"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/rk-couv/" rel="attachment wp-att-19335"><img class="aligncenter size-full wp-image-19335" alt="RK COUV" src="/wp-content/uploads/2014/04/RK-COUV.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ligue 1, Ligue 2, CFA, CFA2, nouveau stade, dépôt de bilan… En à peine plus de cinq ans, le GF38 s’est construit une Histoire de club centenaire. Alors qu’il est à la porte d’un retour aux affaires en National (niveau qu’il n’a paradoxalement pas connu depuis près de 15 ans), rencontre avec ceux qui n’ont cessé de faire vivre le club : les Ultras du Red Kaos 1994, de Corte à Tokyo, en passant par Bauer.</p>
<p style="text-align: justify;">Un entretien réalisé avant la récente élection d’Eric Piolle, maire écolo qui inquiète le GF38 dans ses déclarations autour du Stade des Alpes et le possible retour au premier plan du club.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Red Kaos existent depuis combien de temps ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Red Kaos a été créé en 1994. J’aime bien dire qu’on est le seul groupe Ultra français à être né avant même notre club. Enfin c&rsquo;est surtout que notre club est jeune. Le GF38 c’est une fusion de deux entités, en 1997 : l’Olympique Grenoble Isère et le Norcap Olympique Grenoble. Pendant quatre ans, les Red Kaos supportaient l’OGI.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment vous avez vécu l’envolée du club vers la Ligue 1 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On est arrivé en Ligue 1 pas préparé en fait. La ville, le club, les supporters… En Ligue 2  à dix matchs de la fin du championnat, on a 12 points de retard sur Troyes je crois, on inaugure juste le Stade des Alpes, et finalement on monte. Ça nous a apporté plein de gens, le stade était quasiment plein tous les week-ends. On a eu confirmation à ce moment-là que Grenoble est une ville de foot. Le souci c’est que les Japonais d’Index connaissaient pas le ballon… Ils n’avaient pas les bonnes priorités. Y en a des choses à dire sur cette époque… En l’espace de quatre ans on a connu un changement de stade, une montée, une descente, une demi-finale de Coupe de France, une liquidation judiciaire… Ça fait beaucoup.</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;"><strong>&laquo;&nbsp;80 millions pour le stade des Alpes, c&rsquo;est une aberration [&#8230;] Ils ont foutu des écrans géants qui ont marché trois jours&nbsp;&raquo;</strong></span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et le Stade des Alpes alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça aussi c’est un beau bordel. Déjà sur ce projet, c’est la mairie de l&rsquo;époque qui a fait la différence. Le Stade des Alpes, c’est le bébé de Michel Destot (le désormais ex-maire de Grenoble) et de Didier Migaud (président de la Cour des Comptes). La mairie et la métro (communauté d’agglomération de Grenoble) ont porté le projet du stade et l’opposition leur a toujours reproché. Ensuite on a mis dix ans à valider la construction. T’avais des problèmes avec les architectes, des affrontements entre projets… Puis il y a eu la pression des écolos.  Ils ont occupé les arbres avec leurs cabanes au début du chantier pour protester contre la construction. Finalement on a replanté plus d’arbres qu’on en a coupé m’enfin bon… Nous on faisait partie de ceux qui militaient pour un nouveau stade. On a fait une manif’ à plusieurs centaines (350 personnes) en plein conseil municipal, on a filé des tracts… On voulait un stade, mais pas celui-là. Du coup on se retrouver à devoir le légitimer auprès des opposants, encore aujourd&rsquo;hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment ça ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bah déjà on pige pas où ils ont trouvé l’architecte. 80 millions pour ce stade, c’est une aberration. C’est une construction moderne, mais trop, c’est massif, c’est trop lisse, trop propre. C’est censé être un lieu populaire, marqué par rapport à la ville. Mais il n’a aucune identité. Il est joli et écolo quoi c’est tout. Et puis t’as des caméras partout… On nous a fait visiter pendant la construction pour nous faire plaisir et on a bien compris : tu peux lire la marque de cigarette de quelqu’un qui fume à 100m de la caméra quoi. Tu fais un tag, t’es sûr qu’en dix minutes il est effacé. Tu montres ce stade à quelqu’un, si tu vois pas les montagnes tu sais pas à qui il est. Tous les nouveaux stades c’est comme ça, faut que ça soit joli. Derrière Index en a profité pour faire sa vitrine high-tech. Ils ont foutu des écrans géants qui ont marché trois jours, on a des portiques électroniques qui ont marché deux matchs… Je sais pas pour combien d’euros on est descendu mais à mon avis ils sont là. Aujourd&rsquo;hui on va s&rsquo;attacher à tout faire pour le garder, parce que c&rsquo;est le nôtre, parce que la jeunesse a commencé à vivre certaines choses ici, et on va essayer de créer cette identité qui lui fait défaut.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que vous retenez de vos deux années en Ligue 1 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On a quand même de sacrés souvenirs. On a vécu des trucs de malade. Le 4-0 contre le PSG, la victoire à Sainté, le parcage à Marseille… toutes ces nouvelles têtes, des délires&#8230;Mais à côté de ça, tu montes en Ligue 1 et l’année d’après à une près tu battais le record européen de défaites consécutives (qui appartient à Manchester United depuis 1930-1931 avec 12 défaites de rang), derrière tu descends en Ligue 2 et t’es dernier du début à la fin, puis tu déposes le bilan, tu passes un été de fou et jusqu’au dernier moment tu sais pas si tu es en CFA, CFA2 ou même DH… C’est pour ça qu’il y a beaucoup de pessimistes ici. Mais il y a un potentiel de fou.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du coup après votre descente administrative vous reprenez en CFA2, et là le premier match à Corte il se passe un truc assez fou ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais on a commencé là-bas. On avait passé un été bordélique, une semaine avant on savait toujours pas où on jouait, on a eu que quelques jours pour construire une équipe et on part en Corse avec 12 joueurs sur la feuille. Enfin 11, le 12<sup>e</sup> c’était l’entraîneur des gardiens. Sur le terrain t’as un goal aux cages et l’attaquant c’était notre gardien remplaçant. Au bout du compte on gagne ce match quand même. On était 150 à les attendre au centre d&rsquo;entrainement. La CFA2 c’était une question de dynamique. Bon certains joueurs avaient le niveau au-dessus mais vue la gueule de l’intersaison on partait pas optimistes. Surtout qu’Olivier Saragaglia (l’entraîneur actuel) était parti à Chambéry pour ne pas jouer en DH, finalement on est en CFA2 donc il revient… Bref. Mais on s’est vite mis en place. On a été premier quasiment du début à la fin.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est plus compliqué en CFA par contre. L’an dernier vous aviez une sacrée poule…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais l’année dernière c’était dur. On avait la B du PSG, Strasbourg… Ça l’a pas fait. Mais on aurait dû monter quand même. En tout cas c&rsquo;était clairement l&rsquo;objectif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment vous analysez ce qui vous est arrivé ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On a pas tous le même avis là-dessus… T’en as dans le groupe qui vont dire que « c’est un mal pour un bien ». Mais globalement personne n’a kiffé ce qui nous est arrivé. Même si t’as effectivement des bons côtés dans ce malheur : moins de fric, moins de répression… C’est plus le même football. Mais il faut pas que ça dure trop longtemps. On commence déjà à se lasser. Tu sens que l’affluence peut baisser, si on remonte les gens reviennent mais en CFA ils vont rester un an, deux peut-être. Du coup ça nous impacte. Notre délire c’est le nombre, la masse. Quand on est 50-60 dans des stades champêtres c’est pas intéressant. Mais c’est le matelas des fidèles quoi.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/gf38_manif_1/" rel="attachment wp-att-19346"><img class="aligncenter size-full wp-image-19346" alt="gf38_manif_1" src="/wp-content/uploads/2014/04/gf38_manif_1.jpg" width="480" height="319" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous appréhendez la probable future saison en National ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est jamais trop tôt pour une montée. Dans un club bien structuré y a pas de raison que ça tourne pas si tu t’entoures des bonnes personnes. Ce que n’étaient pas le cas des Japonais. Prends une équipe comme Reims. Ils ont fait des années de D2 mais impossible qu’il leur arrive la même chose que nous. Parce que ça tient la route, ils ont une Histoire, des soutiens derrière… Le Havre c’est un peu la même chose. Mais Grenoble ne va pas mourir sans équipe de foot. La preuve c’est le rugby qui a la cote en ce moment. Mais ils ont connu un peu la même chose que nous. Ça doit être la région (<i>rires</i>).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On en revient au stade : comment on exploite une enceinte comme celle-là pour un club en CFA ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est compliqué d’affirmer ta légitimité quand t’es en CFA. Surtout quand t’as les écolos qui n’en démordent pas à son propos, mais qui font leur meeting de campagne là-bas. Enfin maintenant il est là, ils vont pas l’enlever… Bref. Faut savoir que le stade est géré par une boîte qui s’appelle Carilis maintenant. Ils sont là pour faire du profit. Du coup t’as des concerts : Johnny, David Guetta, ils vont ouvrir une brasserie, y a une zumba géante, des démonstrations de drones de l’armée… Le rugby y joue de plus en plus, y a eu un match de hockey aussi (le « Winter Game »). On est pas contre que ce stade s&rsquo;ouvre aux Grenoblois, au contraire. Mais le truc c’est que le GF38 attire quand même entre 2500 et 3500 personnes à chaque fois. Donc ils sont obligés de faire avec nous. Après on arrive à un point où on comprend les gens, il se passe rien à part un match de CFA qui intéresse pas grand monde dans ce stade… Mais on veut pas être les dindons de la farce dans l’histoire. On fait pas trop la fine bouche c’est notre stade, priorité au GF38. Après on verra bien. Pour l’instant ça va, mais avec la programmation des matchs de rugby… Tant que t’es pas en National ou D2 c’est dur de revendiquer quoi que ce soit. On a mangé dix ans d’alternance avec le rugby à Lesdiguières, on a construit ce stade pour le foot et finalement on retrouve les mêmes problèmes (d&rsquo;ailleurs, face à Mont-de-Marsan le week end du 12 avril, le GF38 évolue au stade Lesdiguières, quand le FCG accueille Montpellier au Stade des Alpes).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous regrettez Lesdiguières ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça n’a jamais été vraiment notre stade, donc pas vraiment. Par rapport à certains aspects un peu quand même mais parce qu’il faut du temps pour s’approprier un nouveau stade. Il faut y vivre des choses pour marquer des générations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’idéal c’est de trouver un rapport comme celui du Red Star avec Bauer ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui c’est l’exemple type. Quand tu vois le rapport qu’ils ont avec leur stade… On est potes avec eux. On se tient au courant de ce qu’ils font. C’est un petit club mais avec une forte identité. C’est différent à Grenoble.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez perdu beaucoup de monde suite aux dernières années au sein du groupe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelques-uns. Mais au sein du groupe t’as beaucoup d’investis, de passionnés. Deux ans de CFA ne suffisent pas pour nous faire lâcher. Si on fait une série de dix ans comme Toulon par contre… Ça ne sera pas la même. Même Valence c’est triste ce qu’il se passe. Le délire c’est le monde, que ça bouge. Et en CFA, face à certaines équipes… Contre Valence ça ressemble à quelque chose, ils ont des supporters, des abonnés. Pareil face à Strasbourg l’an dernier où il y avait 7500 personnes. En Ligue 2 on avait joué contre Évian on s’était dit « c’est quoi ce club ? » alors quand tu joues leur B… Je comprends les mecs qui se disent « stop » au bout d’un moment. Tu vas voir des matchs où tu joues contre des boulangers, tu t’es mis une caisse avec un joueur le soir d’avant… Ça a un côté sympa, humain, mais au bout d’un moment c’est plus possible. Et puis sans supporter en face, pas de folklore. On joue face à trois tribunes totalement vides.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Y a pas beaucoup de points positifs en fait ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si y a un truc qu’on apprécie, c’est le rapport avec les joueurs. Le monde pro, t’as des mercenaires qui vont de club en club, c’est pas un comportement que tu aimes, de mecs attachés au club. Aujourd’hui si on avait deux joueurs à mettre en avant, ça serait Aïssa Yahia Bey et Selim Bengriba. Parce que ce sont des mecs d’ici. En CFA2 ils ont enfin eu leur chance. Ils étaient à l’usine avant, donc ils considèrent que jouer à Grenoble, c’est une vraie chance. Dans un contexte de pro. Quand tu discutes avec eux, ils savent qu’ils retourneront bosser à l’usine. Mais ils se rendent compte de ce qu’il leur arrive. Ils jouent leur vie sur le terrain. Ce rapport avec les joueurs est plus sain. C’est même marrant quand tu les croises en ville, c’est toi la star, pas eux (<i>rires</i>).</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;"><strong>&laquo;&nbsp;Si tu nous fais une Watanabe à parler de la Ligue des Champions en dix ans on rigole&nbsp;&raquo;</strong></span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et Nassim Akrour (revenu au club cette saison) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À son propos on est divisé. C’est le meilleur buteur de l’Histoire du club, on ne lui enlèvera pas. C’est aussi le joueur qui est resté le plus longtemps&#8230; Tu nous dis « Akrour », on te répond « but au Parc », « but contre Rennes », il y a beaucoup de souvenirs. Après certains n’aiment pas trop les joueurs qui reviennent. Ça casse un mythe. Il est parti meilleur buteur, ok. Il vient aider le club, d&rsquo;accord. Mais revenir à 38 ans ? Pas sûr qu’il ait eu mille propositions. On préfère mettre Akrour sur un piédestal pour ce qu’il a fait avant plutôt que parce qu’il est revenu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que vous pensez de l’arrivée de Patrick Trotignon ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On est tellement méfiants qu’on ne s’enflamme pas. Racheter le GF38 n’est pas une fin en soi. Le problème c’est ce qu’on en fait derrière surtout. Mais Trotignon est un mec du coin, qui connait le ballon, et qui parle français&#8230; Ça s’est bien passé à Évian donc pas de raisons d’être inquiet a priori. Mais notre Histoire « fait que »… On se pose des questions. Combien d’investisseurs ? Lesquels ? D’où ils viennent ? Mais déjà on sait qu’ils sont plusieurs. C’est pas Index, le gros groupe étranger opportuniste qui connait rien au ballon. C’est peut-être paradoxal de parler de ça pour un ultra contre le foot-business et tout, mais quand on voit la gueule du club et là où on est… C’est le paradoxe du supporter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour le coup vous êtes quand même optimistes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On t’a dit, on n’est jamais optimiste à Grenoble. Mais on a envie d’y croire. Après ça dépend, pour aller où ? Si tu nous fais une Watanabe (Kazutoshi de son prénom, ancien président du GF38) à parler de la Ligue des Champions en dix ans on rigole. Mais au fond on est sûr qu’on va s’en sortir. On va monter en National cette année et dans les 2-3 ans on sera en Ligue 2. Le club va se restructurer, ça va le faire. Mais ça va aussi dépendre des dirigeants, de leur projet…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez gardé des contacts avec les groupes Ultra en Ligue 1 – Ligue 2 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On essaye de se tenir au courant. SOS Ligue 2 par exemple, on fait partie de ceux qui ont participé à la création du collectif en 2004-2005. Quand le collectif s’est opposé à BeIN Sport il y a deux ans, on a suivi ce que faisaient les groupes en Ligue 2 et participé aux réunions. On soutient à notre échelle, sans prétention. Au fond on sait qu’on va remonter, donc on se tient au courant. On a aussi une super réussite collective entre groupes Ultras, à propos des IAS (Interdiction  Administrative de Stade). On a de bons résultats, on arrive à faire changer les choses. Parce qu’une IAS c’est pas une IDS (Interdiction de Stade). T’as pas de procès, pas d’avocat… Nous on remet en cause le principe même de l’IAS. À Grenoble on a gagné deux affaires, et là 3, des mecs qui ont été privés de stade pour rien. Donc l’opposition marche. Les IAS c’est totalement arbitraire, c’est au bon vouloir de la préfecture. Quand t’as une embrouille au stade, tu vas au tribunal, tu te défends. Mais les IAS c’est un scandale en termes de libertés. Je crois que les Parisiens voulaient aller à la Cour européenne des Droits de l’Homme à ce propos.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/cfa/" rel="attachment wp-att-19338"><img class="aligncenter size-full wp-image-19338" alt="CFA" src="/wp-content/uploads/2014/04/CFA.jpg" width="767" height="492" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous étiez à la manif’ de Montpellier y a quelques années ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais. C’était juste avant la CFA2. On était une soixantaine je crois. On essaye de participer à ce genre de choses, de garder l’esprit. C’était quelque chose. Mettre de côté une rivalité folklorique c’est pas compliqué, c’est le jeu des ultras qui veut ça. Dans des moments comme ça t’es obligé de faire attention. Si ça part en couilles un moment t’as tout perdu. Les médias relaient une mauvaise image et ça a servi à rien. À Montpellier ça s’est bien passé. On veut écarter l’image des ultras relayée par les médias, donc si tu fais de la merde le jour J ça passe pas. Mais ça c’était bien passé. On réfléchit à en faire une autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est « compliqué » d’être un ultra en France, en ce moment ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Clairement, oui. Mais c&rsquo;est notre lutte. En tout cas on essaye. Ce qui est compliqué aussi c’est expliquer aux gens pourquoi on fait ce qu’on fait. Nous on est prêts à discuter pour que notre délire se perpétue. Mais quand tu fais dix bonnes actions et pas un mot dessus puis une connerie et là tout le monde te tombe sur la gueule faut faire gaffe. Y a énormément de groupes ultras qui font des collectes, et c’est jamais relayé. Même nous on essaye de le faire à notre niveau. À Sainté ils ont fait des compromis, sur un match ils déconnent, les médias relaient et forcément pour tout le monde qui voit ça, c’est une image négative. Après nous on faisait partie de la CNU (Coordination Nationale des Ultras) il y a quelques années. Pour notre 15<sup>e</sup> anniversaire, face à Rennes en Ligue 1, après 10 minutes on est menés 3-0 (20mn en fait). On avait des fumis mais attention le club était prévenu, ils étaient d’accord parce que c’était les 15 ans… Et là 3-0. On a pété un câble. Le match a été arrêté momentanément. Du coup pour pas décrédibiliser la CNU on en est sortis. On essaye de rester cohérent.</p>
<p><iframe src="//www.youtube.com/embed/GjccrdBN-gg" height="315" width="420" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous en gardez un sacré souvenir quand même ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais, on le vit quand même comme un bon souvenir. Plus sur le coup d’ailleurs, après un peu moins. On avait fait un tifo d’un tram qui se calait sur les portes des tribunes et ça faisait comme si les gens sortaient du truc. On était devant, on déplie le tram, ça prend du temps. Quand c’est fini on lève les yeux, et 3-0 pour Rennes. On n’a pas vu un but.</p>
<p style="text-align: justify;">Paul</p>
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		<title>Stades à Louer &#8211; Épisode 2 : L&#8217;Isère est rude</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Dec 2013 15:59:57 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Stade Océane, MMArena, Stade des Alpes… Quel est le point commun entre ces trois stades, hormis leurs noms à la con ? Facile, ce sont trois des enceintes les plus modernes de l’Hexagone, avec à chaque fois un club en situation plutôt délicate qui y évolue : Le Havre, mieux loti des trois, bataille dans la 2e partie de tableau de Ligue 2 ; Grenoble, scotché en CFA, tente de revenir dans le monde des vivants ; et enfin Le Mans, descendu de deuxième div’ la saison dernière, qui évolue en DH cette saison. Trois équipes, trois stades, pour trois papiers. Voilà le deuxième.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/stades-louer-%c2%90%c2%90%c2%90episode-2-lisere-rude/grenoble-stade-des-alpes-aerienne-99564/" rel="attachment wp-att-18911"><img class="aligncenter size-full wp-image-18911" alt="grenoble-stade-des-alpes-aerienne-99564" src="/wp-content/uploads/2013/12/grenoble-stade-des-alpes-aerienne-99564.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Samedi 23 novembre. Entre 2000 et 3000 supporters garnissent la tribune Nord du Stade des Alpes pour le derby face à Valence. Un faible total, compte tenu de la capacité totale du stade (20 000, extensible à 28 000), mais sans doute l’une des plus fortes affluences de la saison. Aujourd’hui, Grenoble évolue dans le groupe C en CFA, et alterne le bon et le moins bon depuis le début de la saison. La victoire est impérative pour espérer atteindre l’objectif de la saison : revenir en National<br />
Face à la 50aine de Valentinois ayant fait le court déplacement, les groupes Ultras grenoblois (Red Kaos, DB07) donnent de la voix. On peut avoir trois tribunes vides et pourtant plus d’ambiance que la plupart des clubs de Ligue 1. Et sans forcer.<br />
Les locaux s’imposeront assez tranquillement face à leurs rivaux. 3-0, propre, avec un but de Nassim Akrour, la légende, revenu à 39 ans donner <i>&laquo;&nbsp;</i>un coup de main&nbsp;&raquo; au sein d’un club pour lequel il avait déjà enquillé but sur but entre 2005 et 2010. Dans un stade bien plus garni qu’aujourd’hui.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Japan expo</h2>
<p style="text-align: justify;">À Grenoble, le Stade des Alpes n’a que quelques années mais déjà une histoire fabuleuse&#8230; En 2003-2004 déjà, des militants contre l’abattage des arbres du parc Paul Mistral, où devait se construire l’enceinte, grimpent aux branches. Il faudra 4 mois pour les faire descendre. Un bon début.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2005, le club est en Ligue 2, a des Japonais à sa tête et le dessinateur d’Olive et Tom qui réalise ses mascottes. Ils rêvent des sommets (la Ligue des Champions en 10 ans putain !), et voient un joli stade se construire (pour quelques 90 millions d’euros) après tout un bordel administratif autour des permis de construire. Tout va bien.</p>
<p style="text-align: justify;">À la fin de la saison 2007-2008, le club monte même en Ligue 1 et a récupéré son nouveau stade en février. Franck Dja Djédjé et Nassim Akrour, la légende, y sont les deux premiers buteurs pour une victoire 2-0 contre Clermont devant 18000 spectateurs (qu’elle parait loin cette époque).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/stades-louer-%c2%90%c2%90%c2%90episode-2-lisere-rude/rk/" rel="attachment wp-att-18912"><img class="aligncenter size-full wp-image-18912" alt="RK" src="/wp-content/uploads/2013/12/RK.jpg" width="648" height="432" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Triste record</h2>
<p style="text-align: justify;">La première saison dans l’élite ne se passe pas trop mal, un maintien tranquille, une place de leader éphémère (lors de la 2<sup>e</sup> journée), une victoire au Parc (but de… Nassim Akrour, la légende) et surtout une fréquentation moyenne de 17000 spectateurs dans le joli Stade des Alpes.  Mais bizarrement, c’est la deuxième saison du GF38 en Ligue 1 qui restera gravée dans les mémoires. De la première à la douzième journée, le club ne fait que perdre et devrait garder ce record au chaud quelques temps (5 buts pour, 23 buts contre. 11 matchs de rang en vrai, puisque l’une des défaites a lieu lors d’un match reporté). Pire, il faut attendre la 16<sup>e</sup> journée pour voir une victoire contre Toulouse. La seule de la phase aller. Au classement, le club tombe à la dernière place dès la 4<sup>e</sup> journée, et ne la quittera plus. La déchéance sportive s’accompagne d’une lourde chute de fréquentation du stade, qui tombe à 13000 en moyenne sur la saison.</p>
<p style="text-align: justify;">De retour en Ligue 2, les déboires continuent. Le club perd la moitié de son effectif à l’intersaison (Feghouli à Valence, Battles à l’ASSE et même Nassim Akrour part à Istres), et va faire l’exploit d’enchaîner une 20<sup>e</sup> place en Ligue 1 par une 20<sup>e</sup> place en Ligue 2. L’affluence moyenne tombe, elle, à 5000 spectateurs. Mais le GF38 ne continuera pas en National. Lâché par les Japonais (la boîte, Index, a depuis fait faillite), le club est accablé par les dettes et finit par déposer le bilan pour atterrir en CFA2.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/stades-louer-%c2%90%c2%90%c2%90episode-2-lisere-rude/valence/" rel="attachment wp-att-18913"><img class="aligncenter size-full wp-image-18913" alt="Valence" src="/wp-content/uploads/2013/12/Valence.jpg" width="648" height="432" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Allumer le feu</h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis, même s’il est remonté à l’échelon supérieur, il ne remplit pas (doux euphémisme) un stade qui représente un gouffre financier pour la ville et la Métro (la communauté d&rsquo;agglomération, à qui le stade appartient). Et même le parking, construit à l&rsquo;arrache sous le stade, est un motif de brouille lors des repas de famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on atteint toujours les 2000 spectateurs en moyenne (pas si mal pour de la CFA-CFA2) cela ne suffit pas à couvrir les dépenses d’une enceinte qui a coûté un bras au contribuable. Et on ne rentrera pas dans les détails de l’emprunt réalisé pour la financer (indexé sur le Franc Suisse. Le taux d’intérêt est monté à 18%). Alors du coup, on le remplit comme on peut. Mais le gag continue puisque le FC Grenoble Rugby préfère rester au stade Lesdiguières, sauf pour quelques gros matchs. Les hockeyeurs du coin y joueront également le 22 décembre, à ciel ouvert (Grenoble-Briançon). Bon courage s&rsquo;il flotte. L’équipe de France, comme pour le Stade Océane, y a disputé une rencontre (face à l’Equateur en 2008, victoire 2-0) mais c’est bien Johnny Hallyday qui a le meilleur score d’affluence avec près de 26000 supporters. On a les records que l’on mérite. David Guetta y est passé, aussi.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, aujourd’hui les recettes du GF38 ne couvrent pas les frais de fonctionnement du Stade, la Metro a fait péter sa dette, le stade est vide malgré la bonne volonté des Ultras, et coûte du fric à tout le monde au lieu d’en rapporter. Le rêve de voir Grenoble se maintenir pour longtemps dans l’élite a fait long feu. En attendant, en CFA, face à Valence ou la B de Monaco, les Grenoblois jouent sans doute dans une des plus belles enceintes (vide) de France.</p>
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		<title>Stades à louer &#8211; Épisode 1 : L&#8217;Océane du vide</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Oct 2013 15:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
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		<description><![CDATA[Stade Océane, MMArena, Stade des Alpes… Quel est le point commun entre ces trois stades, hormis leurs noms à la con ? Facile, ce sont trois des enceintes les plus modernes de l’hexagone, avec à chaque fois un club en situation plutôt délicate qui y évolue : le Havre, mieux...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/stades-louer/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Stade Océane, MMArena, Stade des Alpes… Quel est le point commun entre ces trois stades, hormis leurs noms à la con ? Facile, ce sont trois des enceintes les plus modernes de l’hexagone, avec à chaque fois un club en situation plutôt délicate qui y évolue : le Havre, mieux loti des trois, bataille dans la 2e partie de tableau de Ligue 2 ; Grenoble, scotché en CFA, tente de revenir dans le monde des vivants ; et enfin Le Mans, descendu de deuxième div’ la saison dernière, qui devrait évoluer en DH cette saison. Trois équipes, trois stades, pour trois papiers. Voilà le premier.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/stades-louer/stade-oceane/" rel="attachment wp-att-18782"><img class="aligncenter size-full wp-image-18782" alt="Stade Océane" src="/wp-content/uploads/2013/10/Stade-Océane.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<h1 style="text-align: justify;">Océane du vide</h1>
<p style="text-align: justify;">On va se répéter : des trois concernés, Le HAC, plus vieux club de France, est sans aucun doute celui qui fait meilleure figure. Actuellement dans la deuxième partie de tableau de Ligue 2, le club évolue dans son superbe Stade Océane depuis l’été 2012, et un match amical d’inauguration face au LOSC (pour l’anecdote, c’est Pedretti qui restera à jamais gravé dans l’Histoire comme celui qui y a scoré le premier but). L’histoire a failli très mal tourner puisque les Havrais sortaient d’une saison plus que moyenne, terminée à la 15e place, cinq points devant le premier relégable (le FC Metz). Merci Ryan Mendès (13 buts alors).</p>
<p style="text-align: justify;">Le Stade Océane (25 178 places) a succédé au mythique Stade Jules-Deschaseaux (16 382 places), trop vieux, trop petit, pas assez bien loti en places de parking. La première pierre a été posée en 2010 (en présence de Roselyne Bachelot, décidément ce stade n’a pas de bol) pour une construction terminée en 2012. Coût total pour l’enceinte ? Environ 80 millions d’euros. C’est vrai qu’il est joli ce stade, tout bleu, tout neuf, tout moderne et tout écolo. Mais qu’est-ce que ça donne en termes de fréquentation ? Comme partout en Ligue 2 (sauf Lens et éventuellement Nancy font exception), pas grand-chose. Si on se fie aux stats de la LFP, la moyenne depuis le début de saison dépasse difficilement les 7500 spectateurs, avec un pic à plus de 11000 personnes seulement contre Lens et on atteint à peine 30% de taux de remplissage (30,1%).</p>
<p style="text-align: justify;">La faute en partie aux sympathiques horaires du vendredi soir (même si 20h c’est mieux que 18h45), mais aussi au fait, il ne faut pas se cacher, que l’équipe du Havre ne fait pas vraiment rêver les autochtones non-ultras (les KCM84 doivent d&rsquo;ailleurs représenter un bon pourcentage de la fréquentation totale). Au vu du début de saison, le club aura du mal à viser mieux que le maintien malgré une jolie 6e place l’an passé, et tout ça n’est pas propice à une fréquentation élevée. On verra donc difficilement le stade Océane se remplir à plus de 50% cette saison (sauf bien sûr si le club tombe contre un gros de Ligue 1 en Coupe de France, sachant qu’il est déjà éliminé de la Coupe de Thiriez. Un président de la ligue d&rsquo;ailleurs chahuté lors de l’inauguration).</p>
<p style="text-align: justify;">La question se pose alors : pourquoi avoir dépensé plusieurs dizaines de millions d’euros dans un stade flambant neuf alors que l’équipe du Havre n’a évolué que deux saisons en première division depuis l’an 2000 ? Certes, et on l’a déjà évoqué, le stade Jules-Deschaseaux était vétuste, mais évoquer sa petitesse quand on n’atteint pas dans son nouvel écrin la capacité de l&rsquo;enceinte, désormais, de sa CFA2, ça laisse perplexe.</p>
<p style="text-align: justify;">Le HAC a beau posséder l’un des meilleurs centres de formation de France (coucou Steve Mandanda, Paul Pogba, Gueïda Fofana, Lassana Diarra, et Brice Jovial, même si il n&rsquo;y a pas été formé mais c&rsquo;est notre mascotte) on ne pouvait pas tabler sur le fait qu&rsquo;il allait cartonner en Ligue 1 au moment où la décision de construire le stade a été prise. Même si l’affluence moyenne de la dernière saison des Havrais en Ligue 1 (2008-2009), très correcte, s’élevait à 13568 spectateurs (80% de taux de remplissage).</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, si le stade Océane est très joli, il sonne creux. Pour l’instant la situation du Havre n’est pas encore catastrophique, mais on n’ose pas imaginer ce que ça pourrait devenir si le club venait à tomber en National. Car même si l’équipe de France y a joué un amical (face à l’Uruguay, en Août 2012, 0-0) et le Stade Français un match de Challenge Européen, on les voit mal y prendre un abonnement à l’année. Qui pour le remplir alors, en cas de scénario catastrophe ? A part David Guetta, on ne voit pas… Du coup, reste à espérer qu’à moyen-terme le HAC revienne en Ligue 1. Il n’y a que ça pour éviter de voir ce superbe stade quasiment vide encore quelques temps, et coûter un paquet de fric à la ville.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Trois questions à Olivia Detivelle, membre depuis sa création et présidente des KCM84 (Kop Ciel et Marine 1984) depuis 1997 :</h2>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>N&rsquo;y étant jamais allé, il est si tip-top que ça ce stade ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. C&rsquo;est un très beau stade, avec des tribunes très proches du terrain comme nous le souhaitions. Mais le reproche que nous lui adressons en tant que supporters est d&rsquo;avoir coupé la tribune kop en deux puisqu&rsquo;il est sur deux étages. Nous aurions voulu un bloc d&rsquo;un seul tenant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Est-ce qu&rsquo;il était nécessaire de laisser tomber Jules-Deschaseaux pour dépenser des millions dans une nouvelle enceinte ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le projet de stade était dans les cartons depuis 2000. Beaucoup d&rsquo;études ont été menées à propos du stade Deschaseaux et ont a priori démontré l&rsquo;infaisabilité d&rsquo;une lourde rénovation. C&rsquo;est un stade qui a été inauguré en 1932, il y a eu évidemment de nombreux travaux au fil des années, mais dans les dernières saisons la Ville a même été forcée de fermer ponctuellement des tribunes pour cause d&rsquo;infiltrations. Si on laisse parler la raison plutôt que le cœur, un nouveau stade semblait nécessaire. Mais j&rsquo;ai pour ma part passé 32 ans dans les travées de Deschaseaux, ça a été un déchirement de quitter notre kop, nos tribunes, la convivialité de ce petit stade, son identité très marquée HAC, et évidemment tous les repères que nous avions. On nous a parlé de développement nécessaire à cause d&rsquo;un modèle économique dépassé, ce que nous pouvons entendre. Le foot a évolué, même si je ne pense pas que ce soit d&rsquo;une bonne façon. Ce n&rsquo;est pas Le Havre qui l&rsquo;a perverti, mais, d&rsquo;après les dirigeants, il fallait suivre pour ne pas crever au niveau professionnel. Et ce stade devait  apporter les ressources nécessaires au club pour assurer sa pérennité, selon les divers rapports qu&rsquo;on a pu nous présenter. Même si tout le monde n&rsquo;est pas convaincu que c&rsquo;était une bonne idée : les frais de gestion du stade sont forcément plus élevés qu&rsquo;à Deschaseaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ça n&rsquo;est pas triste d&rsquo;avoir un stade tout neuf quasiment vide ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une étude aurait démontré qu&rsquo;un nouveau stade apportait un taux de fréquentation supérieur de 30 %. Mais les horaires de la première moitié de saison 2012-2013 (avec des matchs à 18h45) ont plombé les chiffres. L&rsquo;affluence a baissé. Ensuite, il y a une donnée toute simple et que les clubs semblent mettre de côté : les résultats. La vie est difficile pour tout le monde, et les gens font des choix au niveau de leurs loisirs. Si le jeu ne leur plaît pas, ils ne viennent pas. Chez nous, même si le HAC produit souvent du jeu agréable à suivre, les gens attendent pour revenir après plusieurs saisons décevantes et une dégringolade du club dans la hiérarchie sportive nationale. Bien sûr que c&rsquo;est triste de voir 7000 personnes dans un stade de 25000 places. C&rsquo;est difficile aussi pour nous, supporters, qui sommes toujours là, et qui nous efforçons de mettre l&rsquo;ambiance. Mais il y a aussi une donnée toute simple à ne pas oublier : traiter le spectateur de la meilleure des façons, et pas comme un simple consommateur, tout juste bon à se taire et à faire la queue à la buvette et à la boutique. Dans le foot actuel, et dans n&rsquo;importe quel club, beaucoup de gens, passionnés par leur club, sans être forcément des supporters actifs, ont l&rsquo;impression d&rsquo;être délaissés complètement. Cela les éloigne du football, des stades. La plupart des clubs ont des projets de stade pour les loges, pour les entreprises, pas pour le spectateur lambda. Celui-ci compte beaucoup moins qu&rsquo;avant dans le budget des clubs, il ne représente plus rien à côté des recettes des droits télé ou du sponsoring. Pourtant, c&rsquo;est lui qui fait la popularité du foot, c&rsquo;est lui qui remplit les stades.</p>
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