Pour les buteurs fantasques, habituels ou occasionnels, la célébration de but reste un moment à part. Certains se concertent, y réfléchissent avant le match, d’autres agissent sur le fait, souvent surpris. Attaquants, milieux de terrain, défenseurs, personne ne peut rester insensible à l’émotion que procure le but (à part si on s’appelle Mario B.). Explosions de joie, rituels, danses, mises en scène, de Batistuta à Maoulida en passant par d’obscurs Islandais, vous allez bientôt tout savoir sur la célébration de but. Après le succès du premier et du second épisode, voici l’ultime, le dernier, le tome suprême, le tome 3 allant de la lettre « P » à la lettre « Z ». Profitez.

Poteau de corner : Clara Morgane le mettrait là où on pense. Magloire le mettrait là où on pense. Les footballeurs en font un tout autre usage (sauf Yoann Gourcuff). Objet de fantasme pour certains, le poteau de corner est surtout un accessoire pour les buteurs. Urinoir pour le Nigérian Finidi, objet central de la danse des Africains ou des Sud-Américains, il est aussi le sceptre de Thierry Henry, qui, lorsqu’il marquait, se dirigeait vers celui-ci et le tenait, bras tendu. Ce poteau de corner, c’est un peu le totem des footballeurs, l’objet central de la célébration de but, le petit accessoire en plus. Les poteaux de corner c’est aussi le surnom des joueurs de l’AS Nancy Lorraine.

Rien : si certains seraient prêts à faire de la trottinette sur la tête autour de l’Etna, si certains sautent au plafond comme Picsou devant un tas de pièces d’or, d’autres s’en branlent. C’est le cas de Mario Balotelli. Mario s’en branle, Mario est blindé. Mario fait la gueule, estimant juste que marquer est son métier et qu’il n’est pas nécessaire d’en rajouter. Et Mario a un jeu vidéo à son nom, il a toutes les pièces qu’il veut. Fuck Picsou. Lui c’est Mario Balotelli, et toi, t’es qui putain ?

Robot : le fiancé de la belle Abigail Clancy, Peter Crouch, est un footballeur hors pair. Non je déconne. Par contre niveau danse, il assure. Ainsi, après chacun de ses buts, il offre à la Terre entière une démonstration de smurf, ou plutôt, si l’on veut être précis, de Popping. Un peu de culture : « Smurf est une appellation erronée du popping. Cette appellation ne s’est répandue qu’en France et en Allemagne. Cette erreur tient son origine de la bande originale américaine du film Les Schtroumpfs (The smurf aux Etats-Unis), qui était titrée Let’s Do The Smurf (« Imitons les Schtroumpfs » en français) et dont le clip montre des « poppers » (danseurs de popping). En France le clip a été montré dans un sujet du journal de 20h dans lequel on présentait une nouvelle danse nommée « le smurf » – le titre de la séquence -, alors qu’il ne s’agissait que du nom américain des Schtroumpfs. Ce qui a conduit à une assimilation complètement fausse de la danse Poppin’ comme s’appelant le smurf. » Merci Wikipedia. Imitant le robot, l’un des dérivés du popping (la danse du robot peut aussi se faire à partir du bopping et du dime stopping, allez comprendre) l’attaquant anglais est désormais surnommé Robot Crouch. En fait James Deano avait tort en déclarant que « les blancs ne savent pas danser ».

Salto : le salto est à la célébration de but ce que le nem est à la gastronomie chinoise. Plus ou moins long, plus ou moins haut, avec plus ou moins de pirouettes, les buteurs s’exécutent dans la joie et l’allégresse. Les exemples les plus connus restent Miroslav Klose, qui commence vraiment à se faire vieux. Pour l’anecdote, Guy Roux a, un temps, interdit à ses joueurs de célébrer les buts de la sorte. Enfin en même temps, c’est pas Grichting et Jean-Sébastien Jaurès qui auraient pu faire ça.

Salut nazi : « Je suis fasciste, mais pas raciste. Je fais le salut romain pour saluer mes camarades et ceux qui partagent mes idées. Ce bras tendu n’est pas une incitation à la violence ou à la haine raciale. » Telle fut l’argumentation de Paolo Di Canio après avoir célébré son but face au rival éternel de l’AS Roma. Belle argumentation vous allez me dire. Mais cela n’a pas suffit à la ligue italienne qui prendra la décision de suspendre l’attaquant un match et de lui infliger une énorme amende de… 10 000 euros. Heureusement qu’il recommença ce geste à deux reprises face à la Juve et face à Livourne, sinon il aurait été traité de faux facho. Di Canio, fou furieux du foot, capable de bousculer un arbitre en plein match et d’arrêter le jeu suite à la blessure du gardien adverse alors qu’il allait marquer, a collaboré à l’image fasciste que tout le monde se fait de la Lazio. Chose complètement fausse. Ce n’est pas comme si les supporters avaient déjà insulté des joueurs de couleur… Di Canio est d’extrême droite, il s’est même tatoué DVX (Duce, c’est à dire le surnom de Mussolini). Dommage, à une lettre près, il aurait voué un culte à un rappeur américain. Et puis tous les goûts sont dans la nature, il existe des joueurs de droite, de gauche, du CPNT. donc pourquoi pas un joueur d’extrême droite ? Di Canio a fait une seule erreur : mélanger football et politique. Et ça personne ne doit le faire. Sauf Stéphane Mbia bien sûr.

Sniffer : si Kate Moss et Jean-Luc Delarue le font à merveille dans le monde du show-biz, c’est bien l’Anglais Robbie Fowler qui s’en tire le mieux dans le monde footballistique. Retour vers le futur. Lors du derby de la Mersey Everton-Liverpool en avril 1999, l’attaquant anglais célèbre son but en sniffant la ligne de sortie de but devant les supporters d’Everton qui avaient colporté le fait que celui-ci était cocaïnomane. Pour ce geste, Fowler écopera de quatre matchs de suspension de la part de la FA. Après une carrière bien remplie outre-Manche il rejoindra l’Australie, la Thaïlande puis l’Inde. Putain je crois bien qu’il en prend encore. Une chose est sûre, s’il refait cette célébration, Robbie perdra un maximum de Fowl(low)ers. Mais là n’est pas le plus drôle. Suite à cette célébration, pour prendre la défense de son joueur, le cardiaque Gérard Houllier affirmera que « c’était une célébration camerounaise qui consistait à manger la pelouse, apprise de son coéquipier Rigobert Song ».

Sucer : ici, ne sera pas question de Zahia. Ici, ne sera pas question de la célébration de but de Gaëtane Thiney (ça pourrait être drôle ). Donc toi, lecteur coquin, passe ton chemin. Ici, nous parlerons de choses beaucoup plus saines et mignonnes : les buteurs qui sucent leur pouce après chaque but. Les deux exemples les plus connus sont Francesco Totti et André-Pierre Gignac.

Totti, idole romaine, effectue ce geste en hommage à ses enfants Cristian et Chanel. Bel homme, belle gueule, belle femme, père exemplaire, l’Italien a tout pour lui. Ses 274 buts resteront dans les mémoires de tous, ainsi que cette si belle célébration. Il suce son pouce à toutes les sauces. Totti-Frutti.

André-Pierre Gignac, idole marseillaise, effectue ce geste parce qu’il a faim. Incapable de rester 90 minutes sans manger, il fourre son pouce dans le beurre de cacahuète avant le match histoire d’avoir quelque chose à grailler dès que l’occasion se présente. Bon, dernièrement, le pot de beurre de cacahuète n’a pas diminué. Mais il a dû fourrer autre chose ailleurs puisqu’il a eu deux enfants dont un se nomme André-Pierre Junior. Comble du mauvais goût. Plus sérieusement, c’est à ses deux « galm » (enfant en gitan) qu’il rend hommage lors de cette célébration. Gignac, un joueur qui n’a pas faim de buts.

Telo, Michel : c’est la nouvelle hype des célébrations. Révélation du net avec sa chanson « Ai se eu te pego », le chanteur brésilien envahit les terrains de football. Sa danse est reprise par les footballeurs, de Cristiano Ronaldo à Neymar en passant par Robinho et Rémy Cabella. C’est quand même àa qu’on voit que les footballeurs ont des goûts de chiottes. Ce n’est pas Souleymane Diawara, qui écoute du Patrick Sébastien, qui vous contredira. Ah Michel Telo, si j’te choppe…

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Voiture : si Jean-Philippe Sabo rentre dans Clio, sa femme, Antoine Griezmann, lui, rentre dans l’Opel. En janvier 2011, l’attaquant français de la Real Sociedad marque son premier but contre le Deportivo La Corogne. C’est alors qu’il se dirige vers l’Astra stationnée sur la piste d’athlétisme. Le joueur, avant le début du match, avait prévu le coup en veillant à ce que la voiture, présente pour un jeu concours, reste ouverte au cas où. Cette célébration que l’on avait jamais vu et qu’on ne reverra jamais fera le tour du web, contribuant à la renommée du jeune joueur. Cette inventivité, c’est ce que l’on appelle le Griezmann-Power. En espérant qu’il ne connaisse pas le chômage et qu’il confirme. Qu’il ne passe pas de l’astre(a), à l’étoile filante…

Zorro : Moncef Zerka, un nom qui fleure bon la lose. En même temps, il a joué à Nancy et en Grèce. Partout où il est passé il a signé ses buts d’un Z qui veut dire Zerka. Loin d’être un Tornado sur le terrain, il était plutôt Bernardo. Muet, devant le but. En Grèce pourtant, ils auraient plus besoin d’un autre héros, du genre Robin des Bois, celui qui vole aux riches pour donner aux pauvres. Le marocain évoluerait désormais aux États-Unis où il joue le rôle du super héros Zerkaman, dont la spécialité est l’invisibilité.

C’est ici que se termine ce lexique qui a eu beaucoup de succès. Je vous incite à relire, repartager les trois tomes et ainsi faire de la pub à La Madjer. En espérant vous avoir fait découvrir ou redécouvrir ces célébrations de buts, je vous dit à très bientôt pour un nouveau lexique. Ce sera du lourd, comme un symbole de la poitrine de Loana.

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2 réponses

  1. deux pieds décollés dit :

    Très bien vu d’avoir considéré que « rien » était une célébration – la plus travaillée peut-être!
    Doit-on intégrer « toiser » dans la catégorie « rien »? Et risquer de réunir les absurdes « toiser » d’Henry, et le grand « toiser » de Canto?
    http://www.dailymotion.com/video/x1vl4b_le-plus-beau-but-de-cantona_sport?start=19#from=embed

  2. jojofoot225 dit :

    Le camerounais Roger Milla se permettrait une petite danse http://www.youtube.com/watch?v=ptFgSROs05w

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