A pour Abruti : ne parlons pas tout de suite mal de Balotelli, attaquant fanfaronesque de Manchester City, mais plutôt du public italien qui n’a jamais vraiment bien toléré le garçon. Seul noir à Brescia quand il était petit, il a était le révélateur d’une Italie souffrant de relent fasciste. En témoigne les banderoles des tifosis de la Juventus adressées au joueur de l’Inter Milan : « Non ci sono negri italiani » autrement dit « Il n’y a pas de nègres italiens ». Les politiques italiens ont répliqué en parlant d’une génération Balotelli pour exprimer le métissage de l’Italie.
B pour Buteur : Mario Balotelli reste dans la mémoire des amateurs de football pour ses frasques mais oublient les qualités de buteur du joueur. Avec 13 buts en 22 matchs cette saison, l’Italien a inscrit au total 55 buts en 147 rencontres.
C pour Cesare Prandelli : le sélectionneur de l’Italie en voit de toutes les couleurs avec l’attaquant de Manchester City. Lassé de toutes ces histoires, l’expulsion de Balotelli contre Tottenham (il a marché sur Scott Parker) fut le coup de trop. Suite à cela, Prandelli décide de ne pas le sélectionner pour le match face aux États-Unis : « Il y a des règles qui sont les mêmes pour tout le monde. A force de répéter les choses, je me fatigue. Pour moi c’est un titulaire mais il doit apprendre à gérer sa personnalité ».
D pour Edin Dzeko : le Bosnien arrive en star à City à l’hiver 2011 et se place en titulaire. S’il explose tout au début de la saison 2011-2012, Dzeko est rapidement rattrapé par Balotelli avec qui il échangera sa place sur le banc de touche. Super Mario est devenu quasiment indiscutable mais son comportement pourrait lui jouer des tours très prochainement.
E pour Exclusion : 22 matchs, 8 cartons jaunes, 2 cartons rouges. Balotelli s’est montré agressif et dangereux à plusieurs reprises comme lors de ce récent match contre Arsenal que la french touch effarouchée a encore bien en tête. Alex Song aussi. Cet incident accentuera les tensions avec Roberto Mancini qui déclara ne plus vouloir le faire jouer jusqu’à la fin de la saison.
F pour Féroé : on en est à la sixième lettre et toujours pas la moindre petite blague du trublion italien. Réjouis-toi. En septembre 2011, lors d’un match international comptant pour les éliminatoires de l’Euro 2012, Mario sur le banc est tellement captivé par le jeu de son équipe qui affronte les Iles Féroé qu’il sort son iPad. Prandelli ne le fera jouer que six minutes.
G pour Ghana : né de parents Ghanéens, le vrai nom de Balotelli est Barwuah. Il changera de patronyme après que ses parents biologiques l’aient confié à une famille d’accueil à l’age de deux ans. Pour le mondial 2010, le sélectionneur du Ghana essaie de le convaincre de venir jouer pour son pays d’origine. Mario Balotelli balaie finalement la proposition en déclarant : « Je suis né en Italie, je me sens Italien, je joue et jouerai toujours pour l’Italie. »
H pour Humilité : tu te plaignais qu’il n’y ait pas assez de blagues dans cet abécédaire. Placer le mot humilité dans un article sur Mario Balotelli n’est pas assez drôle pour toi ? Saura-t-on un jour si Balotellol est sérieux dans son arrogance ou s’il pense que chaque match est un peu du théâtre et qu’il faut offrir du spectacle burlesco-grotesque au public ? Est-ce que sa manière calme de fêter ses buts exprime le fait qu’il ait la grosse tête ou alors est-il seulement humble et préfère-t-il ne pas trop se la raconter ? Réponse peut-être : « La seule fois où je fêterai un but, ça sera en finale de la Coupe du Monde ».
I pour Inter Milan : trois matchs professionnels dans les jambes et voilà que Mario plante un doublé contre l’Atalanta Bergame puis un autre contre la Juventus Turin en Coupe d’Italie. Résultat, il file jouer en Serie A aux côtés d’Ibrahimovic. Là-bas, il claque un de ses plus beaux buts contre le Rubin Kazan en Ligue des Champions, compétition qu’il gagne avec José Mourinho. Finalement il quitte l’Italie pour Manchester City avec trois titres de champion national dans les valises en plus de sa Coupe d’Europe après avoir encore souffert du racisme dans les stades.
J pour Joke : nous y voilà, enfin un point dédié aux frasques du garçon. Lorsqu’il jouait pour l’Inter Milan, Mario a participé à une émission de télé où il s’est attiré les foudres des supporters nerrazzuri en revêtant le maillot du Milan AC (son club de cœur). Passons sur les fléchettes lancées sur des stagiaires de City ou sur les feux d’artifices que tout le monde connaît. Parlons plutôt des 27 contraventions, soit 11 000€, qu’il a reçu ou de ce match Italie–Uruguay servant à présenter le nouveau maillot de la Squadra Azzurra où Mario reviendra sur le terrain en seconde période avec l’ancienne tunique italienne. Il y a aussi la magnifique tentative d’humiliation du gardien des Los Angeles Galaxy qui foire totalement. Une tentative qui fera péter un plomb à Mancini.
K pour Kolarov : je repense au mot humilité placé plus haut et je te laisse admirer cette vidéo :
L pour Lumezzane : ce club évoluant en troisième division italienne a vu naître le talent de Balotelli, passant par les juniors de 2001 à 2006 avant de devenir pro. Lumezzane a également compté Simone Inzaghi et Christian Brocchi dans ses rangs.
M pour Manchester City : parce qu’il est le joueur le plus médiatisé du club hors des terrain, malheureusement. Il a rejoint City et Roberto Mancini en 2010 pour 28 millions d’euros. Après une semaine en Premier League, Balotelli marque deux buts et se fait expulser. Le public de City est fixé, super joueur mais super con.
N pour Noir : dans un récent article rédigé par So Foot, on apprend que Mario Balotelli a longtemps vécu dans le déni de sa couleur de peau. Ses parents adoptifs devaient le déclarer chaque mois devant l’État italien. Il avait peur de devoir partir en Afrique. Lorsqu’il se dessinait, il avait la peau rose. Si Balotelli est autant introverti c’est aussi sûrement parce qu’il a grandi avec un complexe identitaire dans un pays pas forcément réceptif à ce genre de chose.
O pour Opposition : s’il a du mal avec l’autorité sur les terrains, il a également du mal avec celle de ses coachs qui se sont tous arrachés les cheveux même en se montrant le plus psychologue possible. Même José Mourinho à l’Inter Milan n’y est pas parvenu. Roberto Mancini a toujours eu du mal à gérer le garçon en ne le punissant que par amendes sévères. Le joueur est trop précieux pour pouvoir se passer de lui. Surtout cette saison avec un Dzeko déclinant et l’affaire Carlos Tevez.
P pour Palerme : les infos se font rare sur le cas Balotelli. Du coup avec cette lettre P, tu apprendras qu’il est né à Palerme le 22 août 1990.
Q pour Quotient Intellectuel : si beaucoup trouvent Balotelli dénué de réflexion et de neurones, on peut tout de même penser à cette fois où il a offert le plein d’essence à des automobilistes ou ce 24 décembre qu’il a passé dans une petite église de Manchester. Et puis à un joueur de foot on lui demande de marquer des buts pas de parler ou de réfléchir.
R pour Roberto Mancini : Roberto et Mario, ça sonne un peu comme Nico et Luis pour les amateurs des Guignols de Canal+. De l’amour et de la haine, de la passion et de l’incompréhension. On ne sait pas trop où ils vont tout les deux mais on sait qu’ils ne se lâcheront jamais. Ils se sont rencontrés lorsque Mancini était coach de l’Inter Milan et se sont retrouvés quelques années plus tard. Les deux Italiens sont un peu comme un père et son fils. Balotelli pourra toujours faire des conneries, le coach pardonnera. Le genre d’histoire qui pourrait faire un beau scénario pour un film français. Ou gay suivant vos tendances.
S pour Squadra Azzurra : ira t-il à l’Euro cet été ? Il est clair que pour le moment il verra l’Ukraine et la Pologne depuis sa télé. Difficile d’envisager une place en vue de la grosse concurrence que représentent Di Natale, Pazzini, Osvaldo et compagnie.
T pour Tim Cocker : surtout pas de la famille de Joe Cocker, ce bon vieux Tim est animateur dans une station radio de Manchester. Chaque matin il donne la parole à des habitants de la ville pour raconter une anecdote sur Balotelli.
U pour Unique : ton défi après lecture de cet article, sera de citer un joueur du calibre de Balotelli. Non, on ne parle pas de ses joyaux familiaux, voyons.
V pour Vingt-deux ans : à 22 ans et avec son vécu privé médiatique et footballistique, Mario pourrait aussi être un surdoué. Polyvalent, technique, imposant dans la surface, rapide et efficace. Son style de jeu pourrait bien s’affiner et faire briller totalement le joueur.
W pour Why always me ? : dévoilée sous son maillot après avoir marqué contre United lors du fameux 6-1, cette phrase est ressortie à chaque fois que Mario s’est distingué en bien ou en mal. Une provocation qui est assurément la plus classe qu’il ait faite. Ou la plus indigne. Comme vous voulez.
X pour Xaverian : le Xaverian College a vu Balotelli s’arrêter sur le parking et aller soulager une envie pressante.
Y pour Yaya Touré : parce que Balotelli montre son affection en mettant des claques.
Z pour Zlatan Ibrahimovic : parce qu’on pourrait adapter la phrase du Suédois à l’Italien : « Moi c’est Mario et toi t’es qui putain ? »






