<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>La Madjer &#187; Dans le soupirail</title>
	<atom:link href="/category/dans-le-soupirail/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://lamadjer.fr</link>
	<description>Décalé sur l&#039;aile et décisif dans l&#039;axe</description>
	<lastBuildDate>Wed, 29 Apr 2015 02:22:49 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=4.2.7</generator>
	<item>
		<title>Stream Fighter</title>
		<link>https://lamadjer.fr/stream-fighter/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/stream-fighter/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2015 02:21:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Alterfoot]]></category>
		<category><![CDATA[BeInSport]]></category>
		<category><![CDATA[Canal+]]></category>
		<category><![CDATA[Streaming]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=18178</guid>
		<description><![CDATA[Il est devenu un outil indispensable pour suivre tout le football sans payer un rond. Il est à la fois Roumain, Russe, Arabe et avec un peu de bol Français. Il est un symbole de résistance face à l’oppression des droits télé. Lui, c’est le streaming. « Quelqu’un a un...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/stream-fighter/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il est devenu un outil indispensable pour suivre tout le football sans payer un rond. Il est à la fois Roumain, Russe, Arabe et avec un peu de bol Français. Il est un symbole de résistance face à l’oppression des droits télé. Lui, c’est le streaming.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/stream-fighter/stream/" rel="attachment wp-att-18265"><img class="aligncenter size-full wp-image-18265" src="/wp-content/uploads/2013/04/Stream-e1364911313442.jpg" alt="Stream" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« Quelqu’un a un bon lien » ? Les week-ends, les soirs de Ligue des Champion, bref, quand il y a du foot qui passe en crypté, ces quelques mots sont devenus communs. Tout le monde sur Twitter et ailleurs cherche à avoir la meilleure qualité possible, la cam&rsquo; supérieure, éventuellement en Français (même si avec Sport Dub c’est devenu optionnel), au pire en Anglais, et s’il n’y a rien on prend même du Roumain. Après de longues années de recherches, après avoir jonglé d&rsquo;une qualité « très médiocre » à « MAIS PUTAIN ON VOIT MÊME PAS LE BALLON MERDE », après avoir trimé pour en arriver là, j’estime avoir dans mes favoris une liste conséquente de sites fiables. Encore heureux.</p>
<p style="text-align: justify;">N’ayant jamais eu de télévision (hormis celles du bar d’à côté ou des voisins) pour suivre le football, le streaming est venu bousculer mon quotidien footballistique qui se résumait à une époque pas si lointaine à « Onze Mondial » (pour les posters, qui ont sans doute provoqué chez beaucoup le tiraillement de choisir une des deux faces à afficher dans sa chambre) et les multiplex d’Europe 1 (je ne compte pas le nombre de fois où j’ai cru que Saccomano allait clamser). Et oui, chez moi le streaming sert aussi à regarder la Coupe de France sur France2.fr et CJP sur TF1Live.<br />
Mon rapport foot-télé est une histoire compliquée. J’ai assisté à la finale de 98 sur un écran qui hésitait entre la couleur et le noir et blanc, dans un bar perché dans les Alpes à 1200m d’altitude. Mes Champs-Elysées à moi. Après l’Euro 2000 chez la famille, la Coupe du Monde 2002 et son France-Sénégal un jour d’école est une sorte de jubilation personnelle, où tout le monde à la récré du midi se retrouve dans ma situation quotidienne. Le but de Diop, on est beaucoup à l’avoir vécu l’oreille tendue sur une radio branchée sur RMC. Aujourd’hui la situation a changé. Je n’ai toujours pas de télé, pourtant je ne rate plus un match qui m’intéresse. Le streaming m’a sauvé.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Radins ou résistants ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Mais ne nous voilons pas la face, le streaming vient surtout permettre à des radins de ne pas dépenser un radis pour Canal ou BeIn et regarder tranquillou Ligain, Premier League ou Ligue des Champions. Il n’y a pas si longtemps, TF1 avait les droits de la L1 pour Téléfoot (vous mentez en niant que Kashmir des Led Zep’ n’éveille pas en vous un sentiment nostalgique) et la priorité sur la LDC (et la F1 mais c’est une autre histoire). Aujourd’hui, CJP n’a plus que Valbuena en Bleu quatre fois par ans pour se pignoler. Pour voir du foot en quantité (et qualité) et sans passer par le « CFC », en clair certes, mais plus passionné par les polémiques sur l’arbitrage et un but d’Ibrahimovic à toutes les sauces que par les résumés des matchs, il faut payer. Et payer cher. Deux abonnements sont nécessaires pour suivre dans son intégralité le football européen : non, merci. Internet, c’est un seul paiement mensuel, et en plus du foot on peut y faire plein d’autres trucs chouettes.</p>
<p style="text-align: justify;">On y arrive finalement : le streaming ne serait-il pas, après tout, une sorte de symbole de l’alter-foot ? Le rejet des chaines que sont Canal ou BeIn, le refus de payer un peu plus à chaque fois en choisissant le streaming illégal peut être perçu comme étant un acte délibéré de protestation, une manière de dire « stop ». Certes, le foot n’est plus le sport populo qu’il était, et qu’il devrait être, cependant l’accumulation de fric à claquer pour le suivre dans sa quasi intégralité est devenue indécente. Le streaming est une alternative. « Allez vous faire voir, je paierai pas pour ce que vous me proposez » est un bon résumé.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, que ça soit pour combler le manque de télévision, la pauvreté, ou pour exprimer un rejet du « tout-fric » actuel, le streaming est désormais ancré dans les pratiques des amateurs de foot (hormis ceux qui sont assez friqués pour se payer BeIn et Canal). La qualité s&rsquo;améliore, et l&rsquo;on est de moins en moins obligés à trouver un lien un peu moins pourrave que le précédent pour cause de « chaîne bannie ». Alors pour finir, j&rsquo;aimerais remercier tous les anonymes qui jouent leur vie pour permettre à des gens comme moi de regarder les matchs, en diffusant illégalement. Continuez comme ça les mecs, vous êtes bons.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/stream-fighter/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Liguain &#8211; 25ème journée : classe classieuse et classique</title>
		<link>https://lamadjer.fr/liguain-25eme-journee-classe-classieuse-et-classique/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/liguain-25eme-journee-classe-classieuse-et-classique/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2015 02:21:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Geoffrey]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[3ème mi-temps]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Bilan]]></category>
		<category><![CDATA[Ligue 1]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=17644</guid>
		<description><![CDATA[A chaque journée son bilan. Frustrés par des années d’annotations et de commentaires désobligeant relayés par le corps professoral, nous avons décidé de nous venger sur la Ligue 1. Ne cherchez pas la logique dans nos commentaires, il n’y en a pas. LES RÉSULTATS DU DEVOIR Brice 2-0 Charles X...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/liguain-25eme-journee-classe-classieuse-et-classique/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>A chaque journée son bilan. Frustrés par des années d’annotations et de commentaires désobligeant relayés par le corps professoral, nous avons décidé de nous venger sur la Ligue 1. Ne cherchez pas la logique dans nos commentaires, il n’y en a pas.</strong></p>
<h3 style="text-align: justify;">LES RÉSULTATS DU DEVOIR</h3>
<p style="text-align: justify;">Brice <strong>2-0</strong> Charles X</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Enfin, Nice est adoubé comme l&rsquo;un des souverains de la Liguain</em></p>
<p style="text-align: justify;">Sans Alessandrini <strong>2-2</strong> Avec Boudebouz</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Maghreb connection, Rai&rsquo;Nb Fever 5</em></p>
<p style="text-align: justify;">Jannot ? <strong>0-3</strong> Jérémy ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Depuis ces deux départs, tout va mieux, merci pour eux !</em></p>
<p style="text-align: justify;">E Ta Gueule <strong>0-1</strong> Grandes Gueules</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Et on ne parle pas des branques de RMC&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">A.K.A <strong>1-3</strong> Lil Wayne</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les consanguins valent bien la West/East Cost</em></p>
<p style="text-align: justify;">Val en chien <strong>0-0</strong> Vil gay</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Match romantique par excellence</em></p>
<p style="text-align: justify;">Troy <strong>0-0</strong> Basta</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Lanfeust de Troyes</em></p>
<p style="text-align: justify;">Fondleau <strong>0-2</strong> Breizh Cola</p>
<p style="text-align: justify;"><em>C&rsquo;est la faute à l&rsquo;Europa League.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Simba<strong> 3-1</strong> Biscuits La Trinitaine</p>
<p style="text-align: justify;"><em>C&rsquo;est la faute à l&rsquo;E&#8230; Ah non.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Paris SG &#8211; Marseille</p>
<h3 style="text-align: justify;">PRENEZ EXEMPLE SUR VOS CAMARADES, OU PAS</h3>
<p style="text-align: justify;">Corchia Poulard Digne</p>
<p style="text-align: justify;">Larsen Touré</p>
<p style="text-align: justify;">Ghezzal</p>
<h3 style="text-align: justify;">LES TRUCS WHAT DE FUQUE</h3>
<p>-La pelouse de Valenciennes, aussi bien entretenue que le ticket de métro de Maïté.</p>
<p>-Le plongeon gracieux de Larsen Touré vers Lamine Sané pour obtenir (avec succès) le péno du 2-0. TF1 hésite à en faire une émission de télé-réalité.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">LES RAYONS DE SOLEIL</span></h3>
<p>-Brandao qui empile les buts avec l&rsquo;ASSE. Mais bon, trop maladroit, trop lent pour l&rsquo;OM hein. Comme dirait Raymond, bande de cons !</p>
<p>-Muratori touché aux adducteurs. Si si. Il sera probablement absent mercredi face à Minguettes-Vénissieux. Le football vrai dans toute sa splendeur.</p>
<p>-Belhanda qui rejoue au football. Et il marque l&rsquo;unique but du match.</p>
<p>-L&rsquo;action du premier but brestois, qui se termine par un csc de Trémoulinas. Comme si Delacroix avait terminé &laquo;&nbsp;La liberté guidant le peuple&nbsp;&raquo; au stylo feutre.</p>
<h3>ILS AMUSENT LA GALERIE</h3>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr"><p>&laquo;&nbsp;Je suis la fille de Raymond Goethals et je vais vous chanter La Bonne du Curé, une fois&nbsp;&raquo;.</p>
<p>— Jean-Michel Thomas (@JeanMichelToma) <a href="https://twitter.com/JeanMichelToma/status/305432291214245889">23 février 2013</a></p></blockquote>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr"><p>Bonne messe à tout ceux qui iront ce matin!!</p>
<p>— Nicolas III (@Barcalogue) <a href="https://twitter.com/Barcalogue/status/305610275409772544">24 février 2013</a></p></blockquote>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr"><p>EXCLUSIF David Beckham a repris des chocopops</p>
<p>— Stéphane Kohler (@StephaneKohler) <a href="https://twitter.com/StephaneKohler/status/305590827474886656">24 février 2013</a></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/liguain-25eme-journee-classe-classieuse-et-classique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Gerrard n&#8217;est, n&#8217;était et ne sera jamais une légende</title>
		<link>https://lamadjer.fr/gerrard-nest-netait-et-ne-sera-jamais-une-legende/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/gerrard-nest-netait-et-ne-sera-jamais-une-legende/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2015 17:28:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Valentin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Liverpool]]></category>
		<category><![CDATA[Steven Gerrard]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=19752</guid>
		<description><![CDATA[Récit à caractère merveilleux, où les faits historiques sont transformés par l&#8217;imagination populaire ou l&#8217;invention poétique. &#8211; Définition de légende dans le dictionnaire Larousse Entre nous, soyons honnêtes, Steven Gerrard a été un merveilleux milieu de terrain, mais l&#8217;imagination populaire ne pourra jamais l&#8217;empêcher de glisser sur cette passe maladroite...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/gerrard-nest-netait-et-ne-sera-jamais-une-legende/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Récit à caractère merveilleux, où les faits historiques sont transformés par l&rsquo;imagination populaire ou l&rsquo;invention poétique.</p></blockquote>
<p style="text-align: right;"><strong>&#8211; Définition de légende dans le dictionnaire Larousse</strong></p>
<p style="text-align: right;"><a href="/wp-content/uploads/2015/01/Gerrard.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-19757" src="/wp-content/uploads/2015/01/Gerrard.jpg" alt="Gerrard" width="1031" height="580" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Entre nous, soyons honnêtes, Steven Gerrard a été un merveilleux milieu de terrain, mais l&rsquo;imagination populaire ne pourra jamais l&rsquo;empêcher de glisser sur cette passe maladroite de Mamadou Sakho, le 27 avril 2014. C&rsquo;est dur, mais c&rsquo;est pourtant cette affreuse image qui risque d&rsquo;être longtemps &#8211; indéfiniment ? &#8211; associée à sa fin de carrière.<span id="more-19752"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Son départ de Liverpool a la fin de la saison 2014-2015 ne me fait même pas mal. C&rsquo;était inéluctable. Il devait partir. La saison précédente était un grand-huit émotionnel avec une fin sans espoir. Jamais il n&rsquo;aura été aussi proche de remporter le dernier trophée qu&rsquo;il lui manque. Peut-on être une légende lorsque l&rsquo;on est incomplet ? Je ne crois pas. Steven Gerrard restera inachevé jusqu&rsquo;à la fin de ses jours, jamais il ne soulèvera le trophée de la Premier League.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais n&rsquo;est-il pas un magnifique perdant ? Evidemment, j&rsquo;exagère. Il a gagné tous les tournois nationaux et européens, se payant même le luxe d&rsquo;être le seul joueur à avoir marqué dans chacune de ses finales. Seulement, chacune de ses tentatives d&rsquo;arracher le dernier et le plus important des trophées a invariablement tourné à l&rsquo;échec rageant. Paradoxalement, plus il s&rsquo;en rapprochait, plus je l&rsquo;aimais dans la douleur.</p>
<p style="text-align: justify;">Steven Gerrard n&rsquo;était pas une légende. Il était un sacrifié pour l&rsquo;équipe, pour le staff, le stade et la ville. Il était ma raison d&rsquo;aimer le football. Et sa raison d&rsquo;y jouer tenait de la mort de son cousin lors du drame d&rsquo;Hillsborough. Il confiera en 2009 à la BBC que c&rsquo;est en voyant la réaction de sa famille à l&rsquo;annonce de la disparition de Jon-Paul qu&rsquo;il est devenu le joueur qu&rsquo;il était. Son approche du jeu sur le terrain reflétait son interprétation du football. Il était au service des autres. Il était celui qui réfléchissait le plus. Il était ce capitaine respecté dans son vestiaire. Il était le joueur généreux prêt à combler la montée d&rsquo;un joueur ou au contraire à apporter le surnombre numérique en attaque. Il était essentiel.</p>
<p style="text-align: justify;">Steven Gerrard n&rsquo;est pas une légende. Il est une icône. Il ne laisse pas d&rsquo;héritage au football mais des souvenirs. Ses transversales au point de fuite millimétré. Son visage marqué, sombre et anxieux qui s&rsquo;illuminait soudainement lorsque ses calculs s&rsquo;avéraient justes et que la défense adverse éclatait. Ses glissades sur l&rsquo;herbe, poings serrés, direction le poteau de corner. Ses baisers à la coupe aux grandes oreilles, aux caméras, à Fernando Torres, à Luis Suarez. Ses frappes claquées depuis les 30 mètres. Son goût immodéré pour Phil Collins.</p>
<p style="text-align: justify;">Steven Gerrard ne sera pas une légende. Il est au-delà. Il sera un spectre, un voile omniprésent à Anfield. Il sera une âme supplémentaire, à côté de Bill Shankly, de Ian Rush, Kevin Keegan, Kenny Dalglish, Jamie Carragher, quelque part dans les gradins, dans les esprits et les coeurs.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/gerrard-nest-netait-et-ne-sera-jamais-une-legende/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Nassim Akrour, l&#8217;éternel</title>
		<link>https://lamadjer.fr/nassim-akrour-leternel/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/nassim-akrour-leternel/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2015 14:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Akrour]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe de France]]></category>
		<category><![CDATA[Grenoble]]></category>
		<category><![CDATA[marseille]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=19735</guid>
		<description><![CDATA[À quelques jours maintenant du retour de Grenoble au premier plan, face à l’OM en Coupe de France, beaucoup de choses ont changé depuis la dernière confrontation entre les deux clubs. Mai 2010 : pour sa dernière apparition en Ligue 1 jusqu’à aujourd’hui, Grenoble s’incline 2-0 au Vélodrome (des buts de...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/nassim-akrour-leternel/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>À quelques jours maintenant du retour de Grenoble au premier plan, face à l’OM en Coupe de France, beaucoup de choses ont changé depuis la dernière confrontation entre les deux clubs. Mai 2010 : pour sa dernière apparition en Ligue 1 jusqu’à aujourd’hui, Grenoble s’incline 2-0 au Vélodrome (des buts de Niang et Ben Arfa). Une nouvelle défaite (25 en tout cette saison-là), alors que de l’autre côté du terrain l’OM fête un titre qui lui échappait depuis près de 20 ans. Depuis, une saison de Ligue 2 catastrophique, une relégation directe en CFA2 signée « DNCG » et une galère hebdomadaire pour retrouver les sommets. Mais si une chose n’a pas changé, c’est bien Nassim Akrour. Auteur de 13 buts en deux saisons en Ligue 1, celui qui a fêté ses 40 ans en juillet dernier est revenu (après trois saisons passées à Istres) l’an dernier filer un coup de main à son club de toujours. Entretien.</strong><span id="more-19735"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/nassim-akrour-leternel/akrour/" rel="attachment wp-att-19737"><img class="aligncenter size-full wp-image-19737" src="/wp-content/uploads/2015/01/Akrour.jpg" alt="Akrour" width="899" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous êtes en tête de votre poule de CFA avec le GF, et sur le plan personnel, tu es en grande réussite avec neuf buts marqués.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est bien pour le club de nous voir en tête. L’important, c’est d’être premier. Après, marquer ces buts, c’est toujours flatteur&#8230; C’est toujours positif au niveau du mental. Mais je préfère ne pas marquer et que le club monte. J’aimerais vraiment retrouver ce que j’ai vécu avec Grenoble, pour que les jeunes qui jouent avec moi aujourd’hui connaissent le haut niveau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On dit souvent que la CFA est un championnat dur et rugueux. On le voit quand les équipes viennent jouer au Stade des Alpes…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Personnellement je ne le vois pas comme un championnat difficile, car j’ai connu le haut niveau. Par contre, ce qui est compliqué, c’est de jouer avec des joueurs qui n’ont pas connu ce haut niveau. C’est par le jeu qu’on remporte les matchs. On joue avec les qualités que l’on a. Dans notre groupe de CFA, certaines équipes ont l’envie de jouer, d’autres non. Parfois, quand le ballon ne fait que passer au-dessus de ta tête, c’est pas facile.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu es revenu l’an dernier, mais tu as vécu une saison plutôt compliquée&#8230; Comment l’expliques-tu ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai pas eu de grosse préparation. Je l’ai faite seul dans mon coin, au mois d’août. Je n’ai pas pu faire de matchs amicaux, du coup j’ai eu pas mal de petits pépins dans la saison.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu fascines beaucoup de gens par ta longévité. Tu as conscience que tes performances peuvent avoir un écho national ? Et quel est ton « secret » pour être encore à ce niveau à 40 ans ? Tu te fixes une limite d’âge ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>(Rires)</em> Je ne sais pas trop si mes performances ont un impact national, je ne me focalise pas là-dessus. Pour ce qui est de la longévité, il n’y a pas de secret. Ça se joue au niveau de l’hygiène de vie, du professionnalisme et de l’envie. Après, je n’ai pas fait de centre de formation, je ne suis pas blasé. Quand arrêter ? C’est le corps qui est dirigeant, pour l’instant je me sens bien. Mon objectif est de faire tout mon possible pour que le club et les jeunes réussissent à remonter. J’ai beaucoup de bons souvenirs ici (montée en Ligue 1, buts somptueux contre Rennes, le PSG), et ça ne bougera pas. C’est pour ça que je suis revenu à Grenoble. J’y suis bien, il y a un beau projet. J’y ai passé beaucoup de temps. Quand ça va bien, pourquoi partir ?</p>
<p><iframe src="//www.youtube.com/embed/zR6Doigo_08" width="420" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec le recul des années, quelle est ta vision du monde du football aujourd’hui ? Il a beaucoup évolué ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, il a beaucoup changé depuis que j’ai commencé, ce n’est plus la même mentalité. Mais je ne critique personne, il y a beaucoup de jeunes à l’écoute, qui ont envie d’apprendre. D’autres non. Au GF38, on est un groupe avec beaucoup de cadres. Il faut toujours être derrière les jeunes, mais parfois on n’a pas le temps…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Parlons de l’équipe d’Algérie. Tu as été l’un des premiers bi-nationaux à aller avec les Fennecs. Quel est ton sentiment là-dessus ? Et quel est ton regard sur la sélection maintenant ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai passé de très bons moments avec des joueurs comme Djamel Belmadi, Omar Belbey, Maamar Mamouni ou Abdelhafid Tasfaout. Il fallait construire quelque chose avec les locaux. Ça a marché, car les jeunes Franco-algériens aujourd’hui y vont. Ça a ouvert les portes aux autres. Derrière, la fédération et les dirigeants ont contacté les jeunes. J’espère que ça va évoluer encore, aujourd’hui on voit que les dirigeants étrangers se succèdent à la chaîne à la tête de l’équipe. Christian Gourcuff a un travail très important. Être entraîneur et sélectionneur, ce n’est pas la même chose. Le jeu a beaucoup progressé ces dernières années. Il apporte son expertise tactique.</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est bien que l&rsquo;Algérie soit très attendue&nbsp;&raquo;</span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au niveau de la CAN, les Fennecs ont hérité d’un groupe assez relevé…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tous les groupes de la CAN sont relevés. Les meilleurs d’Afrique sont là. C’est bien que l’Algérie soit très attendue. Mais une CAN et une Coupe du Monde, ça n’a rien à voir. Au niveau du contexte, des stades, des arbitres… Ils ont changé de lieu au dernier moment, les stades ne sont pas prévus pour ça. J’espère que tout va bien se passer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu as été en sélection sous les ordres de Rabah Madjer. C’était une bonne expérience ? Tu te vois dans le staff comme Yazid Mansouri ?<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai connu ma première sélection avec lui. Je le regardais à la télévision quand il jouait au Racing Club de France, à Colombes. Ce n’était pas un échec, ils ne l’ont pas laissé travailler. Les dirigeants prennent leurs décisions, c’est les aléas du football. Mais pour moi il a fait du bon travail. Pour ce qui est de faire partie du staff, ils ne m’ont pas contacté. C’est très bien pour lui, ça marche. Moi, peu importe…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Revenons sur ta carrière en club. Tu as eu un début atypique, en partant dans les divisions inférieures anglaises. Comment ça se fait ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça s’est fait un peu sur un coup de tête. Je jouais à Colombes, en DH, puis à Noisy-le-Sec en National. Je n’avais pas beaucoup de temps de jeu, et j’avais fini mes études et l’armée. Du coup je suis parti en Angleterre. Ça m’a appris l’agressivité, un autre jeu. On apprend de tout, partout. Je suis revenu en France parce que ça me manquait. J’ai fait un essai à Istres, et c’était concluant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu as tout vécu ici à Grenoble. La montée, la descente, le dépôt de bilan…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’était dur pour beaucoup d’employés au club qui ont perdu leur emploi, mais aussi pour certains joueurs qui n’ont pas retrouvé de club et qui ont dû arrêter. C’est dommage aussi pour les jeunes, le centre de formation a dû fermer et ils sont partis un peu partout, avec la réussite qu’on connaît. L’objectif est de passer ce pont vers le National. Il faut reconstruire le club, et un centre de formation si jamais on retrouve un statut professionnel. En tout cas, je l’espère.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Propos recueillis par <a href="https://twitter.com/mdebeaux">Martial Debeaux</a>, avec <a href="https://twitter.com/Paul_Dejala">Paul Arrivé</a>.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/nassim-akrour-leternel/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Lyon, aussi supporté qu’insupportable</title>
		<link>https://lamadjer.fr/lyon-supporte-insupportable/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/lyon-supporte-insupportable/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2014 09:07:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Aulas]]></category>
		<category><![CDATA[Derby]]></category>
		<category><![CDATA[grand stade]]></category>
		<category><![CDATA[Lyon]]></category>
		<category><![CDATA[lyonnais]]></category>
		<category><![CDATA[Olympique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=19682</guid>
		<description><![CDATA[Club roi de la dernière décennie, l&#8217;Olympique Lyonnais cherche aujourd&#8217;hui à négocier sa sortie des projecteurs, voire à l&#8217;écourter. En construisant un projet censé lui redonner son lustre d&#8217;antan, le club a réussi à s&#8217;assurer le soutien de sa base la plus fidèle, mais à quel prix ? Dans le reste du...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/lyon-supporte-insupportable/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Club roi de la dernière décennie, l&rsquo;Olympique Lyonnais cherche aujourd&rsquo;hui à négocier sa sortie des projecteurs, voire à l&rsquo;écourter. En construisant un projet censé lui redonner son lustre d&rsquo;antan, le club a réussi à s&rsquo;assurer le soutien de sa base la plus fidèle, mais à quel prix ? Dans le reste du pays, l&rsquo;agacement à l&rsquo;égard d&rsquo;un club qui n&rsquo;a plus les moyens de son arrogance se fait sentir. En parfaite subjectivité, nous avons essayé de comprendre les points de vue de deux camps plus opposés que jamais.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-19682"></span></p>
<h3><a href="/lyon-supporte-insupportable/aulas2/" rel="attachment wp-att-19699"><img class="size-full wp-image-19699 aligncenter" src="/wp-content/uploads/2014/12/aulas2.jpg" alt="aulas2" width="900" height="450" /></a></h3>
<h3 style="text-align: justify;"></h3>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Lyon, l’Olympique lové</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jadis roi de la jungle du football hexagonal, Lyon ressemble aujourd’hui moins au félin souverain qu’à un gros chat aux griffes émoussées, roulé en boule, somnolant à moitié comme pour mieux rêver du futur. Pourtant, loin des gloires passées, les Lyonnais font plus que de s’accommoder de la situation : ils la savourent.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Ce qui d’abord est gloire à la fin est fardeau »</em>, écrivait Victor Hugo dans <em>La Légende des Siècles</em>. A trop vouloir écrire celle du début du XXIe siècle footballistique, l’Olympique Lyonnais s’exposait évidemment à connaître un retour à la réalité aussi brutal qu’abrupt. Quand, lors du jubilé de Juninho, le virage Nord de Gerland se met à genoux pour implorer la légende du club de rester, il y a déjà un peu de cette chute. Comme si le club renonçait au 8<sup>e</sup> titre inscrit sur le dos désormais tourné de son meneur emblématique. Pourtant, dès 2007, l’emblématique Jean-Michel Aulas avait annoncé vouloir ériger à Decines-Charpieu le théâtre de ses rêves, comme pour mieux capitaliser sur les succès alors encore nombreux de son équipe. La suite, malheureusement, est connue de tous : entre grognes assourdissantes et embourbements administratifs, le Stade des Lumières reste dans l’ombre d’un placard jusqu’en 2012, date d’obtention du permis de construire. Déjà trop tard.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Lyonnais sont acculés sur le terrain, mais aussi en coulisses. Dans le service comptabilité, loin des rentrées d’argent incessantes de la grande époque, on fait les bilans, calmement, en se remémorant chaque instant. Pourtant, le verdict tombe à chaque exercice, implacable, et les pots de départs se succèdent inlassablement. La liste des joueurs partis entre 2009 et 2014 ressemble plus à un panthéon du club qu’à un dégraissage. Evidemment, tout l’argent accumulé ne sera pas réinvesti dans l’équipe mais dans le stade, le club souhaitant être propriétaire de son bâtiment, quitte à en payer le prix fort. Une équipe qui perd tous ses leaders pour nourrir un projet invisible des supporters, une descente au classement en même temps que l’avènement d’un PSG taillé pour la gloire : l’OL semble promis à un destin funeste. Pourtant, c’est dans cette terre en apparence brûlée que pousseront des sentiments jusqu’ici inconnus entre Rhône et Saône. Après l’ouverture à outrance d’un club attirant les opportunistes curieux, les zones d’ombre permettent de se recentrer sur soi-même. En ne cherchant plus à être l’identité de la France, Lyon peut enfin partir à la recherche de la sienne.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le déclin de l&rsquo;Empire</span></h4>
<p style="text-align: justify;">Si la stratégie empreinte de jeunisme du club est souvent décrite comme plus subie que choisie, elle est pourtant au cœur du statut acquis par le club auprès de ses supporters. Bien sûr, les Diarra, Tiago, Essien, aujourd’hui durablement installés dans le cœur des rhodaniens, n’étaient pas plus lyonnais qu’un kouign-amann. Bien sûr, il serait honteusement mensonger d’affirmer que les résultats n’étaient pas la première cause de popularité de l’OL d’il y a 10 ans. Mais en observant les joueurs ayant des places de choix dans le panthéon lyonnais se dégage souvent une capacité à s’ancrer dans le paysage local. Inutile d’insister sur la caution locale de Karim Benzema, mais la capacité de Juninho à se fondre dans le décor est, elle, assez significative. Plus qu’un club compétitif, le Brésilien a trouvé un cadre de confort et de confiance, et sa capacité à s’inclure dans le tableau transparait dans <a href="https://www.youtube.com/watch?v=E6P7AEb2KBk">les images de son jubilé</a>. L’attachement ne suffisait évidemment pas à assurer une carrière entre Rhône et Saône, comme peuvent en témoigner le nombre de jeunes débarqués d’un club à l’équipe première alors quasi inaccessible. Mais plus qu’un choix par défaut, la recherche de symbiose identitaire entre l’équipe et la région correspond au retour d’une valeur certes reléguée au second plan, mais toujours présente.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste le plan le plus délicat, le nerf d’une guerre en apparence perdue : le déclin sportif. Après avoir goûté trop longtemps à la victoire sans partage, après avoir été élevé sans apprendre à partager le gâteau, le retour à la réalité aurait pu être fatal pour les Lyonnais. Malgré l’appui d’un bassin démographique important, la perte d’aura sur le plan national est irrémédiable. Un dicton lyonnais affirme parfois que les opportunistes à Lyon ne sont pas ceux qui sont arrivés en 2002, mais ceux qui sont partis en 2009. Pourtant, un élément a permis de conserver l’espoir chez les fidèles inamovibles : le Stade des Lumières. Aimant bipolaire, il attire à lui les plus sombres désillusions comme les plus fols espoirs.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">OL eyes on me</span></h4>
<p style="text-align: justify;">Comme un âne continuant d’avancer inlassablement vers la carotte se balançant devant lui, le Lyonnais accepte les pires privations sportives au nom de ce stade où il pourra un jour s’époumoner en chantant la gloire de son équipe. Si les dernières années ont été plutôt bien acceptées par les supporters, c’est d’abord parce qu’elles étaient prévues : faire le dos rond, se priver d’éléments moteurs pour récupérer de l’argent, tout cela était inévitable. Bien sûr, l’avènement financier et sportif de Paris, voire Monaco, n’étaient pas dans les plans, et l’objectif de continuer à accrocher la Ligue des champions chaque année s’en est trouvé violenté. Mais compte tenu des années de disette initialement promises, les performances lyonnaises apparaissent presque comme une bonne surprise. A maintenant à peine plus d’un an de son déménagement, l’OL n’a pas quitté le club des 5 de la Ligue 1. Et tant pis pour les accidents de parcours : pour ce chantier, quelque part dans l’Est lyonnais, on pourrait presque tout accepter. Même une récente défaite dans l’iconique derby semble se fondre dans la promesse d’une dynamique prometteuse. Si le plan s’avère moins profitable que prévu, on pourra s’interroger sur le fait de mener coûte que coûte un projet avec 5 ans de retard, dans un contexte totalement bouleversé. Pourtant, tout ne serait alors pas perdu. On dit parfois que le voyage importe moins que la destination : même si les Lyonnais ne parviennent plus à gagner autant qu’avant, ils auront au moins réappris à perdre.</p>
<p style="text-align: justify;">La cote d’amour de l’OL auprès de ses sympathisants se situe quelque part au croisement de ces éléments : en ne survolant plus la scène nationale, le club s’est rapproché de ses soutiens. Dans son malheur, il a appris à ne plus vouloir plaire au plus grand nombre, et a profité des investissements toujours très élevés dans sa formation pour basculer très rapidement son image. Comme pour mieux se protéger des critiques extérieures, l’OL s’est replié sur lui-même, a cultivé une touche locale jadis éclipsée par la lourde attente de résultats, quitte à saborder violemment les symboles du passé. En 5 ans, le symbole sur le déclin a réussi à renverser la tendance, et à donner aujourd’hui l’image d’une jeunesse conquérante, forcément séduisante aux yeux de son public. Mais cette patience, cette capacité à faire le dos rond n’auraient sûrement pas été les mêmes sans l’aura d’une figure centrale dans ce projet : Jean-Michel Aulas. L’homme qui a amené l’OL dans des contrées jusqu’alors jamais explorées jouit d’une telle cote de confiance qu’il a réussi à faire croire les Lyonnais à un projet encore aujourd’hui très risqué. Peut-être est-il même la clé de cette étonnante confiance des rhodaniens en leur club : au crépuscule d’une carrière de Président au bilan exceptionnel, c’est certainement le dernier cadeau qu’ils peuvent lui faire.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter wp-image-19700 size-full" src="/wp-content/uploads/2014/12/gradins.jpg" alt="Du béton et des rêves." width="939" height="626" /><br />
<em>Du béton et des rêves.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Ce Lyon aboie mais ne mord pas</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Intouchable hier, Lyon est peu à peu rentré dans le rang et semble vivre dans le souvenir de son glorieux passé proche. Absent de la scène européenne cette année pour la première fois en 18 ans, l’Olympique Lyonnais s’est aussi fait lentement une belle place dans le club fermé de ceux qu’on aime détester. Pour tout un tas de raisons.   </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Tu vois, de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas »</em>, écrivait Fuzati. Une chose est sûre, Lyon ne laisse pas indifférent. Largement supporté dans l’hexagone (sur le podium, derrière Paris et l’OM d’après les dernières études de popularité), il prend aussi, petit à petit, une sacrée place dans le classement de la « hate » chez les fans adverses. Pourtant, difficile d’en expliquer les raisons… Jalousie diront les Lyonnais ? Peut-être un peu, pourtant, à l’aune de la domination de l’OL en Ligue 1, les Gones ne suscitaient que nouvelles vocations (tournées depuis vers le PSG) ou indifférence générale. Il existait clairement une certaine lassitude de voir inlassablement la même équipe rafler le Graal à la fin de la foire, mais de la jalousie ? Pas au point de rejeter le club comme ça peut être le cas aujourd’hui. Dans la situation d’un supporter de l’OM, c’est encore plus étrange. Lyon pourrait représenter un allié crédible dans l’optique de barrer la route du PSG (ou, potentiellement, de Monaco), mais au contraire, il est devenu « l’adversaire à abattre ». Comme s’il projetait sur Lyon la frustration de voir le club de la capitale s’éloigner pas à pas hors de sa portée (et ce malgré l’excellente saison actuelle, sous l’impulsion de l’arrivée de Marcelo Bielsa). Au lieu de devenir l’associé, il est devenu le rival. Un Régis un peu cheap. Par défaut.</p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxalement, plus l’OL décline, plus on le déteste. Justement parce qu’il devient un adversaire de premier plan (après avoir été inaccessible sept années durant) pour les prétendants aux places européennes ? Lyon absent pour la première fois depuis longtemps de la scène européenne, mais Lyon choc immanquable, quasiment au niveau de celui du PSG deux semaines plus tard, face à l’OM. Comme tous les ans ? Pire encore, et sans doute pour la première fois à un tel niveau d’attentes. Les mentalités changent, et les Rhodaniens réussissent une prouesse qu’ils n’avaient pas réellement accomplie entre 2002 et 2008 : ils entrent enfin dans le panthéon des clubs honnis, symbole d’une vraie reconnaissance. Le tout récent classement des clubs de L1 par popularité place d’ailleurs l’OL à la 13<sup>e</sup> place (avec, certes, 80% de bonnes opinion et un score en hausse), assez loin devant l’OM (17<sup>e</sup>) et le PSG (19<sup>e</sup>), mais tout de même. Alors qu&rsquo;ils auraient pu capitaliser sur l&rsquo;arrivée massive de sympathisants indolents au milieu des années 2000, les revoilà au niveau d&rsquo;un club moyen de Ligue 1, aussi loin de clubs historiques (Nantes et Saint-Etienne, en tête de classement) que des monuments qui suscitent l&rsquo;amour et la violence. Une insupportable tiédeur pour la majorité des Français, une haine froide de la part de leurs rivaux olympiens : pour un club qui rêvait de tirer profit de la fièvre jadis mise au championnat français, l&rsquo;échec est réel.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le talent survendu</span></h4>
<p style="text-align: justify;">Ils le doivent sans doute un peu à Rémi Garde (pourtant intéressant dans son rôle), insupportable comme rarement (René Girard ?) avec le corps arbitral l’an dernier, que les plaintes soient justifiées ou non (en vrac : <em>« On perd la finale sur une erreur d’arbitrage. »</em> (finale de Coupe de la Ligue, 19 avril dernier) ; <em>« Le derby on l’a perdu mais je considère qu’on a été volés sur ce match et qu’on ne l’a pas complètement perdu. On n’avait pas trop envie d’en parler parce qu’on s’est habitués à se faire voler deux semaines avant. »</em> (après Monaco et Saint-Étienne, en mars et avril derniers) ; mais aussi après Tottenham en février, Lorient en mai… Un violent enchaînement). Beaucoup s’en souviennent pour ces coups de sang déplacés plus que pour son boulot admirable avec un groupe composé quasi-exclusivement de jeunes pousses qu’il aura aidées à grandir. Il l’a cherché, lui qui aura passé 3 ans dans le championnat de France sans dévoiler autre chose de sa personnalité qu&rsquo;une grande capacité de plainte.</p>
<p style="text-align: justify;">Un peu aussi à leur propension à survendre en permanence leurs jeunes, certes talentueux pour certains, mais être formé à Lyon ne transforme pas un joueur en « promis au très haut niveau ». Certes Lyon tourne bien après un début calamiteux, certes compte tenu de l’effectif c’est un petit exploit, certes c’est remarquable. Mais mon collègue et néanmoins ami Nicolas l’a évoqué : cette situation est plus subie que voulue (« Oh, Stade des Lumières… »). Problème, la bonne forme actuelle de la plupart de ces jeunes pousses n’est pas nécessairement synonyme de future grande carrière comme beaucoup aiment à le penser, et l’étaler. Fekir, Lacazette, Tolisso, Gonalons, Umtiti, Bahlouli, N’Jie, Lopes, Ferri, Benzia, Grenier… Si la régularité de certains est notable cette saison, l’avis sur les autres suit le sens du vent, un coup génies, un coup gênants. Si les bilans comptables de Lacazette et Fekir sont intéressants, ils permettent surtout de masquer les carences de leurs congénères, qui suivent par bonheur la spirale positive. Cette saison n’a même pas encore désigné son champion d’automne qu’on nous vend et survend certains des éléments suscités comme des cracks. Plus dure sera la chute ?</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aulas on me</span></h4>
<p style="text-align: justify;">Enfin, dernier symbole de cette vague anti-OL, « M. Le Président ». Canonisé par ses adeptes quand les autres prient pour le voir crucifié, Jean-Michel Aulas, capable de faire venir un huissier de l&rsquo;autre bout de la France pour constater la pelouse avant un match qu&rsquo;il sent mal engagé, reste au fond le leader charismatique que tous les clubs aimeraient voir à la tête de leur projet. Indéboulonnable, engagé, provocateur, de mauvaise foi et même assez rigolo, il incarne à lui seul ce qu’on aime dans un sens, déteste de l’autre. Même le projet lyonnais, son projet, de miser sur la jeunesse et le centre de formation afin de construire pierre par pierre un stade qui lui appartiendra, au détriment des résultats, ne peut qu&rsquo;être applaudi (et est d&rsquo;autant plus agaçant ?) puisqu&rsquo;il fonctionne plutôt bien pour l&rsquo;instant. Lyon reste dans le haut du panier sans pour autant pouvoir réellement lutter, comme tout le monde en Ligue 1, à armes égales avec le PSG ou l&rsquo;ASM de l&rsquo;an passé. Au moment de faire les comptes, dans le Stade des Lumières, l&rsquo;OL pourrait bien avoir une nouvelle raison de fanfaronner.</p>
<p style="text-align: justify;">En somme, c’est un ensemble de petites choses qui font que le statut de Lyon dans le cœur de ses rivaux est passé de « indifférence » à « animosité sans limite ». Et cette dernière grandit de plus en plus. Ils sont nombreux aujourd’hui à espérer voir Lyon se casser la gueule bien salement. Comme un retour de flamme après une domination sans partage ? Sans doute un peu. Plus que de la jalousie, c’est presque « justice » que l’on demande, pour avoir trop souvent vu la Ligue 1 se faire maltraiter par le grand Lyon. Dernier exemple en date : le derby face à Saint-Étienne. Sans doute plus pour défendre nos propres intérêts qu’autre chose, nous étions légion ce soir-là, sur les réseaux, à nous réjouir de la défaite de Lyon plutôt que de la victoire des Verts. La rançon du succès.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="/lyon-supporte-insupportable/football-toulouse-vs-lyon-ligue-1-25112012/" rel="attachment wp-att-19708"><img class="aligncenter  wp-image-19708" src="/wp-content/uploads/2014/12/RemiGardearbitre.jpg" alt="FOOTBALL :  Toulouse vs Lyon - Ligue 1 - 25/11/2012" width="900" height="600" /></a><a href="/?attachment_id=" rel="attachment wp-att-19707"><br />
</a><em>Rémi Garde, bouche bée devant tant d&rsquo;indifférence</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Paul &amp; Nicolas</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/lyon-supporte-insupportable/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Madjer présente : la Boîte à Larqué</title>
		<link>https://lamadjer.fr/la-madjer-presente-la-boite-a-larque/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/la-madjer-presente-la-boite-a-larque/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2014 17:52:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[boite à meuh]]></category>
		<category><![CDATA[Larqué]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=19623</guid>
		<description><![CDATA[On a tous un peu grandi avec lui. Entre l&#8217;Équipe de France, la Ligue des Champions, ses duos avec Thierry Roland ou Gilardi, ses tournois du dimanche et ses anecdotes, Jean-Michel Larqué fait partie de la famille de tous ceux qui suivent de près ou de loin le foot depuis...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/la-madjer-presente-la-boite-a-larque/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/la-madjer-presente-la-boite-a-larque/jml/" rel="attachment wp-att-19625"><img class="aligncenter size-full wp-image-19625" alt="JML" src="/wp-content/uploads/2014/08/JML.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p>On a tous un peu grandi avec lui. Entre l&rsquo;Équipe de France, la Ligue des Champions, ses duos avec Thierry Roland ou Gilardi, ses tournois du dimanche et ses anecdotes, Jean-Michel Larqué fait partie de la famille de tous ceux qui suivent de près ou de loin le foot depuis des années. Parfois drôle, parfois touchant, parfois navrant (quand même), nous lui rendons hommage aujourd&rsquo;hui, pour ses répétitions, ses répétitions, ses répétitions, ses répétitions, ses coups de sang, ses montées d&rsquo;adrénaline et tout le reste. Liste non-exhaustive de pourquoi, au fond, on l&rsquo;aime bien Jean-Mimi.</p>
<p><a href="/laboitealarque/" target="_blank">La Boîte à Larqué, c&rsquo;est ici.</a></p>
<p><em>Merci à Xavier Martin, et envoyez-nous vos suggestions pour faire grandir cette initiative. </em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/la-madjer-presente-la-boite-a-larque/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>749</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Belgique, pays du surréalisme &#8211; J&#8217;ai qualifié mon club en l&#8217;éliminant</title>
		<link>https://lamadjer.fr/belgique-pays-du-surrealisme-jai-qualifie-mon-club-en-leliminant/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/belgique-pays-du-surrealisme-jai-qualifie-mon-club-en-leliminant/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2014 16:51:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mario]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe de Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Naast]]></category>
		<category><![CDATA[Provinciale]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=19588</guid>
		<description><![CDATA[Nous avons souvent l&#8217;habitude de nommer &#171;&#160;derbies&#160;&#187; des rencontres où deux clubs d&#8217;une même ville &#8211; ou d&#8217;un même village &#8211; s&#8217;affrontent. Parfois, cette extension reste même valable pour des parties voyant s&#8217;affronter des équipes distantes de quelques centaines de kilomètres. Mais, dès lors, comment nomme-t-on une rencontre entre deux...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/belgique-pays-du-surrealisme-jai-qualifie-mon-club-en-leliminant/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Nous avons souvent l&rsquo;habitude de nommer &laquo;&nbsp;derbies&nbsp;&raquo; des rencontres où deux clubs d&rsquo;une même ville &#8211; ou d&rsquo;un même village &#8211; s&rsquo;affrontent. Parfois, cette extension reste même valable pour des parties voyant s&rsquo;affronter des équipes distantes de quelques centaines de kilomètres. Mais, dès lors, comment nomme-t-on une rencontre entre deux formations identiques ? Une rencontre où l&rsquo;équipe 1 affronte l&rsquo;équipe 2 ?<span id="more-19588"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/belgique-pays-du-surrealisme-jai-qualifie-mon-club-en-leliminant/img_3455-2/" rel="attachment wp-att-19600"><img class="aligncenter size-full wp-image-19600" alt="IMG_3455 2" src="/wp-content/uploads/2014/08/IMG_3455-2.jpg" width="3264" height="1344" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En Belgique, pays de la foutaise et du déluge administratif par excellence, deux formations issues du même club peuvent s&rsquo;affronter. Et ça donne parfois naissance à une situation plutôt cocasse. A la limite de l’embarrassant. <em>La Madjer</em> avait rendez-vous, dimanche soir, en terre hennuyère. A quelques minutes à peine de l&rsquo;Hexagone, pour un match de coupe aux allures particulières.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant toute chose, il nous semble nécessaire de vous expliquez quelques notions théoriques de base, afin de mieux comprendre la Belgique du football.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">En théorie&#8230;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Actuellement, le football du Royaume est partagé en huit divisions. Quatre divisions nationales : la Jupiler Pro League (D1), la Proximus League (D2), les Divisions 3 (divisées en deux séries de 18 équipes) et les Promotions (D4, divisées en quatre séries de 16 équipes). Les quatre divisions restantes sont des divisions appelées &laquo;&nbsp;provinciales&nbsp;&raquo;. Elles regroupent les formations par provinces. Un exemple, les équipes du Hainaut jouent entre-elles, les équipes anversoises jouent entre-elles, etc. Après, il n&rsquo;est pas excepté que ces divisions provinciales soient partagées en différentes séries géographiques. Quoiqu&rsquo;il en soit, les séries ne changent en rien le niveau de la formation. Une équipe évoluant en deuxième provinciale (série) E évolue au même niveau sportif qu&rsquo;une équipe évoluant au deuxième provinciale (série) D.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus globalement, les divisions nationales portes la lettre &laquo;&nbsp;D&nbsp;&raquo; (pour Division) et les divisions provinciales portes la lettre &laquo;&nbsp;P&nbsp;&raquo; (pour Provinciale). Ne soyez donc pas surpris si l&rsquo;on vous déclare <em>&laquo;&nbsp;La P4 est une division de bouchers&nbsp;&raquo;</em>. Traduction : <em>&laquo;&nbsp;En quatrième provinciale, les joueurs sont des barbares&nbsp;&raquo;</em>. Normal, après tout, il s&rsquo;agit de la dernière division du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà une première parenthèse fermée. Ouvrons-en une autre. Une courte, de préférence, afin de vous faciliter la tâche. Il existe différentes coupes, en Belgique. Même si la plus connue est&#8230; la Coupe de Belgique. Elle regroupe un grand nombre de formation du pays. Pour qu&rsquo;une formation de P1, P2, P3 ou P4 puisse évoluer en Coupe de Belgique, elle se doit de passer plusieurs tours, l&rsquo;année précédent la Coupe de Belgique, dans la coupe de sa province. Car oui, en Belgique, toutes les équipes ne participent pas à la Coupe de Belgique. C&rsquo;est con. Mais c&rsquo;est du belge.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, dernière information (et non des moindres), un club peut aligner deux équipes fanions dans les championnats. Vulgairement, une équipe &laquo;&nbsp;A&nbsp;&raquo; et une équipe &laquo;&nbsp;B&nbsp;&raquo;. Sauf, bien entendu, les formations de première et deuxième division nationale. C&rsquo;est un joyeux bordel.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/belgique-pays-du-surrealisme-jai-qualifie-mon-club-en-leliminant/img_3438/" rel="attachment wp-att-19604"><img class="aligncenter size-full wp-image-19604" alt="IMG_3438" src="/wp-content/uploads/2014/08/IMG_3438.jpg" width="3264" height="2448" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Madjer</em> avait donc rendez-vous, dimanche soir, à Naast, en Coupe du Hainaut pour voir s&rsquo;affronter Naast B (P4) et Naast A (P2). Si vous avez bien compris nos explications, vous comprendrez aisément l&rsquo;affiche et l&rsquo;enjeu du match d&rsquo;hier soir. Si pas, relisez les notions théoriques de base. Si, toujours pas, retenez simplement qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un match de coupe entre deux mêmes formations. Un cas unique au monde, ou presque.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">En pratique&#8230;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Il y a un problème majeur (enfin, s&rsquo;il n&rsquo;y en avait qu&rsquo;un) dans le football belge : les hautes instances pondent des lois qu&rsquo;ils ne testent pas. Ce qui a, souvent, tendance à provoquer des vides juridiques. Premier exemple, pour notre arrivée hier, au Sentier des Cinq Bonniers (le nom du stade du RSC Naast), une bien cocasse affaire animait les délégués des deux formations sœurs. Le programme informatique permettant de réaliser la feuille de match n&rsquo;admettait pas que Naast A puisse affronter Naast B. Si bien que le fameux programme (qui se voulait révolutionnaire, lors de sa mise en service) plantait à chaque tentative d&rsquo;encodage.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est donc à l&rsquo;ancienne que l&rsquo;on tente de se démener, du côté naastois, pour fournir à l&rsquo;arbitre (et au journaliste), ladite feuille de match. Problème, on ne retrouve plus de feuille de match à l&rsquo;ancienne. A une dizaine de minutes du coup d&rsquo;envoi du match, c&rsquo;est le doute qui règne. Jouera-t-on, finalement ?</p>
<p style="text-align: justify;">Au loin, la tenancière de la buvette s&rsquo;écrie : <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est bon, les gars, j&rsquo;en ai trouvée une dernière. Elle était collée sous une autre feuille. Ça fera l&rsquo;affaire. Mais c&rsquo;est la dernière des dernières.&nbsp;&raquo;</em> Soulagement. L&rsquo;épique rencontre aura bien lieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux abords du terrain, c&rsquo;est une belle foule qui s&rsquo;amasse. Tant du côté de la tribune centrale (trois gradins en béton, avec un toit) que de la tribune sud (une aubette, avec un barbecue éteint, à l&rsquo;abri de la pluie). A proximité des 22 acteurs, nous retrouvons également une dizaine de vaches, le champ du fermier voisin étant collé aux installations sportives du club. Décor planté.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/belgique-pays-du-surrealisme-jai-qualifie-mon-club-en-leliminant/vache/" rel="attachment wp-att-19602"><img class="aligncenter size-full wp-image-19602" alt="Vache" src="/wp-content/uploads/2014/08/Vache.jpg" width="2048" height="1536" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Sur le terrain, c&rsquo;est assez folklorique. Que ce soit en France, dans les divisions inférieures, ou en Belgique, c&rsquo;est identique. Le football est un langage universel. L&rsquo;arrière-gauche de Naast B a un beau bedon. Les coéquipiers en tribune, blessés et suspendus, suivent le match attentivement. Une, deux, voire trois ou quatre bières à la main. Gosier bien pendu. Malgré la pluie, il ne fait jamais trop froid pour boire un coup.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le débat est équilibré (dans ce le sens péjoratif du terme), Naast A ne mettra qu&rsquo;une vingtaine de minutes avant de déflorer la marque. Une frappe lointaine, venue des pieds de <strong>Duquesne</strong>, qui vaut, à elle seule, le déplacement. Nous n&rsquo;épiloguerons pas sur la réaction plutôt passive de <strong>Riguel</strong>, le portier local. Réduite à néant. Clairement, nous pouvons nous dire que ce but est pour sa pomme. Mais nous ne retiendrons que la beauté du geste de l&rsquo;attaquant adverse.</p>
<h3 style="text-align: justify;">En théorie, comme en pratique, c&rsquo;est à sens unique</h3>
<p style="text-align: justify;">Quelques minutes plus tard, le verrou de la seconde équipe a sauté : 0-2. Le coach des B tenta bel et bien d&rsquo;encourager ses hommes par un <em>&laquo;&nbsp;Ce n&rsquo;est pas fini, les gars&nbsp;&raquo;</em>. Mais personne n&rsquo;y croira. Pas même lui. Du coup, la suite de la mi-temps se résume à une multitude d&rsquo;opportunités plus dangereuses les unes que les autres, pour la formation A, visiteuse dans l&rsquo;intitulé du match. Ca se balade et ça plante un dernier but, avant la pause. Ça claque. A la mi-temps, c&rsquo;est 0-3 et <strong>Matthys</strong>, double buteur, se régale.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde période est à sens unique et, une fois encore, un but spectaculaire est inscrit. D&rsquo;une frappe galactique, venue de cinq ou six mètres du grand rectangle. Cette fois, le gardien n&rsquo;y peut rien. Match à sens unique oblige, l&rsquo;équipe B &#8211; qui avait réalisé ses trois changements à la pause &#8211; voit Riguel se blesser sur un dégagement anodin. Changement. Le quatrième. Et, pour l&rsquo;anecdote supplémentaire, le gardien qui se trouvait entre les perches de Naast B était le&#8230; second gardien de Naast A. Pas mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Tiens, d&rsquo;ailleurs, voilà qu&rsquo;on nous informe que <strong>Cuardens</strong>,  milieu récupérateur de cette même équipe B est, la plupart du temps, un titulaire indiscutable chez les A. Etant donné qu&rsquo;il revient de blessure, l&rsquo;entraîneur de Naast A a décidé de ne pas le cramer&#8230; et de le faire jouer avec les B. Logique.</p>
<p style="text-align: justify;">Si ce n&rsquo;est une belle mentalité de la seconde équipe, en deuxième période, malgré un score bien lourd, il n&rsquo;y avait rien de bien particulier à dire sur le second chapitre de la rencontre. Nous aurions, sans aucun doute, tout comme l&rsquo;entraîneur local, aimé voir ses protégés sauver l&rsquo;honneur. Ils le méritaient, après tout. Et puis, ce n&rsquo;est pas fair-play, de la part des A, de ne pas avoir laissé les frères planter un petit but. Ça ne coûtait rien&#8230; Et puis, nous n&rsquo;étions plus à un gag près. Le score final restera, sans aucun doute anecdotique. Mais, l&rsquo;air de rien, c&rsquo;est un foutu score de forfait : 0-5.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>PS : nous tenons à remercier le staff, les bénévoles et autres sympathisants nous ayant agréablement accueilli du côté du Sentier des Cinq Bonniers, pour cette agréable après-midi campagnarde.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/belgique-pays-du-surrealisme-jai-qualifie-mon-club-en-leliminant/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>61</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Grenoble : supporter, des sommets au sous-sol</title>
		<link>https://lamadjer.fr/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2014 13:44:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[CFA]]></category>
		<category><![CDATA[FootballVrai]]></category>
		<category><![CDATA[Grenoble]]></category>
		<category><![CDATA[IAS]]></category>
		<category><![CDATA[Ultras]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=19322</guid>
		<description><![CDATA[Il y a quelques années, Grenoble est tombé. Aujourd&#8217;hui, Grenoble est en train de se relever. Potentiellement premier de sa poule C en CFA, dans un championnat bordélique où même le premier non-relégable peut encore monter, le club espère rejoindre le niveau National l&#8217;an prochain. Ses supporters aussi. Eux, qui,...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a quelques années, <a href="/stades-louer-%C2%90%C2%90%C2%90episode-2-lisere-rude/">Grenoble est tombé</a>. Aujourd&rsquo;hui, Grenoble est en train de se relever. Potentiellement premier de sa poule C en CFA, dans un championnat bordélique où même le premier non-relégable peut encore monter, le club espère rejoindre le niveau National l&rsquo;an prochain. Ses supporters aussi. Eux, qui, au fil des années tourmentées du GF38, n&rsquo;ont jamais lâché.<span id="more-19322"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/rk-couv/" rel="attachment wp-att-19335"><img class="aligncenter size-full wp-image-19335" alt="RK COUV" src="/wp-content/uploads/2014/04/RK-COUV.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ligue 1, Ligue 2, CFA, CFA2, nouveau stade, dépôt de bilan… En à peine plus de cinq ans, le GF38 s’est construit une Histoire de club centenaire. Alors qu’il est à la porte d’un retour aux affaires en National (niveau qu’il n’a paradoxalement pas connu depuis près de 15 ans), rencontre avec ceux qui n’ont cessé de faire vivre le club : les Ultras du Red Kaos 1994, de Corte à Tokyo, en passant par Bauer.</p>
<p style="text-align: justify;">Un entretien réalisé avant la récente élection d’Eric Piolle, maire écolo qui inquiète le GF38 dans ses déclarations autour du Stade des Alpes et le possible retour au premier plan du club.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Red Kaos existent depuis combien de temps ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Red Kaos a été créé en 1994. J’aime bien dire qu’on est le seul groupe Ultra français à être né avant même notre club. Enfin c&rsquo;est surtout que notre club est jeune. Le GF38 c’est une fusion de deux entités, en 1997 : l’Olympique Grenoble Isère et le Norcap Olympique Grenoble. Pendant quatre ans, les Red Kaos supportaient l’OGI.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment vous avez vécu l’envolée du club vers la Ligue 1 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On est arrivé en Ligue 1 pas préparé en fait. La ville, le club, les supporters… En Ligue 2  à dix matchs de la fin du championnat, on a 12 points de retard sur Troyes je crois, on inaugure juste le Stade des Alpes, et finalement on monte. Ça nous a apporté plein de gens, le stade était quasiment plein tous les week-ends. On a eu confirmation à ce moment-là que Grenoble est une ville de foot. Le souci c’est que les Japonais d’Index connaissaient pas le ballon… Ils n’avaient pas les bonnes priorités. Y en a des choses à dire sur cette époque… En l’espace de quatre ans on a connu un changement de stade, une montée, une descente, une demi-finale de Coupe de France, une liquidation judiciaire… Ça fait beaucoup.</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;"><strong>&laquo;&nbsp;80 millions pour le stade des Alpes, c&rsquo;est une aberration [&#8230;] Ils ont foutu des écrans géants qui ont marché trois jours&nbsp;&raquo;</strong></span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et le Stade des Alpes alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça aussi c’est un beau bordel. Déjà sur ce projet, c’est la mairie de l&rsquo;époque qui a fait la différence. Le Stade des Alpes, c’est le bébé de Michel Destot (le désormais ex-maire de Grenoble) et de Didier Migaud (président de la Cour des Comptes). La mairie et la métro (communauté d’agglomération de Grenoble) ont porté le projet du stade et l’opposition leur a toujours reproché. Ensuite on a mis dix ans à valider la construction. T’avais des problèmes avec les architectes, des affrontements entre projets… Puis il y a eu la pression des écolos.  Ils ont occupé les arbres avec leurs cabanes au début du chantier pour protester contre la construction. Finalement on a replanté plus d’arbres qu’on en a coupé m’enfin bon… Nous on faisait partie de ceux qui militaient pour un nouveau stade. On a fait une manif’ à plusieurs centaines (350 personnes) en plein conseil municipal, on a filé des tracts… On voulait un stade, mais pas celui-là. Du coup on se retrouver à devoir le légitimer auprès des opposants, encore aujourd&rsquo;hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment ça ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bah déjà on pige pas où ils ont trouvé l’architecte. 80 millions pour ce stade, c’est une aberration. C’est une construction moderne, mais trop, c’est massif, c’est trop lisse, trop propre. C’est censé être un lieu populaire, marqué par rapport à la ville. Mais il n’a aucune identité. Il est joli et écolo quoi c’est tout. Et puis t’as des caméras partout… On nous a fait visiter pendant la construction pour nous faire plaisir et on a bien compris : tu peux lire la marque de cigarette de quelqu’un qui fume à 100m de la caméra quoi. Tu fais un tag, t’es sûr qu’en dix minutes il est effacé. Tu montres ce stade à quelqu’un, si tu vois pas les montagnes tu sais pas à qui il est. Tous les nouveaux stades c’est comme ça, faut que ça soit joli. Derrière Index en a profité pour faire sa vitrine high-tech. Ils ont foutu des écrans géants qui ont marché trois jours, on a des portiques électroniques qui ont marché deux matchs… Je sais pas pour combien d’euros on est descendu mais à mon avis ils sont là. Aujourd&rsquo;hui on va s&rsquo;attacher à tout faire pour le garder, parce que c&rsquo;est le nôtre, parce que la jeunesse a commencé à vivre certaines choses ici, et on va essayer de créer cette identité qui lui fait défaut.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que vous retenez de vos deux années en Ligue 1 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On a quand même de sacrés souvenirs. On a vécu des trucs de malade. Le 4-0 contre le PSG, la victoire à Sainté, le parcage à Marseille… toutes ces nouvelles têtes, des délires&#8230;Mais à côté de ça, tu montes en Ligue 1 et l’année d’après à une près tu battais le record européen de défaites consécutives (qui appartient à Manchester United depuis 1930-1931 avec 12 défaites de rang), derrière tu descends en Ligue 2 et t’es dernier du début à la fin, puis tu déposes le bilan, tu passes un été de fou et jusqu’au dernier moment tu sais pas si tu es en CFA, CFA2 ou même DH… C’est pour ça qu’il y a beaucoup de pessimistes ici. Mais il y a un potentiel de fou.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du coup après votre descente administrative vous reprenez en CFA2, et là le premier match à Corte il se passe un truc assez fou ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais on a commencé là-bas. On avait passé un été bordélique, une semaine avant on savait toujours pas où on jouait, on a eu que quelques jours pour construire une équipe et on part en Corse avec 12 joueurs sur la feuille. Enfin 11, le 12<sup>e</sup> c’était l’entraîneur des gardiens. Sur le terrain t’as un goal aux cages et l’attaquant c’était notre gardien remplaçant. Au bout du compte on gagne ce match quand même. On était 150 à les attendre au centre d&rsquo;entrainement. La CFA2 c’était une question de dynamique. Bon certains joueurs avaient le niveau au-dessus mais vue la gueule de l’intersaison on partait pas optimistes. Surtout qu’Olivier Saragaglia (l’entraîneur actuel) était parti à Chambéry pour ne pas jouer en DH, finalement on est en CFA2 donc il revient… Bref. Mais on s’est vite mis en place. On a été premier quasiment du début à la fin.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est plus compliqué en CFA par contre. L’an dernier vous aviez une sacrée poule…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais l’année dernière c’était dur. On avait la B du PSG, Strasbourg… Ça l’a pas fait. Mais on aurait dû monter quand même. En tout cas c&rsquo;était clairement l&rsquo;objectif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment vous analysez ce qui vous est arrivé ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On a pas tous le même avis là-dessus… T’en as dans le groupe qui vont dire que « c’est un mal pour un bien ». Mais globalement personne n’a kiffé ce qui nous est arrivé. Même si t’as effectivement des bons côtés dans ce malheur : moins de fric, moins de répression… C’est plus le même football. Mais il faut pas que ça dure trop longtemps. On commence déjà à se lasser. Tu sens que l’affluence peut baisser, si on remonte les gens reviennent mais en CFA ils vont rester un an, deux peut-être. Du coup ça nous impacte. Notre délire c’est le nombre, la masse. Quand on est 50-60 dans des stades champêtres c’est pas intéressant. Mais c’est le matelas des fidèles quoi.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/gf38_manif_1/" rel="attachment wp-att-19346"><img class="aligncenter size-full wp-image-19346" alt="gf38_manif_1" src="/wp-content/uploads/2014/04/gf38_manif_1.jpg" width="480" height="319" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous appréhendez la probable future saison en National ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est jamais trop tôt pour une montée. Dans un club bien structuré y a pas de raison que ça tourne pas si tu t’entoures des bonnes personnes. Ce que n’étaient pas le cas des Japonais. Prends une équipe comme Reims. Ils ont fait des années de D2 mais impossible qu’il leur arrive la même chose que nous. Parce que ça tient la route, ils ont une Histoire, des soutiens derrière… Le Havre c’est un peu la même chose. Mais Grenoble ne va pas mourir sans équipe de foot. La preuve c’est le rugby qui a la cote en ce moment. Mais ils ont connu un peu la même chose que nous. Ça doit être la région (<i>rires</i>).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On en revient au stade : comment on exploite une enceinte comme celle-là pour un club en CFA ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est compliqué d’affirmer ta légitimité quand t’es en CFA. Surtout quand t’as les écolos qui n’en démordent pas à son propos, mais qui font leur meeting de campagne là-bas. Enfin maintenant il est là, ils vont pas l’enlever… Bref. Faut savoir que le stade est géré par une boîte qui s’appelle Carilis maintenant. Ils sont là pour faire du profit. Du coup t’as des concerts : Johnny, David Guetta, ils vont ouvrir une brasserie, y a une zumba géante, des démonstrations de drones de l’armée… Le rugby y joue de plus en plus, y a eu un match de hockey aussi (le « Winter Game »). On est pas contre que ce stade s&rsquo;ouvre aux Grenoblois, au contraire. Mais le truc c’est que le GF38 attire quand même entre 2500 et 3500 personnes à chaque fois. Donc ils sont obligés de faire avec nous. Après on arrive à un point où on comprend les gens, il se passe rien à part un match de CFA qui intéresse pas grand monde dans ce stade… Mais on veut pas être les dindons de la farce dans l’histoire. On fait pas trop la fine bouche c’est notre stade, priorité au GF38. Après on verra bien. Pour l’instant ça va, mais avec la programmation des matchs de rugby… Tant que t’es pas en National ou D2 c’est dur de revendiquer quoi que ce soit. On a mangé dix ans d’alternance avec le rugby à Lesdiguières, on a construit ce stade pour le foot et finalement on retrouve les mêmes problèmes (d&rsquo;ailleurs, face à Mont-de-Marsan le week end du 12 avril, le GF38 évolue au stade Lesdiguières, quand le FCG accueille Montpellier au Stade des Alpes).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous regrettez Lesdiguières ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ça n’a jamais été vraiment notre stade, donc pas vraiment. Par rapport à certains aspects un peu quand même mais parce qu’il faut du temps pour s’approprier un nouveau stade. Il faut y vivre des choses pour marquer des générations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’idéal c’est de trouver un rapport comme celui du Red Star avec Bauer ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui c’est l’exemple type. Quand tu vois le rapport qu’ils ont avec leur stade… On est potes avec eux. On se tient au courant de ce qu’ils font. C’est un petit club mais avec une forte identité. C’est différent à Grenoble.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez perdu beaucoup de monde suite aux dernières années au sein du groupe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelques-uns. Mais au sein du groupe t’as beaucoup d’investis, de passionnés. Deux ans de CFA ne suffisent pas pour nous faire lâcher. Si on fait une série de dix ans comme Toulon par contre… Ça ne sera pas la même. Même Valence c’est triste ce qu’il se passe. Le délire c’est le monde, que ça bouge. Et en CFA, face à certaines équipes… Contre Valence ça ressemble à quelque chose, ils ont des supporters, des abonnés. Pareil face à Strasbourg l’an dernier où il y avait 7500 personnes. En Ligue 2 on avait joué contre Évian on s’était dit « c’est quoi ce club ? » alors quand tu joues leur B… Je comprends les mecs qui se disent « stop » au bout d’un moment. Tu vas voir des matchs où tu joues contre des boulangers, tu t’es mis une caisse avec un joueur le soir d’avant… Ça a un côté sympa, humain, mais au bout d’un moment c’est plus possible. Et puis sans supporter en face, pas de folklore. On joue face à trois tribunes totalement vides.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Y a pas beaucoup de points positifs en fait ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si y a un truc qu’on apprécie, c’est le rapport avec les joueurs. Le monde pro, t’as des mercenaires qui vont de club en club, c’est pas un comportement que tu aimes, de mecs attachés au club. Aujourd’hui si on avait deux joueurs à mettre en avant, ça serait Aïssa Yahia Bey et Selim Bengriba. Parce que ce sont des mecs d’ici. En CFA2 ils ont enfin eu leur chance. Ils étaient à l’usine avant, donc ils considèrent que jouer à Grenoble, c’est une vraie chance. Dans un contexte de pro. Quand tu discutes avec eux, ils savent qu’ils retourneront bosser à l’usine. Mais ils se rendent compte de ce qu’il leur arrive. Ils jouent leur vie sur le terrain. Ce rapport avec les joueurs est plus sain. C’est même marrant quand tu les croises en ville, c’est toi la star, pas eux (<i>rires</i>).</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #6ab32c;"><strong>&laquo;&nbsp;Si tu nous fais une Watanabe à parler de la Ligue des Champions en dix ans on rigole&nbsp;&raquo;</strong></span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et Nassim Akrour (revenu au club cette saison) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À son propos on est divisé. C’est le meilleur buteur de l’Histoire du club, on ne lui enlèvera pas. C’est aussi le joueur qui est resté le plus longtemps&#8230; Tu nous dis « Akrour », on te répond « but au Parc », « but contre Rennes », il y a beaucoup de souvenirs. Après certains n’aiment pas trop les joueurs qui reviennent. Ça casse un mythe. Il est parti meilleur buteur, ok. Il vient aider le club, d&rsquo;accord. Mais revenir à 38 ans ? Pas sûr qu’il ait eu mille propositions. On préfère mettre Akrour sur un piédestal pour ce qu’il a fait avant plutôt que parce qu’il est revenu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que vous pensez de l’arrivée de Patrick Trotignon ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On est tellement méfiants qu’on ne s’enflamme pas. Racheter le GF38 n’est pas une fin en soi. Le problème c’est ce qu’on en fait derrière surtout. Mais Trotignon est un mec du coin, qui connait le ballon, et qui parle français&#8230; Ça s’est bien passé à Évian donc pas de raisons d’être inquiet a priori. Mais notre Histoire « fait que »… On se pose des questions. Combien d’investisseurs ? Lesquels ? D’où ils viennent ? Mais déjà on sait qu’ils sont plusieurs. C’est pas Index, le gros groupe étranger opportuniste qui connait rien au ballon. C’est peut-être paradoxal de parler de ça pour un ultra contre le foot-business et tout, mais quand on voit la gueule du club et là où on est… C’est le paradoxe du supporter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour le coup vous êtes quand même optimistes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On t’a dit, on n’est jamais optimiste à Grenoble. Mais on a envie d’y croire. Après ça dépend, pour aller où ? Si tu nous fais une Watanabe (Kazutoshi de son prénom, ancien président du GF38) à parler de la Ligue des Champions en dix ans on rigole. Mais au fond on est sûr qu’on va s’en sortir. On va monter en National cette année et dans les 2-3 ans on sera en Ligue 2. Le club va se restructurer, ça va le faire. Mais ça va aussi dépendre des dirigeants, de leur projet…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez gardé des contacts avec les groupes Ultra en Ligue 1 – Ligue 2 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On essaye de se tenir au courant. SOS Ligue 2 par exemple, on fait partie de ceux qui ont participé à la création du collectif en 2004-2005. Quand le collectif s’est opposé à BeIN Sport il y a deux ans, on a suivi ce que faisaient les groupes en Ligue 2 et participé aux réunions. On soutient à notre échelle, sans prétention. Au fond on sait qu’on va remonter, donc on se tient au courant. On a aussi une super réussite collective entre groupes Ultras, à propos des IAS (Interdiction  Administrative de Stade). On a de bons résultats, on arrive à faire changer les choses. Parce qu’une IAS c’est pas une IDS (Interdiction de Stade). T’as pas de procès, pas d’avocat… Nous on remet en cause le principe même de l’IAS. À Grenoble on a gagné deux affaires, et là 3, des mecs qui ont été privés de stade pour rien. Donc l’opposition marche. Les IAS c’est totalement arbitraire, c’est au bon vouloir de la préfecture. Quand t’as une embrouille au stade, tu vas au tribunal, tu te défends. Mais les IAS c’est un scandale en termes de libertés. Je crois que les Parisiens voulaient aller à la Cour européenne des Droits de l’Homme à ce propos.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/cfa/" rel="attachment wp-att-19338"><img class="aligncenter size-full wp-image-19338" alt="CFA" src="/wp-content/uploads/2014/04/CFA.jpg" width="767" height="492" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous étiez à la manif’ de Montpellier y a quelques années ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais. C’était juste avant la CFA2. On était une soixantaine je crois. On essaye de participer à ce genre de choses, de garder l’esprit. C’était quelque chose. Mettre de côté une rivalité folklorique c’est pas compliqué, c’est le jeu des ultras qui veut ça. Dans des moments comme ça t’es obligé de faire attention. Si ça part en couilles un moment t’as tout perdu. Les médias relaient une mauvaise image et ça a servi à rien. À Montpellier ça s’est bien passé. On veut écarter l’image des ultras relayée par les médias, donc si tu fais de la merde le jour J ça passe pas. Mais ça c’était bien passé. On réfléchit à en faire une autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est « compliqué » d’être un ultra en France, en ce moment ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Clairement, oui. Mais c&rsquo;est notre lutte. En tout cas on essaye. Ce qui est compliqué aussi c’est expliquer aux gens pourquoi on fait ce qu’on fait. Nous on est prêts à discuter pour que notre délire se perpétue. Mais quand tu fais dix bonnes actions et pas un mot dessus puis une connerie et là tout le monde te tombe sur la gueule faut faire gaffe. Y a énormément de groupes ultras qui font des collectes, et c’est jamais relayé. Même nous on essaye de le faire à notre niveau. À Sainté ils ont fait des compromis, sur un match ils déconnent, les médias relaient et forcément pour tout le monde qui voit ça, c’est une image négative. Après nous on faisait partie de la CNU (Coordination Nationale des Ultras) il y a quelques années. Pour notre 15<sup>e</sup> anniversaire, face à Rennes en Ligue 1, après 10 minutes on est menés 3-0 (20mn en fait). On avait des fumis mais attention le club était prévenu, ils étaient d’accord parce que c’était les 15 ans… Et là 3-0. On a pété un câble. Le match a été arrêté momentanément. Du coup pour pas décrédibiliser la CNU on en est sortis. On essaye de rester cohérent.</p>
<p><iframe src="//www.youtube.com/embed/GjccrdBN-gg" height="315" width="420" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous en gardez un sacré souvenir quand même ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouais, on le vit quand même comme un bon souvenir. Plus sur le coup d’ailleurs, après un peu moins. On avait fait un tifo d’un tram qui se calait sur les portes des tribunes et ça faisait comme si les gens sortaient du truc. On était devant, on déplie le tram, ça prend du temps. Quand c’est fini on lève les yeux, et 3-0 pour Rennes. On n’a pas vu un but.</p>
<p style="text-align: justify;">Paul</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/grenoble-supporter-des-sommets-au-sous-sol/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>OL &#8211; ASSE : Derby meurtri</title>
		<link>https://lamadjer.fr/ol-asse-derby-meurtri/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/ol-asse-derby-meurtri/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2014 16:33:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[ASSE]]></category>
		<category><![CDATA[Derby]]></category>
		<category><![CDATA[Lyon]]></category>
		<category><![CDATA[OL]]></category>
		<category><![CDATA[Saint Etienne]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=19254</guid>
		<description><![CDATA[Dimanche, Saint-Étienne infligeait sa première défaite dans un derby à Rémi Garde. Pour la deuxième fois de suite, la première à Gerland, le match se disputait sans supporter de l&#8217;équipe visiteuse. Une décision (néo-première) ministérielle qui a aseptisé l&#8217;ambiance en tribunes et fait perdre de sa valeur à un incomparable...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/ol-asse-derby-meurtri/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Dimanche, Saint-Étienne infligeait sa première défaite dans un derby à Rémi Garde. Pour la deuxième fois de suite, la première à Gerland, le match se disputait sans supporter de l&rsquo;équipe visiteuse. Une décision (néo-première) ministérielle qui a aseptisé l&rsquo;ambiance en tribunes et fait perdre de sa valeur à un incomparable duel français.</strong></p>
<p><a href="/ol-asse-derby-meurtri/derby-2/" rel="attachment wp-att-19261"><img class="aligncenter size-full wp-image-19261" src="/wp-content/uploads/2014/03/Derby.png" alt="Derby" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">On joue la 74<sup>e</sup> minute du derby. Max-Alain Gradel vient de donner l’avantage aux Stéphanois. Du gauche. En haut du bloc J du Virage Sud de Gerland, un homme serre le poing. Discrètement. Il n’est pas le seul, mais pas loin. Ils ne fanfaronnent pas. À sa droite, le parcage visiteur est vide pour la première fois. Comme l’était celui de Geoffroy-Guichard à l’aller. Le plus beau duel du championnat a perdu de sa saveur.</p>
<p style="text-align: justify;">La faute, entre autres, à deux arrêtés : le premier, préfectoral, qui interdit les supporters stéphanois d’occuper Gerland, sera qualifié de « <em>farfelu</em> » par Jean-Michel Aulas. Le président lyonnais aurait même « <em>fait une demande pour que l’arrêté ne soit pas appliqué</em> ». « <em>Il est dans la pure communication</em>, réagit Pierre Barthélemy, avocat connu pour défendre les intérêts des ultras.<em> S&rsquo;il avait eu des billes contre l&rsquo;arrêté, il aurait pris des avocats</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques jours plus tard, un arrêté ministériel interdit à son tour « <em>le déplacement individuel ou collectif de toute personne se prévalant de la qualité de supporter de l’ASSE ou se comportant comme tel</em> » depuis huit départements autour du Rhône et de la Loire, vers Lyon.  Des décisions liberticides, « <em>à la limite de la légalité</em> » selon Pierre Barthélemy. « <em>Mais elles sont impossible à faire tomber. Grosso modo, le juge ne peut annuler l&rsquo;arrêté que s&rsquo;il est trop manifestement illégal.</em> <em>S&rsquo;il est « un peu » illégal, il considère que c&rsquo;est le pouvoir discrétionnaire de l&rsquo;administration en matière de police administrative qui s&rsquo;applique. Le juge exerce un contrôle de proportionnalité entre l&rsquo;importance des risques de trouble à l&rsquo;ordre public et l&rsquo;importance des atteintes aux libertés individuelles. Et il donne toujours raison à l&rsquo;administration</em> ». Vu ?</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la route du stade pourtant, peu de contrôles. « <em>Dans les faits, on n&rsquo;empêche pas les mecs de se déplacer</em>, explique Pierre Barthélemy. <em>On limite les déplacements massifs en bus et on profite de cet arrêté pour filtrer ceux que l&rsquo;on connaît comme potentiels fauteurs de troubles. Mais si tu y vas avec un pote sans couleur et sans chanter, tu ne crains rien</em> ». Résultat, personne aux couleurs de Sainté autour et dans le stade. « <em>On a dû forcer un gamin à enlever son t-shirt vert. On exécute les ordres</em> », confie un stadier.</p>
<p><a href="/ol-asse-derby-meurtri/football-french-champ-l1-lyon-v-saint-etienne/" rel="attachment wp-att-19260"><img class="aligncenter size-full wp-image-19260" src="/wp-content/uploads/2014/03/Vert.jpg" alt="FOOTBALL - FRENCH CHAMP - L1 - LYON v SAINT ETIENNE" width="600" height="400" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Aseptiser le duel</h2>
<p style="text-align: justify;">À deux heures du coup d’envoi, une certaine tension est pourtant palpable autour du stade. Fumis, pétards, bombes agricoles… Même sans supps&rsquo; stéphanois, le derby est un match très particulier. On le comprend vite. Des matchs de cette saveur, ancrés dans l’Histoire d’une région (géographique, sociale et culturelle) qui dépassent le simple cadre du sport, il n’y en a pas d’autres au plus haut niveau footballistique français. Bordeaux-Nantes, Nice-Bastia, ou la rivalité OM-PSG montée de toute pièce… Incomparable. On l’a vu dimanche, les joueurs l’ont bien compris. Qu’ils soient formés au club ou non.</p>
<p style="text-align: justify;">De fait si les Bad Gones et le Virage Sud ont donné de la voix (et un superbe tifo), on sent bien qu’il manquait quelque chose. « <em>C&rsquo;est un derby sans saveur</em> », peste même Stéphane, supporter Lyonnais. Surtout, même s&rsquo;il a historiquement été émaillé d&rsquo;affrontements plus ou moins violents dans et hors du stade, il n&rsquo;a jamais tourné au drame. Si le principe de précaution mis en avant pour ce genre de rencontres « à risque » peut donc se défendre (les Stéphanois souffrent également médiatiquement de leur récent déplacement à Nice, alors qu’ils avaient mis des années à se construire une image positive), il tend à aseptiser la rivalité entre les deux clubs et à abattre les ultras, qui font partie intégrante du duel. Les centaines de Stéphanois au départ et au retour du bus (après 1h du mat’ tout de même) en témoignent.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, c&rsquo;est vers ce genre de stades et de rencontres que l&rsquo;on se dirige aujourd&rsquo;hui. Des stades où le sens du mot « spectateur » prendra tout son sens. Des stades sans âme. Des stades où il faudra savoir se faire discret.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu avant le coup de sifflet final, un homme se lève, comme des pans de tribunes de Gerland avant lui. Il s’accoude à une barrière. Il reste quelques secondes à jouer. L’arbitre siffle. Sourire aux lèvres, il s’en va. Discrètement.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/ol-asse-derby-meurtri/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>25</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Du haut du Betzenberg : regard sur l&#8217;Allemagne</title>
		<link>https://lamadjer.fr/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/</link>
		<comments>https://lamadjer.fr/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 13 Mar 2014 16:35:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans le soupirail]]></category>
		<category><![CDATA[Bundesliga]]></category>
		<category><![CDATA[Djorkaeff]]></category>
		<category><![CDATA[Kaiserslautern]]></category>
		<category><![CDATA[Occean]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://lamadjer.fr/?p=19211</guid>
		<description><![CDATA[Et voilà. Après deux taules en Ligue des Champions, la Bundesliga est repassée de « Championnat de hipster » à « Championnat de merde » dans la conscience collective. Du coup, on s’est rendu en Allemagne histoire de nous forger un jugement totalement objectif. Et pas n’importe où : à Kaiserslautern, club mythique aujourd’hui en...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Et voilà. Après deux taules en Ligue des Champions, la Bundesliga est repassée de « Championnat de hipster » à « Championnat de merde » dans la conscience collective. Du coup, on s’est rendu en Allemagne histoire de nous forger un jugement totalement objectif. Et pas n’importe où : à Kaiserslautern, club mythique aujourd’hui en 2.Bundesliga. La deuxième division ?! Ouais, mais tous les stades de France y prendraient déjà une belle leçon… <em>Auf geht’s</em> !<span id="more-19211"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/ultras2/" rel="attachment wp-att-19217"><img class="aligncenter size-full wp-image-19217" alt="Ultras2" src="/wp-content/uploads/2014/03/Ultras2.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Désolé, je me suis perdu sur la route et j’ai été bloqué par un accident</em> ». Étudiant bordelais exilé à Kaiserslautern, Florian, 22 ans, a trois quarts d’heure de retard devant la gare de Strasbourg. Mais tant pis, il est là. Et prêt à se taper le trajet inverse illico.<br />
Planqué dans la forêt du Land de Rhénanie-Palatinat, Kaiserslautern n’est pas franchement un haut-lieu touristique. Frédéric 1<sup>er</sup> (« Barberousse ») y a bien construit un château au XIIe siècle mais seules quelques ruines subsistent. Il reste alors au patrimoine de la ville un jardin japonais, un congrès franco-allemand d’espéranto tenu en 2010 et… le 1.FC Kaiserslautern. « <em>Tu vas vite te rendre compte qu’ici, à part le foot, t’as pas grand-chose à faire</em> », affirme Florian. En effet, en se promenant dans la ville, on découvre que la plus belle œuvre d’art (ou presque) est une série de statues de joueurs, pas loin du stade. Le « <em>Fritz-Walter-Stadion</em> » est quant à lui le véritable monument de la ville. Du haut de la montagne Betzenberg (également l’ancien nom du stade), il surplombe Kaiserslautern. Olivier Occean, attaquant canadien du 1.FCK confirme : « <em>Le stade, en haut de cette petite montagne, tout le monde le voit. C’est un symbole, car tout le monde aime le foot ici</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/entree/" rel="attachment wp-att-19219"><img class="aligncenter size-full wp-image-19219" alt="Entrée" src="/wp-content/uploads/2014/03/Entrée.jpg" width="720" height="425" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Un club historique</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Le samedi 8 février dernier, Kaiserslautern (alors 3<sup>e</sup>) accueille le Greuther Fürth (2<sup>e</sup>) pour un choc de 2.Bundesliga. En deuxième division, les 50.000 places ne trouvent pas toutes preneur mais ce sont bien 33.000 supporters qui ont fait le déplacement, et remplissent quasi-intégralement la <i>Westkurve</i>, tribune des ultras du 1.FCK. Pour accéder au « <em>Fritz-Walter-Stadion</em> », plusieurs bus gratuits et rapidement bondés sillonnent la ville et déversent leurs cargaisons à ses portes où des dizaines de shots de Jäger vides jonchent le sol. C’est tout un patelin (d’un peu plus de 100 000 habitants) et ses alentours qui se vident pour rejoindre ce stade moderne, rénové pour la Coupe du Monde 2006 (souvenez-vous du fameux Italie-Australie, c’était là).<br />
Car même s’il connait une période compliquée, le 1.FC Kaiserslautern est un club historique outre-Rhin. Quatre fois champion d’Allemagne (la dernière fois en 1998, un an seulement après être remonté de 2.Bundesliga), deux fois vainqueur de la <em>Pokal </em>(la Coupe d’Allemagne) et du championnat de la zone d’occupation française (véridique),  le club d’Olivier Occean a un palmarès à faire valoir : « <em>Kaiserslautern, c’est presque un village. Et pourtant le foot est une tradition ici. Il y a une Histoire</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">À l’image de Liverpool, du Celtic ou de Dortmund, la <i>Westkurve</i> entame son rituel pré-match par un « <em>You’ll Never Walk Alone</em> », avant d’enchaîner par l’hymne du 1.FCK (« <i>Olé Olé, Olé Ola, </i><i>der FCK ist wieder da! »</i>) et un « clap ». Rien que ça. Sur le terrain, le match est fermé et loin du 5-3 attendu. Du haut du bloc 10.4 de la <i>Westkurve</i>, difficile d’entendre les supporters de Fürth qui remplissent intégralement leur parcage de l’autre côté du stade. Les « Diables Rouges » chantent trop fort. Sauf un excentrique d’une soixantaine d’années qui hurle sur son équipe que <em>« c’est ouvert à droite »</em> et qu’il <em>« faut la mettre devant »</em>. Il sera entendu par Ruben Yttergard Jenssen (dont le frère Ulrik joue chez les jeunes à Lyon) à la 38e minute, qui ouvre le score d’une superbe frappe. Florian Dick doublera la mise peu après la mi-temps (l&rsquo;occasion de goûter à la fameuse <em>Currywurst mit Pommes </em>qui concurrence sévèrement la galette-saucisse) de la même manière (58e), provoquant une célébration à base de <em>« Dick, Dick, Dick ! »</em> (je vous laisse traduire) dans la <i>Westkurve</i>. Malgré un retour de Fürth en fin de match grâce à Mudrinski (78<sup>e</sup>) (et trois supporters qui pissent dans leur gobelet pour éviter d&rsquo;avoir à rejoindre les WC du rez-de-chaussée), Lautern&rsquo; s’impose  2-1 et se rapproche alors de son adversaire du jour.<br />
Et le deuxième rituel, post-match celui-là, peut débuter : mouchoirs blancs pour souhaite un &laquo;&nbsp;bon retour&nbsp;&raquo; aux joueurs de Fürth, une succession de « <em>SIEG »</em> bruyants, une communion avec les joueurs, un envahissement en règle des bars de la ville&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/currywurst/" rel="attachment wp-att-19218"><img class="aligncenter size-full wp-image-19218" alt="CURRYWURST" src="/wp-content/uploads/2014/03/CURRYWURST.jpg" width="720" height="540" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Le Bayern au goûter</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Entré en cours de match à la place de la légende Mohamadou Idrissou, Olivier Occean disputait là un match tout particulier. Il portait les couleurs du Greuther Fürth il y a tout juste deux saisons, et il avait aidé le club à atteindre la Bundesliga en terminant meilleur buteur de deuxième division : « <em>Mon expérience à Fürth était incroyable. J’ai beaucoup marqué lors de ma saison là-bas, et c’était la première fois que le club montait en Bundesliga</em> ». Aujourd’hui, c’est plus compliqué pour l’international canadien. Il n’est pas titulaire, et reconnait lui-même connaitre une mauvaise passe : « <em>En ce moment, ça ne se passe pas très bien. Mais je peux faire mieux, marquer plus. J’ai connu trois équipes en autant d’années, et j’ai besoin d’être stable pour réussir</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Après sa victoire face à Fürth, le 1.FCK a connu une mauvaise série qui l’a fait rentrer dans le rang. Mais il reste au contact de la troisième (qualificative pour un barrage) voire de la deuxième place dans un championnat ultra-serré où seulement cinq points séparent le troisième du huitième, juste avant un choc face au leader : Cologne. Mais un autre défi attend Kaiserslautern dans les semaines à venir : une demie de <i>Pokal</i> face au Bayern à l’Allianz Arena, après avoir éliminé Leverkusen à l’extérieur. « <em>Honnêtement on n’y pense pas. On se disait qu’on pouvait le faire contre Leverkusen, mais là si on y arrive c’est l’exploit de l’année</em> », sourit Olivier Occean.<br />
L’objectif reste cependant la remontée en Bundesliga, pour un club qui y remplira son stade tous les week-ends sans problème. « <em>L’ambiance en 2.Bundesliga est fantastique ici, mais j’aimerais voir ce que ça donne en première division. C’est là que ça se passe. Les gens vivent pour le foot, ils te poussent</em> » confirme Occean.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, quid de Youri Djorkaeff, qui a joué un peu plus de deux saisons sous les couleurs de Lautern&rsquo; ? « <em>Franchement, depuis que je suis là, on ne m’en a jamais parlé</em> » rigole l’international canadien. À croire qu&rsquo;il n&rsquo;a pas laissé les mêmes souvenirs des deux côtés du Rhin&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Merci au &laquo;&nbsp;Kardeşbar&nbsp;&raquo; pour l&rsquo;hébergement et tout le reste.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lamadjer.fr/du-haut-du-betzenberg-regard-sur-lallemagne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>30</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
