Top 10 des fidèles de la L1
Lorsque l’on aborde le sujet des transferts dont les montants sont de plus en plus astronomiques, il y a toujours un petit con malin pour nous rappeler qu’il y a des « grands », des seigneurs du football. Des mecs nés sous une seule couleur, celle de son club. Alors on se tape toujours le même refrain : « oui, mais tu sais, ça ne veut rien dire, regarde Maldini, lui il est resté toute sa vie au Milan, lui c’est un monsieur ! Lui mérite le respect ! ». Inutile de vous dire que cet éternel leitmotiv nous casse le sifflet. A chaque fois on parle des joueurs étrangers, comme si l’on fuyait (in)volontairement notre chère Ligue 1. Et pourtant, dans l’hexagone, il y en a des vieux briscards. Oh oui !
10 : Jean-Pascal Mignot, 9 saisons
Le défenseur auxerrois en est à sa 9ème saison en Bourgogne et accumule les matches en tant que titulaire. Pièce maîtresse de la charnière centrale, il cumule plus de 260 matchs à son poste. Ajoutons à cela 4 participations à la Coupe de l’UEFA et cette année à la Ligue des Champions et nous avons là un des plus valeureux défenseurs français. (j’extrapole, sa page Wikipédia ne dit pas grand chose à vrai dire)
9 : Stéphane Grichting, 9 saisons
Beau gosse n'est-ce pas ?
L’autre atout de charme de la défense de Fernandez. Si, si, regardez-le de plus près, il est charmant. A 31 ans, le Suisse n’a pour le moment connu que 2 clubs dans sa carrière. Le FC Sion et l’AJA. C’est 400 matches à la louche, dont 300 en France. Qui plus est, Grichting est aussi un titulaire de la sélection helvète. Ça devrait vous forcer le respect, bande d’ignares.
8 : Jonathan Brison, 9 saisons
Inconnu au bataillon, voici sa tête
Milieu gauche de l’AS Nancy Lorraine. Je trouve ce résumé suffisant tant mes lacunes sur le joueur et le club sont criantes. Mais c’est bien, qu’il continue comme ça !
7 : Rudy Mater, 9 saisons
Arrière latéral droit de métier, Rudy a fait ses écoles à l’AS Cannes avant d’arriver à Valenciennes. A 30 ans, et malgré son prénom de jeune adolescent en manque d’affection, il a vécu la montée de son club du national à la Ligue 2 en 2005, puis l’année suivante l’accession au gratin de la Ligue 1. Plus de 270 matchs à son compteur, il ne fait presque plus de doute que le Ch’ti finira sa carrière à Nungesser. La chaleur humaine du Nord, surement.
6 : Gennaro Bracigliano, 9 saisons
Oui, bon, vous me direz, des portiers italiens, on en connaît des bons et des moins bons ! Ouais, d’accord, Gianluigi Buffon, oui, Flavio Roma, j’accepte aussi Bracigliano. Ah, on m’informe que malgré son nom de pizzaiolo il est de nationalité française. Bon, très bien. Les stats : 240 matchs de Ligue 1 et 200 buts pris en 8 ans. Le bât blesse.
5 : Marc Planus, 9 saisons
Ah, voilà le gendre idéal ! Un homme mature, teint mat, petit grain de beauté qui fait la différence. Qui plus est, avec quelques convocations en Bleus. Point noir, il était dans le bus à Knysna. C’est pas grave, Marc est rarement longtemps blessé et est un gage de sécurité en défense centrale. L’avantage de ma précédente phrase, c’est que même si je me plante, on peut toujours y voir une pointe d’ironie. 29 ans, près de 300 matchs dans les mollets et de nombreuses participations sur la scène européenne. Un caractère discret et timide qui ne le fera jamais passer de l’autre côté de l’écran.
4 : Nicolas Seube, 10 saisons
Probablement une troisième mi-temps caennaise
Ou l’esquisse loupée de Robert Pirès. Un défenseur tout à fait banal qui se démarque avec sa crinière, son franc-parler et son style Tryo genre je fais du yoga et j’kiffe la nature. N’empêche qu’à 31 ans, Nicolas a pris l’ascenseur L1-L2 à 4 reprises et ce, sans jamais se lasser du stade Malherbe. Pour le moment, ça fait plus de 310 matchs à l’ombre du dio Duga-Margotton du dimanche soir. Capitaine de surcroît !
3 : Anthony Deroin, 13 saisons
Google ne fonctionnant pas à ce moment de la rédaction, je ne peux vous fournir d’autres indication, si ce n’est mon propre commentaire. 13 saisons, c’est drôlement beaucoup. Mais c’est peut-être parce que personne ne veut de lui qu’il n’a pas bougé de Caen. Son total s’élève à 400 parties.
2 : Ulrich Ramé, 13 saisons
The beast in action
Le monstre. Plus de 500 matchs sous les couleurs girondines, 50 en UEFA, 22 en Champion’s League. En sélection, il compte 13 participations et figure tout de même parmi les gagnants de l’Euro 2000 et de la Coupe des Confed’ 2001 (on notera son importance certaine). De plus, il est élu à 3 reprises meilleur goal du championnat (99, 02, 07). Bref, le rempart ultime bordelais dans les années 2000. A 38 ans, sa fin de carrière est toute proche, et la descendance assurée (non, Carrasso n’est pas son fils, mais vous m’avez compris).
1 : Jérémie Janot, 15 saisons
Tatoué, rasé, mal-élevé. Un skinhead
Ou comment résumer les Verts en une seule personne. Fut un temps la victime de designers loufoques, justifiant tout de même leur travail puisque « les maillots flashy attirent l’oeil de l’attaquant plutôt que de rester sur le ballon ». Grande gueule dans un club sans arrêt en polémique, où tout va toujours mal, c’est la coqueluche populaire de Sainté. Sûrement l’exemple le plus criant de fidélité à la française tant sa réputation n’est plus à faire. Et pourtant, il finira sa carrière très certainement sans connaître les joies du maillot bleu. On n’a qu’une couleur dans sa vie.
The Top is over. Etat des lieux : aucun attaquant dans les joueurs les plus fidèles. Les goals trustent le haut du classement et les défenseurs grapillent le reste des places au profit des milieux. La raison à un football télévisuel, où les buts doivent s’empiler pour remplir les stades, et donc l’audience des chaînes (le singulier peut très bien s’appliquer dans ce cas de figure). Alors les intouchables sont ceux dont on se moque éperdument, et où la longévité au poste permet de jouer jusqu’à un âge avancé. Pourtant, même si cette volonté de tourner le jeu vers l’avant est omniprésente et inhérente aux fédés, faute est de constater qu’il pleut de moins en moins de buts et que les médias dissimulent tant bien que mal les performances défensives au profit du pseudo-foot champagne.











