Cela fait des années qu’Arsenal ne gagne plus de trophée, les joueurs se succèdent et ses vitrines vides commencent à devenir poussiéreuses. Sept ans que les Gunners ne soulèvent aucune coupe, aussi dérisoire soit –elle.
Cela amène à se poser une question sur l’actuel statut du club : Arsenal est-il un grand déchu ou une sorte de tremplin vers les cadors Européens ? Mieux, certains supposent qu’Arsenal est encore un « grand d’Europe », mais il le doit uniquement à son passé.
Cette équipe est versatile et il est difficile de se faire une idée précise du niveau d’Arsenal. Que penser d’une équipe qui se fait fesser 4-0 à San Siro, et qui, 3 semaines plus tard domine outrageusement ce même adversaire… et aurait pu même créer l’exploit si Van Persie n’avait pas préféré la finesse à une frappe quelconque en force, un plat du pied ou même un pointu.
Arsenal, réellement un grand ?
Arsenal est certes habitué aux joutes européennes, mais la seule participation régulière d’un club à la Champion’s ne fait pas de lui un cador. Sinon, dans ce cas de figure, des clubs comme l’OL ou le Shakhtar Donetsk seraient considérés comme des grands d’Europe.
Depuis deux ans, Arsenal ne passe les 8ème en LDC, et franchement, personne n’en fait un favori pour le titre de champion d’Europe, notamment à cause de la faible expérience des joueurs à ce niveau.
Les ambitions d’Arsenal et de ses rivaux que sont Chelsea, Manchester United et City ne sont pas les mêmes. Depuis quelques années la participation à la Ligue des Champions est devenue une fin en soit, et à ce petit jeu les protégés d’Arsène Wenger appliquent parfaitement le dicton de Pierre de Coubertin.
De même en championnat l’an dernier, Arsenal finit à 19 points des Citizens; aujourd’hui il semble que des équipes comme le Real Madrid, Barcelone ou encore le Bayern Munich sont largement au-dessus d’Arsenal : intuitivement on pense que ces clubs peuvent éliminer logiquement Arsenal sur une double confrontation en LDC.
Même s’il est difficile aujourd’hui de définir exactement ce que serait un grand d’Europe et quels critères un club doit remplir pour accéder à ce rang, on ne peut se fier au classement UEFA qui propulse Arsenal à la 6ème place. Le classement se base uniquement sur les prestations en coupe d’Europe des cinq dernières années…
Or, dans ces cinq années, on a assisté à la montée en puissance de clubs comme Naples, l’Atletico Madrid ou encore Manchester City, de plus le classement ne prend en critère que les matchs Européens, ce qui expliquerait la 19ème place des Citizens, qui brillent (-llaient ?) sur la scène nationale mais qui n’ont pas encore confirmé en Europe.
Arsenal, un tremplin pour une grande carrière ?
En 2010, Patrice Evra provoque la colère des Gooners en déclarant que pour lui, Arsenal n’était rien d’autre qu’un « centre de formation ». Même si les mots d’Evra relèvent plus de la provocation que de la réflexion, on peut être d’accord avec lui quand on voit le fonctionnement du club.
Arsenal possède une bonne cellule de recrutement pour aller dénicher des jeunes joueurs prometteurs. Là où le club Londonien séduit ses recrues, c’est que malgré leur jeune âge et leur manque d’expérience, elles peuvent espérer trouver rapidement une place de titulaire au sein de l’équipe. Tandis que dans d’autres clubs, l’intégration de jeunes joueurs se fait plus difficile, mais lorsque ceux-là commencent à éclore et qu’ils ont accumulé de l’expérience, le club les vend à plus grand que lui, comme City, Barcelone ou Man United. Arsenal reçoit l’équivalent d’une indemnité de formation pour des joueurs comme Van Persie, Nasri ou encore Cesc Fabregas partis à cause de certains besoins qu’Arsenal n’était plus capable de satisfaire.
Que ce soit sur le plan financier ou dans le domaine de la compétitivité sportif, si Emmanuel Adebayor semble être parti pour la première raison, Fabregas et Nasri ont quant à eux pu ajouter quelques lignes à leur palmarès avec leurs nouveaux clubs respectifs. Cependant, il est évident qu’Arsenal reste supérieur à des clubs comme l’Udinese ou Valence qui tentent de s’imposer sur la scène européenne, mais il semble y’avoir désormais une césure entre les cadors européens et le club londonnien.
L’équipe d’Arsène Wenger semble être la ligne de démarcation entre les grands d’Europe et ceux qui aspirent à le devenir, mais la question est de savoir si à force de stagner, et de voir ses rivaux le devancer, Arsenal ne risque-t-il pas de d’être dépassé par un des clubs émergents sur le plan Européen ?






