Souvent critiqué lors des clásicos pour son engagement excessif, ses tacles à la gorge et les coups qu’il inflige à ses adversaires, Pepe alias « El Carnicero » ne mérite pas de porter les couleurs du Real selon les uns et nuit à l’image du « madrilisme » selon les autres.

Quand on parle du Real, on pense immédiatement à la classe de ce club royaliste, on pense à des joueurs de grand talent comme Redondo, Zidane ou encore Michael Laudrup.
Cependant on se fait une idée trop lisse du « madrilisme », qui date d’une époque où le Real était encore au dessus de Barcelone, une époque où le Real remportait trois éditions de la LDC entre 1998 et 2002. Les temps ont changé, ce sont les Catalans qui triomphent et récoltent les compliments tandis que les Madrilènes passent au second plan, et doivent rattraper leur retard sur le FC Barcelone.

Pepe, supporter du Real

Partons d’un constat hypothétique, celui que Pepe est fan du Real. Certes dans ses déclarations il se considère comme un madrilista, mais on ne peut s’assurer de la véracité de ses propos, étant donné que les discours des joueurs sont souvent préparés à l’avance et peuvent changer selon les circonstances. Souvent c’est lors de matchs à enjeu que Pepe dérape dans ses interventions et dépasse les limites, prenons par exemple le match houleux contre Getafe où il disjoncte totalement, et inflige plusieurs coups de pied à Javier Casquero.

Revenons sur ce pauvre derby, qui a pris une toute autre tournure ce jour là, avant l’attentat de Pepe, le Real vient de recoller au score à la 85ème grâce à Guti sur coup-franc. Une minute plus tard, le Real obtient un autre coup-franc, et dans un élan de générosité et tout ce qu’il faut d’insouciance, les Madrilènes montent pour apporter le surnombre, mais les joueurs de Getafe récupèrent le ballon très vite et déroulent en contre.

Arrêtons nous sur cet action, qu’il y’a-t-il de plus cruel pour un supporter lambda que de voir son équipe se faire voler dans les derniers instants, après avoir goûté aux joies du retour inespéré ? Que ressent-il après avoir alterné en l’espace de quelques minutes le chaud et le froid ? Dans le feu de l’action, le supporter est dépité et un sentiment de haine s’empare alors lui. Imaginez vous maintenant sur un terrain, harangué par la foule, tout ce qui sera alors possible, vous le ferez pour éviter la défaite.

Dans ce cas Pepe se fie à son instinct et fait ce qui lui semble bon, il commet une faute à l’intérieur de la surface, comme refusant de voir son équipe perdre, ensuite il craque totalement et extériorise sa haine sur Casquero qui semble être l’objet qui le sépare de son bonheur. Ensuite il sera expulsé du terrain, comme le supporter qui quitte le stade quelques minutes avant que l’arbitre ne donne le coup de sifflet final et officialise la défaite de son équipe.

Le symbole d’un autre Real

Le 29 novembre 2010, le Real vient de se prendre une manita au Camp Nou, pour avoir tenté de battre le Barça à son jeu. Pour le match à domicile, le Mou dégaine un milieu à 3 récupérateurs avec Pepe devant la défense, et le Real s’en sort avec un poussif 1-1.

Au niveau du résultat c’est mieux, mais les Merengues semblent avoir totalement délaissé le jeu pour le résultat, quand on utilise des termes comme « bétonner », « bouchers » pour désigner une équipe comme le Real, ça choque. Dans un raisonnement finaliste, on pourrait supposer que le schéma de Mourinho a bien fonctionné, le Real est la seule équipe européenne qui a su rivaliser avec Barcelone sur le long terme.

Un Real hargneux, solide et généreux dans l’effort, le fer de lance de cette équipe n’est pas le joueur le plus technique, ni le plus élégant mais le plus combatif. La réussite du schéma de Mourinho tient aux performances énormes de Pepe, quand celui-ci jouait devant la défense, le Real remporte la Copa, un premier trophée après une longue traversée du désert.

Avec l’évolution de ce schéma, Pepe retrouvera sa place dans l’axe mais pour autant son importance ne deviendra pas moindre lors des clásicos, tant le Real subit lors de ces matchs, il faut une discipline tactique, et aucun saut de concentration n’est permis pendant 90 minutes. Quand tu défends, tout doit être impeccable sous risque de tout voir s’écrouler suite à un mauvais placement, mauvaise relance ou faute commise à l’intérieur de la surface.

Pepe est l’âme du Real, en dehors des clásicos il est un excellent défenseur, très bon en un contre un et il a une qualité que beaucoup d’autres défenseurs centraux n’ont pas : sa vitesse. Mais sa mauvaise réputation s’est construite lors de ces rencontres.

Le Real Madrid est une équipe joueuse, avec une quatuor de tirailleurs aux avant-postes, plaisant à voir jouer. Mais lors des clásicos, il doit se plier au pressing incessant des Catalans, reculer sans cesse et donc jouer de manière plus défensive. La réputation de Pepe est fondée en majorité sur un seul match, le plus médiatique en occurrence, d’autant plus que le nombre de clásicos se multiplient ces derniers temps, ce qui n’arrange en rien la réputation de l’international portugais, qui accumule les interventions agressives.

Pepe n’est pas technique, il est même plutôt besogneux mais cela ne l’empêchera pas d’entrer dans le panthéon du Real Madrid, car il a marqué par son état d’esprit ce grand club. Comme l’a dit Roberto Carlos, « si Raúl empilait les buts contre Barcelone et était l’idole des supporters, Pepe essaye de l’être avec son style de jeu, son agressivité ».

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