Au pays des pétrodollars, le football se développe à vitesse grand V. Petit retour en arrière.

En juin 2010, le club de Malaga se sauve de justesse en Liga et voit débarquer le Cheikh Nasser Al-Thani, membre de la famille royale du Qatar. Un investissement de 36 millions d’euros et une onzième place plus tard, le club possède un vestiaire composé de joueurs de qualité tels que Ruud Van Nistelrooy, Martin Demichelis, Julio Baptista, Santiago Carloza ou encore Jérémy Toulalan. L’équipe occupe d’ailleurs actuellement la sixième place.

En décembre 2010, le Qatar fait un pas de plus vers la lumière. La FIFA désigne le pays comme organisateur du mondial 2022. Dans la foulée, la Qatar Foundation (organisme privé) signe un contrat de sponsoring avec le FC Barcelone pour un montant de 32 millions d’euros par an sur cinq ans. Puis vient le rachat du Paris Saint-Germain en juin dernier par Qatar Sports Investments (QSI). Le mercato qui suit est impressionnant, puisqu’il enregistre les arrivées de Jérémy Menez, Diego Lugano, Blaise Matuidi, Mohamed Sissoko et Javier Pastore… ce qui représente plus de 80 millions d’euros dépensés sur le marché des transferts. Et cela semble payant puisque le club est leader de la Ligue 1.

Quelques jours plus tard, la Ligue de Football Professionnel vend une partie de ses droits TV à Al-Jazeera, première chaîne d’information arabe, établie depuis 1996 à Doha, au Qatar. La chaîne obtient également les droits TV pour la Serie A et la Liga. Pour finir, le 5 novembre dernier, le club qatarien d’Al-Sadd remporte la Ligue des Champions asiatique face aux Sud-Coréens de Jeonbuk (2-2, 4 tirs au but à 2, après prolongation). Al-Sadd, emmené par Mamadou Niang, a mis fin à trois années de domination sud-coréenne.

Pour le moment tout va bien pour le Qatar sur la planète football mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir… surtout au niveau de la sélection nationale. Après 3 matchs, le Qatar (92ème au classement FIFA) est deuxième de sa poule de qualification pour la Coupe du Monde 2014, derrière l’Iran.

Le football qatarien n’est certes pas encore étincelant. Cela dit, il s’appuie sur la venue de joueurs européens dans son championnat national et travaille en étroite collaboration avec le FC Barcelone. En effet le club catalan aide deux académies de football (au Qatar et au Sénégal) financées par des fonds privés qatariens dont le but est de détecter des jeunes talents asiatiques ou africains pour les naturaliser et les faire jouer pour le Qatar.

Au final, ce pays semble avoir très bien apprivoisé le fonctionnement du football moderne. En investissant dans des clubs dont le blason est à redorer, en proposant d’accueillir des compétitions internationales (Coupe du Monde 2022, mondial de handball 2015) ou en pariant sur l’avenir grâce à l’apport technique du plus grand club du monde. La seule ombre au tableau est assurément l’argent qui coule à flot et qui risque de rapidement agacer les puristes.

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