Le paysage médiatique footballistique est en ce moment focalisé sur deux sujets. Le PSG et l’Equipe de France, oubliant un peu trop la future reprise de la nouvelle saison de Ligue 1. Pourtant, le football français va connaître quelque chose qui n’est pas commun: deux clubs corses en première division. C’est ainsi l’occasion de revenir sur celui qui vient de monter: le Sporting Club de Bastia. Retour lettre par lettre sur un club historique.

A pour Armand Cesari : avant d’être le nom du stade du Sporting, Armand Cesari était footballeur. À Bastia bien sûr. Fils du cinquième président du club Joseph Cesari, frère de Jean-Pierre capitaine de l’équipe, Armand fut de tous les titres de champions de Corse conquis entre 1927 et 1932. Durant cette époque, il portait le brassard, succédant à son frère. Tout le monde est d’accord pour dire de lui qu’il était un joueur racé et adroit mais s’il est entré dans la légende c’est aussi parce qu’il est mort sur les champs de bataille de la deuxième guerre mondiale. C’est ainsi que le stade, dont la première pierre avait été posée en 1932, prit le nom de Stade Armand-Cesari en 1937 en hommage à cet homme respecté et respectueux. Aujourd’hui, il est devenu une habitude d’appeler ce Stade, Stade de Furiani.

B pour Blason :

remodelé en 2011 pour le retour du S.C.B en Ligue 2, le logo contient tous les symboles de la Corse et du club. Tout d’abord, en bas, la date de création de l’équipe (1905), surplombé du blason de la tête de maure, blason qui était présent sur le maillot bastiais en 1978 notamment, année de l’épopée européenne. Ce blason est lui-même entouré d’une tour génoise, véritable emblème corse, qui servait, au fort de la domination de la République de Gênes, à protéger la ville des attaques barbaresques mais aussi, et ça c’est moins connu, à surveiller les faits et gestes des habitants de la ville. Mais la tour est aussi un rappel au blason de la ville de Bastia. Par ailleurs, et puisque les concepteurs ont pensé à tout, il est nécessaire de dire que le bandeau noir qui entoure le logo est un rappel et un hommage aux victimes du drame de Furiani. Pour finir, le nom du club apparaît en blanc sur fond bleu. Bleu et blanc, les deux couleurs historiques du club. Enfin, avec un peu d’imagination, notons que la forme du logo est en forme de V, le V de Victoire ? Sans doute.

C pour Coupe de France : le Sporting est le seul club corse à avoir remporté la Coupe de France, c’était en 1981. Après avoir éliminé respectivement Auxerre, Monaco, Martigues et Lens, les Bastiais vinrent à bout d’un A.S.Saint-Etienne alors au sommet de son art sur le score de 2 buts à 1. Louis Marcialis et Roger Milla furent les buteurs corses et inscrivirent par la même occasion Bastia dans la légende du foot français. Mais des épopées nationales, les turchini en ont connu d’autres. Les plus anciens se rappelleront de la finale perdue en 1972 contre l’Olympique de Marseille (2-1) et les plus jeunes se souviendront de celle perdue en 2002 contre Lorient (but de Darcheville putain) après un parcours épique (trois fois les bastiais s’imposèrent après prolongations). Par ailleurs, le S.C.B s’inclina en finale de la Coupe Moustache en 1995 contre le PSG qui l’avait emporté 2 à 0 grâce à des buts de Roche et Rai. Bref, on peut le dire, le S.C.Bastia est une équipe de coupe.

D pour Dix-neuf cent cinq, ou 1905 : 1905, c’est la loi de séparation de l’église et de l’État mais c’est aussi et surtout la date de création du Sporting Club Bastiais par Hans Ruech. Le SCB est ainsi le premier club de football en Corse, sachant que l’A.C.Ajaccio et la J.S.Ajaccienne furent créés en 1910.

E pour Étoile : d’accord, le Sporting est une étoile qui brille dans le ciel du football corse. Mais si l’étoile est présente dans cet abécédaire c’est plutôt par rapport à l’Etoile Filante de Bastia, club fondé en 1920. Effectivement, le Sporting club Bastiais et l’Etoile Filante de Bastia fusionnèrent le 31 mai 1963 alors que le S.C.B venait d’obtenir sa montée en C.F.A. Fort de cette récente alliance, le Sporting Etoile Club Bastais, puisque c’était son nouveau nom, finit deuxième de son groupe derrière … le Gazelec. Malgré cette relative réussite, l’Etoile Filante reprit son indépendance moins de 10 ans plus tard en 1971. Les deux clubs suivront une trajectoire bien différente dans la mesure où le S.C.B connaîtra la gloire de la Coupe de France et de l’UEFA alors que l’Etoile Filante se morfondra et se morfond toujours dans les championnats amateurs. La saison dernière, pendant que le Sporting survolait la Ligue 2 et obtenait son ticket pour l ’élite, l’ EFB finissait 14ème de CFA2. Finalement, l’histoire au plus haut niveau de l’Etoile aura été à l’image de son nom : filante.

F pour Furiani, drame de : le plus grand drame de l’histoire du football français, s’est hélas déroulé au stade de Furiani un soir de demie-finale de Coupe de France contre l’OM. C’était le 5 mai 1992. La tribune tubulaire construite à la hâte s’effondre et fait alors 18 morts et plusieurs milliers de blessés. Un drame pour le foot mais aussi un drame pour la Corse. Le 5 mai dernier, aucun match professionnel et amateur ne s’est joué sur tout le territoire français. Et ce grâce aux efforts du Collectif des Victimes de Furiani mené par la famille Giudicelli parce qu’il faut bien l’avouer : la Ligue et la Fédé n’en ont rien à foutre des victimes et de leurs mémoires. Et c’est bien dommage. D’ailleurs, si vous voulez faire une bonne action, vous pouvez acheté ce livre, les bénéfices serviront à acheter des lits médicalisés pour les hôpitaux marseillais et corses.

G pour Groupes de Supporters : du nord au sud, en passant par la Bretagne et par Paris ( les Turchini 75, la Diaspora Turchina), le S.C.B possède une diaspora de supporters impressionnante. On compte même des fans bastiais en Argentine, en Roumanie, en Allemagne (les Rebels), au Japon ou encore au Canada. Sur place, les groupes d’Ultras qui se partagent Furiani et qui font avoir à ce stade une si belle ambiance sont les Putenza Suttanaccia, les Putenza Turchina ( activité stoppée ), la Sezzione Balagna et les Bastia 1905 (les Testa Mora 92 se sont mis en sommeil et les Ultras Bastiacci se sont dissous au plus grand bonheur de la Ligue ).

H pour Hans Ruesch : bien avant Frédéric, un autre Hans ( ou Hantz ) a marqué l’histoire du football bastiais. En effet, c’est Hans Ruech qui a apporté le football dans la ville du nord de l’île. Ce suisse (ils sont partout ceux-là) débarque à Bastia afin d’enseigner l’allemand au lycée. Étonné de voir que l’on ne joue pas au foot dans cette ville, il décide de créer un club omnisport composé de ses élèves qu’il appellera « Sporting Club Bastiais ». Ainsi est né le football en Corse.

I pour Intertoto: à l’instar de Marseille, Lens, Auxerre ou Lyon, Bastia a remporté l’illustre et la regrettée Coupe Intertoto, c’était en 1997. C’est après être venus à bout des fabuleuses équipes de Graz AK, de Silkeborg, de Dragovaljac, de Ebb Val et de Hambourg que les Bastiais l’emportèrent en finale contre les suédois de Halmstadts. Cette Coupe Intertoto reste encore aujourd’hui le seul trophée européen glané par un club corse. Respect.

J pour Jeunesse : certaines mauvaises langues diront que le Sporting est un club de retraités (Rothen, Maoulida) mais ils oublient un peu trop facilement que Bastia est avant tout un club formateur. De nombreux joueurs, pour la plupart africains, ou d’origines africaines ont prit leur envol sur l’île de beauté. Ceci s’explique par les faibles moyens du club qui se tournent donc vers de jeunes talents afin de les faire évoluer et de les faire éclore. Nous noterons donc plusieurs exemples, par ordre croissant de talent : Mickael Essien, Alexandre Song, Alou Diarra, Nicolas Penneteau, Cyril Rool.

K pour Kanak(s) :

si le Sporting a, tout au long de son histoire, fait place aux joueurs de son île, nombreux sont les footballeurs qui sont venus de Nouvelle-Calédonie. Attirés par l’optique de jouer au haut niveau et désireux de retrouver un climat chaud, les Kanaks sont toujours venus en nombre, qu’importe l’époque. Nous pouvons citer Marc Kanyan, qui a joué à l’A.C.A, au Gazelec et donc au Sporting, Pierre Aussu, Simei Ihily, Jacques Zimako, qui ont tous portés les couleurs bleues dans les années 70. Plus récemment, c’est le champion du Monde Christian Karembeu qui est venu faire une pige au nord de la Corse.

L pour Lorenzisme : non, il ne s’agit pas d’un courant politique lancé par le ‘Rebelle’ Lorenzo Lamas, mais bien des années de règne du président bastiais Victor Lorenzi. Cet homme aux multiples casquettes (banquier, président de la Ligue de Basket, de l’aéroclub de Bastia, de la prévention routière, de la Commission des Finances, du Conseil Général de Corse) est resté président du Sporting pendant 40 ans. Et il n’y a pas fait de la figuration. Effectivement, le Père du football corse a tout fait et tout connu à Bastia. Président passionné, fanatique et électrique, il hissera son club tout en haut de la hiérarchie footballistique. Sortant le SCB du bas-fond du football, Lorenzi s’est battu auprès de la Ligue pour obtenir que son club puisse évoluer en Championnat de France Amateur, faisant ainsi supprimer une loi qui interdisait à deux clubs insulaires d’évoluer en CFA. Par ailleurs, il prit part à la fusion avec l’Etoile Filante et fit passer son club de la DH à la Coupe de l’UEFA. Ce Chevalier de la légion d’honneur à titre sportif réussit à faire de son équipe chérie un grand du football avec très peu de moyens, donc si le football bastiais est arrivé là à ce jour, c’est en grande partie grâce à lui.

M pour Montée(s) : deux en deux saisons. Une fois champion de National, une fois champion de Ligue 2 avec respectivement 91 et 71 points. Tout cela grâce à un mélange de joueurs insulaires, de vieux briscards, de footballeurs à la mentalité irréprochable, de jeunes et d’un entraîneur qui a la confiance de tout le monde. Le prochain objectif ? Le maintien.

N pour Nouvelles Frontières : porté par Franck Matingou ou Prince Daye dans les années 90 et 2000, ce maillot bleu et blanc estampillé ‘Nouvelles Frontières’ a fait voyager bons nombres de supporters bastiais tout en restant à Furiani. Mais ce sponsoring, qui a duré de 1994 à 2003, cache bien des choses. Jacques Maillot (ça ne s’invente pas), propriétaire du tour-operator Nouvelles Frontières a vu plusieurs de ses agences corses frappées par des attentats revendiqués par le FLNC, le parti nationaliste paoliste agissant « dans le but d’arrêter la spéculation sur [leur] terre ». Avec ces attentats, Nouvelles Frontières a vite compris que s’il voulait la paix, il devait en payer le prix. Et le prix de la tranquillité sera de 3 millions de Francs afin de sponsoriser le Sporting. Ces agissements, pas forcément légaux, accompagneront le club insulaire pendant de longues années de Division 1, aidant ainsi le club à hauteur de 39 millions de Francs durant ces neuf saisons, prouvant par la même occasion les liens entre le football bastiais et les nationalistes.

O pour Orlanducci, Charles : Charles Orlanducci ou le monstre. Monstre physique (les attaquants adverses s’en souviennent encore) et monstre du football corse. Le lion de Vescovato, comme on aimait le surnommait, a en effet passé toute sa carrière au Sporting, ne partant jouer au Red Star qu’une seule saison à cause de son service militaire. Ainsi, le défenseur central est l’un des joueurs les plus capé du club avec 419 apparitions sous le maillot bleu. En 18 ans de carrière (entre 1968 et 1985), c’est la moindre des choses. Ce joueur rugueux mais très bon relanceur sera le capitaine de l’équipe pendant de longues années et il contribuera largement aux bonnes performances européennes et nationales du S.C.B. Par exemple, c’est lui qui délivra une passe décisive à Roger Milla pour le deuxième but décisif de la finale de Coupe de France 1981. Malgré cette carrière plus qu’honnête en club, il ne sera sélectionné qu’une seule fois avec les Bleus de l’Equipe de France pour un match d’ éliminatoires contre la Belgique. En 2006, il prend la succession de Louis Multari en tant que Président du Sporting Club de Bastia, pas pour très longtemps puisqu’il se retirera quatre ans plus tard.

P pour Papi, Claude : parler du Sporting sans parler de Claude Papi est inconcevable. C’est pour cette raison que nous dirons que le natif de Porto-Vecchio a marqué l’histoire de Bastia et de la Corse. Meilleur footballeur insulaire de tous les temps, Papi aura passé toute sa carrière (et toute sa vie) en Corse, ne partant que pour son service militaire. C’est ainsi qu’il porta les couleurs bastiaises à 482 reprises entre 1968 et 1981. Durant ces treize longues années, le milieu de terrain a inscrit 134 buts et a participé à tous les grands moments du club, montée en première division, épopée en Coupe de l’UEFA, finale de la Coupe de France et gain de celle-ci en 1981 bien qu’il n’ait pu participer à la finale pour cause de blessure. En parallèle, il entassa trois sélections en équipe de France, participant même à la Coupe du Monde 1978 en Argentine. Mais, pour décrire le chauve, rien de mieux que les paroles d’un de ses ex équipier, Jean-Marie Courtin « C’était aussi et peut être surtout un gentleman du foot. Jamais un mauvais geste, toujours le meilleur esprit, même quand, autour de lui, ça bardait ! Le football et rien que le football. Qu’il honorait en toutes circonstances. Vraiment un seigneur. » Vous l’aurez compris, si Papi est entré dans la légende, c’est grâce à son jeu mais aussi grâce à son comportement irréprochable. Un événement plus tragique va malheureusement contribuer à cette mythification en 1983, c’est son décès précoce et soudain à l’âge de 33 ans. Papi, un Dieu bastiais. D’ailleurs, en guise d’hommage la tribune Nord de Furiani, tribune principale, porte son nom.

Q pour Quartier : le Sporting Club de Bastia est basé à Furiani, au sud de la ville. Mais d’autres équipes se partagent Bastia. Il s’agit du Cercle Athlétique Bastia, qui vient de monter en National. N’oublions pas l’Etoile Filante de Bastia, anciennement associée au Sporting et l’Association Sportive Furiani Agliani, deux clubs récemment relégués de CFA2 à DH. A noter, l’Espoir Club de Bastia qui évolue en DH. Le football bastiais est riche, le football bastiais est grand!

R pour Rep, Johnny : ex mari de Vanessa Paradis, Johnny fut un grand acteur connu pour son rôle de Jack Sparrow dans Pirates des Caraibes. Un vice champion du Monde à Bastia, ce n’est pas tous les jours. Arrivé en tant que star internationale en 1977 en provenance de Valence, Johnny Rep ne tardera pas à se mettre en évidence et à justifier ce statut de star. Venu afin de remplacer Dzagic, Rep aidera ses coéquipiers à terminer à la troisième place du championnat en inscrivant 18 buts en 30 matchs. Qualifié en Coupe de l’UEFA pour la saison d’après, Rep y brilla et il marqua par la même occasion 15 buts en championnat. Membre de la triplette magique à l’Ajax ou avec les Pays-Bas avec Johann Cruyff et Neeskens, Johnny Rep en reformant une avec Claude Papi et Fanfan Félix, c’est tout Bastia qui en profita. Bastia profita de ses talents de passeurs tant que de ses talents de buteurs puisqu’il sera à deux reprises le meilleur scoreur de l’équipe lors de ses deux saisons en Corse. Johnny Rep laissa donc une trace indélébile dans l’histoire du football bastiais en devenant le premier joueur internationalement reconnu à rejoindre l’île et en l’aidant à se hisser au sommet du football européen. Sa technique inégalable, son élégance et sa finesse ne se retrouveront au Sporting que sous les traits de l’illustre Salim Arrache, bastiais en 2009-2010.

S pour Saint-Nicolas :

la Place Saint-Nicolas de Bastia fut le premier terrain de jeu officiel du Sporting. On a bien dit ‘terrain de jeu’ et non pas stade car cet endroit avait une particularité plutôt hilarante. En effet, en plein milieu, se trouvait un lampadaire, posté entre les deux buts. Sans conteste, le douzième homme, c’était lui.

T pour Turchini : surtout n’égratignez pas la prononciation et dites bien « Turkin’ ». Turchini, c’est le surnom des joueurs de Bastia mais qu’est ce que cela veut dire ? Turchini veut tout simplement dire ‘les bleus’ en rapport avec la couleur historique du maillot bastiais.

U pour UEFA, Coupe de (l’): des beaux parcours en Coupe de France, en Coupe Intertoto et en championnat, le SCB en a connu. Mais la plus belle épopée bastiaise fut celle de 1978 en Coupe de l’UEFA. Tous les plus grands clubs d’Europe sont tombés à Furiani cette année-ci, invincibles, les insulaires se qualifièrent en finale après avoir successivement éliminé le Sporting Lisbonne, Newcastle (première victoire française sur le sol anglais), le Torino, Carl Zess Iéna et les Grasshoper Zurich. Fort de sept matchs consécutifs sans défaite, Bastia perdra en Quarts contre Carl Zess avant de perdre en finale retour contre le PSV Eindhoven sur le score de 3 à 0. Le match aller s’étant terminé sur un 0-0, le SCB verra la Coupe lui filer sous le nez, à la fois si proche et si loin. Cette aventure restera malgré tout la plus grande qu’ait connu le football corse.

V pour Vinceremu, Uniti : Uniti Vinceremu est le cri de ralliement de tout un peuple. Le peuple bastiais. Devise du club alliant l’esprit de solidarité et de rage qui sied si bien à la mentalité insulaire, Uniti Vinceremu signifie, pour les incultes ‘Ensemble, nous vaincrons’.

W pour Wahbi Khazri : un natif d’Ajaccio qui brille à Bastia, c’est assez singulier pour que l’on en parle. Et justement, c’est le cas de Wahbi Khazri. Formé au SCB, l’international espoir français s’est imposé dès l’âge de 17 ans alors que le club jouait en Ligue 2. Depuis cet instant, il n’a fait que progresser, enchaînant autant les matchs que les dribbles déroutants. Fidèle au club en Ligue 2 comme en National, il est la dernière perle du centre de formation avec Sadio Diallo. Sauf que lui reste et va ainsi connaître la Ligue 1 avec son club de cœur malgré les sollicitations de Montpellier ou Bordeaux.

X pour eXceptionnel public : hantise pour les visiteurs, source de motivation indescriptible pour les joueurs bastiais, le public de Furiani joue un rôle prépondérant dans la réussite du club. Entre fumigènes, pétards, drapeaux bleu et blanc, têtes de maures et chants, les supporters poussent les joueurs à se surpasser. Pour l’équipe adverse, c’est tout le contraire. La peur est le sentiment prédominant pour les adversaires qui savent que jouer à Furiani n’est pas une partie de plaisir si bien que la plupart des joueurs déclarent que se déplacer à Bastia est un ‘déplacement spécial’. Et si cela était une preuve que le public d’Armand-Cesari était le meilleur public de France, devant Marseille, Saint-Etienne et Lens ?

Y pour Yves, Pierre-Yves André : le plus corse des bretons. Arrivé de Rennes en 1997, le natif de Lannion sera, en tout, resté dix ans au club avec malgré tout une coupure de quatre saisons. Coupure qui ne sera pas bénéfique pour lui puisque ses passages à Nantes, Bolton et Guimgamp ne furent pas réussis. En effet, André ne semble réussir qu’en Corse. C’est à Bastia qu’il se révélera, s’épanouira et finira sa carrière. Ses statistiques parlent pour lui : 329 matchs et 98 buts. A un moment tout proche de l’équipe de France, il se contentera d’une belle carrière sous les couleurs bastiaises et comme un symbole, c’est lors de sa dernière saison au S.C.B qu’il marquera le plus avec 14 buts en championnat. Les adieux furent déchirants mais Pierre-Yves André ne sera jamais loin car en bon corse d’adoption qu’il est, il s’est installé sur l’île en attendant peut être de prendre place dans le staff bastiais.

Z pour ForZa Bastia : outre le fait que ce « Forza Bastia » soit le cri d’encouragement et de ralliement des supporters bastiais, « Forza Bastia, ou l’île en fête » est aussi et surtout le nom d’un film de Jacques Tati. Généralement, les films mettant en scène des footballeurs ne sont pas des chefs d’oeuvres (la saga Goal par exemple) mais celui-ci est une exception. Exception puisque ce film réalisé par Jacques Tati et sa fille Sophie est en fait un documentaire filmant la finale (mais surtout ses alentours) de coupe d’Europe aller à Furiani contre le PSV Eindhoven. Ce court-métrage de 26 minutes avait été ‘commandé’ par Gilbert Trigano, alors propriétaire du club ( il était aussi celui qui avait développé le Club Med) afin de rendre compte de la ferveur autour du match. Mais oubliées, les pellicules du films ne seront découvertes qu’en 2000 à la cinémathèque de Corse et le film, témoignage inédit d’un match épique, pourra ainsi être monté et terminé au début du troisième millénaire. Un vrai trésor.

Un grand merci à Sébastien pour son aide. Sébastien c’est qui? Sébastien c’est l’auteur du très précis et complet http://www.supporterduscbastiaenbretagne.com/ .

5 réponses

  1. Dudu dit :

    Ah, je me souviens quand Furiani au début des années 2000 était une forteresse imprenable et que revenir avec une victoire était un exploit.

  2. Ju dit :

    Bon article mais plusieurs erreurs ou imprécisions :

    - Armand Cesari est mort en 1936 (et non durant la seconde guerre mondiale).
    - La tour fait surtout référence au blason de la ville de Bastia.
    - Le groupe de supporters principal est Bastia 1905, Putenza Turchina est peu influent (Putenza Sutanaccia et Sezzione Balagna sont des sections et non des groupes à part entière).

    • Loic dit :

      Merci, les modifications seront apportées sous peu. Par contre pour Armand Cesari, mes sources écrivaient qu’il était mort en 1936 mais toutes précisaient qu’il était mort sur le champ de bataille de la seconde guerre mondiale donc dans l’hésitation…

  3. Ju dit :

    Le Livre du centenaire du SCB (2005) indique 1936, mais Victor Sinet dans son livre « Corse au football de feu » (1971) dit en effet qu’Armand Cesari est mort sur le champ de bataille.

    Cependant le stade a été rebaptisé « Armand Cesari » en 1937/38, suite à son décès.

  4. costa dit :

    Tres bel abacedaire… Juste une petite chose a rajouter pour le blason. Le bandeau noir qui rend hommage aux victimes du 05.05.1992. merci de cet article

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